Power Corp. : l’oligarchie ou la ploutocratie, c’est ça!

La transnationale Power Corp.

La famille Desmarais, qui vaut plus de 3 milliards$, est l’actionnaire majoritaire de la multinationale québécoise Power Corp. qui a des gros intérêts privés dans les services publics, comme la santé, les pensions de retraite, l’eau, les aqueducs, les autoroutes et les ressources naturelles (comme le pétrole et le gaz naturel). Les membres de la famille Desmarais sont ou ont été aux conseils d’administration du CHUM, de l’Institut de cardiologie de Montréal, du Musée des beaux-arts de Montréal, de l’Orchestre symphonique de Montréal, des Chambres de commerce, de l’Institut économique de Montréal, organisme patronal de recherche, des Hautes études commerciales de Montréal et j’en passe. Ah oui, Power et la famille ont des intérêts importants dans des compagnies pharmaceutiques comme Dalcor, impliquée dans la recherche subventionnée à l’Institut de cardiologie et est aussi associée à Precinomics, autre société subventionnée par Québec, à qui le gouvernement a cédé les données médicales de milliers de patients et qui loge dans les mêmes bureaux que Power Corp.

À cet effet, on se doit de féliciter les journalistes du Bureau d’enquête du Journal de Montréal qui a fait, en août 2020, un travail colossal sur la privatisation de nos données médicales à des pharmaceutiques et à des membres et proches de la famille Desmarais. Selon l’imperturbable ministre caquiste de l’Économie, Pierre Fitgibbon, c’est winner de confier nos données médicales à de grosses pharmas très responsables socialement. Winner peut-être, mais il faut se fier aux paroles enthousiastes de Fitz car jamais la population n’a été informée et consultée sur ce «projet de société». Et le ministre caquiste ne s’est point embarrassé d’obtenir une étude indépendante afin de justifier ses prétentions. Ne l’oubliez surtout pas, on vous répète souvent que l’on vit en démocratie dans laquelle le pouvoir appartient au peuple. Par exemple, c’est la population qui a demandé les mesures d’austérité du PLQ, les traités de libre-échange et les baisses d’impôts aux entreprises.

L’hospitalité légendaire de la famille

En 2012, alors premier ministre libéral du Québec, «l’éthicien» Jean Charest a passé quelques jours avec sa famille au château des Desmarais à Charlevoix : «Charest se fait évasif sur son séjour au domaine des Desmarais» (Le Devoir, 7 février 2012). Mais pour le frisé de Sherbrooke, il n’y avait aucun problème à ça, son code d’éthique personnel étriqué lui permet, qu’il a dit sans gêne : «Visite à Sagard. Le code d’éthique permet à Charest d’accepter un séjour (et même plus) «privé» (Le Devoir, 17 février 2012).

L’accointance du premier ministre d’alors avec les milliardaires est la preuve ultime que nous vivons une démocratie apparentée davantage à une ploutocratie. Même si le parti libéral du Québec a été mêlé à de nombreux cas de corruption, de financement douteux et de conflits d’intérêt, monsieur Charest, prétendait avoir des principes moraux très élevés et à toute épreuve : «Charest nie être influencé par Power Corporation. Il n’y a pas un individu ou une famille qui a une influence sur les affaires du Québec» (Le Devoir, 12 mai 2011). On te croit sur paroles Ti-Jean. Et les membres de la philanthropique famille de répliquer : «Les Desmarais nient avoir tenté d’influencer Jean Charest» (Le Devoir, 14 mai 2011). Arrêtez-donc d’irriter et de harceler nos notables et nos mandarins. C’est drôle que Manon Massé, Amir Khadir et Richard Desjardins n’aient jamais été invité au domaine Desmarais. Et en 2012, les Desmarais se cherchaient un butler (Le Journal de Montréal, 14 juillet 2012). J’ai quelques noms en tête de personnes qui auraient fait l’affaire mais, n’insistez pas, ma discrétion légendaire m’interdit de vous dire qui. Une petite drôle en passant : «Garderies privées. Les propriétaires de garderies (et plein d’autres) sont généreux (pour le PLQ) par intérêt pour la démocratie dit Charest» (Le Devoir, 6 mai 2016).

Au tour du p.d.g. de la Caisse de dépôt d’être reçu

Cette fois-ci, c’est dans les bureaux de Power Corp. à Montréal qu’en 2009 la famille Desmarais a reçu des patrons de banques, comme l’intrépide Monique Leroux de Desjardins, Louis Vachon de la Banque Nationale et Michel Sabia, l’ex-patron de la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui a quitté Bell Canada avec une retraite dorée d’environ 20 millions$. Naturellement, les notables ont répondu à la cordiale et fraternelle invitation : «Le PQ s’interroge sur la rencontre de Sabia chez Power Corporation» (Le Journal de Montréal, 7 avril 2009).

Puis, en 2012, Michel Sabia a passé trois jours avec sa conjointe et sa fille à la chaleureuse chaumière des Desmarais à Charlevoix : «Il aurait dû s’abstenir. Pauline Marois» (Le Journal de Montréal, 9 février 2012). Faisant semblant de regretter : «Sabia évitera à l’avenir Sagard, le domaine des Desmarais» (Le Journal de Montréal, 24 février 2012).

Pourquoi nomme-t-on de tels affairistes à nos sociétés d’État? C’est comme ça que ça se passe dans notre démocratie larvée : plein de rencontres «informelles» entre élus et l’élite financière qui dictent l’agenda et le menu politique.

