La vision à court terme d’Israël

flag-186476_1280Israël cherche le trouble

Depuis sa création en 1948, Israël a toujours pu compter sur l’appui financier, politique et militaire inconditionnel des États-Unis, jusqu’à aujourd’hui le pays le plus puissant au monde sur les plans militaire et économique. Mais pour combien de temps encore avant que la Chine, et même l’Inde, prennent les pôles de commande au niveau international?

 

Un nouveau paradigme avec la montée de la Chine et de l’Inde

Et dû au fait que les États-Unis sont le meilleur ami d’Israël, les pays occidentaux, certains pays arabes (Arabie saoudite et Émirats arabes unis) et d’autres, en n’oubliant point le Canada, ont, pour ne pas déplaire et irriter les États-Unis, également toujours appuyé Israël, allant tout au plus à un semblant de critique face à tous les gestes illégaux et criminels posés par ce pays. Ces gestes vont de l’occupation illégale en Cisjordanie, en s’appropriant le Golan et Jérusalem comme capitale, en larguant des bombes à Gaza, etc. Les appuis des Occidentaux et de certains pays arabes sont circonstanciels et stratégiques, non fondés sur le droit, l’équité et la justice. Ils disparaitront lorsque la Chine et l’inde relègueront les États-Unis au second rang. Alors plusieurs pays occidentaux et arabes vont alors facilement se virer de bord et être moins fougueux à défendre et à laisser Israël se comporter de la façon qu’il a toujours fait face aux Palestiniens.

 

Beaucoup de juifs puissants et riches en Europe et aux États-Unis

L’Europe et les États-Unis comptent plusieurs citoyens d’origine juive dont plusieurs sont très riches et très influents, ce qui aide Israël. Ces derniers sont très impliqués en politiques. Mais en Chine et en Inde, il n’y a pas beaucoup de gens qui sont d’origine juive. Ainsi, Israël ne pourra pas compter sur eux. Pour la Chine, Israël deviendra qu’un autre petit pays ordinaire avec qui commercer. La Chine et les autres pays privilégieront avant tout leurs intérêts stratégiques, Israël avec ses quelques millions d’habitants ne pèsera pas lourd dans la balance face à des pays arabes nettement plus populeux et plus intéressants sur les plans économique et politique pour les nouveaux dirigeants du monde.

 

Israël aurait un intérêt à changer d’attitude

Il me semble qu’Israël devrait privilégier une vision à long terme. Et il me semble que ce petit pays juif entouré de plusieurs pays arabes de quelques centaines de millions d’habitants devrait arrêter de se comporter comme il le fait depuis longtemps, avec l’aide des États-Unis, s’il veut survivre à long terme. C’est une bombe à retardement. Voyons donc, Israël ne pourra pas toujours compter sur la complicité de pays arabes comme l’Arabie saoudite et les Émirats arabes.

 

L’art de ne pas se faire aimer

Parlons franchement. Faut-il vraiment se surprendre que de plus en plus de gens dans le monde désapprouvent le comportement d’Israël? Peut-on vraiment être étonné de la montée du nombre de personnes qui n’aiment pas Israël? On dirait que les dirigeants d’Israël font tout pour ne pas se faire aimer. On parle ici de gestes illégaux qui ne respectent aucunement le droit et les institutions internationaux. Être à la place d’Israël, j’arrêterais de fanfaronner car leur supériorité militaire face aux autres pays arabes n’est pas éternelle. Pour sa propre survie à long terme, Israël devrait changer du tout au tout son comportement avec ses pays voisins et cesser d’être soudé principalement aux intérêts et prérogatives américains.

 

Un plan de «paix» ou de «guerre»?

