Cuba : rions un peu de la couverture médiatique

Rien à faire contre la désinformation et la propagande

Ne niaisons pas avec le «puck» et allons droit au but (puck et but dans la même phrase. C’est très songé de ma part) : avez-vous vu passer récemment un article de l’Agence France-Presse, de la Canadian Press, de Bloomberg, de Reuters et autres qui disent du bien de ce qui se passe en Russie, en Iran et au Venezuela, en Syrie et bien évidemment à Cuba? Malgré le fait indéniable que ce petit pays socialiste de 11 millions d’habitants (et malgré l’odieux embargo américain renforcé par Donald Trump afin de consolider ses appuis dans l’État clé de la Floride) possède un système de santé, d’éducation et de garderies publiques nettement supérieur aux Québec et aux États-Unis, on a toujours droit à des articles négatifs sur ce pays qui le laissent paraître malhonnêtement comme ultra répressif envers sa population, qui n’a aucune liberté. Cuba c’est l’enfer.

C’est au nom de quelle pseudo-liberté qu’au Québec que vous n’avez pas droit à un médecin de famille? À une place en garderie? Ou que vous attendez vingt heures à l’urgence, ce qui est tout le contraire à Cuba? Pas question pour moi de m’obstiner longtemps avec vous sur des questions de préjugés primaires. Argumentons sur des faits réels, tels que compilés par des organismes internationaux indépendants et sérieux (c’est pourquoi Trump les honnis et retire son pays de ces institutions malveillants) comme l’ONU, l’Unicef, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), etc.

C’est quoi la joke?

L’Agence France-Presse (AFP) récidive tout le temps. Ce sont des propagandistes quérulents comme beaucoup de nos médias d’ici qui relaient chaque jour leurs nouvelles biaisées et tordues. Vous voulez rire un petit brin? Alors prenez cet article de l’AFP publié dernièrement dans Le Devoir du 5 septembre 2020 et ayant pour titre ceci : «Un journaliste cubain libéré après un an». Quelle est la pertinence d’un tel texte? Où veut-on en arriver?

Par ce texte orienté, on veut démontrer par tous les moyens qu’à Cuba et en Russie il n’y a que des prisonniers politiques qui se battent courageusement contre l’État. Mais en Occident et aux States, ceux qui se battent pour une véritable démocratie et contre l’oligarchie sont considérés comme des émeutiers et des terroristes, jamais comme des gens pro-démocratie.

Dans ledit article, on parle d’un journaliste «indépendant» qui travaille pour le portail «indépendant» Cubanet. C’est quoi au juste un journaliste «indépendant» et un média d’information «indépendant» à Cuba? Il vit de quoi ledit journaliste? Son média d’information est financé par qui? Par de la publicité et du «financement» indépendants? Bien oui, ledit journaliste indépendant a été emprisonné pour ses idées contre-révolutionnaires et pour sa féroce passion pour une certaine liberté. Évidemment que tout le monde sait ça que la liberté et la démocratie riment avec la propriété privée de tout, même des services publics, des ressources naturelles et des terres agricoles et des forêts, comme par exemple au Brésil, en Colombie, au Salvador ou tout est détenu par une infirme minorité. La détention publique de ces éléments relève du communisme. Plus important pour l’AFP de nous parler de ce qui se passe d’horrible à Cuba plutôt que de nous entretenir sur ce qui se passe en Bolivie (qui a fait l’objet d’un récent coup d’État), au Pérou, en Pologne, en Hongrie, etc., tous des pays «démocratiques» où tout le monde est libre et heureux. L’article de l’AFP nous dit pas si le journaliste «indépendant» a été torturé en prison : ça doit! Ça veut donc dire que des milliards d’individus dans le monde qui déferlent sur Instagram et Twitter, sont aussi des «journalistes indépendants» et que leur Facebook personnel est un organe de presse également indépendant. Un vrai vaudeville journalistique.

Où est passée la dissidente cubaine Yoani Sanchez?

