PQ, PLQ et CAQ, du pareil au même. Version améliorée!

Le summum de la liberté : voter aux quatre ans

Ce que l’on est privilégié de vivre en toute liberté dans un pays démocratique. Les époustouflantes inégalités économiques permanentes; la concentration «dynamique» de la richesse; la philanthropie des paradis fiscaux et les bienveillantes armées de lobbyistes, souvent de joyeux ex-politiciens (Charest, Bachand, Mulroney, Bouchard, Chevrette et cie); les médias écrits et parlés détenus par des grosses compagnies mais financés massivement par l’État et l’influence des gros annonceurs sur les reportages; la corruption généralisée et la fraternelle collusion entre supposés concurrents; l’inaccessibilité pour la majorité à des soins de santé et à un système d’éducation et de garderies publics potables dans un pays aussi riche et la cavalerie de «working poors» payés au salaire minimum de 13$ l’heure, sont des preuves indubitables que tous ont un accès universel aux services sociaux premiers et que tous ont une parfaite égalité des chances dans la vie. Ce qu’il fait bon de vivre dans ce paradis terrestre. Il faut être de mauvaise foi pour critiquer un tel eldorado où les pontifes et les compagnies financent généreusement les partis politiques «consensuels» afin d’aboutir à toujours plus de démocratie. On plaint les Chinois, les Russes et aussi les Cubains qui sont prisonniers de gouvernements communistes et qui n’ont pas pantoute ce qu’on a… une chance!

Voter aux quatre ans pour des partis politiques qui se ressemblent

Oui, les Québécois sont vraiment choyés : ils peuvent voter à tous les quatre ans pour différents partis politiques mais qui se ressemblent. À moyen terme, CAQ, PLQ et PQ appliquent toujours les mêmes mesures : modernisation de l’État; baisse des impôts sur le revenu; privatisation de nos instruments collectifs et de nos services publics; politiques rigoureuses d’austérité (à cet effet, le PQ n’a rien à envier au PLQ. Rappelez-vous les Lucien Bouchard, Chevrette, Facal, Brassard, Léonard, Garon, Landry et cie); complices de l’évasion et de l’évitement fiscaux, etc. Au Canada, avec le PLC, le PC et le NPD et aux States avec les démocrates et les républicains, c’est pareil. Et chaque parti politique se fait un devoir d’avoir au moins le tiers de leurs ministres qui proviennent du privé et qui retourneront au privé en reconnaissance des services rendus aux dominants. Ah oui, on aime tout particulièrement les banquiers comme ministres, surtout les journalistes économiques qui sont en pamoison devant eux : Éric Girard à la CAQ ainsi que Martin Coiteux et Carlos Leitao au PLQ sont de bons exemples.

Faisons, juste pour s’amuser, un bref tour d’horizon

Notre actuel premier ministre caquiste, François Legault, provient du parti Québécois où il a été ministre. La nouvelle cheffe du parti libéral du Québec, Dominique Anglade, nous arrive de la CAQ, où elle a été présidente du parti. Le ministre caquiste des Finances, Éric Girard, est un déporté du parti conservateur du Canada; la fabuleuse caquiste des Aînés, Marguerite Blais, nous arrive du PLQ.

Au PLQ, les ex-ministres Gaétan Barrette et Sébastien Proulx étaient des caquistes dans leur ancienne vie. Même le député de Québec solidaire, Vincent Marissal, avait frappé, sans succès, aux portes du parti libéral du Canada. Il y a en religion catholique le mystère de la Trinité (Dieu, Jésus et l’Esprit saint) qui ne font qu’un. En politique, il y a le PQ, la CAQ et le PLQ qui ne font qu’un. Dans leur cas, c’est loin d’être un mystère. Si les partis politiques étaient vraiment différents sur le plan idéologique, il n’y aurait pas autant de transferts (et de transfuges). Cela serait impossible à envisager. En fait, on essaie de vous faire croire que vous êtes libres et que vous vivez dans un beau pays démocratique alors que vous êtes appelés à voter pour des partis politiques interchangeables. Mieux vaut en rire et continuer de s’illusionner afin de ne point désespérer. Et pour passer le temps et changer le mal de place, continuons à «blaster» les régimes socialistes. Je vous le dis : ça va vous faire du bien. Trouvez-moi un parti politique d’ici qui a réussi à atténuer les inégalités économiques et sociales; à limiter l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux; à taxer davantage la richesse; à augmenter le salaire minimum au-delà de l’inflation; à empêcher la privatisation de nos biens et services publics et à améliorer pour de vrai ceux qui restent, etc.? Allez, répondez à ma question en toute honnêteté. Pas facile, hein!

