Bell : Dégagez et payez!

Il faut se soumettre aux diktats de Bell

En fouillant dans mes précieux articles de journaux, je suis toujours étonné de constater que le libre-marché, la concurrence, le juste prix, la liberté du consommateur, etc., des «acquis» si chers aux Occidentaux, ne sont, dans les faits, que des fables, des mirages et une belle vue de l’esprit.

Prenons ces deux récents articles publiés aux mois de mars et avril 2020 dans le Journal de Montréal (21 mars) et dans La Presse (14 avril) : «Bell augmente ses tarifs (de téléphone et de télévision) en pleine pandémie» et «Hausse de tarifs internet de 5$ chez Bell». Pandémie ou pas, les affaires sont les affaires, pas vrai? Ah oui, il y a les naïfs qui vont dire que les clients de Bell n’ont qu’à changer de fournisseur et aller chez Vidéotron, Rogers ou Telus. Exact. Mais le problème est que le changement de fournisseur est académique car ils ont pratiquement tous le même prix et les mêmes tarifs, comme c’est le cas pour les pétrolières, les banques, les cartes de crédit, etc. Ah qu’il fait bon vivre dans un pays libre où l’arnaque et la collusion font partie des meubles.

Il faut faire preuve de compassion

Il ne faut pas être égoïste. Va-t-il falloir que l’ex-président de Bell, monsieur George Cope, doive fréquenter, avec sa mignonne petite famille, les banques alimentaires et les soupes populaires? En 2019, George a eu droit à une minime et dérisoire rémunération de 13 millions de dollars. Les fins de mois ont été difficiles. Début de l’année 2020, George a décidé de lever les pattes et de partir presque les mains vides : «Retraite à 16 millions pour l’ex-PDG de Bell» (Le Journal de Montréal, 27 mars 2020). Vous comprenez maintenant pourquoi Bell a dû augmenter ses tarifs de téléphone, de télévision et d’internet? Il ne faut pas chialer, c’est pour une bonne cause humanitaire.

Les camarades Bell, Vidéotron, Telus et Rogers ne veulent pas de concurrents, surtout de l’étranger

Quelle idée saugrenue qu’au eu le CRTC en 2019 de vouloir obliger le sympathique cartel canadien des télécommunications de diminuer leurs tarifs de gros aux petites entreprises afin de stimuler un tant soit peu la concurrence dans ce secteur d’activités qui est inexistante. Alors les gros offusqués se sont adressés directement à leur gouvernement libéral du Canada : «BCE (Bell) demande au cabinet Trudeau de bloquer une décision du CRTC» (Le Devoir, 14 novembre 2019). Et devinez quoi? Bell et ses consœurs ont eu gain de cause : Trudeau a entendu leurs complaintes et tant pis pour les consommateurs captifs.

Un geste de solidarité posé par Bell

Afin de s’assurer d’être bien entendu par le gouvernement fédéral afin que ce dernier ne réduise pas les prix de gros chargés aux petits fournisseurs, Bell a, en 2019, accompagné sa demande d’un soupçon de chantage : «Canada. Réseaux : Bell supprimera 200 000 foyers d’un plan (c’était juste un plan) d’expansion d’Internet en région» (Le Devoir, 20 août 2019). Ne soyons pas ingrats, il faut dire merci à Bell.

L’intérêt particulier des puissants prime

Au lieu d’être offusqué par ce geste indécent posé par Bell et d’agir en conséquence afin de desservir l’intérêt général, et bien non, monsieur Pierre Fiyzgibbon, celui qui joue au dur avec le monde ordinaire, s’est de nouveau exécuté face aux vœux et aux souhaits humanitaires exprimés par le monde extraordinaire, avec notre argent s’entend, et en plus il nous a demandé de se calmer le pompon : «Internet. Fitzgibbon se fait rassurant. Bell Canada sabre son programme en milieu rural, mais l’impact au Québec sera minime, selon le ministre» (Le Devoir, 23 août 2019).

Pas bien grave effectivement. Ça affecte que 200 000 «ruraux». Des habitants quoi. Pas bien important puisque le gouvernement du Québec va payer, avec l’argent des contribuables, des millions de dollars à la place de Bell, afin de brancher les «campagnards» éloignés. Une autre façon insidieuse de subventionner des compagnies milliardaires.

C’est ça le privé. Il ne prend que les activités et les régions payantes comme le font Bell, Vidéotron et aussi Air Canada et le CN. Si on vit vraiment en démocratie, dans laquelle le pouvoir revient au peuple, le gouvernement ne pourrait-il pas obliger légalement ces mécréants à desservir les régions et à baisser leurs prix stratosphériques? Je vous le dis : diriger une entreprise qui opère dans un contexte oligopolistique comme les télécommunications, les banques et les pétrolières est plus facile qu’à détenir et gérer un restaurant, mais plus payant.

Bell tient à ses clients esclaves

Vous voulez quitter Bell? Alors tant pis pour vous. Vous allez devoir en payer une beurrée en frais de cessation : «Frais de résiliation : action collective autorisée contre Bell Canada» (Le Journal de Montréal, 16 décembre 2018). Pourquoi être aussi méchant et toujours vouloir s’acharner sur Bell? J’aurais dû intituler mon texte ainsi : La Passion de Bell». Celle du Christ a duré trois jours, et celle de Bell n’en finit plus. Ça fait pitié. Chantez avec moi ce classique : «Pourquoi le monde est sans amour…?».

Nous sommes gouvernés par des ignares et des vendus

Par ignorant et vendu, le premier nom qui m’est venu à l’esprit est Maxime Bernier, qui a été ministre conservateur de l’Industrie, chercheur émérite à l’Institut économique de Montréal (IEDM) et aussi conseiller économique de Bernard Landry! Le fait suivant remonte à 2007 mais c’est toujours pareil. Rien n’a changé. Nos élus, cédant aux «civilités» des importants lobbyistes de la haute société vous répètent toujours les mêmes âneries et mensonges, en bons charlatans qu’ils sont, lorsque vient le temps d’annoncer des politiques et des gestes «structurants» qui sont censés moderniser l’État.

En 2007, sans aucune étude sérieuse et guidé par son idéologie de la droite radicale, Maxime Bernier annonce la déréglementation totale en téléphonie locale au profit de Bell, de Telus et d’autres : «Pour le libre marché (une fable seulement). La guerre des prix (il y a plutôt eu des ententes sur les prix) favorisera les consommateurs (qui ont vu les tarifs augmenter), affirme le ministre fédéral conservateur de l’Industrie, Maxime «Jos Louis» Bernier» (La Presse, 7 avril 2007).

Bien évidemment, cela n’a fait que renforcer le pouvoir du cartel (Bell, Rogers, Telus) et les prix ont «jumpé» en régions. Je vous l’ai dit, ne vous en faites pas pour si peu, ce sont surtout les habitants des régions qui ont subi le choc. La solution passe peut-être par la fermeture des régions comme l’a déjà exprimé le patronat : «Bell et Telus pourront modifier les tarifs de téléphonie locale à leur guise» (La Presse, 26 juillet 2007). Comme je l’ai mentionné : «Déréglementation de la téléphonie locale. Pas de guerre de prix à l’horizon» (La Presse, 26 juillet 2007). C’est «bar open» pour le cartel.

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