Le système de santé publique ne s’améliorera jamais

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Le vrai visage du modèle québécois

J’espère que vous commencez à allumer : le système de santé et d’éducation publiques est déplorable et inéquitable depuis environ 40 ans. Il le sera pour toujours à moins de porter au pouvoir à Québec le seul parti politique qui est vraiment au service de la population et non de la classe dominante moraliste formée des puissants et riches individus et entreprises. Du parti québécois (PQ) au parti libéral (PLQ) et maintenant la Coalition avenir Québec (CAQ), nos services publics, incluant la santé et l’éducation, n’ont cessé de s’étioler et de se dégrader au profit du privé voulu par les élus et le patronat. Il faut se réveiller : c’est le Québec qui, au pays, fait le plus de place au privé en santé et en éducation et qui subventionne le plus ses entreprises. Et encore plus si on ajoute à l’aide du gouvernement, comme on devrait le faire, les tarifs d’électricité bonbons ridicules accordés par Hydro-Québec, sous les ordres du gouvernement, aux alumineries, aux minières, aux papetières, aux centres de données, aux serres de cannabis, etc. et aux gros prix qu’Hydro-Québec paie aux producteurs privés d’électricité, des opportunistes qui ne prennent aucun risque. C’est encore l’État qui contraint Hydro-Québec à faire de tels cadeaux publics à ces rapaces.

 

La CAQ qui, malgré ses promesses, a lâchement reculé devant le puissant syndicat des médecins. Pourtant, il avait promis formellement de réduire leur rémunération d’environ un milliard de dollars par année. Rien, niet, kapout et au revoir, on a rien retiré des poches des toubibs conseillés par Lucien Bouchard, celui-là même qui a entamé le démantèlement de nos services publics en forçant à la mise à la retraite de milliers d’infirmiers et de médecins. Comme Jean Charest et Philippe Couillard, Lulu le toupet – dixit Michel Chartrand – a «modernisé» le Québec à sa façon : «Il faut s’adapter. C’est une nécessité lance Bouchard» (La Presse, 30 octobre 1996). Depuis, Lucien, comme tant d’autres premiers ministres et ministres importants, est retourné au privé qui l’a accueilli les bras ouverts en signe de reconnaissance pour les services rendus : «Le Conseil du patronat vante le gouvernement Bouchard» (Le Journal de Montréal, 4 décembre 1997).

 

Bouchard voulait nous adapter à qui vous me demandez? À la France, à la Finlande, à l’Allemagne ou à la Norvège? Ben non, le modèle à Lulu c’Était des endroits dirigés par des radicaux de droite comme George Bush aux States et Mike Harris en Ontario, tous les deux des émules de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan : «Bouchard veut aligner le Québec sur l’Ontario et les États-Unis» (Le Devoir, 9 mars 1996). Le PQ, un parti social-démocrate que vous me dites sans rire? Joseph Facal, Guy Chevrette, Jacques Brassard, Jean Garon et cie, ça vous dit quelque chose?

 

Plus de superinfirmières et moins de primes qu’ils avaient dit

La CAQ avait aussi promis l’ouverture, comme en Ontario et ailleurs, de cliniques de superinfirmières et d’accroître la présence d’infirmières à l’urgence afin de désengorger notre honteux système de santé publique; de simplement permettre aux Québécois d’être pris en charge par un spécialiste de la santé dans un laps de temps raisonnable et de ne point poireauter 20 heures à l’urgence. Sous la pression des docteurs, la CAQ a mis sur la glace cette autre promesse comme celles de couper dans les extravagantes primes de toutes sortes versées aux médecins et de freiner leur incorporation qui prive chaque année l’État de plus de 150 millions de dollars en recettes fiscales. Les médecins incorporés ont un taux d’impôt réel moindre que le travailleur ordinaire qui gagne environ 50 000$ l’an. Saviez-vous ça?

