Vente de compagnies québécoises : encore des pseudo-assurances

Il ne faut pas se fier aux «assurances» de la Caisse de dépot

Mes amis, j’espère que vous avez appris avec l’âge qu’il faut se doter d’un doute légitime et nécessaire sur les assurances dites blindées et profitables pour le Québec que nos politiciens, gens d’affaires et dirigeants d’Investissement Québec et de la Caisse de dépôt et placement du Québec obtiennent tout le temps lors de la vente d’entreprises québécoises à des étrangers? Il faut toujours se fier à leurs paroles car les ententes sont toujours confidentielles, même si c’est de notre argent qu’il s’agit.

Lors de la vente de fleurons québécois à des étrangers comme Alcan, Provigo, Rona, la Bourse de Montréal et d’autres, dans lesquels d’ailleurs la Caisse de dépôt était un important actionnaire, voilà que les belles promesses de création d’emplois, d’investissements, de maintien du siège social dans la province, etc. se sont avérés être que du vent. Des belles paroles pour vous faire accroire que le Québec en sortira gagnant d’une énième entreprise vendue à des étrangers. Voyons donc, si c’Était vraiment bon de vendre nos entreprises à des étrangers, tous les pays seraient vendeurs. Mais c’est le contraire qui se produit, sauf au pays de colonisés du Québec : «Couillard prône une économie ouverte aux investisseurs étrangers» (Le Devoir, 5 février 2016). La devise des libéraux a toujours été : «Maîtres, oups, locataires chez nous». Quant à la Caisse de dépôt, elle a toujours été favorable à ces ventes de feu : «La Caisse n’empêchera pas les prises de contrôle étrangères» (Le Devoir, 24 avril 2008). N’oubliez pas que les dirigeants de la Caisse de dépôt et d’Investissement Québec reçoivent de gros bonus et de grosses primes au rendement chaque année, en sus de leurs généreux salaires. Alors, vendre nos joyaux rapporte à beaucoup d’opportunistes : dirigeants de nos sociétés d’État, dirigeants des entreprises cédées, bureaux d’avocats et de comptables, banques, conseillers financiers, etc. Vous pigez? Voilà pourquoi ils aiment vous remplir comme des valises.

Nationalisme et souveraineté économiques du Québec et intérêts supérieurs de la collectivité que vous me dites? En 2007, lors de la vente (pas du tout une fusion comme certains ont essayé de le prétendre de façon grossière) de la Bourse de Montréal à celle de Toronto, qui conseillait la Bourse de Toronto afin de l’aider dans ses démarches d’acquisitions? Nulle autre que Desjardins : «Desjardins a-t-elle privilégié ses propres intérêts?» (Le Journal de Montréal, 18 janvier 2008). Poser la question c’est y répondre. Un beau contrat de consultation payant pour la «coopérative» Desjardins. Quant à l’indépendantiste Bernard Landry du PQ, aucun problème avec cette vente : «Bernard Landry n’y voit rien de mal» (Le Journal de Montréal, 11 décembre 2007). En fait, il n’y voyait que du bien.

Plastiques IPL vendue à un fonds d’investissement américain

Quelle autre merveilleuse nouvelle, la compagnie québécoise Plastiques IPL vient d’être vendue à un gros fonds d’investissements spéculatif américain (et non pas à un compétiteur), Madison Dearborn Partners, avec l’assentiment bienheureuse de la Caisse de dépôt et placement du Québec qui en était le principal actionnaire avec 27% du contrôle. Généralement, les fonds d’investissements recherchent les rendements à court terme et achètent et vendent des entreprises rapidement. Au moins, la compagnie IPL a été vendue à des Américains qui contrôlent déjà beaucoup le Québec et le Canada, et non pas à des Chinois communistes. Même s’ils nous mènent par le bout du nez, les Américains veulent depuis toujours diriger le monde, sont nos alliés et nos amis : «IPL change encore de mains. La Caisse de dépôt aura des droits de gouvernance» (Le Devoir, 30 juillet 2020). L’action d’IPL a progressé de 3,27$ ou de 49% à l’annonce de la vente pour clôturer à 9,97$. Ce sont les dirigeants de la Caisse de dépôt qui vont recevoir un beau bonus à la fin de l’année et les boss d’IPL.

