Quand le Journal de Montréal enquête sur la Chine

Le Journal de Montréal en complémentarité avec Ottawa et Washington

Là, ça dépasse les bornes. En tant que citoyen, je m’attends à ce que nos médias d’information qui, supposément portent fièrement le flambeau de notre liberté en Occident, nous informent objectivement sur les faits et sur la vérité de ce qui se passe dans le monde. Mais, hélas, il ne faut pas trop en demander de la part des médias occidentaux détenus par des richards et des transnationales qui, pour défendre et protéger leurs propres intérêts économiques, se servent de leurs médias pour faire de la propagande, aliéner leurs lecteurs et auditeurs afin de les amener à défendre leur noble et propre cause de la démocratie à sauveur capitaliste.

Voilà qu’au Journal de Montréal, pour mieux désinformer le monde, on a mandaté son propre Bureau journalistique d’enquête afin de traquer les entreprises chinoises, comme si elles étaient des criminelles qui osent vouloir s’établir et investir au Québec. On dirait que le Bureau d’enquête du Journal de Montréal travaille en collaboration avec le gouvernement canadien et son service de renseignement (SCRS). Certains Occidentaux s’ennuient du temps où la Chine était tellement pauvre qu’elle s’était soumise aux diktats des puissants étrangers. La puissance économique actuelle de la Chine, avec ses nombreuses transnationales qui viennent concurrencer les multinationales occidentales, perturbe l’ordre et les normes établis par les maîtres du monde.

CK Hutchison de Hong Kong, spécialiste dans la gestion portuaire

Que vois-je le 15 octobre 2020 en gros caractères sur la page frontispice du Journal de Montréal comme titre d’article, pour lequel on a consacré deux pleines pages : «La Chine inquiète (inquiète qui au juste?) au port de Québec. Des craintes pour la sécurité nationale : «Une entreprise privée détenue par des intérêts chinois, CK Hutchison, présente dans 50 pays (300 000 employés) et qui se spécialise dans les ports, l’énergie, les infrastructures et les télécommunications désire investir dans les infrastructures portuaires à Québec. Pas seule mais en partenariat avec le Canadien National (CN), Terminal de conteneurs Québec Ltée et l’Administration du port de Québec. Et hop, comme aux États-Unis, on dit n’importe quoi et le gouvernement canadien ainsi que le Bureau d’enquête du Journal de Montréal soulèvent l’extrême danger de la sécurité nationale si on laisse la compagnie avec des firmes canadiennes dans le port du Québec. Où est vraiment le problème de la sécurité nationale dans ce cas précis? Où est le danger d’espionnage?

Dans les faits, il n’y a aucun problème lié à la sécurité nationale. Mais comme le Canada est le pantin des States, alors il doit exécuter les ordres de l’Oncle Sam et refuser, au nom de n’importe quel prétexte, comme celui de l’intérêt nationale, tout investissement chinois au Canada. Car comme les compagnies chinoises sont devenues aussi performantes et puissantes que les entreprises américaine et occidentales, et que l’on peine maintenant à les concurrencer sur le strict plan des activités économiques, il faut alors inventer et forger des arguments farfelus pour endoctriner la population. Brandir l’éventail du danger au niveau de la sécurité nationale, voilà ce qui pogne et qui, depuis au moins 70 ans, fait peur au monde. Et nos médias embrigadés embarquent dans cette propagande : «Port de Québec. La présence chinoise inquiète» (Le Journal de Montréal, 15 octobre 2020).

Une compagnie chinoise dans les ballons dirigeables au Québec

Les vaillants journalistes du Bureau d’enquête du Journal de Montréal ne chôment pas et veillent au grain contre les envahisseurs chinois et russes. Et à force de fouiller et de gratter, les journalistes d’enquête du Journal de Montréal ont trouvé un autre grave danger chinois qui a donné lieu à cet article du 28 septembre 2020 : «Fitzgibbon (ministre caquiste de l’Économie) forcé (par le gouvernement canadien) de reculer sur le projet de dirigeables (Flying Whales). Des risques de sécurité identifiés par Ottawa ont raison d’une filiale québécoise (d’une compagnie chinoise)». En partenariat avec une firme française, la compagnie d’aéronautique chinoise AVC voulait construire au Québec une usine afin de fabriquer et de commercialiser d’immenses ballons dirigeables propres à transporter du minerai provenant de régions éloignées et hop, on brandit encore une fois le danger de la «sécurité nationale». Il faut le faire. Après on vient accuser, sans aucune gêne, les Russes et les Chinois de faire de la propagande. Avant de voir la paille propagandiste dans l’œil des Chinois, regarde donc la poutre idéologique dans l’œil de ton propre pays et de tes propres médias.