 

Idem pour l’éducation publique

En éducation, ce n’est pas, comme le fait la CAQ, en ouvrant de nouvelles classes de «surdoués» en mettant en place des centaines de classes de maternelle à 4 ans ou en investissant dans le béton que l’on va améliorer notre système d’éducation publique le plus inégalitaire au pays selon le Conseil supérieur de l’enseignement (CSE). Je vous le dis et je vous le répète patiemment : on a au Québec des gouvernements qui tiennent plus au privé qu’au public en santé, en éducation et pour les garderies. C’est pourquoi ils vont continuer à généreusement subventionner l’école, les garderies et les cliniques privées. Nos élus prennent tous les moyens afin de vous forcer à aller au privé en n’ayant pas la volonté politique d’améliorer nos services publics. Et ils ont réussi. On en est rendu au point où des parents de la classe moyenne ont peur d’envoyer leurs enfants à l’école publique. Ils croient que l’école privée offre une meilleure éducation, ce qui permettra, semble-t-il, à leur progéniture de mieux réussir dans la vie.

 

Être incapable de voir un médecin en cas de maladie, à moins de vous taper une attente de vingt heures à l’urgence de l’hôpital public, c’est ce que veulent nos politiciens. Ils veulent vous avoir à l’usure afin de vous pousser vers les cliniques privées. Voilà pourquoi il n’y aura jamais d’améliorations véritables dans notre système de santé et d’éducation publiques. Vos gouvernements voient tous les services publics comme une dépense d’épicerie et les subventions publiques aux entreprises comme des investissements. Même les subventions à Bombardier et à Charles Sirois, un ami de François Legault.

 

L’amour du privé, c’est dans les gènes de la CAQ

L’ancêtre de la CAQ, l’Action démocratique du Québec (ADQ), longtemps dirigé par le démagogue Mario Dumont, a toujours eu un faible pour le privé dans tous les services publics, comme dans : «Santé. L’ADQ propose une place accrue pour le privé» et «L’ADQ confirme son virage vers le privé dans le secteur de la santé» (La Presse, 31 mai 2002 et Le Devoir, 21 novembre 2005).

 

Toujours du pareil au même du PLQ à la CAQ

Depuis plus de 30 ans, c’est toujours les mêmes désolantes nouvelles qui font l’objet d’articles de journaux concernant notre système de santé publique digne d’un pays du tiers-monde. Avec la CAQ au pouvoir, rien n’a changé comme le souligne le titre de ces quelques articles que j’ai ressortis de mes dossiers de presse :

 

  • «Le système de santé fait une (énième) rechute. Les urgences des hôpitaux (comme toujours) continuent de déborder» (Le Devoir, 9 janvier 2020). Continuent et continuent de déborder comme toujours.
  • «Les patients attendent 1h20 de plus sur civière. Les délais dépassent les 20 heures dans pas moins de 15 hôpitaux au Québec» (Le Journal de Montréal, 4 novembre 2019). Et on se soumet tout bonnement à ça. Ah oui, parfois on chiale, mais pas trop!
  • «Des enfants en attente de soins» (Le Devoir, 20 novembre 2019). C’est ce qu’ils appellent un système égalitaire. Idem pour les vieux et pour les jeunes, mais pas pareil pour les riches.
  • «12 patients meurent à force d’attendre leur chirurgie cardiaque» (Le Journal de Montréal, 3 juillet 2019). Au moins, ils sont morts pour une bonne cause : ils ont allégé le système de santé publique et soulagé les finances publiques.
  • «Un système de santé qui rend malades ses soignants» (Le Devoir, 11 avril 2019). Alors dites-moi, les malades vont aller où pour se faire soigner si le système vous rend plus malades?
  • «Des hôpitaux (publics, s’entend) dans un piètre état. Le mauvais entretien et la désuétude entraînent des risques pour les malades» (Le Journal de Montréal, 25 mai 2019). La solution est une place accrue du privé selon l’idéologie péquiste, libérale et caquiste.

 

Le pire dans tout ça, c’est qu’à la lecture de ces nouvelles catastrophes, les gens n’en font même plus de cas. Ils sont résignés. Ça passe comme une lettre à la poste. Continuez à être «pragmatique» et «réaliste» en votant PQ, PLQ ou la CAQ. Mais n’oubliez pas de continuer à vous plaindre des mauvais services rendus en santé et en éducation publique pour aller au privé. Mais un privé qui n’a de privé que le nom, étant submergé de grosses subventions publiques.

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