J’ai peur pour ma langue

L’assimilation progresse rapidement

Il faut être vendu ou ignorant pour ne pas s’alarmer face au recul du français ici même au Québec, qui se déroule à vitesse grand V. Il faut dire merci aux libéraux de Charest et de Couillard qui ont sacrifié le fait français à leur clientèle de langue anglaise. D’ailleurs, aux dernières élections provinciales de 2018, les libéraux auraient été rayés de la carte, n’eut-été de tous les comtés à majorité anglophone qui ont tous fait élire des députés du PLQ. Les libéraux sont des traitres prêts à tout pour se faire élire. Pourquoi donc les anglos votent-ils massivement pour le PLQ?

La situation démographique du Québec

Il ne faut pas être une grosse lumière pour réaliser qu’un peuple d’environ 8 millions de francophones, entouré de presque 360 millions d’anglophones, incluant le pays le plus impérialiste au monde à tous les points de vue, doit prendre des mesures énergiques, plus qu’ailleurs, afin de protéger sa culture et sa langue et non de les affaiblir comme l’ont fait les libéraux du Québec, qui ne sont pas seulement des colonisés économiques mais aussi linguistiques. Leur devise étant : «If you can’t beat him, join him». Aie, la langue en vigueur dans tout pays fait partie de sa raison d’être. Ça fait partie intégrante de nous-mêmes et il faut la défendre par respect pour nos ancêtres qui se sont battus pour sa sauvegarde. Une personne digne va énergiquement défendre sa langue et ne pas la sacrifier aux intérêts des forces économiques qui la considèrent comme un irritant à la business et un coût additionnel qui rend nos compagnies moins compétitives. La liberté de la majorité francophone prime sur les pseudo-droits d’une certaine minorité linguistique prompte à crier à l’oppression et au racisme chaque fois que l’on veut protéger le français.

Pas mieux qu’en 1970

En 1970, je travaillais à la Place Ville-Marie pour le cabinet international d’experts-comptables Deloitte. Au bureau de Montréal, la majorité des associés et des chefs d’équipe était anglophones. Quand j’allais faire la vérification de gros clients comme Bell Canada, la Banque Royale, le Montreal Trust, Litton Industrie, etc., c’est en anglais que ça se passait. Si le midi j’allais chez Eaton ou la Baie, les vendeuses s’adressaient à moi en anglais. Même si je n’étais pas très politisé, je trouvais humiliant de ne pas pouvoir parler ma langue maternelle dans mon propre pays. Mais les bons francophones aliénés n’y voyaient aucune objection.

Je vais vous dire une chose : depuis 1970, les choses n’ont pas beaucoup changé.

Dire que Philippe Couillard a mis l’apprentissage de l’anglais très tôt au primaire au détriment de l’enseignement du français. Il avait même eu le culot de dire que tout travailleur francophone devrait pouvoir s’adresser en anglais avec son patron, et ça ici même d’une une usine du Québec. Voilà le problème : au Québec, certains immigrants vont choisir l’anglais car ils peuvent travailler en utilisant que la langue anglaise et recevoir tous les services publics dans cette langue, ce qu’ils ne pourraient pas faire en Allemagne ou en France. La minorité anglophone du Québec est la plus privilégiée au monde. C’est ainsi que l’on finance collectivement notre propre perte linguistique.

Il faut avoir le courage d’agir  

Au Québec, il faut accepter comme immigrant ou migrante des gens qui parlent déjà le français ou ceux qui en règle générale vont l’apprendre et s’intégrer facilement à la majorité francophone. Il me semble que ce n’est pas compliqué à faire et cela ne relève pas d’une attitude raciste. C’est une question de survie. Oui, il faut prioriser les personnes qui proviennent de pays francophones comme la France, la Belgique, Haïti, le Sénégal, le Maroc, la Tunisie, le Congo, la Côte-d’Ivoire, etc.

Puis pour les autres, il ne faut pas être un grand statisticien pour observer que les individus provenant de pays d’Amérique latine ont tendance à apprendre le français alors que ceux venant de pays asiatiques et de l’Europe de l’est comme la Russie ou l’Ukraine optent pour l’anglais. En conséquence, il n’est pas difficile de choisir qui ont veut sélectionner. Incroyable mais vrai, on les laisse choisir entre l’anglais et le français dans notre propre pays. Il faudrait se décomplexer.

De plus, il faut aussi appliquer la loi 101 au CEGEP et interdire l’octroi de diplômes bilingues dans nos collèges et universités. C’est juste élémentaire de ne pas financer collectivement notre propre anglicisation.  

