La sécurité des Québécois et le pharmaceutique

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Souveraineté pharmaceutique

En 2014, en fouillant dans mes vieux papiers, j’ai constaté que j’avais rédigé deux longs articles documentés sur la nécessité pour tout peuple de s’assurer et d’avoir un minimum de contrôle national et étatique dans les domaines du pharmaceutique et de l’alimentation. Rien d’original de ma part, car tous les pays développés (France, Allemagne, Chine, États-Unis, Russie, etc.) le font. Ça ne prend pas une 100 watts pour comprendre ça, sauf au Québec et au Canada.

 

Des édiles au service d’une certaine petite minorité

Que voulez-vous, quand vous avez des ministres influents et des premiers ministres qui proviennent du privé et qui vont retourner au privé après leur service politique, pensez-vous que ces gens ont vraiment à cœur l’intérêt collectif? Pour vous faire une idée, vous n’avez qu’à penser à Lucien Bouchard, Jean Charest, Brian Mulroney, Stephen Harper, Pierre-Marc Johnson, Monique Jérôme-Forget, Clément Gignac, Raymond Bachand, Sébastien Proulx, etc. Ils sont rendus où d’après vous? Et qu’ont-ils fait en politique pour que le privé leur ouvre grand les portes et à gros salaire après leur fructueux passage en politique? Et les ministres caquistes actuels dans le domaine économique, soit Éric Girard, Christian Dubé et Pierre Fitzgibbon, vont retourner au privé après leur brève intermède politique. Vous ne pensez tout de même pas qu’ils vont aller travailler pour un organisme communautaire et écologiste? Vous saurez me le dire en temps voulu.

 

Vos élus viennent d’allumer : le virus provoque des pénuries

Vous pouvez continuer à croire béatement que les États-Unis sont, quoiqu’il arrive, nos alliés indéfectibles. Pourtant, en pleine période de pandémie, le camarade Donald Trump ne s’est pas montré très gentil avec ses alliés : «Washington somme que la compagnie américaine 3M cesse l’exportation (au Canada et ailleurs) de masques N95» et aussi «Les États-Unis démentent détourner des masques à l’Allemagne (et aussi à la France et au Canada)» (Le Journal de Montréal, 3 avril 2020 et La Presse, 6 avril 2020). Donald Trump et les services secrets américains (CIA, FBI, NRS, etc.) ne mentent jamais.

 

Justin Trudeau menace les États-Unis (pas si unis que ça)

Justin Trudeau et le gouvernement libéral du Canada pensent naïvement de faire peur aux Américains : «Justin Trudeau sert un avertissement (un autre qui est tombé dans l’oreille d’un sourd) aux États-Unis. La Maison-Blanche ferait un erreur si elle demandait l’arrêt des livraisons des masques N95 au Canada» (Le Devoir, 4 avril 2020). Si au Québec et au Canada nous avions un minimum de dignité, on arrêterait de quémander et de se mettre continuellement à genoux devant nos voisins du sud et on mettrait un frein à leur contrôle juridique sur nos entreprises dans les domaines pharmaceutique, alimentaire et militaire.

 

Des gouvernements colonisés

Vous rêvez en couleurs si vous pensez qu’un jour le Québec s’affirmera avec un minimum de souveraineté économique, surtout quand vous entendez de telles énormités de la part de vos élus : «Couillard prône une économie (encore plus) ouverte aux marchés (c’est-à-dire aux investisseurs) étrangers», «Nous ne construirons pas un mur autour du Québec, dit Couillard», et la meilleure en termes d’avilissement vient de madame Anglade, qui aspire à devenir notre première ministre : «Vente de Rona. Une transaction bénéfique pour le Québec, selon la ministre Anglade» (Le Devoir, 5 février 2016, La Presse, 4 février 2016 et Agence QMI, 3 février 2016). Une dernière à cet effet et elle est l’œuvre de l’ex-ministre libéral des finances, Raymond Bachand, devenu, comme d’autres d’ailleurs, lobbyiste : «Bachand ne s’inquiète pas de la mainmise étrangère» (La Presse, 30 novembre 2007). Les politiciens allemands réagissent différemment, comme ceux de beaucoup d’autres pays, que nos élus soumis et vendus : «L’Allemagne envisage un fonds public (c’est-à-dire étatique) contre les OPA (offres d’achat hostiles qui mettent en péril la souveraineté du pays» (Le Devoir, 6 février 2019). Qu’une firme étrangère essaie, juste pour voir, de faire une offre d’achat sur les pharmaceutiques américaines Merck, Pfizer, General Foods ou Kellog’s. Les Américains sont acheteurs, mais jamais ils ne laisseraient passer à des mains étrangères leurs fleurons dans des domaines aussi névralgiques que le pharmaceutique, le pétrole et l’alimentation, comme d’ailleurs d’autres pays. Et ils font bien. Mais pas le Canada et le Québec, dont les entreprises dans ces trois secteurs d’activités sont détenues majoritairement par des étrangers.

