Bombardier et les démagos

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Bombardier : un fiasco intégral qui s’enlise

L’erreur monumentale commise par nos élus, tant du fédéral que du provincial, fut de privatiser Canadair et d’autres sociétés d’État, sous le seul signe idéologique du moins d’État, moins de public, moins de collectif et plus de privé pour les opportunistes et plus d’individualisme. Tellement ridicule d’avoir privatisé Canadair, De Havilland et d’autres à des affairistes qui ne connaissaient absolument rien à la fabrication d’avions et de trains. Des tramways, ce ne sont pas des motoneiges.

Ce qui devait arriver arriva. Nos gouvernements ont dilapidé des milliards de dollars en fonds publics dans ce panier sans fond qu’est Bombardier, contrôlé majoritairement par la célèbre famille Beaudoin-Bombardier, qui est devenue milliardaire grâce à peu d’investissements personnels. Mais Bombardier a toujours eu la bonne idée d’embaucher d’ex-politiciens comme les libéraux Daniel Johnson et Raymond Bachand.  Disons que ça aide. Encore ces dernières années, le gouvernement du Québec (PLQ) et la Caisse de dépôt et placement du Québec ont investi plus de quatre milliards de dollars de fonds publics dans les filiales du transport et de la mémorable C Series au lieu d’avoir, pour limiter les pertes, investi dans la société-mère Bombardier. Tellement inconcevable que ça en est suspect. Aujourd’hui, le placement de 1,3G$ de Québec dans la C-Series donnée à Airbus ne vaut plus rien.

En passant, Canadair avait une grosse piste d’atterrissage à Saint-Laurent offert gratos à Bombardier. qui l’a fermée pour la transformer en une filiale immobilière avec la construction de résidences privées. Le fédéral aurait pu au moins garder ces terrains comme il aurait dû conserver la propriété des voies ferrées lorsqu’il a privatisé le CN qui, aujourd’hui, appartient à plus de 70% à des Américains et dont l’actionnaire principal est le milliardaire américain Bill Gates de Microsoft. On verse des milliards à Bombardier pour le maintien d’emplois tout en congédiant des milliers de jobs dans la fonction publique qui perd alors son expertise et ouvre la porte toute grande au privé, à la corruption et à la collusion.

Ce qui aurait dû être fait

Vraiment pathétique. Pour Bombardier Transport et Aviation, les gouvernements auraient dû simplement faire comme ailleurs et conserver un bloc minoritaire d’actions d’environ 25% à 30%, lui donnant le pouvoir de blocage dans le cas d’une vente éventuelle de l’entreprise, et s’associer en partant avec des firmes étrangères comme Airbus, Siemens ou Alston, avec de vraies et solides garanties d’emplois et d’investissements au pays. Mais non, il fallait faire plaisir aux amis qui financent leurs partis politiques et qui les embauchent après leur carrière politique. Si les gouvernements avaient accordé ces milliards de dollars à une société d’État, le patronat aurait crié au scandale. Mais quand c’est pour Bombardier, SNC-Lavalin, CGI et cie, c’est parfaitement correct et même souhaitable.

Les Beaudoin-Bombardier dans le ciment

Pendant que le bateau Bombardier coulait à pic et survivait uniquement grâce à l’infusion massive de fonds publics, il se trouve que la famille B-B a eu la brillante idée de se lancer dans le ciment, un autre domaine qu’elle ne connaissait pas, avec la création en Gaspésie de la cimenterie McInnis.

N’ayant pas appris de leurs déboires, nos élus du Québec ont récidivé et nous ont embarqué dans cette galère avec ladite famille d’arrivistes en y injectant de nouveau des centaines de millions de notre argent. C’est quoi l’idée de s’en aller dans le ciment alors que l’entreprise ploie? Complètement fou, à moins d’être assuré à l’avance d’embarquer le gouvernement dans l’affaire qui arrive avec nos dollars. Même nos élus auraient dû apprendre de leur néfaste expérience de brasser des affaires avec eux. Bah, pas grave, c’est pas leur argent, juste celui du public.

Une cimenterie qui créera seulement 200 emplois au Québec et qui sera le principal pollueur de tous les temps : «Philippe Couillard inaugure la cimenterie McInnis. Le projet industriel, qui a échappé au BAPE (incroyable mais vrai), sera le plus polluant du Québec» (Le Devoir, 26 septembre 2017). Cette cochonnerie gonflera à elle seule de 10% les émissions de GES industriels du Québec (Le Devoir, 3 septembre 2013). Vous comprenez maintenant pourquoi le PLQ ne voulait pas avoir d’évaluation environnementale du BAPE?

