La farce des PME subventionnées vendues à des étrangers

Des élus qui nous appauvrissent et nous ridiculisent

C’est l’histoire qui se répète tout le temps au Québec, mettant en vedette des opportunistes qui lancent des entreprises dans les domaines pharmaceutiques, vidéos, intelligence artificielle et autres. Parfois, ces affairistes en herbe impliquent des universitaires payés par la collectivité qui s’associent avec des firmes du privé afin de créer des chaires financées majoritairement par des fonds publics.   

Il y a plein d’investisseurs et de fonds spéculatifs qui se spécialisent à s’associer à de jeunes compagnies prometteuses. Mais non, ces arrivistes ne veulent pas de ces partenaires privés qui vont exiger un droit de regard sur l’entreprise, comme la présence de ces représentants au conseil d’administration; une certaine propriété sur les brevets et les découvertes; sur la vente éventuelle de l’entreprise; sur la prise de décision; sur la nomination et la rémunération des dirigeants; sur la politique de dividendes, etc. Mais non, ils ne veulent pas de ces rabat-joie et de ces casseux de «partys». Mieux vaut, pour leur propre enrichissement, embaucher de bons gros lobbyistes influents qui, souvent, sont d’ex-politiciens ou de hauts gradés dans la fonction publique, et se payer quelques reportages et articles dans les médias de «désinformation» et quémander d’immenses fonds publics de plusieurs ministères de tous les paliers de gouvernements (fédéral, provincial et municipal) qu’ils obtiendront facilement sans que nos élus n’exigent aucune condition. De la vraie et pure dilapidation de fonds publics qui ne sert qu’à enrichir des faiseux. Combien de fois avons-nous hélas assisté au cours des dernières années à la vente à des étrangers d’entreprises full-subventionnées où le gros des risques a été pris par l’État avec l’argent du public? Un vrai bar ouvert qui confirme le manque de rigueur et de vision flagrant et la complicité de nos élus qui n’ont aucun sens du bien commun, seulement celui de l’intérêt privé.

La vente d’Element AI à des Américains

Comme je l’a écrit dans mes précédents textes, on a assisté au Québec ces dernières années à la vente de plusieurs firmes très subventionnées dans le domaine des biotechnologies, du pharmaceutique et depuis 2014, à une trentaine de petites et moyennes entreprises technologiques. La dernière en liste est la firme d’intelligence artificielle Element AI vendue au mois de novembre 2020 pour environ 400 millions US$ à une firme américaine après avoir reçu à peu près 100 millions de dollars et d’aide de l’État, dont entre 30M$ et 50M$ de la Caisse de dépôt : «Une mine d’or de savoirs cédée aux Américains. En large partie financée par les contribuables d’ici, Element AI détient une banque de 80 demandes de brevets» (Le Journal de Montréal, 30 novembre 2011). Parti les brevets et aussi des jobs : «Element AI licencie 42 personnes» (Le Journal de Montréal, 2 décembre 2020). Bientôt on assistera au départ, bien évidemment, du siège social et ce sera la fin de l’achat local de services professionnels, comme les avocats, les vérificateurs comptables, les banques et autres.

Il faut arrêter ces folies

Tout de même incroyable que nos élus, contrairement aux investisseurs privés (banques et fonds spéculatifs) n’exigent absolument rien en termes de garanties à des affairistes qui veulent du financement public : aucune condition fixée sur la vente éventuelle de la firme, en y insérant des mesures de blocage comme ça se fait ailleurs et comme le font les compagnies privées de capital de risque; sur les décisions en matière de délocalisation, de propriété des brevets et des découvertes; sur les investissements, etc. Rien, kapout et niet. Absolument invraisemblable. Voilà pourquoi ces jeunes entrepreneurs en herbe préfèrent le financement gratuit du public à celui du privé avec ses nombreuses contraintes et exigences.

L’entreprise Element AI fut créé en 2016 par Jean-François Gagné et le chercheur universitaire Yoshua Bengio grâce à l’appui massif de l’État. Et déjà en 2019, alors que la compagnie était déficitaire, les boss se payaient de juteux salaires. L’un deux, Jean-François Gagné, se payait une petite chaumière de 2,1 millions de dollars (Le Journal de Montréal, 24 août 2019).

Réaction différente de la Caisse de dépôt et de Québec solidaire

En vrais colonisés qu’ils sont, les dirigeants de la Caisse de dépôt et placement du Québec ont dit que la vente d’Element AI à des Américains était une «bonne nouvelle» (Radio-Canada, 30 novembre 2020. «La firme montréalaise Element AI vendue à l’américaine ServiceNow»). Les Dominique Anglade, Pierre Fitzgibbon, Christian Dubé, Philippe Couillard et cie avaient largué le même type d’ineptie lors de la vente de Rona à Lowe’s et le don de la C-Series à Airbus.

C’est le député Vincent Marissal qui a eu la meilleure réplique : «Est-ce que la Caisse de dépôt a pris des moyens pour garder l’entreprise ici? Sinon on sombre dans le syndrome (coutumier) de la strat-up : deux gars qui inventent une application (en quêtant des millions en fonds publics) et qui la vendent quatre ans plus tard pour plusieurs millions de dollars à un géant américain (comme cela se fait très souvent)» (Le Devoir, 1er décembre 2020. «Intelligence artificielle. La vente d’Element AI à une firme américaine suscite la grogne» (Le Devoir, 1er décembre 2020).

Le journaliste de service en remet

Le 5 décembre 2020, le journaliste Ulysse Bergeron du Devoir, a rédigé un long texte intitulé : «Un exode difficile à freiner». Pas fort comme journalisme professionnel. Pour rédiger son papier, qui s’apparente à un publireportage, Ulysse a interviewé seulement trois individus : un consultant en technologie (Michel Besner), un affairiste de 28 as, Pascal Leblanc qui a vendu ses deux précédentes entreprises (subventionnées) à des étrangers et enfin Alexandre Paquet, président de Lead-Fox qui a développé un logiciel marketing. Et comme on si en attendait, les trois monsieurs ont répondu qu’il n’y avait pas grand-chose à faire pour arrêter la vente de PME subventionnées à des étrangers. Et bien vous m’en direz tant. Il faut donc continuer à les gaver de fonds publics afin de les enrichir et ne rien exiger collectivement en retour. À ce niveau, le Québec est pire que la pire république de bananes. Ah oui, leurs solutions ce n’est pas d’introduire des contraintes afin de ne pas dilapider éhontément l’argent des contribuables. Mais non, ils recommandent de les subventionner davantage, sans rien demander en retour, afin de financer leurs dépenses de commercialisation et de marketing.

En passant, un bon article à lire sur le sujet est celui de Michel Girard publié dans Le Journal de Montréal du 9 avril 2019 intitulé «Québec doit être vigilant avec l’intelligence artificielle».

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