Il ne faut pas avoir un doctorat en sciences politiques pour remarquer que le plan de «paix» proposé par Donald Trump et son gendre d’origine juive Jared Kushner aux Palestinens est une farce grotesque. Ce n’est pas pour rien que le premier ministre israélien de la droite radicale, Benjamin Netanyahou, mis en accusation dans son pays pour fraude, corruption et abus de pouvoir, l’a reçu avec le plus grand sourire. Entre amis, les choses s’arrangent bien, eux qui sont toujours sur la même longueur d’ondes : «Le meilleur ami d’Israël. Le président (Trump) accueille son ami Netanyahou à la Maison-Blanche» (Le Journal de Montréal, 16 février 2017). Un plan qui ne fera aucunement de la Palestine un État véritable mais plutôt un espace terrestre amputé, morcelé, démilitarisé sans aucun pouvoir réel. C’est comme ça que Trump le veut. Devant un tel projet insensé, comme à leur habitude, l’Europe et le Canada n’ont pas protesté pour la peine et émis des commentaires négatifs ne voulant pas contrarier les États-Unis auxquels ils sont subjugués.

 

Le Canada agit lâchement

Quand vient le temps d’arrêter une dirigeante chinoise de Huawei au Canada, à la demande express des États-Unis, pour qui leurs lois doivent s’appliquer partout dans le monde (et ils osent appeler ça le respect de la primauté du droit), le Canada répond présent. De même pour critiquer et imposer des sanctions, comme les States, à la Russie face à l’Ukraine et reconnaître comme présidents des non élus au Venezuela et en Bolivie (suite à un coup d’État), le Canada obtempère.

 

Mais pas question de critiquer les États-Unis et Israël qui commettent pourtant des gestes illégaux. On appelle ça une diplomatie à géométrie variable ou la politique du sujet docile. Voici un exemple plutôt comique : «Les Nations unies condamnent la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. Le Canada (Justin Trudeau et la fougueuse Chrystia Freeland en tête) s’abstient de réprimander les États-Unis» (Le Devoir, 22 décembre 2017). Que l’ONU agisse comme il se doit et voilà que la bruyante ambassadrice à l’ONU d’alors, Nikki Haley s’exclame : «C’est une insulte et un camouflet que nous n’oublierons pas». Pourquoi les États-Unis devraient payer leur quote-part à l’ONU pour «avoir le privilège douteux d’être méprisés»?

 

En 2018, Donald a apostrophé certains pays africains et d’Amérique, dont Haïti, en les traitant de pays merdiques. Réponse de Justin : ««Pays de merde», Trudeau refuse de critiquer Trump» (Agence QMI, 12 janvier 2018). L’ONU cette emmerdeuse et voilà que : «Washington quitte le Conseil des droits de l’homme de l’ONU» (Le Devoir, 20 juin 2018). Trop anti-Israël qu’ils ont dit.

 

Israël attaque des Palestiniens à Gaza

Encore une fois, l’ONU qui épingle Israël : «L’ONU accuse Israël de possibles crimes contre l’humanité à Gaza» (Le Devoir, 1er mars 2019). Des attaques mortelles commises en 2018 et l’Afrique du Sud réagit ainsi : «Morts à Gaza : l’Afrique du Sud rappelle son ambassadeur en Israël» (Le Journal de Montréal, 14 mai 2018). Mais pour Crhystia Freeland et Justin Trudeau, les responsables de ce massacre ne sont pas les Israéliens mais encore et toujours les Palestiniens : «Violences à Gaza : Le Canada condamne l’implication du Hamas» (La Presse Canadienne, 4 mai 2018). Vraiment pathétique.

 

Les Palestiniens comme les Rohingyas et les Haïtiens

Jusqu’à ce jour, mais heureusement pas pour toujours, les millions de Palestiniens sont laissés à eux-mêmes par la communauté internationale et surtout par les pays occidentaux car ils n’ont rien à offrir économiquement, militairement et politiquement, contrairement à Israël. Ils sont dans la même situation que les Haïtiens et les 740 000 Rohingyas musulmans chassés de leur pays en Birmanie et «parkés» depuis deux ans dans des camps au Bengladesh : «L’insoutenable solitude des Palestiniens. Le message envoyé par le plan de paix américain» : «Vous avez perdu, et revenez-en» (Le Devoir, 30 janvier 2020). Il faut dégager pour faire place aux Israëliens.

 

Pourtant, la virée de Donald Trump au Moyen-Orient (surtout en Israël) en 2017 en avait réjoui certains, un peu petit brin trop naïfs : «La visite de Trump crée de l’espoir dit Couillard. Il croit en un nouveau momentum pour la paix» (Le Journal de Montréal, 22 mai 2017).  Pensez ça, c’est très mal connaître Donald.

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