Donald Trump et Luc Lavoie, racistes? Que nenni

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Trump n’est pas raciste : c’est lui qui le dit, il faut le croire

Il y en a qui voient des racistes partout. Des esprits tordus que je vous dis, qui veulent ternir l’enviable réputation de Donald Trump. Oui, d’accord, en 2018 Donald Trump a bel et bien traité des pays d’Afrique, Haïti et le Salvador de «pays de merde» (Le Journal de Montréal, 12 janvier 2018). Mais il ne faut pas en tirer des conclusions pour si peu! En plus, ça ne devait pas être bien grave puisque : «Pays de merde : Trudeau refuse de critiquer Trump» (Agence QMI, 12 janvier 2018). Ça nécessite pas de grimper dans les rideaux.

 

En 2015, Donald Trump a interdit «l’immigration aux musulmans» (Le Journal de Montréal, 8 décembre 2013). Donald tenait à «déterminer d’où vient la haine contre les Américains». Pas tellement la haine contre les Américains mais davantage contre des assassins comme Trump et Bush junior. S’en prendre à des pays qui sont supposément associés au mal, comme l’Irak, l’Iran, la Palestine, Cuba, le Venezuela, c’est un geste pacifique même s’il faut tuer et appauvrir, pour des motifs strictement impérialistes, des millions de personnes et d’enfants. «America first» qu’aime à répéter le président américain.

 

Puis, en 2019, le charismatique et magnanime Donald Trump s’en est pris à quatre élues américaines issues de minorités, soit Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar, Ayanna Presley et Rashida Tlaïb. Il leur a juste dit ceci : «Si vous détestez notre pays (les États. Notre pays comme si ce n’était pas le leur), ou si vous n’êtes pas heureux ici, vous pouvez partir» (Le Devoir, 17 juillet 2019).

 

Pour être sûr d’être bien compris qu’il n’est surtout pas raciste, Donald l’a répété deux fois, soit en 2018 : «Trump : je ne suis pas raciste», et en 2019 : «Trump dit être le moins raciste du monde» (Le Devoir, 16 janvier 2018 et 31 juillet 2019). Si lui se dit être le «moins» raciste du monde, les autres sont quoi?

 

Donald est un modéré, selon son évaluation personnelle

En 2020, Donald s’en est pris au guide suprême de l’Iran Ali Khamenei, pour ses prétendus excès de langage : «Donald Trump a appelé le guide suprême à surveiller son langage» (Le Devoir, 18 janvier 2020). À cet effet, Trump est un modèle qui a toujours pris méticuleusement soin des mots qu’il utilise. Modéré qu’il est, il a lancé en 2017 cet avertissement aux élus républicains : «Trump appelle à combattre les ultras de son parti» (Le Devoir, 31 mars 2017). Pas vrai, il y a au sein des républicains américains, des élus plus «ultras» que Donald? Ça fait vraiment peur.

 

Critiquer n’est pas raciste, ça dépend qui on critique

Des fois, j’ai de la difficulté à comprendre ces gens humanistes et importants comme Stephen Harper qui avait dit, en 2014 : «Critiquer Isarël est antisémite» (Le Journal de Montréal, 21 janvier 2014). Donc, si je comprends bien, même si Israël est dans l’illégalité quand il envahit le territoire des Palestiniens, Jérusalem Est et le Golan, en tuant au passage quelques insoumis, il ne faut surtout pas les critiquer sinon on va dire de vous que vous êtes antisémite. Par contre, on peut traiter «honnêtement» des pays de merde, sans que l’on soit raciste pour autant. Pas facile à s’y retrouver. Quel beau geste de compassion que Stephen avait posé en 2014 : «Ottawa (alors dirigé par les conservateurs) veut éduquer les jeunes Palestiniens» à aimer en tout temps leurs voisins juifs même s’ils envahissent régulièrement leur territoire et tuent. Il faut aimer nos ennemis et ceux qui nous persécutent qu’a dit Jésus-Christ.

 

Le tonitruant Luc Lavoie n’est également pas raciste

Face au récent blocus ferroviaire par des manifestants, le populaire chroniqueur à la radio FM 98.5 de Cogeco, Luc Lavoie (un ancien dirigeant de la firme de relations publiques National) a dit : «Luc Lavoie suggère un coup (de pistolet) entre les deux yeux des Autochtones» (Le Devoir, 21 février 2020). Ben voyons donc, ce n’est pas méchant et raciste de dire ça. La directrice des communications chez Cogéco Média l’a répété : «Ce n’était pas des propos qui étaient violents, c’est plus maladroit». Tirer quelqu’un entre les deux yeux, il y a rien de violent là-dedans, n’est-ce pas? Pas question de sortir des ondes du FM 98.5 ce si aimable chroniqueur fort en gueule comme l’avait fait TVA et LCN en 2017 lorsque ce charmant tribun avait dit qu’il aurait bien aimé partir à la chasse aux séparatistes : «Chasse aux séparatistes. Luc Lavoie suspendu, enquête de la Sureté du Québec» (La Presse, 4 octobre 2017).

 

Selon certains, Luc Lavoie est juste parfois maladroit et coloré, un être qui a son franc-parler et qui dit tout haut ce que plusieurs pendant tout bas. Ce serait des moments d’égarement même s’il dit des monstruosités. Pour moi, il a toujours été un malotru. Chez Cogéco et ailleurs dans d’autres médias, on aime et on défend ceux qui critiquent les syndicats, les commis d’État, les services publics, les écologistes dits radicaux, etc. Par contre, pas touche aux grosses compagnies et aux gens riches et pesants qui sont de fidèles annonceux et amis. J’en sais quelque chose à cet effet…

 

Dans un touchant cri du cœur, Luc Lavoie a publié une libre opinion dans Le Devoir du 26 février 2020 qu’il a intitulée «Je suis tout sauf un raciste», en réponse, entre autres, à une chronique publiée le 22 février 2020 dans le Devoir et rédigée par l’excellent journaliste Jean-François Nadeau : «Le mur blanc». Ben non, il ne doit pas s’en faire, il n’est pas du tout raciste.

 

 

 

 

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