Pendant des années, l’AFP nous tenait régulièrement informé sur le drame existentiel vécu à Cuba par la dissidente «indépendante» Yoani Sanchez, qui vivait malgré tout dans une très belle maison à la Havane, financée par on ne sait trop qui. Cette dame héroïque éprise de liberté a eu droit à plusieurs longs reportages dans nos médias d’ici ainsi qu’à plusieurs articles élogieux. Mais depuis quelques années, on n’entend plus parler d’elle. Je m’inquiète. Elle aussi doit croupir en prison et être torturée. Pauvre elle! Le dernier texte que j’ai trouvé rédigé sur la dame, qui aurait bien méritée un prix Nobel de la paix, remonte à cet article de La Presse daté du 19 février 2013 : «Cuba, La dissidente Yoani Sanchez en tournée». En tournée pour au moins trois mois dans une douzaine de pays d’Europe et d’Amérique. Rien de moins. Mais qui a payé pour ça? Ça doit être des ONG humanitaires et apolitiques occidentales, qui elles-mêmes sont financées par qui, je vous le demande? On ne parle pas d’un million de dissidents ou de journalistes réprimés et oppressés mais d’un seul journaliste et d’une seule dissidente que l’on prétend indépendants. Comment se fait-il que l’AFP soit toujours informée de chacun des gestes posés par ces saintes personnes? L’AFP a-t-elle un journaliste et un photographe parqués en permanence chez eux? Dans plein d’autres pays, cela aurait, avec raison, fait l’objet d’aucun article, mais comme ça se passe à Cuba… La propagande occidentale prime alors sur la recherche de la vérité.

Où sont passées les dix «dames en blanc»?

Ceux qui lisent régulièrement les journaux, qui écoutent la radio ou qui regardent la télévision se souviennent très bien des nombreux reportages consacrés par nos médias sur les dix Dames en blanc de Cuba qui défilaient régulièrement dans les rues de La Havane contre l’incarcération de leurs conjoints supposément prisonniers politiques (et surtout pas criminels), pour l’instauration d’élections démocratiques à Cuba et pour d’autres bonnes et nobles valeurs humaines. Là aussi, les journalistes et les photographes de l’AFP étaient vite informés de leurs gestes «démocratiques» et se faisaient un devoir de nous en informer souvent. Les dix Dames en blanc ne chômaient pas; elles étaient très actives. Financées et appuyées par qui? Mystère et boule de gomme. Si vous avez des nouvelles d’elles, svp de me tenir informé. Je m’inquiète.

Attaques acoustiques : la preuve que le ridicule ne tue pas

2017 à La Havane, des diplomates canadiens et américains (seulement eux et pas des autres pays) sont prétendument victimes, à leurs ambassades, d’horribles et douloureuses attaques sonores provoquées par, bien évidemment, le gouvernement communiste cubain : «Des diplomates (canadiens et américains) victimes d’attaques sonores» (Le Journal de Montréal, 11 août 2017). Même que les enfants des diplomates ont aussi été attaqués par ces micro-ondes. Bien sûr, cela a causé à tout le monde de très sérieux troubles auditifs et cérébraux permanents : «Des enfants canadiens auraient été touchés par les attaques sonores à Cuba» (Agence WMI, 4 janvier 2018).

Quand il s’agit de varger sur Cuba, la Russie et le Venezuela, la vice-première ministre libérale du Canada, Chrystia Freeland, n’y va pas de main morte : «Les «attaques» acoustiques pourraient être des actes criminels (rien de moins) selon Ottawa (PLC)» (Le Devoir, 11 janvier 2018). Pourraient être des actes criminels s’ils existent vraiment, s’entend. Couverture médiatique occidentale tellement minable que c’en est drôle, n’est-ce pas?

«Qu’est-ce que cette arme sonore qui aurait (on suppose) rendu sourds (et peut-être même aveugles et paraplégiques) les diplomates américains (et canadiens)?» (Le Devoir, 12 août 2017). Rapporter chaque jour pendant plusieurs semaines de telles foleries, nos médias devraient d’excuser auprès de leurs lecteurs et auditeurs. Ils sont où nos journalistes critiques, objectifs et professionnels? Qu’ils arrêtent de rire du monde : «Le curieux mal cubain a affecté les cerveaux» (Le Journal de Montréal, 24 juillet 2019). A affecté les cerveaux de certains, car avant les attaques, il y avait peut-être des lésions…

Il aurait fallu envahir militairement Cuba

S’attaquer ainsi à nos diplomates et à leurs enfants aurait mérité que les États-Unis attaquent militairement une fois de plus Cuba. Trump et les States sont trop tolérants : «Washington rappelle plus de la moitié de ses diplomates à Cuba» (Le Journal de Montréal, 29 septembre 2017). Et la marionnette des États-Unis de répliquer : «Le Canada rapatrie la moitié de son personnel» (Le Journal de Montréal, 30 janvier 2019). Qu’advient-il de nos diplomates? Nos médias devraient nous tenir au courant. On est mort d’inquiétude. Sont-ils devenus sourds et atteints de problèmes neurologiques permanents et sérieux? Une autre parodie journalistique de la presse occidentale.

Pour finir, la question qui tue

Il est dit que les Cubains sont pauvres et oppressés en permanence. Qu’ils sont toujours malheureux. Alors dites-moi pourquoi Cuba est le pays qui compte le plus de centenaires au monde? «Le club des 120 ans. Le secret des centenaires cubains» (Le Journal de Montréal, 31 mars 2010).  

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