Les complotistes anti-chinois au Journal de Montréal

Les complotistes et les conspirationnistes du Journal

Pas encore un gros reportage de deux pages complètes dans le Journal de Montréal du 18 décembre avec, en prime, ce titre d’article accrocheur et racoleur en page couverture : «L’entreprise dont il (Fitz) est actionnaire fournit de l’équipement à une forme associée (selon les USA) à la répression (pas en Birmanie ou en Arabie saoudite mais…) en Chine. Fitzgibbon encore dans l’embarras (selon les journalistes, genre représentants de commerce)». Et quel est le péché mortel commis par le ministre caquiste de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, que vous me demandez? Les journalistes en mission du Journal nous apprennent que Fitz est actionnaire très minoritaire d’une compagnie québécoise (Immervision) qui a le malheur de vendre à une compagnie chinoise Hikvision. Fitz mériterait la prison, rien de moins! Si la firme québécoise avait brassé des affaires avec des entreprises israéliennes, birmanes (Myanmar), arabes (Arabie saoudite, Émirats arabes unis ou Koweit), ça aurait été très bien vu par nos journalistes d’investigation. Mais c’est effrayant, Immervision et Fitz ont vendu des produits à une société chinoise. Ça ne se peut pas! Ça prend bien toute sorte de monde pour faire un monde, comme dit le poète. Au Journal de Montréal, les propriétaires, les journalistes et les chroniqueurs n’aiment pas la Chine et les Chinois communistes. Ça parait, et ils en remettent chaque semaine.

Écoutez, je ne suis pas un inconditionnel fan de Fitzgibbon ou de la Chine, mais il y a des limites à faire preuve de biais systématique et à essayer de nous endoctriner à tout prix. Du journalisme à la fois subjectif, dépendant, ridicule et pathétique. Est-ce qu’il y avait vraiment matière à faire tout un plat avec ça, à moins que… C’est drôle, Radio-Canada, Le Devoir, La Presse et d’autres n’ont pas abordé ce sujet si important pour le Journal. Devons-nous en déduire que seul le Journal de Montréal a raison?

Qui dit que la Chine oppresse sa minorité musulmane?

Vous le savez que les États-Unis veulent tout faire pour nuire à la Chine qui est en train de mettre fin à leur supériorité économique dans le monde. La montée en puissance de la Chine fait aussi très peur aux puissantes compagnies occidentales, dont Québecor fait partie, qui ont toujours pratiqué leur hégémonie en Afrique, en Amérique latine, en Asise, au Moyen-Orient, etc. Hélas, il y a maintenant les entreprises chinoises qui viennent jouer dans leurs plates-bandes. De vrais casseux de party. Au Canada et au Québec, qui ne souhaiterait pas voir la venue d’une société chinoise dans le domaine de l’internet et du cellulaire afin de faire baisser radicalement les prix shylockiens facturés aux consommateurs captifs et de briser le cartel Bell, Vidéotron-Rogers-Shaw-Telus? «Hausses (simultanées) de tarifs chez Bell et Vidéotron» et «Québecor. Pas de guerre de prix en vue avec Bell» (La Presse, 20 décembre 2020 et 12 août 2010).

Alors ceux qui prétendent que la Chine malmène sa minorité musulmane, c’est, oh surprise, le gouvernement américain avec en sous-main ses subalternes que sont l’Australie et le Canada. Pas fort comme journalisme d’enquête. Au Journal de Montréal, les journalistes ne savent-ils pas que le gouvernement américain, la CIA, la NSA, les organismes pseudo-humanitaires financés par les States, etc., sont des menteurs invétérés et sont toujours prêts à inventer toutes sortes de choses afin de maintenir leur domination? Afin d’envahir militairement l’Irak et tuer des millions d’innocents, les États-Unis et le Royaume-Uni (Tony Blair) n’ont fait que mentir comme ils l’ont toujours fait dans d’autres cas, que ce soit au Brésil, au Chili, au Vietnam, à Cuba, au Venezuela, etc. : «L’industrie du textile écorchée par le scandale ouïghour. Les États-Unis (et oui l’Oncle Sam) bloquent (encore une fois) les importations chinoises provenant de travail forcé présumé» (Le Devoir, 11 décembre 2020). Travail forcé «présumé» qu’il est dit. Et «présumé» par qui selon vous?