 

Pénurie en permanence de médicaments

«Après la pénurie de masques, les médicaments» et aussi «Pénurie mondiale d’équipements médicaux : c’est la loi de la jungle (traités de libre-échange ou pas)» (Le Journal de Montréal, 11 avril 2020 et 3 avril 2020). Nos représentants politiques font semblant d’être surpris et pris de court par la pénurie de médicaments en cette période de crise du coronavirus alors que c’est à l’année longue et à chaque année qu’au Québec et au Canada il y a pénurie de médicaments pour traiter les cancers, les problèmes cardiaques, etc. : «Pénurie d’un médicament pour lutter contre le cancer» et aussi «Pénurie d’un médicament crucial pour soigner la tuberculose», et enfin «Pénurie de médicaments contre l’épilepsie… et contre la syphillis» (Le Journal de Montréal, 5 avril 2018, 15 juillet 2019, 23 juin 2016 et Le Devoir, 4 mai 2016). Ces articles datent des années 2016, 2018 et 2019, alors qu’il n’y avait pas de coronavirus. Pouvez-vous m’expliquer?

 

Et nos élus font les hypocrites

Et nos élus, comme l’ex-ministre de la santé, le radieux Yves Bolduc, qui s’écrient, en 2011, pour la galerie : «Ruptures de médicaments. Le ministre Bolduc se dit préoccupé» (La Presse, 10 août 2011). Préoccupé mais il ne fera absolument rien pour essayer de régler ce problème récurrent. Les libéraux ont vargé ailleurs dans le domaine de la santé.

 

Voilà ce qui arrive quand un pays laisse le contrôle de domaines absolument cruciaux pour sa souveraineté à des pays et à des transnationales étrangères, plus grosses que le Canada, et souvent des monopoles privés, comme dans le cas des médicaments. Ils ne savent donc pas que ces pénuries sont artificielles et provoquées pour faire exploser les prix. Pour ces firmes, le profit importe plus que la vie.

 

Des pharmaceutiques financées par des fonds publics et vendus à des étrangers : de la servitude volontaire

Nos élus sont, à plusieurs égards, sont des dangers publics comme quand ils inondent de fonds publics des jeunes pharmaceutiques au Québec sans s’assurer d’obtenir un minimum d’actions afin de bloquer, comme ailleurs, la vente de l’entreprise à des étrangers, surtout dans les domaines stratégiques du pharmaceutique, de l’agro-alimentaire et même de nos terres agricoles. En 2001, une entreprise collective qui a pris naissance dans les laboratoires de l’Institut Armand-Frappier, rattaché à l’Université du Québec, et qui avait mis au point des médicaments vendus dans le monde entier contre le sida et l’hépatite B fut bien évidemment privatisée à des opportunistes, comme Francesco Bellini, et vendue à la pharmaceutique anglaise Shire pour 6 milliards de dollars. Il ne reste plus rien au Québec de ce beau et immense succès public. Encore une fois pour nos élus, l’intérêt particulier d’amis a primé sur l’intérêt collectif. L’idéologie passe avant le gros bon sens et le pragmatisme, dont pourtant ils s’autoproclament.

 

La grande braderie continue

Et puis, au cours des dernières années, il a eu la vente de ces pharmaceutiques québécoises à des étrangers : «Clementia, Technilab, Sabex, MultiChem, Atrium, Celmed, Enobia, Labopharm, Laboratoires Choisy, Prometic, Paladin, Medicago, BioSignal, Diagnocure, Uman Pharma, Gemin X, Confab, Axcan, Anapharm, etc. Peut-on être plus colons que ça? Non. Des milliards de dollars versés en subventions publiques à des «entrepreneurs» qui en ont profité pour bâtir une entreprise pharmaceutique et se dépêcher à la vendre à des étrangers à la première occasion afin de devenir multimillionnaires. Et il ne reste plus rien au Québec.

 

Le cas de la France

En France, quand une firme étrangère a voulu acheter la pharmaceutique Aventis, le gouvernement est intervenu pour empêcher la transaction et a forcé Aventis à fusionner avec la petite pharmaceutique Sanofi : «Création du troisième groupe pharmaceutique mondial.  Aventis dit oui à Sanofi» (Le Journal de Montréal, 26 avril 2004).

 

La seule et logique solution est la création de la société Pharma Québec.

 

Pandémie et hégémonie américaine : l’Europe dit non

Dans cet article récent paru dans Le Devoir du 23 avril 2020 intitulé : «La course mondiale au vaccin s’intensifie», il est écrit ceci noir sur blanc : «La quête effrénée d’un vaccin donne lieu à une lutte sans pitié entre pays (et encore plus entre amis occidentaux). Le gouvernement allemand a ainsi dû intervenir pour stopper in extremis des tentatives, pilotées par la Maison Blanche, de rachat du laboratoire pharmaceutique allemand CureVac. C’est toute l’Europe qui est en train de muscler ses garde-fous face aux projets d’acquisitions stratégiques par des groupes étrangers (comme américains)».

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