Encore et toujours des profits records pour nos banques

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Tout va bien dans le meilleur des mondes

Oui, tout va bien dans le meilleur des mondes (mais pour certains seulement), comme pour nos six grandes banques canadiennes qui forment dans les faits un puissant oligopole, comme l’a dit la prestigieuse revue économique britannique The Economist. Comme pour le cartel des pétrolières au Québec (Pétro, Shell, Ultramar et Esso) et des géants du sans fil (Bell, Telus, Rogers et Vidéotron), elles augmentent toutes leurs tarifs quasiment en même temps en termes de frais bancaires, taux d’intérêt hypothécaires, taux d’intérêt sur les cartes de crédit, tarifs internet, de cellulaire et de la télé.

 

Soyez contents car pour le premier trimestre, terminé le 31 janvier 2020, les bonnes nouvelles ont de nouveau déferlé pour nos belles grosses banques canadiennes :

 

  • «Profit en hausse à la Royale. La Banque a enregistré un bénéfice trimestriel de 3,5 milliards» (Le Devoir, 22 janvier 2020). Un profit trimestriel de 3,5G$, ça fait, si mes calculs sont bons, 14 milliards de dollars pour l’année. Bravo. Naturellement, la Banque a augmenté son dividende pour ses actionnaires et le salaire des dirigeants, ils savent vivre;
  • «Le profit de la Banque Scotia grimpe à 2,3 milliards» et «Bénéfice en hausse (1,59 milliard) pour la BMO (Banque de Montréal)» (Le Devoir, 36 février 2020);
  • «La CIBC hausse son dividende grâce à une énième augmentation de son profit net trimestriel (1,21 milliard)» (Le Devoir, 27 février 2020).

 

Des profits gargantuesques qui passent comme ça chaque trimestre et on n’en fait pas de cas. Des profits records pour les banques, c’est comme un droit acquis. Pas question de remettre l’oligopole bancaire canadien en question ou de juste penser à augmenter un tant soit peu leurs impôts ou de permettre à leurs employés de se syndicaliser ou de leur interdire de faire affaire dans les paradis fiscaux où elles comptent de nombreuses compagnies filiales et associées. Ah oui, oubliez l’idée frivole de leur demander de prendre plus de risques en prêtant à des PME. Par politesse, elles préfèrent laisser ces prêts et investissements risqués à nos banques étatiques comme Investissement Québec, la Banque de développement du Canada, la Société canadienne d’hypothèques et de logements, Exportations Canada, etc. Tout de même cocasse que nos grosses banques privées ne s’opposent nullement, bien au contraire, à la présence dans leur industrie d’institutions financières étatiques. Pourquoi donc, selon vous? Il faudrait permettre à la Banque du Canada ou à Investissement Québec de se lancer dans les services au détail afin de stimuler la concurrence. On pourrait avoir des succursales bancaires dans des magasins SAQ.

 

On apprend encore niaiseusement à nos étudiants collégiaux et universitaires les beautés fabuleuses de l’économie de marché dans laquelle se concurrencent vivement des milliers d’entreprises et dans laquelle seules les plus fortes s’en sortent vivantes et gagnantes. Ce sont les lois implacables supposément naturelles du marché qui s’appliquent brutalement. Seules les fortes survivent. C’est drôle, mais dans plusieurs secteurs d’activités, on retrouve tout le temps que des gagnants et des gros en plus de ça qui sont plus puissants et plus riches que les États : banques, pétrolières, pharmaceutiques, sans fil et internet, éolien, autoroutes privées, assurances, chemins de fer, cartes de crédit, etc.

 

Pour nos six grandes banques canadiennes, il n’y a que des gagnantes, jamais de perdantes. Je vous le dis, gérer une de ces grosses banques est très facile dans ce contexte oligopolistique. Pourtant, les dirigeants se versent des salaires immoraux sur le dos des clients captifs et de leurs employés non syndiqués.

 

L’économie de marché prône l’absence de l’État. Ça c’est la débile théorie économique. En fait, loin de vivre dans un système vraiment capitaliste, les «entrepreneurs» exigent la présence de l’État afin de les submerger d’aides gouvernementales en fonds publics, tou en préconisant l’absence des gouvernements pour les gens ordinaires et pour l’implantation de biens et de services publics. Au niveau des affaires, ça s’apparente plus à un véritable système socialiste. Économie de marché et lois naturelles du marché, mon œil!

 

Et on en fait des héros!

Les dirigeants de nos grosses banques canadiennes qui flouent les consommateurs et qui s’activent dans les paradis fiscaux sont, hélas, vus par nos gouvernements et par nos médias, comme héros et des philanthropes que l’on s’empresse de nommer comme ministre «vedette», comme dirigeant chevronné à la tête de nos sociétés d’État, comme à la Caisse de dépôt et placement du Québec, comme dirigeant de commission parlementaire ou comme chroniqueur dans nos médias. Ainsi va la vie.

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