Malgré les promesses, on ferme sauvagement

Une autre preuve du dogme démocratique

Celles et ceux qui lisent mes textes depuis un certain temps se rendent compte que les notions de liberté et de démocratie sont des mensonges véhiculés par les gros capitalistes et leur milice que sont des députés, des universitaires, des journalistes, des chroniqueurs, des médias d’information et organismes de recherche privés, etc. Tellement ridicule de voir certains de nos chroniqueurs émérites défendre bec et ongle notre démocratie, qui n’existe que dans leur tête, et nos belles libertés de causer et de placoter, sans plus. Ces éditorialistes, universitaires, penseurs et chroniqueurs sont prisonniers de leur carcan idéologique qui veut que le néolibéralisme est notre planche de salut pour tous. Ça fait 100 ans qu’ils répètent les mêmes âneries sur le socialisme. Qu’Amazon, Pfizer, Exxon et Deutsche Bank soient détenues majoritairement par des milliardaires, c’est bon et c’est très démocratie. Si ces compagnies étaient de propriété collective, donc appartenant au peuple, ça serait mauvais car ça relèverait du socialisme et même du communisme. Les politiciens, universitaires et journalistes aiment le privé car c’est lui qui a l’argent et le pouvoir. Alors si vous voulez une belle job payante, par exemple après votre service politique, et si vous voulez la gloire et le prestige grâce à votre présence et à votre tribune dans leurs médias privés, vous avez obligatoirement intérêt à être complaisant et même complice des affairistes. J’oubliais : vous tenez à obtenir du financement politique? Alors ce n’est pas en vous rapprochant des groupes communautaires, des syndicats de travailleurs ordinaires ainsi que de monsieur et madame tout le monde que vous allez l’obtenir.

Comportement du patronat afin de siphonner et de leurrer

Quand le privé a besoin de fonds publics, et qu’il milite pour des baisses d’impôts et la déréglementation du marché du travail et de l’environnement afin d’avoir les mains «libres», alors là il embauche des milliers de lobbyistes, souvent d’ex-politiciens et des universitaires, et s’achète des reportages dans le but de sensibiliser la population à ses besoins. Ce n’est pas de la propagande qu’il dit, c’est un travail d’éducation et de pédagogie. Le privé n’utilise pas seulement des sophismes et de la démagogie, concoctés par de belles grosses boîtes de relations publiques, mais par des mensonges édulcorés.

Airbus déménage en catimini

Après avoir injecté des milliards de dollars en fonds publics dans Bombardier et la C-Series (devenu le A220), le gouvernement du Québec a, au début de 2020, cédé la C-Series à l’européenne Airbus, tout en conservant une participation minoritaire de 25% dans le A220, Airbus détenant le contrôle majoritaire à hauteur de 75%. En passant, on a donné la C-Series à Airbus qui n’a rien eu à débourser. Le ministre caquiste Pierre Fitzgibbon était content. Ce «fut une très bonne chose» qu’il a dit (Le Devoir, 8 novembre 2018). Fitz avait obtenu des promesses «verbales» et des engagements «moraux» des dirigeants d’Airbus afin de maintenir les activités et les emplois au Québec (Le Journal de Montréal, 7 octobre 2020). Un autre «junior» qui se prend pour un autre.

Et quelle bonne nouvelle que voici : «Airbus n’a pas cru bon d’informer le gouvernement caquiste et Fitzgibbon (qui a appris la nouvelle en lisant les journaux) de sa décision de confier la finition intérieur du A220, version de luxe, à une usine américaine» (Le Journal de Montréal, 8 octobre 2020 : «Airbus n’a pas daigné aviser le gouvernement). Fitz, comme les autres ministres actuels et passés, a minimisé l’impact du transfert d’activités à l’extérieur du Québec (qui a occasionné des pertes d’emplois et qui en provoquera d’autres) afin de conserver sa fraternelle relation personnelle avec cette transnationale et pour sûrement protéger ses fenêtres d’opportunités dans son après carrière politique.

On se rend bien compte de qui mène véritablement dans nos beaux pays démocratiques, dans lesquels les élus sont confinés à un rôle de préposés aux commandes afin de remplir et de livrer l’agenda patronal. Dans ce cas, pourquoi donc s’abaisser à informer ses subalternes? Une perte de temps. Ils ont des choses plus importantes à faire. La liberté, si chère à l’Occident, est un privilège réservé au 1%, comme par exemple Airbus.