Le bureau d’enquête du Journal «strikes» again contre les Chinois

Encore une recherche «étoffée» du Bureau d’investigation du Journal de Montréal, qui a donné lieu à un autre article incroyable : «Caisse de dépôt. Des investissements dans des technologies chinoises controversées. Le bas de laine des Québécois y détient des investissements d’environ 277 millions$ (sur un actif total de plus de 40 milliards$)» (Le Journal de Montréal, 16 novembre 2019). Des investissements «controversés» uniquement parce que ce sont des firmes chinoises s’entend. Quelle farce grotesque. Beau travail d’information, d’éducation et de conscientisation exécuté par les détectives journalistiques au Journal de Montréal. Il y en a d’autres articles du genre au Journal mais faute d’espace, je m’arrête ici. La morale de l’histoire est qu’il ne faut pas que la Caisse de dépôt et placement du Québec investisse dans des entreprises chinoises au nom de la sécurité des Québécois et des Canadiens. Tant qu’à y être, pourquoi ne pas poursuivre au criminel les firmes chinoises qui ont investi au pays au nom du principe de l’État de droit?

La Caisse dans les ports avec une firme des Émirats arabes unis

Pour le gouvernement canadien et la milice journalistique du Bureau d’enquête du Journal de Montréal, qu’une compagnie chinoise investisse en partenariat avec des entreprises canadiennes dans le port de Québec ou que la Caisse de dépôt et placement du Québec mette de l’argent dans des firmes chinoises, c’est absolument condamnable et ça met en péril notre sécurité nationale. Mais que la Caisse de dépôt s’associe, dans un projet de 8,2 milliards$ US, avec DP World, une entreprise qui détient plus de 10 ports et terminaux dans le monde, surtout dans des pays en voie de développement, c’est correct et même très bien pour le gouvernement canadien et nos journalistes d’enquête : «La Caisse de dépôt investit davantage dans les ports et les terminaux» (Le Journal de Montréal, 3 septembre 2020).

DP World est une firme détenue par les Émirats arabes unis, une merveilleuse et radieuse dictature dirigée et «détenue» par la famille royale et ses sultans, comme en Arabie saoudite et au Koweit. Que la Caisse de dépôt investisse dans DP World des Émirats arabes unis, qui bafouent le droit des femmes et où la liberté n’est pas de mise, alors là c’est d’intérêt national. Si, à la place de la firme chinoise CK Hutchison, ce fut la compagnie étatique des Émirats arabes unis DP World, qui avait investi au port de Québec, cela aurait été effectué, encouragé et même subventionné au nom de l’intérêt national, et n’aurait posé aucun problème pour notre sécurité nationale, en tout cas selon les critères et les principes moraux échafaudés par le gouvernement canadien et son service de renseignement ainsi que par les fébriles journalistes d’investigation du Journal de Montréal. Les Émirats arabes unis, une cruelle dictature royale mais qui est une alliée et une amie. Si ça ce n’est pas de la propagande et de l’hypocrisie pures, c’est quoi au juste?

Nos médias et nos gouvernements au service des ploutocrates occidentaux

Voyons donc, ceux qui ont à craindre des investissements chinois ici et ailleurs dans le monde, ce n’est pas du tout le monde ordinaire, mais bel et bien les oligarques et les ploutocrates canadiens, américains et occidentaux qui voient pour la première fois des entreprises chinoises mettre en péril leur hégémonie économique impérialiste mondiale en raison des performances technologiques, économiques et administratives des firmes chinoises. Oui, nos médias et nos gouvernements décrient à tout vent la Russie mais ce pays et ses entreprises n’ont jamais menacé la mainmise mondiale des transnationales occidentales.

Alors, par tous les moyens, il faut absolument bloquer Huawei, Tik Tok, ZTE, China mobile, etc. Et heureusement, nos ploutocrates occidentaux reçoivent l’appui bienveillant et l’aide de leurs consciencieux médias qu’ils détiennent dans leur valeureuse croisade anti-chinoise. Comme les chroniqueurs et journalistes du Journal de Montréal qui, chaque semaine, «chroniquent» sur l’empire du mal. On croirait lire les élucubrations délirantes de la CIA, de la NSA, de Donald Trump et de ses ministres Mike Pompeo et Bill Barr.  

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