Le devoir de hausser les impôts des riches et des compagnies

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Les belles promesses qui n’ont pas tenu leurs promesses

Les traités de libre-échange qui donnent tous les droits aux détenteurs de capitaux; la déréglementation du marché du travail qui a pioché sur les syndicats, les avantages sociaux et les salaires des travailleurs afin qu’ils recouvrent leur “ autonomie” et leur “ liberté”; la baisse d’impôt sur le revenu et l’abolition des impôts successoraux et sur la richesse des richards et des compagnies; le décloisonnement des banques et d’autres institutions financières; la réduction des lois environnementales comme celles qui restreignent la destruction des milieux humides, les coupes à blanc de nos forêts, la contamination des sols et de l’air; la privatisation de la santé et de l’éducation dans les garderies et les CHSLD; etc, étaient censées enrichir tout le monde et encore plus la classe moyenne nous disaient le coeur sur la main les puissants de ce monde et leur escorte formée de politiciens, de chercheurs universitaires, de journalistes et d’autres experts émérites. Ça fait au moins quarante ans qu’ils nous répètent la même cassette! Que l’on soit d’accord ou pas, ils nous imposent leurs mesures et leurs politiques qui, dans les vrais faits, ne profitent qu’à eux seuls. En effet, au lieu d’enrichir les travailleurs, en termes de pouvoir d’achat, ces politiques, qui étaient censées moderniser l’État et nous sortir de notre immobilisme néfaste, ont appauvrit la classe moyenne et au lieu d’atténuer les inégalités économiques criminelles qui les ont fait exploser. Qu’à cela ne tienne, ils continuent à enfoncer le clou, en répétant encore et toujours leurs mêmes marottes, qui dans les faits ne sont que mythes, légendes, illusions et fables. Mais à force de les répéter et les entendre…

Quelques faits incontestables,

Ah, la belle affaire que ceci: «Paradise Papers. La concentration de la richesse est explosive» (Le Devoir, 8 novembre 2017). «Le 1% possède 82% de la richesse mondiale» (Le journal de Montréal, 22 janvier 2018) tiens, tiens, autres bonne nouvelle: «Huit personnes aussi riches que 50% de la population mondiales. (TVA Nouvelles, 15 janvier 2017). Mais à qui profite donc cette concentration de la richesse ? Qu’est-ce qui stimule ces inégalités économiques ? Pourtant, les mesures préconisées par la classe dominante et leurs valets étaient censées réduire les écarts de richesse et enrichir la classe moyenne et les plus pauvres. N’est-ce pas, en 1996, le président d’alors du Conseil du patronat, Ghislain Dufour, qui avait dit que «La distorsion entre riches et pauvres est en voie de se résorber» (La Presse, 15 janvier 1996)? 24 ans plus tard, loin de s’amenuiser, les distorsions s’écartent à grand V.

Et au Canada, qu’en est-il ?

Bonne nouvelle car ici même dans notre «plussss» meilleur pays au monde, la richards sont partie prenante du banquet de l’exploitation des uns par les autres : «Les deux Canadiens les plus riches ont autant que les 30% les plus pauvres» (Le Devoir, 17 janvier 2017). Mais, n’était-il pas censé ne plus avoir de pauvreté et des pauvres au Québec et au Canada ? Oh, mais quelle surprise : «Les ultra-riches s’enrichissent plus rapidement que les autres Canadiens» (Radio-Canada, 9 septembre 2018). Et dire qu’il y a des gens ordinaires qui triment dur qui vont défendre ce système économique et social qui les appauvrit davantage et qui réduit à pas grand-chose l’égalité des chances face aux services publics et face aux chances véritables de s’en sortir. Des honnêtes citoyens qui ont été «brainwashés» par le patronat et leurs faire-valoir et que l’on a amené à se résigner, se soumettre et même à se sentir coupable d’en demander un peu plus afin d’améliorer leur sort. On appelle ça la servitude programmée et imposée et non volontaire. Il n’y a rien de volontaire dans cet état de fait.

Il n’y a pas de riches au Québec qu’ils disent

Les Crésus et leur suite royale prétendent qu’au Québec il n’y a pas de riches ou si peu, comme Luc Godbout, ce fiscaliste universitaire qui pense toujours comme les puissants : «Budget. Pas assez de riches à taxer» (Les Affaires, 12 février 2011). Pas un seul journaliste n’a osé avancer le moindrement l’ombre du début d’une critique à cette ineptie. Les journalistes qui agissent ainsi, représentent un danger public et c’est comme ça qu’ils sont partie prenante de notre aliénation. Ces représentants des médias ne sont pas alors des agents d’information mais bel et bien de désinformation.

Tabarouette, un journaliste aurait pu lui dire que partout dans le monde, et pas seulement au Québec, il y a, en nombre, de moins en moins de riches mais qui sont de plus en plus riches : c’est ce qu’on l’appelle la concentration de la richesse. Puis, un journaliste aurait pu avoir la présence d’esprit, l’indépendance et le courage de dire à l’expert fiscal que l’impôt sur le revenu porte bien son nom : c’est un impôt fondé sur le «revenu» et non pas sur le «nombre».

Poliment, ils auraient pu demander au fiscaliste des riches ceci : «Monsieur Godbout, on sait bien qu’il n’y a pas beaucoup de riches au Québec, mais pouvez-vous nous dire quand même qu’elle est leur richesse globale (comparée à l’ensemble des Québécois) où leur revenu économique et pas seulement leur revenu fiscal qui, comme vous le savez sûrement monsieur, omet plusieurs revenus véritables et ignore ceux qui sont dirigés dans les paradis fiscaux et qui, de ce fait, n’apparaissent pas dans leur déclaration d’impôt ? Monsieur Godbout, vous avez dit qu’il y avait en 2011, seulement 70 500 contribuables qui affichaient un revenu «fiscal» (et non économique) de plus de 150 000$. Cela est faux, et vous le savez, car votre chiffre trompeur de 70 500 contribuables exclu ceux qui s’incorporent comme nos médecins. Et comme sils s’incorporent, ils disparaissent des statistiques fiscales des particuliers pour plutôt faire partie des statistiques fiscales des compagnies.

Dites-moi les amis, s’il n’y a pas ou peu de riches au Québec, expliquez-moi alors ceci : «Les ventes de maisons de luxe en augmentation à Montréal» (Radio-Canada, 20 mars 2019). Qui peut bien acheter les grosses cabanes s’il y a pas de riches au Québec ?

Et tant qu’à y être, expliquez-moi aussi celle-là : «Montréal. Les prix médians des propriétés de luxe affichent la meilleure croissance au pays» (Le Journal de Montréal, 10 mai 2018). Peut-être que les statistiques fiscales ne disent pas tout et faussent la réalité ?

Pour une fiscalité plus équitable

Une fiscalité vraiment progressiste et équitable doit servir à réduire les inégalités économiques, pas les accroître comme elle le fait depuis 40 ans. Dans le faits, les nantis ont un taux d’impôt inférieur à leur secrétaire et à leur femme de ménage, comme l’a signalé le milliardaire Warren Buffet : «Les riches américains devraient payer plus d’impôt» (Le Devoir, 6 octobre 2010). Il n’est pas le seul à réclamer plus de justice sociale : «Bill Gates estime qu’il devrait payer plus d’impôt. Il qualifie la réforme fiscale de Trump de «régressive» (Le Devoir, 20 février 2018). On ne parle pas de surtaxer quiconque, juste d’implanter des politiques fiscales équitables.

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