Au tour du président français de parader

Alors président de la France et ami personnel de la famille : «Nicolas Sarkozy vient passer ses vacances de Noël au Québec… et une partie de celles-ci au château. Le politicien français rencontrerait Jean Charest» (La Presse, 21 décembre 2004). L’article ne dit pas si Nicolas Sarkozy, un autre mêlé à des affaires de corruption, a rencontré Charest au domaine de la famiglia. Puis, en 2007 : «Sarkozy dans Charlevoix. Il rendrait visite à son visite à son ami Paul Desmarais» (Le Journal de Montréal, 5 août 2007). Dixit Sarkozy : «Quand tu entres dans la propriété… tu dois faire des kilomètres avant d’entrer au château».

Les avions du gouvernement au service de la famiglia

Vous ne le saviez peut-être pas, mais André Desmarais, fils du fondateur de Power, Paul, est marié à France Chrétien, la fille de l’ex-premier ministre libéral du Canada. C’est pourquoi il est tout à fait normal que : «Un membre de la famille Desmarais a voyagé à bord du jet (un Challenger gouvernemental) à Chrétien» (Le Journal de Montréal, 10 juin 2002). Ça reste dans la famille, et c’est juste sur notre bras.

Une autre réception de gens nobles au château

La famille Desmarais aime recevoir : pas les ploucs, mais les «plouts» pour ploutocrates, puisqu’en 2003 : «Paul Desmarais accueille (vous devinez où) les grands (pas du tout les Gaston Miron ou Michel Chartrand) de ce monde» (Le Journal de Montréal, 31 août 2003). Les grands de ce monde comme George Bush père, Bill Clinton et la duchesse d’York Sarah Ferguson. Non je n’ai pas été invité, si vous vous posiez la question. Pour ne pas faire de jaloux et de partisannerie, Paul Desmarais a aussi invité le péquiste «progressiste», mais plus «lobbyiste» Lucien Bouchard et l’ami du patronat, Jean Charest.  

Même l’ambassadeur américain au Canada s’en mêle

Je vous l’ai déjà dit : «Power Corp. est le plus important actionnaire individuel de la pétrolière française Total qui a des investissements dans les sables bitumineux de l’Alberta, ce qui a fait dire, en 2011, à l’ambassadeur des États-Unis au Canada, David Jacobson : «Politiques énergétiques. Jusqu’où va l’influence de Power?» (Le Devoir, 11 mai 2011). Réponse des patrons de Power : «L’ambassadeur américain au Canada ferait preuve de cynisme et de mesquinerie en s’interrogeant sur la puissance des dirigeants de Power» (Le Devoir, 14 mai 2011). Ce n’est pas bien correct de penser que la famiglia a une quelconque influence politique sur nos élus du Québec et du Canada dans notre «plusse» meilleur pays eu monde, qui est un modèle en termes de démocratie dans lequel le pouvoir appartient strictement au peuple auquel nos élus sont redevables. Priorité est toujours donnée à l’intérêt public et au bien commun et jamais à l’intérêt privé de certains, dans une totale et intégrale transparence même si les ministres «seniors» proviennent du privé et vont retourner au privé après leur service politique comme Charest, Bouchard, Mulroney, Harper et plusieurs autres. On vit ici en démocratie et non en oligarchie. Au Québec et au Canada, le peuple est souverain, roi et maître. On n’est tout de même pas en Russie, à Cuba ou en Chine. D’ailleurs, on va arrêter de prêter des intentions malveillantes et inappropriées à la belle et bonne famille Desmarais, qui n’a pas, ou si peu, d’impact et de pouvoir politique, comme ils l’ont dit : «Les Desmarais minimisent leur influence politique» (La Presse, 16 mai 2012). Je vous le répète : le pouvoir appartient à la population même si nos élus proviennent du privé et que leurs partis politiques sont beaucoup financés par les affairistes, grands adeptes de la démocratie intégrale et radicale.

Power aime les privatisations de nos services publics

Au nom de la modernisation et de la réingénierie de l’État, qui amènera son lot de privatisations, certains pressentent les bonnes affaires : «La Financière Power investira dans les services publics (santé, médicaments, pensions, eau, gaz, etc.)» (La Presse, 16 mai 1997). J’espère que vous comprendrez ce que cela signifie au niveau du ratatinement de l’État. Et France Chrétien-Desmarais qui en rajoute une couche pleine de sens opportun dans son opinion publiée dans le journal de Power, La Presse, le 20 novembre 2005 : «La philanthropie (charité privée) doit tenter de combler (tenter seulement) les vides occasionnés (mesures d’austérité) par le retrait (et les privatisations) des dépenses gouvernementales» (La Presse, 20 novembre 2005). Démocratie et souveraineté du peuple dans le sens que l’on doit s’en remettre à l’aumône des arrivistes. Philanthropie déductible d’impôts, donc financée par le gouvernement s’entend.

Et Power milite pour moins de pensions publiques : «La Financière Power craint une éventuelle réforme du régime de retraite (public) à la sauce NPD (qui veut augmenter les pensions de retraite)» (Le Devoir, 13 mai 2011). Non, Power et les banques préfèrent : «Responsabiliser les travailleurs pour leur retraite» (Le Journal de Montréal, 10 juin 2014). Et comme toute compagnie responsable : «Power fait son nid (au chaud) aux îles Caïmans» (Le Journal de Montréal, 7 mai 2019). Au Journal de Montréal, les journalistes devraient adopter à cet effet un profil bas puisque : «Une société de Québecor Média à la Barbade?» (La Presse, 3 avril 2014). Oui, notre démocratie est un leurre et une illusion. Un fantasme quoi!

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