Droits de gouvernance et belles promesses

Je vous le répète, et j’y reviendrai dans un prochain texte, la Caisse de dépôt était un gros actionnaire de la Bourse de Montréal, Rona et Provigo lorsqu’elle a approuvé la vente de ces importantes entreprises québécoises à des étrangers moyennant plein de promesses qui se sont avérées être des promesses d’ivrogne.

Et ben là dans le cas de Plastiques IPL, la Caisse nous assure, comme toujours, avoir obtenu des «droits de gouvernance s’appliquant à toute modification importante affectant certaines activités de la société du Québec». Vous, est-ce que ça vous rassure? À l’issue de la transaction, la Caisse de dépôt détiendra 24,9% des actions d’IPL et le fonds américain 75,1%. Si la Caisse de dépôt a obtenu des gros droits de gouvernance blindés, pourquoi ne pas avoir été plus spécifique dans «ses» droits quant à l’emploi, au siège social, aux usines, à la délocalisation, à la composition du futur conseil d’administration, etc.? C’est tellement flou ce qu’ils ont obtenu comme «droits de gouvernance» que l’on a le droit et même le devoir de s’interroger et de s’inquiéter. Avec les transactions passées effectuées par la Caisse de dépôt (Provigo, Rona et Bourse de Montréal), chat échaudé craint l’eau froide comme dit le poète. Droits de «gouvernance», un mot gadget fourre-tout. C’est tellement flou.

Le journaliste répète intégralement

Le journaliste du Devoir Gérard Bérubé est celui qui a rédigé l’article en question le 30 juillet 2020 et dans lequel il nous répète ce qu’a dit la Caisse de dépôt en termes de droits de gouvernance. Aille, le journaliste aurait dû demander et exiger des précisions sur ses fameux droits de gouvernance. Monsieur Bérubé a écrit «la Caisse aura des droits de gouvernance s’appliquant à toute modification (mais lesquelles?) importante qui pourrait (au conditionnel) affecter certaines (lesquelles?) activités de la société au Québec (et si on délocalise ou sous-traite à l’étranger, qu’arrive-t-il?). Beau sens critique du représentant de la presse écrite, n’est-ce pas?

Un bon journaliste soucieux d’informer convenablement ses lecteurs aurait exigé des détails et ne se serait pas content de reprendre textuellement les propos de la direction de la Caisse de dépôt. Je m’excuse mais après avoir lu l’article de Gérard Bérubé, on ne sait absolument pas en quoi consistent ces fameux droits de gouvernance.

Ça donne l’impression que l’on veut, avec des propos volontairement vagues, nous rassurer par rapport aux dernières ventes d’entreprises québécoises où les belles promesses des élus et de la Caisse de dépôt n’étaient que des mirages comme dans le cas en 2008 de la vente de la Bourse de Montréal à la Bourse de Toronto : «La Caisse de dépôt donne son accord mais réclame plus de garanties» (Le Journal de Montréal, 13 février 2008). Des garanties qui se sont vite évaporées.

Les bonnes GAFA indépendantes du gouvernement américain

Terminons par cette autre bonne nouvelle : «Apple acquiert une entreprise (technologique) montréalaise pour 100 millions$» (Le Journal de Montréal, 3 août 2020). En matière de protection des données, vous le savez fort bien, Apple, Google, Amazon, Facebook sont intégralement indépendants des services de renseignements et du gouvernement américain. Jamais au grand jamais ils ne communiquent des données personnelles au FBI, à la NSA, à la Maison-Blanche, et jamais ils ne vendront des renseignements personnels à d’autres entreprises. Tout le contraire supposément des compagnies chinoises dont les transnationales Huawei et Tik Tok. Comme la compagnie montréalaise Mobeewave a été vendue à une firme américaine, qui sont nos amis, les gouvernements d’ici ont donné leur approbation avec enthousiasme. Toujours s’enraciner dans les entrailles des Américains, c’est notre destinée, à moins que l’on finisse par se réveiller. Le Canada, un pays souverain dans le sens de souverainement tributaire et redevable aux States. Ce que l’oncle Sam veut, le Canada le veut aussi.

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