Bahreïn : l’Occident préfère la dictature à la démocratie

La démocratie variable à la sauce occidentale

Que c’est touchant et plein d’humanisme de voir les États-Unis, le Canada et les autres pays occidentaux applaudir le récent coup d’État en Bolivie initié par l’armée et l’élite économique qui a renversé le gouvernement socialiste élu d’Evo Morales. Ben non, les States n’y sont absolument pour rien. Oh que c’est beau et grand de voir encore une fois les mêmes pays occidentaux et leurs fidèles organismes de presse (Agence France-Presse, Reuters, Associated et Canadian Press, Bloomberg, etc.) couvrir amplement (afin de mieux nous informer sur la «vérité») l’annexion de la Crimée par les Russes (même si votée et voulue par les Criméens); les lois autoritaires promulguées par la Chine communiste sur Hong-Kong (qui fait pourtant partie intégrante de la Chine), un paradis fiscal notoire avec d’immenses inégalités économiques mais démocratique, qu’ils nous disent; le courageux combat mené par les States et le Canada pour rétablir supposément la démocratie au Venezuela et à Cuba, et enfin, pour sortir les méchants russes de la Syrie mais pas les États-Unis qui sont aussi présents en Irak pour le bien de tous. Et l’annexion de Guantanamo à Cuba par l’Oncle Sam dans tout ça?

Ça fait vraiment chaud au cœur de constater que ces bons pays occidentaux, avec les États-Unis en tête et autres suiveux, mènent une guerre humanitaire sans merci pour la paix, la démocratie, la liberté, la protection de l’environnement, la justice sociale, etc. dans le monde. Tout le contraire de vous savez qui. Et, ingrat que je suis, c’est systémique chez moi, merci un million de fois à nos médias d’information de nous présenter les faits vrais, sans aucun biais. Un gros merci tout spécial aux vénérables chroniqueurs du Journal de Montréal. Ici mes pensées vont à Richard Martineau, Loïc Tassé, Mario Dumont et aux autres. On devrait se doter au Québec d’un panthéon du chroniquage. Et l’annexion de Gibraltar (Espagne) et des îles Malouines (Argentine) par le Royaume-Uni dans tout ça?

Mais pas la démocratie partout car ce n’est pas bon n’importe où

Par démocratie, les pays occidentaux entendent des pays qui ont porté au pouvoir des élus qui ne remettent pas en cause le capitalisme, les inégalités économiques, le privé partout et dans tout, l’investissement étranger, les paradis fiscaux, les traités de pseudo libre-échange et qui se laissent soudoyer et financer par le gratin qui mène. Mais même à ça, l’Occident préfère, dans son intérêt, des dictatures bien implantées comme en Arabie saoudite, au Koweït, en Égypte et au Bahreïn, pays du Moyen-Orient d’environ 1,5 million d’habitants. Et les pays occidentaux ne s’offusquent nullement de voir des pays amis comme Israël bafouer la liberté des Palestiniens en les envahissant depuis toujours. Les juifs sont contents que la communauté internationale leur ait créé un pays mais ces derniers s’opposent à la création d’un pays pour les Palestiniens, et ce sur leur propre territoire. Comprenez-vous quelque chose à ça? Si oui, il faudrait m’expliquer.

Pourquoi tant de silence sur la répression au Bahreïn?

Pour commencer, je demande à nos médias d’information d’ici pourquoi ils ne nous parlent jamais de la répression qui sévit dans le royaume dictatorial du Bahreïn? Et ce mêmes médias, qui sont si empreints de principes démocratiques, profonds, pourquoi ne nous parlent-ils jamais des milliers de personnes qui se sont levées et battues pour instaurer la démocratie à Hong-Kong, oh pardon au Bahreïn, et qui, pour avoir osé contester, ont été tuées ou emprisonnées? Et pourquoi l’Agence France-Presse, Reuters et nos médias d’ici n’arrêtent pas de qualifier ces gens qui protestent pour plus de liberté de «révolutionnaires» et de «rebelles», comme au Yémen d’ailleurs?

Que dites-vous du titre de ces vieux articles que j’ai retrouvés dans mes dossiers?:

  • «Bahreïn torture des enfants en détention» (La Presse, 16 décembre 2013);
  • «Bahreïn. Prison à perpétuité confirmée pour huit dirigeants de l’opposition» (Le Devoir, 29 septembre 2011).

Mais ma meilleure c’est celle-ci. Je vous l’offre en cadeau :

  • «Bahreïn. La répression redouble avec Trump» (Le Devoir, 2 juin 2017). Donald Trump associe paix, calme et liberté avec soumission et servitude vous devinez à qui.

