Une fiscalité équitable et pragmatique : les élus n’en veulent pas

Une fiscalité juste et réaliste : abolir les paradis fiscaux

L’évasion fiscale dans les paradis fiscaux coûte des milliards de dollars chaque année à Ottawa et à Québec. Pour des gouvernements ayant le moindrement à cœur l’intérêt collectif, plutôt que l’intérêt de la minorité possédante, il serait plus facile de mettre fin à cette gigantesque et criminelle fraude institutionnalisée que de faire l’amour. En tout cas, à mon âge, ce n’est pas juste fatiguant, c’est devenu un calvaire. Pourquoi ne pas instaurer des embargos économiques, comme les occidentaux le font ailleurs; ne pas permettre aux banques locales d’y transiger; interdire aux paradis fiscaux d’utiliser le dollar canadien ou américain, l’euro ou le yen, etc.

Des ministres ex-banquiers qui sont au fait de cette friponnerie

Même si, par simple justice sociale, il faudrait mettre fin à cette évasion fiscale dans les paradis fiscaux, vos députés ne le feront pas, car certains y sont partie prenante. Prenons les cas de l’actuel ministre caquiste des finances, monsieur Éric Girard, et de l’ex-ministre libéral des finances, monsieur Carlos Leitao. Ces deux-là ont été dirigeants ont été des dirigeants hauts placés à la Banque Nationale et à la Banque Laurentienne. Vous le savez, les banques canadiennes sont abonnées aux paradis fiscaux. Alors messieurs Girard et Leitao connaissent ça les paradis fiscaux et pourraient y mettre un crin d’arrêt de par leur expertise. Comme ils veulent, comme d’autres, assurer leur après-carrière politique et qu’ils ne veulent pas irriter des copains ou de bonnes connaissances, ils ne feront rien.

La mémoire sélective de François Legault

Du temps qu’il était co-propriétaire et dirigeant d’Air Transat, François Legault a prétendu, dans un premier temps, que sa compagnie n’avait jamais fait affaire dans les paradis fiscaux. Puis, la mémoire lui est soudainement revenue et il a fini par admettre qu’Air Transat avait une filiale à la Barbade : «Legault se contredit sur les paradis fiscaux» (Le Journal de Québec, 25 janvier 2016). Si le premier ministre l’a fait, et si tous les gros le font, fais-le donc!

Et donc, l’ex-banquier de la Caisse de dépôt

Imaginez, même un instrument collectif comme la Caisse de dépôt s’adonne joyeusement et sans aucun remord à cette crapuleuse évasion fiscale : «La Caisse de dépôt a plus que doublé (30 milliards$) ses investissements en 5 ans… dans les paradis fiscaux» (Le Journal de Montréal, 7 mai 2019). Et le nouveau président de la Caisse, un autre ex-banquier de la Scotia Bank, monsieur Charles Émond, qui vient nous dire que : «Les paradis fiscaux sont là pour rester» (Le Journal de Montréal, 21 février 2020). Incroyable mais vrai. Et on nomme ça à la tête de notre gros bien public. Tout un commis d’État. Compte tenu de leur implication massive dans cette fraude légalisée dans les paradis fiscaux, on ne devrait jamais nommer comme ministres en politique ou à la tête de nos instruments collectifs et de nos services publics des banquiers. Mais comme les institutions financières sont riches à craquer…

Hausser les impôts de certains est nécessaire et pragmatique

Oh que je le sais trop bien. Oui, juste mentionner le mot «augmenter» l’impôt des riches et des compagnies va faire que le patronat, des élus, des universitaires et des chroniques-éditorialistes vont se mettre à me crier des noms épouvantables à ne pas répéter devant vos enfants et vos parents.

Je ne dis pas de surtaxer qui que ce soit. Je veux juste que tous paient leur juste part d’impôt, tant les entreprises que les individus. Ça, c’est un fait vrai : les élites économiques ont un taux d’impôt réel inférieur à celui de la classe moyenne. C’est pas moi qui le dis, mais bel et bien les milliardaires américains Warren Buffett, Bill Gates et d’autres. Pourquoi d’après vous Donald Trump, contrairement à tous ses prédécesseurs, ne veut pas rendre public ses déclarations d’impôts sur le revenu? Et comme il a nommé deux amis conservateurs comme juge à la cour suprême, «légalement», il n’aura pas à le faire. Comme s’il avait quelque chose à cacher?

Est-ce que le Fonds monétaire international (FMI) est à gauche?

Encore récemment, le FMI, qui est loin de porter à gauche, a recommandé aux États d’instaurer des politiques fiscales plus progressives : «Le FMI recommande d’améliorer le filet social (programmes sociaux) pour stimuler la reprise» (Le Devoir, 7 mai 2020). Et en 2017, il avait plaidé ceci : «On devrait augmenter les impôts des plus riches, estime le FMI» (Le Devoir, 12 octobre 2017). Idem en 2013 : «Taxez les riches, dit le FMI. Les pays ont fait un effort pour réduire leurs dépenses (comme l’ont fait Charest et Harper), il est temps d’augmenter leurs revenus, précise l’organisation (Charest et Harper ont plutôt baisser les impôts des nantis et des compagnies» (Le Devoir, 10 octobre 2013). Philippe Couillard, Dominique Anglade et le PLQ ont plutôt préféré continuer à varger dans les services publics, diminuer l’impôt du gratin et hausser la TVQ qui pénalise la classe moyenne.

