6000 livres de l’Association minière dans nos écoles : Bravo!

birds eye photography of mine

Photo de Tom Fisk sur Pexels.com

Après les banques, les pétrolières…

Dites-moi que je fais un cauchemar! Vous le savez, le patronat et les grosses entreprises sont partout afin de nous farcir la cervelle à leur cause qui produit toujours plus d’immenses inégalités économiques; beaucoup de pollution; des services publics sous-financés en raison d’une fiscalité très basse, à l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux et dans les échappatoires et qui font que l’égalité des chances est inexistante.

 

Aie, les multinationales sont plus puissantes et plus riches que les États. Elles embauchent des milliers de lobbyistes, souvent d’ex-politiciens comme Lucien Bouchard, Jean Charest et Raymond Bachand; elles financent généreusement les partis politiques et s’assurent d’avoir des leurs au gouvernement à titre de ministres et de premiers ministres; elles financent de nombreuses chaires universitaires et leurs professeurs; elles se paient des cahiers complets et des publi-reportages dans les médias d’information; elles financent de puissants organismes de recherche privés comme le Fraser Institute, le Conference Board, le C.D. Howe Institute, l’Institut économique de Montréal, la Fédération canadienne des contribuables, etc. Et comme si ce n’était pas assez, elles envahissent nos écoles, nos cégeps et nos universités publics avec la bénédiction des élus, des dirigeants scolaires, du Conseil du patronat, des Chambres de commerce. Nos médias et vaillants journalistes n’en font pas de cas : «Abitibi-Témiscamingue. 6000 livres de l’Association minière dans les écoles primaires» (Radio-Canada, 18 novembre 2019). En passant, allez faire un tour à l’Université Laval à Québec et aux HEC à Montréal : on se croirait dans un parc industriel.

 

De la propagande et de l’endoctrinement à l’état pur

La coordonnatrice aux communications de la minière Agnico Eagle, Laurie Théberge, est venu nous dire sans rire que «cette initiative des minières (les 6000 livres) vise à favoriser la lecture chez les enfants et à promouvoir leur éducation». Comment ne pas les haïr, je vous le demande?

 

En 2011, nos minières, responsables socialement, avaient aussi financé généreusement l’insipide et drabe Institut du Nouveau Monde pour la tenue d’une conversation publique sur l’avenir minier au Québec (Le Devoir, 8 décembre 2011). Et souvent les minières s’achètent des cahiers complets et même parfois des publi-reportages que nos médias écrits prétendent être des articles rigoureux. Rigoureux dans le sens qu’ils ont retransmis «rigoureusement» le communiqué de presse de l’entreprise. Léo, ce n’est pas comme ça que tu vas te faire des amis parmi les gens importants faisant partie de l’élite au pays.

 

Une «éducation» sélective de nos enfants

Pour nos enfants de 4 à 8 ans, je suis assuré que, dans leur pamphlet idéologique, nos multinationales minières vont parler abondamment de ceci : «Environnement. Leçon d’opacité pour grandes entreprises. Le Conseil patronal de l’environnement montre à ses membres (et bientôt à nos enfants du primaire) comment éviter de révéler des données délicates» (Le Devoir, 27 février 2015).

 

À qui la responsabilité et la charge des sols contaminés

Mes amis, n’ayez surtout pas aucune crainte dans leur catalogue instructif, elles vont reconnaître qu’elles sont responsables des nombreux sols contaminés au Québec et dire pourquoi ce n’est pas aux minières de payer la note et pourquoi il faut obligatoirement refiler la facture de décontamination au gouvernement et à tous les Québécois : «Une facture de 2 milliards$. Les sites contaminés continuent de s’accumuler au Québec» (Le Journal de Montréal, 21 novembre 2018). Allez les enfants, dites merci aux minières de vous laisser une planète vivable et un environnement sain pour le futur. En plus des sols qu’elles contaminent, elles polluent l’eau et l’air.