Et d’autres girouettes et transfuges

Continuons à rire de bon cœur avec Jean Charest qui est passé du PC au PLQ et qui voulait retourner du PC. Et puis il y a les lobbyistes Lucien Bouchard, passé du PC au Bloc québécois puis au PQ, et Raymond Bachand qui a bifurqué du PQ au PLQ. Une autre à la fois drôle et pathétique est le passage de l’ancien chef du Bloc québécois, Michel Gauthier, un mandarin qui s’affichait en public comme un gars très progressiste et qui a, comme ça, décampé pour le parti conservateur ultralibéral. Des opportunistes que je vous dis, qui vont au parti politique où ils ont le plus de chances de se faire voir; de devenir ministres avec la belle grosse limousine et chauffeur svp; d’avoir les caméras braquées sur eux et de favoriser l’avancement de leur carrière post-politique dans le privé. Des élus qui ont à cœur l’intérêt général que vous me dites sans rire? Allez, soyez sérieux, je vous en prie. Vous vous souvenez que l’ADQ de Mario Dumont était très à droite. Mais pas de problème pour le PQ : «Alliance entre le PQ et l’ADQ» (Journal de Montréal, 4 décembre 2008). Ça c’était une idée de Pauline Marois : «Mario Dumont confirme qu’il y a eu des discussions» (La Presse, 1er mai 2009). Il faut le faire. Ah oui il y a aussi celle-ci : «Lucien Bouchard conseille Dumont (ADQ)» (Le Journal de Montréal, 23 août 2002). Cré Lulu va!

Pour plus de démocratie, ils s’en vont dans le privé

Pensez-vous vraiment que le privé leur offrirait, après leur service politique, une belle grosse job payante s’ils n’avaient pas fait le «travail» et n’avaient pas exécuté ledit contrat «social»? Et s’ils s’en vont dans le privé par après, je suppose que c’est bon pour le bien de la démocratie et du bien commun comme quand l’ancien fougueux ministre péquiste Guy Chevrette est devenu président de l’industrie forestière au Québec (La Presse, 3 mai 2005), remplacé par après à ce poste «communautaire» par l’ex-ministre conservateur Denis Lebel (Le Devoir, 21 juin 2017)? Il y a aussi l’ex-DG du PLQ, Karl Blackburn, qui a hérité du poste de directeur à la grosse papetière Résolu (La Presse, 22 août 2013). Ah que le monde est petit. Coudonc, est-ce qu’il y en a qui acceptent des jobs dans les services sociaux, les syndicats (supposément très puissants) ou les groupes écologistes? Cela ne serait pas très démocratique s’ils faisaient ça, n’est-ce pas? C’est beaucoup mieux de retourner dans le privé, qui lui a toujours à cœur l’intérêt général, une meilleure répartition de la richesse, l’adoption de politiques fiscales progressistes, le maintien de programmes sociaux publics de qualité et qui est partisan du marché libre mais très subventionné par des fonds publics. Tout le monde sait ça évidemment. Il y a l’ex-ministre libéral Sébastien Proulx (ex aussi de la CAQ) qui vient de démissionner comme député afin d’accepter un emploi chez Desjardins.

Lucien Bouchard, un modèle de service public

Lulu, dit le «toupet» dixit Michel Chartrand, celui qui a vargé autant que le PLQ dans nos services publics, a quitté la politique en grand homme d’État afin de devenir président de l’Association pétrolière et gazière du Québec (Le Devoir, 25 février 2011), puis comme négociateur pour la minière multinationale Arcelor-Mittal (La Presse, 7 mai 2017) et enfin comme négociateur pour le pauvre syndicat des médecins spécialistes (Le Devoir, 20 janvier 2017). Même s’il ne fait pas dans le bénévolat, Lucien vous dira qu’il le fait pour notre bien à tous. C’est pour ça que les journalistes l’aiment.

Et il n’y a pas d’âge pour bien faire dans la vie, comme l’a démontré l’ancien ministre libéral issu de la finance privée et partisan du privé en santé, monsieur Claude Castonguay : «L’ex-ministre Claude Castonguay lobbyiste à 89 ans» (Le Journal de Montréal, 16 avril 2019). Dans mes archives de vieux articles de journaux, j’en ai plein d’autres rigolotes comme ça. Tiens, une dernière qui met en vedette l’ex-ministre libéral des Finances, Raymond Bachand, un fervent adepte de la tarification accrue des services publics et des mesures d’austérité : «Raymond Bachand. Lobbyiste pour Bombardier», puis : «Bachand lobbyiste pour… des dirigeables». Et aussi «Raymond Bachand. Un poste chez Norton Rose (gros bureau d’avocats). Et enfin : «Raymond Bachand au conseil d’administration de la Banque Nationale» (La Presse, 18 novembre 2014, Le Devoir, 19 juin 2015, La Presse, 21 janvier 2014 et le 1er novembre 2014).

Il ne faut surtout pas se fier aux apparences. Vous êtes entièrement libres et vivez dans l’alpha et l’oméga démocratiques au Québec même si vous votez pour des partis politiques similaires qui sont financés par le privé et dont plusieurs ministres y retournent travailler en toute quiétude. Dans les pays socialistes, comme la Russie et la Chine, les gens n’ont pas cette chance-là!

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