Le parti libéral du Québec et l’hypocrisie de son universitaire

Contrairement aux mesures préconisées par le FMI, l’ONU (l’ONU veut taxer les super-riches) et l’OCDE (les Américains les mieux nantis devraient payer plus d’impôts), le PLQ et son fiscaliste universitaire Luc Godbout, celui qui est toujours sur la même longueur d’ondes que le patronat, ont toujours pensé le contraire : «L’Impôt sur le revenu, l’ennemi à abattre. La Commission libérale Godbout emprunte la voie difficile (mais voulue par le patronat) des hausses de taxes et de tarifs de services publics (qui heurtent la classe moyenne)» (Le Devoir, 20 mars 2015). Luc Godbout, un autre qui donne l’impression d’être neutre et même progressiste alors qu’il est un ultra libéral. Il préconise même d’appliquer la TVQ sur les aliments. Il faut le faire!

Même la Banque TD prône des hausses d’impôts

«Mise en garde. Le Canada (et le Québec) doit agir contre la montée des inégalités, dit la TD. La fiscalité canadienne gagnerait à être plus progressive» (Le Devoir, 25 novembre 2014), Comme vous le savez, le parti conservateur de Stephen Harper au fédéral et celui de Philippe Couillard à Québec, ont plutôt choisi d’adopter des mesures qui ont accru les inégalités économiques et qui ont frappé de plein fouet les moins nantis. C’est Philippe Couillard qui l’a dit lui-même : «Les coupes ont touché les plus vulnérables, admet Couillard» (Le Devoir, 23 septembre 2015). La TD qui préconise des mesures fiscales, progressives, mais qui demande toujours des baisses d’impôts et qui affectionne les paradis fiscaux.

Augmenter le nombre de paliers d’imposition

La première chose à faire pour rendre notre fiscalité progressive, elle qui est actuellement régressive, est d’augmenter à au moins dix, comme cela était auparavant (années 70’s), le nombre de paliers d’imposition qui sont aujourd’hui au nombre de seulement 4 à Québec et de 5 à Ottawa.

Il faut abolir les deux baisses caquistes de taxes scolaires

En 2018 et en 2020, la CAQ a baissé les taxes scolaires des nantis. Une mesure qui privera le gouvernement du Québec de rentrées fiscales d’au moins un milliard de dollars par année et que personne a demandé, sauf… : «Une baisse de taxe (scolaire) qui profite aux fortunés» (Le Journal de Montréal, 19 décembre 2018). En période de pandémie, les compagnies et les nababs ont appelé la population à faire preuve de solidarité et de philanthropie. S’ils sont cohérents avec eux-mêmes, ce que je doute, ils vont militer afin d’abolir les deux baisses caquistes de taxes scolaires qui n’ont profité qu’aux pleins.

Taxer les salaires de tous uniformément

Il faut que les gouvernements mettent fin à ce scandaleux privilège fiscal octroyé aux dirigeants de sociétés privées ouvertes qui se font payer leurs rémunérations en actions (options d’achat d’actions) plutôt qu’en chèque de paie pour le travailleur ordinaire. 100% du salaire payé sous forme de chèque de paie est imposable alors que seulement 50% du salaire versé en actions aux boss est imposable. Ça fait que les patrons millionnaires ont un taux effectif ou réel nettement inférieur à leurs propres employés : «Mesures fiscales profitant aux chefs d’entreprise : le Québec peut-il se priver de 250M$ par année (et le fédéral d’un milliard$)?» (Le Journal de Québec, 5 avril 2019). Il me semble que par simple logique, on devrait diminuer cette magouille fiscale.

J’ai un appui : François Legault. Bravo Léo!

Ça vous surprend et ça vous en bouche un coin, mais c’est ça qui est ça. En 2012, François Legault avait fait cette promesse solennelle, une autre : «Les riches paieront plus d’impôt sous un gouvernement caquiste» (La Presse, 17 août 2012). Élu en 2018, François a plutôt baissé les impôts des puissants et augmenté aussi considérablement les subventions des B.S. corporatifs, eux qui toutefois plaident toujours pour l’État minimal et l’économie du marché libre.

Abolir l’incorporation des médecins

«Les médecins (qui s’incorporent) privent le fisc de 150M$ par année» (Le Journal de Montréal, 26 février 2014). Ça c’était en 2013 : rendu probablement à au moins 200M$ de manque à gagner fiscal en 2019. Déjà qu’ils gagnent de gros salaires, les docteurs qui s’incorporent ont donc un taux d’impôt sur le revenu réel moins élevé que le travailleur ordinaire. Les gouvernements fédéral et provincial doivent interdire aux docteurs qui travaillent principalement pour l’État, comme tous les autres professionnels au service du gouvernement, le droit à l’incorporation, qui devient alors un abri fiscal et une stratégie d’évitement fiscal. Il faut corriger cette injustice en abolissant cette vache sacrée fiscale octroyée aux toubibs. Une autre incohérence facile à corriger, mais les élus ne feront rien.

Et pourtant Danielle McCann avait promis

La ministre caquiste de la santé, Danielle McCann, elle qui s’écrase devant le syndicat des médecins, avait pourtant dit qu’elle allait resserrer, dans les meilleurs délais, les règles d’incorporation des médecins, comme d’ailleurs la CAQ le réclamait haut et fort du temps qu’elle était dans l’opposition : «McCann prête à revoir l’incorporation des médecins» (Le Journal de Montréal, 2 mai 2019). Faites-vous à cet effet confiance à la CAQ et à madame McCann? Moi pas. Il faut continuer à chouchouter nos bons docteurs.

À suivre!

J’ai d’autres idées pour arriver à une fiscalité plus équitable que je vais vous dévoiler dans mes prochains textes.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s