De 2000 à 2020 : début des années 2000

En fouinant dans mes vieux articles de journaux, j’ai trouvé ceux-ci, remontant au début des années 2000 : «L’anglais gagne du terrain au Québec» et «Rapport annuel de l’Office de la langue française. Le français ne parvient pas à s’imposer au travail. Un travailleur sur deux doit utiliser l’anglais» (La Presse, 23 novembre 2004 et La Presse, 4 novembre 2003). Est-ce vraiment mieux aujourd’hui? Je vous le dis qu’il faut agir vite. Pourquoi un immigrant apprendrait-il le français s’il peut étudier et travailler en anglais ici même au Québec?

Et en 2017, qu’en est-il?

En 2017, que disait le rapport de la vérificatrice générale du Québec, madame Guylaine Leclerc? «Francisation. Le fiasco québécois. Seulement un immigrant sur trois ayant besoin de cours de français en a suivi» (Le Devoir, 24 novembre 2017). Et puis, il y a celles-ci : «Le français en recul chez les travailleurs qualifiés immigrants» et «Travail. Le bilinguisme poursuit sa croissance (selon une étude de Statistique Canada). La proportion de personnes qui travaillent surtout en français a diminué en 10 ans» (Le Devoir, 9 mars et 30 novembre 2017). Et alors, est-ce qu’il faut continuer à ronronner et à gazouiller ou agir pour vrai?

La vraie nature mercantiliste du patronat

Le patronat préfère toujours des mesures volontaires ou non «coercitives» d’apprentissage du français pour les immigrants au travail plutôt qu’à l’école. Selon lui, les forcer à apprendre le français relève du racisme et brime leur liberté. On a déjà entendu la même chanson au niveau de la loi caquiste sur la laïcité. C’est certain qu’ils vont apprendre le français à leur job avec la bienveillance du patron.

Tenez, voilà une proposition pragmatique des Chambres de commerce : «Les usines veulent embaucher des immigrants qui ne connaissent pas le français (et qui ne l’apprendront jamais)» (Le Devoir, 3 février 2016). Mais moi ma préférée est celle-ci, émanant de la Commission scolaire English Montreal qui «a invité le gouvernement du Québec à permettre aux nouveaux immigrants dont l’anglais est la langue maternelle d’envoyer leurs enfants à l’école anglaise» (Le Devoir, 25 janvier 2020).

La servitude volontaire de certains inféodés

«Éducation. La fédération des cégeps «emballée» par l’idée d’un collège (en fait 3) bilingue» (Le Devoir, 3 mars 2020). Comptez-vous chanceux les «fédérés» et les «collaborateurs» que je ne sois pas ministre de l’Éducation. Il y a aussi cette bonne nouvelle émanant d’un beau collège privé financé majoritairement par des fonds publics (comment le gouvernement peut-il supporter une telle absurdité : «Moins de français pour attirer les élèves. Le collège (études secondaires) Durocher a réduit du quart le nombre de cours de français afin de créer des profils personnalisés plus attrayants» (Le Devoir, 23 octobre 2015). Il faudrait retirer le permis d’instruction à cette entreprise pour qui l’éducation relève de la marchandise et le français de la business. Ben oui, tout le monde sait ça que l’apprentissage de l’anglais c’est plus attrayant, plus cool, plus payant et plus pratique. Le français ça fait vieux jeu et c’est plus compliqué que l’anglais à apprendre et moins universel.

Le PLQ préfère l’anglais

Par mesures d’austérité, le PLQ a coupé «utilement» dans certains programmes inutiles comme : «L’opposition (PQ, CAQ et QS) s’insurge comme les coupes dans la francisation des enfants d’immigrants» (Le Devoir, 28 juin 2016). Ce que le patronat veut, le PLQ le veut aussi. Si vous obéissez, vous allez (les élus libéraux) avoir une belle job payante dans le privé. Pour finir, deux autres bonnes : «PLQ. Pas une loi ne serait adoptée sans un examen de ses effets sur les anglophones. L’offensive de charme auprès de cet électorat sera discutée au congrès» et «Immigration. Québec (PLQ) ouvre la porte aux entrepreneurs ne parlant pas le français» (Le Devoir, 2 août 2018).

La CAQ fera-t-elle mieux que le PLQ?

Même si la CAQ a été massivement élue grâce au vote des francophones, fera-t-elle mieux que les libéraux? J’en doute, surtout quand je vois la ministre du Conseil du Trésor, Sonia Lebel, dire que le «Québec est une province bilingue» (Le Devoir, 20 septembre 2019). Dois-je rappeler que la langue française est, depuis 25 ans, supposément la seule langue officielle au Québec?

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