Pourquoi les States et son second le Canada ne font rien?

Vous vous demandez pourquoi la répression a doublé avec Trump, sans que le Canada rouspète au moins pour la forme? Tout simplement parce que : «Bahreïn abrite le siège de la Flotte des États-Unis et, dès la fin de mars 2017, le gouvernement Trump avait envoyé un signal sans équivoque en retirant une condition liée aux droits de la personne au Bahreïn d’un contrat de vente de 19 avions F-16 (afin de mieux cibler et assassiner les récalcitrants)» (Le Devoir, 2 juin 2017). Commencez-vous à voir un peu plus la vraie nature des États-Unis, notre ami et notre allié? Démocratie, mon œil, mieux vaut pour l’Occident une bonne vieille dictature répressive dirigée par un roi ou un prince qui peut même se permettre de faire tuer un de ses citoyens, un peu trop empreint de valeurs démocratiques, dans un pays étranger (comme en Turquie) sans que ses amis occidentaux n’osent seulement penser à lever des sanctions ou à émettre un mandat d’arrêt international pour meurtre.

L’Arabie saoudite envahit le Bahreïn en 2011

De peur que la démocratie s’installe pour de vrai dans ce petit pays, l’Arabie saoudite a tout simplement envahi militairement le Bahreïn en 2011 de peur que les valeurs de liberté fassent tâche d’huile dans la région. Comme prétexte, le prince de l’Arabie saoudite a dit qu’il fallait maintenir la «stabilité» politique et économique du Bahreïn et contrer les visées démocratiques de gens du pays qu’il qualifie tout bonnement de «terroriste». Et l’armée de l’Arabie saoudite, avec celle des Émirats arabes unis, sont durablement en place depuis 2011. La stabilité amenée par un dictateur est une valeur importante pour la Cinquième flotte américaine basée au Bahreïn : «À la rescousse du roi de Bahreïn. Des centaines de soldats de pays voisins (d’autres dictatures) viennent aider la dynastie sunnite face à la contestation (quel beau geste de fraternité)» (La Presse, 15 mars 2011).

Qu’a fait le Canada? Absolument rien

Pour ne pas contrarier les États-Unis, le Canada n’a encore rien fait : «Le bilan du gouvernement du Canada (Stephen Harper) vis-à-vis des atrocités (comme des gens battus à mort) commises par le Bahreïn est désastreux. Cela montre que les grandes déclarations sur la démocratie et les droits de l’homme ne sont que du vent (et de l’hypocrisie pure). Propos tenus par Tom Henheffer, directeur général de l’Organisation Journalistique du Canada pour la liberté d’expression» (La Presse, 20 novembre 2014).

Au premier paragraphe de cet excellent article du journaliste Nicolas Bérubé de La Presse, il est écrit ceci : «Des prisonniers politiques continuent d’être torturés et tués trois ans après le Printemps arabe à Bahreïn, dictature du golfe Persique et allié militaire d’Ottawa et de Washington… Le Canada garde le silence pendant que des gens sont battus à mort» (La révolte qui dérange l’Occident, La Presse, 20 novembre 2014). Ça fait juste «déranger» les démocratie occidentales, mais pas plus.

Le dictateur du Bahreïn veut changer l’image de son pays

«Longtemps critiqué (seulement critiqué pour des milliers d’assassinats commandés. C’est ça la complicité de l’Occident), Bahreïn cherche à changer d’image» (Le Journal de Montréal, 26 juillet 2019). Attention, le dictateur sanguinaire veut juste changer «l’image» de son pays, mais pas le fond. C’est une question de marketing, quoi!

Et qu’a fait le Bahreïn pour améliorer son image et endormir les innocents? Il a annoncé que son ministre des Affaires étrangères se rendrait à Washington (le pays qui finance et protège ces tyrans) afin d’y rencontrer (tenez-vous bien) son homologue israélien (un autre ami des States) Israël Katz». Et c’est comme ça qu’ils pensent qu’ils vont améliorer leur image. J’espère juste pour eux que Donald Trump s’est joint à cette fraternelle rencontre de famille.

Et ma meilleure pour la fin : «La coalition (cette fois de l’Arabie saoudite et les Émirats unis sont au Yémen afin d’évacuer les «terroristes») au Yémen menace les rebelles houthis» (Le Devoir, 17 avril 2018). Des gens au Yémen se battent pour plus de liberté mais que nos médias et l’Occident qualifient de terroristes, de révolutionnaires ou de rebelles. Par contre, à Hong-Kong, à Cuba et au Venezuela, ils appellent ces gens de «pro-démocratie». Elle est drôle, non?

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