 

Trop de réglementation environnementale nuisible à la business

Je suis assuré que les méfaits de la réglementation de l’environnement et des lois du travail vont être abondamment abordés dans leur circulaire publicitaire, pardon, dans leur fascicule informatif. Oui, nos enfants vont alors apprendre que les règlements et les lois génèrent beaucoup de paperasse et de fonctionnaires tatillons qui retardent et freinent l’investissement créateur de richesse collective. Mieux vaut s’en remettre à l’auto-discipline notoire du marché : «Le PDG de la minière Osisko blâme la bureaucratie trop lourde des gouvernements. Les délais nuisent à l’investissement» (Le Journal de Montréal, 12 février 2019).

 

Il faut respecter leurs droits et leurs libertés individuelles

Naturellement de nature, dans leur petit catéchisme minier, les minières vont aborder leurs droits intrinsèques de faire n’importe quoi et n’importe quand; d’être subventionnées «full pin» par des fonds publics et de ne pas payer, ou si peu, d’impôts et d redevances. Et si les tyranniques gouvernements et municipalités veulent les empêcher d’opérer en toute quiétude et en toute liberté, et ben ça leur apprendra, comme dit le poète : «Une minière (Canada Carbon) poursuit un village (de 2800 habitants, Ristigouche) pour 96 millions$» (Le Devoir, 6 mars 2018). Tiens toé! Oui, la minière doit, comme nos enfants vont l’apprendre, se défendre contre l’oppression et l’exploitation des gouvernements et des citoyens. Moi je dis que ce livre minier devrait être «obligatoire» dans toutes les régions du Québec et pas seulement en Abitibi. Réservé ce bouquin scientifique et objectif aux seuls enfants de l’Abitibi est une injustice innommable. Et il faudrait développer des versions avancées pour nos étudiants du secondaire, du cégep et de l’université.

 

Le «publisac» minier va aussi certainement aborder comment la minière canadienne Cosigo Resources a défendu vaillamment ses droits en Colombie qui veut bêtement l’empêcher de «miner» dans un endroit prévu à la création de «seulement» un parc national établi sur un terrain autochtone. Ah, pas encore ces saprés autochtones qui sont contre toute forme de progrès : «Une minière canadienne poursuit la Colombie… pour seulement 22 milliards$» (Radio-Canada, 27 février 2020). Mes enfants, entre un très beau projet minier qui va empiéter un peu sur les forêts et les eaux vierges et un parc national avec plein de bibittes volantes, à deux et quatre pattes, et même rampantes, le choix est clair, n’est-ce pas?

 

Les minières créent de la richesse partout mais plus pour certains

Nos petits «bambins» vont aussi apprendre dans leur petit recueil minier que cette industrie ne créé pas seulement de la richesse collective en Abitibi mais partout dans le monde comme démontré dans ces exemples : «Travail forcé (et musclé) en Érythrée : une minière canadienne pourra être poursuivie au Canada» et «De l’or caché dans des convois de charbon. La compagnie minière canadienne Iamgold Essakane est accusée de trafic d’or au Burkina Faso» (Radio-Canada, 28 février 2020 et Le Devoir, 8 août 2019). Bah, elle voulait jouer à la cachette afin de ne pas être contrainte à payer des redevances minières à l’État.

 

Le gouvernement doit les aider

Dans leur bouquin, les minières vont aussi certainement expliquer à nos enfants pourquoi c’est le gouvernement et la population qui doivent payer pour leurs lignes de transmission électrique, leurs infrastructures routières, comme cette route pour la minière Stornoway au coût de 332 millions$ assumé par l’État (Le Devoir, 3 août 2011) et pour un terminal portuaire minier au coût de 180 millions$ (Le Journal de Montréal, 17 août 2019).

 

Et pour faire valoir leur utilité et leurs droits

Nos jeunes vont aussi apprendre, les chanceux, le bien-fondé de l’embauche de lobbyistes miniers. Enfin, nos enfants seront en mesure de déconstruire les mythes propagés par les gauchistes et les écologistes : «Les mal-aimés plaident leur cause. L’industrie du charbon tente de déboulonner les mythes environnementaux» (Le Devoir, 15 septembre 2010). Les minières, quant à elles, ne propagent jamais de mythes et de légendes, elles s’en tiennent à la vérité : leur vérité s’entend!

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