Coronavirus et Hydro : pas de réduction du tarif résidentiel

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Photo de Julia M Cameron sur Pexels.com

Diminution du tarif résidentiel en Ontario

Face à la crise du coronavirus qui affecte durement les gens ordinaires, le gouvernement conservateur ontarien de Doug Ford vient de décréter que les consommateurs résidentiels de cette province paieront dorénavant leur électricité à 10,1 cents/kwh, peu importe l’heure. N’oublions pas que Hydro-One en Ontario a des coûts de production plus élevés qu’Hydro-Québec, qui peut compter sur des coûts très bas grâce à ses barrages à la Baie-James, à la Manic et de son entente négociée en 1969 avec Terre-Neuve pour l’achat d’électricité à environ 2 cents/kwh produite à Churchill Falls. Beau geste de compassion en Ontario envers ses citoyens venant d’un gouvernement pourtant d’obédience conservatrice.

 

Pas de réduction du tarif résidentiel au Québec

Chez nous au Québec, c’est une autre histoire : «Pas de rabais d’électricité, dit Hydro-Québec» (Le Journal de Montréal, 24 mars 2020). Qu’on se le dise une fois pour toutes : les rabais et les bas tarifs d’électricité octroyés par Hydro-Québec sont réservés au gros privé comme les alumineries, les forestières, les minières, les Amazon et Google avec leurs centres de données, les cryptomonnaies, les serres de cannabis, etc., eux qui paient leur électricité environ 3 cents le kilowattheure : «Des rabais d’électricité (en plus de plusieurs autres) qui vont coûter plus de 2 milliards$» (Le Journal de Montréal, 9 avril 2019). Des rabais consentis aux industriels et aux manufacturiers que devront payer malgré eux comme toujours les consommateurs de la classe moyenne et «moins» moyenne.

 

Les drôle de calculs du relationniste d’Hydro-Québec

Pour justifier le refus d’Hydro-Québec et du gouvernement caquiste de François Legault de baisser les tarifs d’électricité en ces temps extrêmement difficiles pour plusieurs, Cendrix Bouchard, le gars des relations publiques chez Hydro-Québec, a dit ceci : «Le tarif de base de 10,1 cents/kwh d’hydro-one en Ontario, c’est presque 30% plus élevé que notre tarif résidentiel». Naturellement, et comme c’est trop souvent leur habitude, les journalistes, entre autres celui du Journal de Montréal, monsieur Philippe Orfali, ont pris les propos du relationniste pour du «cash» et comme parole d’Évangile sans poser de questions et sans faire de recherche afin de démontrer la véracité des élucubrations de Cendrix Bouchard. Encore une fois, les représentants des médias ont failli à leurs tâches d’informer correctement les gens. Moins compliqué de reprendre tel quel les communiqués de presse, n’est-ce pas?

 

François Legault pourrait intervenir mais il ne le fait pas

Le gouvernement caquiste pourrait ordonner à Hydro-Québec de baisser ses tarifs pour les clients résidentiels. Mais il ne le fera pas, lui qui préfère mettre de l’argent dans les poches des riches et des compagnies en baissant une fois de plus leur compte de taxes scolaires lors du dernier budget; en refusant, comme il l’avait pourtant promis en campagne électorale, de réduire véritablement le salaire des médecins spécialistes d’un milliard de dollars par année et en continuant de saupoudrer les multinationales comme Amazon, Deloitte, Alcoa, Résolu et autres de juteuses baisses de tarifs d’électricité et de tarifs bonbons.

 

30% moins cher en tarifs d’électricité du Québec?

Vérifions avec un cas concret, le mien, la véracité des prétentions du porte-parole d’Hydro-Québec. J’ai devant moi ma facture d’électricité d’Hydro-Québec pour la période de 65 jours allant du 18 décembre 2019 au 20 février 2020, au cours de laquelle j’ai baissé mon chauffage à 15 degrés Celsius pendant deux semaines, en raison de mon séjour annuel à Cuba et comme je le fais chaque nuit. Alors j’ai, selon mon relevé, consommé 7216 kwh pour une facture totale de 617,48$, avant TPS et TVQ, mais incluant la hausse déguisée de tarifs qu’Hydro-Québec nous présente sur notre «bill» à titre de «frais d’accès au réseau», au montant de 26,42$.

 

Alors faisons donc un peu d’arithmétique. Si je prends mon montant total à payer au 20 février de 617,48$ et que je le divise par ma consommation d’électricité pour 65 jours de 7216 kilowatts-heure, j’arrive à un tarif moyen réel à payer pour chaque kwh de 8,56 cents contre 10,1 cents en Ontario. Continuons : 10,1 cents, soit le nouveau tarif en vigueur en Ontario, moins 8,56 cents, soit le tarif que j’ai effectivement payé à Hydro-Québec, ça donne un écart de 1,54 cents kwh ou de 18% en faveur d’Hydro-Québec et non de 30% comme l’a avancé le monsieur d’Hydro-Québec. Pourrait-il nous expliquer et nous fournir le détail de ses calculs que j’aimerais, avec la permission de notre société d’État, vérifier attentivement. Disons que la confiance ne règne pas.

 

Parlons des frais d’accès au réseau d’Hydro-Québec

Chaque jour, Hydro-Québec charge aux consommateurs résidentiels une redevance de 41 cents à titre de frais d’accès au réseau. Par contre, pour l’électricité éolienne produite par des gros producteurs privés et achetée par Hydro-Québec au prix démentiel d’environ 11 cents/kwh, même si Hydro nage et nagera dans d’énormes surplus d’électricité jusqu’en 2027, il se trouve que les producteurs privés qui sont assis sur une mine d’or n’ont pas eux à payer de frais d’accès au réseau. Bien au contraire : «2,7 milliards$ pour brancher des parcs éoliens (privés) au réseau d’Hydro» (Le Journal de Montréal, 28 novembre 2018). Et pour le nouveau centre de données d’Amazon à Varennes, qui paiera son électricité environ 3 cents/kwh, et bien : «Hydro assumera les frais de branchement (2 millions$) pour Amazon» (Le Journal de Montréal, 15 février 2019). Chez Hydro, on fait preuve de compassion à géométrie variable.

 

Qui paie pour l’éolien que l’on a pas besoin?

C’est ben effrayant de se faire exploiter comme ça par notre propre société d’État qui ne fait que répondre aux ordres de notre gouvernement : «L’éolien (acheté par Hydro) le plus cher en Amérique du Nord est au Québec» (Le Journal de Montréal, 17 mai 2018). Et, drôle de coïncidence, c’est le Québec qui est le champion de la corruption au Canada. N’oublions pas ça dans nos prières.

 

Monsieur Cendrix Bouchard pourrait nous dire pourquoi il en est ainsi? À qui cela profite et qui en dernier ressort paie pour ces folies? Est-ce au nom de la création de la richesse et de mettre plus d’argent dans les poches des Québécois? Je lui donne un indice afin de connaître ceux qui ne veulent pas payer et qui ne paient pas pour cette forme d’arnaque : «Appel d’offres d’énergie éolienne (privée). Les grands consommateurs (c’est-à-d-ire les compagnies) ne veulent pas payer» (La Presse, 11 mai 2013). Ben non, eux veulent des tarifs bonbons et ils ont l’amabilité de laisser les cadeaux de tarifs d’éolien privé les plus chers en Amérique du Nord, aux consommateurs résidentiels du monde ordinaire. La justice redistributive, c’est ça!

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