Les mots creux de nos ministres : triste à mourir

Afin de vous «brainwasher», le patronat et les politiciens ont souvent recours à des sophismes, à des sondages bidons, à des calculs grossiers et à leurs experts maison. Ainsi, alors que la C-Series a été effectivement et littéralement donnée à Airbus, nos élus, afin de dissimuler leurs incompétences, ont eu recours à des mots creux et trompeurs comme ceux-ci : «Partenariat Airbus-Bombardier : un geste nécessaire selon Couillard» (La Presse, 17 octobre 2017). Pourtant, il n’y a aucun partenariat : c’est un don, et c’est Airbus seule qui, à l’avenir, va tout décider.

La bonne affaire inévitable et enrichissante

«C-Series : la vente à Airbus a été une très bonne chose, selon Fitzgibbon (ministre caquiste de l’Économie)». C’est pas du tout une vente, c’est une donation que j’aimerais lui dire au ministre. Avec de «très bonnes choses» comme ça, il faudrait nous dire comment le Québec va s’enrichir?

Une autre bonne «affaire» selon Dominique Anglade : «Vente de Rona à l’américaine Lowe’s : une transaction bénéfique pour le Québec, selon la ministre Anglade» (Agence QMI, 3 février 2016). Ayoye! Complètement insensé de tenir de tels propos teintés d’une ignorance crasse. C’est la même qui veut devenir notre première ministre, qui a largué cette autre ineptie : «Avions C Series de Bombardier. La vente à Airbus était inévitable dit la ministre Anglade» (Le Journal de Montréal, 30 janvier 2018). Même un élu d’un pays sous-développé n’aurait pas prononcé de telles incongruités. Pour madame Anglade, vendre Rona à des Américains et donner les C Series à Airbus c’est bon pour le Québec. On est vraiment un petit peuple et on a les ministres que l’on mérite. À la CAQ, c’est pas mieux : «La vente de Rona était justifiée, dit Christian Dubé (président caquiste du Conseil du trésor)» (Le Journal de Montréal, 7 septembre 2018). Justifiée comment, qu’on aimerait lui demander!       

Partenariat, mon œil. Et l’amour toujours l’amour

Ils parlent de «partenariat» même quand on lit cette nouvelle : «Airbus fera disparaître le nom de C Series. Chez Bombardier, on est prêt à en faire le deuil» (Le Journal de Montréal, 26 avril 2018). Allô partenariat! Et la cerise sur le sundae est venue encore une fois de l’érudit médecin spécialiste Philippe Couillard : «Le premier ministre dit qu’il fait «aimer» et «soutenir» Bombardier» (Le Journal de Montréal, 26 avril 2018). Des étrangers en visite au Québec doivent, à la lecture de nos nouvelles économiques, en rire un bon coup et rire de nous autres, avec raison.

On ne veut pas d’enquête de la vérificatrice générale

Si le don de la C Series à Bombardier a été aussi merveilleux que ça pour les Québécois, pourquoi donc le PLQ a-t-il empêché la vérificatrice générale du Québec, madame Guylaine Leclerc, d’enquêter sur l’affaire C Series? «Mystère autour de l’investissement (1,3G$) de l’État québécois dans la C Series. Une limitation de à notre travail, déplore le bureau de la vérificatrice générale» (Le Journal de Montréal, 14 juin 2018). Réponse nébuleuse et insignifiante de l’ex-ministre libérale de l’Économie, Dominique Anglade, oui encore elle : «Il y a des parties qui sont mouvantes». Franchement! Il ne faut pas trop brasser des affaires mouvantes sinon il pourrait remonter de la boue à la surface…

Histoires de mur communiste et d’économie ouverte à la colonisation

Rona, Bombardier, Provigo, Alcan, Sico, IAF, Biochem Pharma, Cambior, etc., vendues à des étrangers. Mais Philippe Couillard l’a dit : «Nous ne construirons pas un mur autour du Québec» (La Presse, 4 février 2016). Il ne faut pas faire come Trump et les pays communistes. Et vendre à l’étranger, c’est positif : «La vente de Rona (et les autres), signe d’une «économie ouverte» selon Couillard» (Radio-Canada, 4 février 2016). J’arrête ici, je n’en peux plus de toutes ces inepties. La coupe est pleine comme on dit.

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