Cultiver gratuitement la haine de la Chine est de mise au Journal

Et le Journal de Montréal et ses fantassins qui en ont rajouté dans un autre gros texte pondu le 4 mars 2020 et intitulé : «Bombardier et d’autres entreprises accusés de profiter du travail forcé (en Chine bien évidemment)». Les perroquets journalistes du Journal n’ont jamais fait de reportage sur le véritable travail forcé en Inde, au Sri-Lanka, au Pakistan, en Arabie saoudite et ailleurs. Et en Chine, ce n’est pas seulement du travail forcé qui prévaut, mais bel et bien un génocide en bonne et due forme selon le gouvernement Trump : «Ouïghours : des élus américains accusent la Chine de «génocide»» (Le Journal de Montréal, 27 octobre 2020). Une suggestion à mes copains et copines du Journal : pourquoi ne pas faire des reportages, et même envoyer des journalistes d’enquête en Birmanie dont l’armée a tué, violé et chassé un million de leurs citoyens musulmans (les Rohingyas) qui sont entassés depuis plus de deux ans dans des camps au Sri-Lanka. Ça c’est un fait réel et documenté. À moins que l’on préfère s’étendre et s’épancher sur les faits parallèles et les vérités alternatives de Trump et des républicains américains? «Myanmar. Le chef de l’armée doit être poursuivi pour génocide selon l’ONU» (Le Devoir, 28 août 2018). La solution des States : «Rohingyas. Le gouvernement américain veut travailler avec la Birmanie» (Le Journal de Montréal, 9 septembre 2017).

Ça fait vraiment louche et suspect

Un long reportage anti-chinois n’attend pas l’autre au Journal de Montréal. Pourquoi et pour qui? De vrais complotistes et conspirationnistes journalistes qui jouent au Bonhomme-sept heures chinois et à l’épouvantail chinois. Les Russes sont des enfants de chœur comparés aux Chinois. Les Chinois volent nos découvertes, font des cyberattaques et vont probablement vouloir nous envahir.

Le 15 octobre 2020, un autre texte de deux grosses pages avec, encore en gros titres à la page frontispice : «La Chine inquiète au port de Québec. Des craintes pour la sécurité nationale». En partenariat avec le CN, la chinoise Hutchison veut construire un terminal de conteneurs et hop, on brandit une dangereuse crainte majeure pour la «sécurité nationale». Ça vaut bien un énième texte majeur, de deux pages, au Journal. Le Canadien National (CN) met aussi en danger notre sécurité en s’associant à une compagnie chinoise. Shame on you!

Fitz et ses ballounes gonflables

Attendez, ce n’est pas fini comme film d’épouvante chinois heureusement rapporté par nos vaillants reporters du Journal de Montréal, pas plus tard que le 28 septembre 2020 : «Fitzgibbon forcé de reculer sur le projet de dirigeables (d’énormes ballons conçus pour transporter du minerai en zone éloignée). Des risques de sécurité nationale identifiés par Ottawa (sous-fifre fidèle des States) ont raison d’une filiale québécoise». C’est l’histoire d’une compagnie chinoise en partenariat avec une firme française qui voulaient construire au Québec une usine de dirigeables. Une vraie insulte à l’intelligence collective de venir nous dire que cela met en péril notre sécurité nationale. Le jupon dépasse et beaucoup en plus de ça!

Une autre pondue par nos amis du Journal le 23 décembre 2020 et intitulée «Pandémie. Subventions… pour la Banque de Chine. Deux banques chinoises ont réclamé le soutien salarial (comme d’autres banques canadiennes et étrangères) pour payer leurs employés au Canada». L’article signale que le gouvernement canadien a aussi subventionner 200 églises de toutes sortes (avec parfois comme preachers des milliardaires), des groupes antiavortement et d’autres banques étrangères installées au pays mais qui sont de propriété privée. Alors ce qui a frappé nos futés journalistes, ce sont deux banques chinoises qui sont de propriété collective, c’est-à-dire détenues par le peuple que l’on appelle péjorativement des sociétés d’État. Dans les faits, une société d’État est la propriété de la population, comme le sont ici au Québec Hydro-Québec, la Caisse de dépôt et placement, Loto-Québec et la SAQ. Si je comprends bien leur logique tordue, il est inadmissible que le PLC appuie financièrement deux banques chinoises de propriété collective mais que cela est correct qu’Ottawa subventionne des banques canadiennes et étrangères (Bank of America, Morgan Chase, Citicorp, Deutsche Bank, etc.), aussi grosses que les banques chinoises mais qui ont le mérite d’être détenues par les richards formant le 1% de la société. Pouvez-vous m’expliquer la logique de ça svp?

Et d’autres encore et encore

«Des Chinois espionnés à Montréal» (Le Journal de Montréal, 10 septembre 2020). C’est ce que prétendent quelques chinois interviewés par nos journalistes et hop on en fait un long article «scientifique». Le lucide chroniqueur Loic Tassé s’est aussi mis de la partie en publiant récemment plusieurs textes antichinois dont : «Xi Jinping, le garde rouge» et «Pékin attaque la démocratie». Et Martineau qui accouche de «Une dictature dangereuse» (Les 13 juin, 23 mai et 15 avril 2020). J’aimerais vraiment savoir c’est quoi qui motive ces journalistes du Journal. Pouvez-vous me le dire?

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