Lowe’s-Rona s’en va en Inde sans informer…

En 2019, Rona a licencié 60 employés à son pseudo siège social au Québec, afin de les délocaliser en Inde et en Caroline du Nord, sans, une fois de plus, se soucier d’informer le premier ministre caquiste du Québec, François Legault et son tonitruant ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon : «Lowe’s-Rona se tourne vers l’Inde et les États-Unis» (Le Journal de Montréal, 23 octobre 2019).

«Selon plusieurs sources gouvernementales, le comportement de Lowe’s a surpris et contrarié le gouvernement Legault. On veut avoir des contacts avec eux (veuillez s.v.p. prendre un numéro) pour voir le bassin d’employés qui seront mis en disponibilité (c’est-à-dire congédiés) a insisté Pierre Fitzgibbon, Lowe’s refuse pour l’instant d’indiquer si elle acceptera l’invitation du ministre». Oui, les transnationales et leurs propriétaires sont ceux qui dirigent véritablement le monde… du moins le monde occidental et celui qui est sous son emprise. Très démocratique, n’est-ce pas? Liberté pour qui au juste?

Et pourtant, là encore, nos élus en service avaient obtenu en 2016 des promesses formelles : «Lowe’s dit qu’il honorera ses promesses. Le président canadien tente de rassurer les employés de Rona» (Le Devoir, 5 avril 2016). Et il fallait encore une fois se fier à leurs paroles car tout fut tenu secret : «Une entente (engagements pris en 2016) gardée secrète» (Le Journal de Montréal, 24 octobre 2019). Le pouvoir au peuple, voilà le principal leitmotiv creux de notre démocratie larvée.

Réaction «musclée» de Legault et de Fitzou

Preuve que nos élus n’ont aucun pouvoir réel sur les transnationales établies au Québec, même si elles ne respectent pas leurs engagements et enfreignent souvent la loi (environnement et travail) : piqués au vif, nos élus inféodés réagissent toujours de façon folklorique afin de faire leur petit numéro : «Licenciements chez Rona : Legault et Fitzgibbon veulent encourager les quincailleries québécoises» (Le Journal de Montréal, 23 octobre 2019). Cette sortie endiablée de nos commis a sûrement fait peur aux dirigeants de l’américaine Lowe’s.

Legault fait vraiment peur aux transnationales, comme en 2018, lors de la fermeture des installations de Sico (une autre compagnie québécoise vendue à des étrangers) au Québec où il a «sévi» en s’époumonant ainsi : «François Legault suggère (une autre suggestion et pas plus) aux Québécois de boycotter Sico» (Le Journal de Montréal, 15 novembre 2018). Et puis, comment vous aimez ça vivre dans un pays démocratique, chance inouïe que n’ont pas les Chinois, les Russes et les Cubains avec leurs politiques socialistes?

Une autre drôle juste pour vous : «Vente de Rona. Une transaction bénéfique pour le Québec, selon Dominique Anglade» (Le Journal de Montréal, 3 février 2016). Assez sautée merci comme réflexion, surtout de la part d’une personne qui aspire à devenir première ministre du Québec. Mais elle n’est pas la seule à avoir applaudi cette perte de souveraineté économique du Québec : «Vente de Rona. Les chambres de commerce applaudissent, le syndicat se méfie» (TVA Nouvelles, 3 février 2016). Face au patronat, les chambres de commerce s’apparentent à des représentants de commerce. Des «pedleurs» quoi!

Idem pour Rio Tinto Alcan : Bye, bye mon cowboy

En 2004, Rio Tinto Alcan annonçait la fermeture de son usine d’Arvida sans daigner informer le premier ministre libéral Jean Charest et malgré les milliards de dollars reçus en subventions et en tarifs d’électricité préférentiels : «Il n’y a jamais de bon moment pour annoncer une fermeture d’usine» (Le Journal de Montréal, 24 janvier 2004). Pas question pour le PLQ de couper dans l’aide gouvernementale et les tarifs d’électricité très bas consentis à Alcan. Qui sait, c’est peut-être le futur employeur d’un député?

Drôle de coïncidence, même si Jean Charest et le président d’Alcan, Travis Engen, se trouvaient tous les deux en même temps et au même endroit en Suisse (sommet économique de Davos) lors de l’annonce de la fermeture sauvage de l’usine d’Arvida, Travis n’a pas cru bon informer son bon ami Jean. Charest a fait la «baboune», mais ça s’est vite passé : «Une colère (de Charest) mal contenue. Jean Charest ne l’avait pas vu venir» (Le Journal de Montréal, 24 janvier 2004). Alors la question qui tue : Qui mène dans les faits?

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