Santé privée versus publique : la préférence du patronat et des riches

Ce que le patronat devient réalité

Quelle merveilleuse chance que vous avez de vivre libre dans un pays démocratique où l’on vous permet de manifester, mais pacifiquement, après avoir obtenu votre permis. Pensons aux nombreux traités de libre-échange négociés en catimini sans consulter la population, mais en présence de représentants patronaux, de leurs élus et de leurs experts. Une fois signés, le peuple a toujours été mis devant le fait accompli, après lui avoir promis plein de bonnes choses qui ne se sont jamais produites. Mentionnons aussi les nombreuses baisses d’impôt sur le revenu consenties aux compagnies depuis les cinquante dernière années. Par exemple, en 1980, le taux d’impôt légal des compagnies était, uniquement au fédéral, de 36%, puis il est passé à 28% en 2000, à 21% en 2005 et à 15% en 2012. Pourtant, les gens étaient contre ces baisses d’impôts, qui n’ont fait qu’enrichir les entreprises et leurs actionnaires et priver le Trésor fédéral d’au moins 42 milliards$ par année, sachant que chaque baisse d’impôt d’un point de pourcentage  résulte à environ 2 milliards$ de moins chaque année en recettes fiscales au niveau fédéral (36%-15%=21 points x 2M$=42G$).

Comment améliorer la santé publique selon les faiseux

Prenons aussi l’exemple de l’institution de la santé privée au pays dans les années 1990. Suite aux nombreuses coupes draconiennes et criminelles ordonnées par les péquistes et les libéraux pendant plusieurs années, il était alors tout à fait normal que notre système de santé publique se porte très mal aux environs de 1990. Les élus, ne répondant pas à l’appel du patronat et des nantis, ont vargé dans la santé publique même si elle représentait la priorité numéro un de la population. En démocratie hypercapistaliste, l’important est de satisfaire les besoins de l’élite économique qui finance les politiciens, les experts, les universitaires, les ONG, les organismes de recherche, etc., et qui détient les médias d’informations,  comme les compagnies Bell, Power, Québecor, Cogeco, Rogers et cie. C’est ainsi que nos médias sous le couvert de la rigueur, du professionnalisme et de l’indépendance postulés (même s’ils appartiennent à des milliardaires comme Bezos, Bloomberg, etc.) deviennent dans les vrais faits réels des instruments de désinformation et de propagande.

Il fallait que nos médias, leurs chroniqueurs et éditorialistes  soient, au début des années 1990, très culottés et très biaisés pour rédiger de centaines de textes faisant la promotion  et l’éloge de la privatisation de notre système de santé publique, comme l’ont fait le patronat et les riches. On vous a accroire malhonnêtement que le privé (privé, mais financé à au moins 50% par des fonds publics puisque c’est déductible d’impôt) allait désengorger le système de santé publique. Comme pour les écoles privées, le gratin irait se faire soigner ou éduquer dans le privé et le système public d’éducation et de santé serait strictement «réservé» au monde ordinaire. Vous comprenez maintenant pourquoi tous les services publics iront toujours mal et seront toujours sous-financés car les richards et le patronat ne les utilisant pas. Ils en ont que pour le privé, mais le privé financé par des fonds publics.

C’est comme le principe de la saucisse Hygrade

Le subterfuge est vieux comme le monde. Plus on élague et qu’on émonde la santé, les écoles et les garderies publiques, moins il y a évidemment de services comme c’est le cas au Québec avec les pires urgences en Occident, le plus d’écoles et de cliniques privées, et où l’on attend le plus pour avoir le doit à un médecin de famille. C’est tout à fait voulu par nos gouvernements et nos riches et célèbres. Ainsi on pousse les gens, même de classe moyenne, à se diriger vers les écoles et les cliniques privées, en raison de la déficience des services publics. Voilà pourquoi que c’est au Québec, plus qu’ailleurs au Canada, que l’on compte le plus d’écoles et de cliniques privées. C’est un cercle vicieux.

On commence par vous remplir avec des commissions paquetées

Nos élus de service adoptent toujours le même comportement pour faire adopter des politiques qui privilégient la minorité possédante, au détriment de la majorité, comme les mesures libérales d’austérité, le virage ambulatoire des péquiste, les baisses d’impôts, etc.

On commence alors par mettre en place des Commissions et des Comités paquetés à l’os par des affairistes et par leurs experts commandités, préférablement des universitaires afin de donner un semblant de vernis scientifique à leurs patentes, comme celles faisant la promotion des baisses d’impôts; de la privatisation des services publics et de nos sociétés d’État de propriété collective; des coupures dans les «trop» nombreux programmes sociaux et de la modernisation de l’État en le ratatinant. On l’a vu en 2015, lorsque les libéraux ont mis sur pied deux grosses Commissions gouvernementales, dont une sur la «révision» des services à offrir à la population et l’autre sur la fiscalité, les deux commissions étant bien évidemment investies par des experts du patronat et par leurs alliés indéfectibles composés d’élus et d’universitaires. Ces deux Commissions dont les libéraux et les journalistes connaissaient à l’avance les conclusions et les recommandations à venir, ont servi de prétexte et de justification au gouvernement libéral dirigé alors par Philippe Couillard pour rentrer dans la gorge des gens ses politiques d’austérité avec les résultats désastreux que l’on connait. Des mesures de «rigueur» criminelles que je vous dis.

La «joke» des commissions de Charest en santé

Pour rire et même pour mépriser le mode, les libéraux de Charest et de Couillard sont durs à battre. Comme le patronat et son gouvernement libéral dirigé alors par le lobbyiste Jean Charest, tiennent à couper généreusement dans la santé publique et à faire la promotion du privé, ils poussent l’insulte jusqu’à demander en 2005 au banquier de la Banque de Montréal, Jacques Ménard (qui a toujours pris pour la défense des médecins, des pharmaceutiques et de la santé privée) de présider un comité sur comment assurer la pérennité du système de santé publique et sur comment sortir de l’impasse. Ai-je besoin de vous dire ce qu’ont été les recommandations «courageuse» du banquier Ménard?

Puis, en 2007, le gouvernement Charest revient à la charge avec cette fois-ci, Claude Castonguay, celui qui a passé le gros de sa carrière professionnelle sans les domaines bancaire et d’assurance, que nos médias présentent faussement comme le père de l’assurance-maladie au Québec et qui a toujours milité pour le privé : «Castonguay présidera un groupe de travail. Il devra trouver une solution (?) au financement du système de santé. Vers une plus grande ouverture du privé (et une hausse de la TVQ)x (Le Devoir, 12 février 2008). C’est vraiment original, courageux et visionnaire, comme si on ne savait pas à l’avance ce qu’allait pondre sieur Castonguay. Il recommandait aussi :  «Castonguay invitera l’État à renoncer à la gestion des hôpitaux» (La Presse, 14 février 2008). Comme l’éthique SNC-Lavalin fait déjà le ménage et l’entretien de tous les immeubles fédéraux (beau cadeau de Harper valant des milliers de dollars chaque année), qu’elle va gérer le service du REM (beau cadeau de la Caisse de dépôt), on pourrait aussi confier la gestion de nos hôpitaux à notre «fleuron» en ingénierie. D’accord, faire le ménage, gérer le service de transport du REM et administrer des hôpitaux, ça fait tellement «service d’ingénierie» mais l’important est d’aider nos «joyaux» corporatifs privés, et surtout branchés au biberon de l’État. Une idée comme ça, pourquoi ne pas confier la gestion de nos écoles et de nos garderies à SNC-Lavalin?

Le PLQ et le patronat ont tellement apprécié les recommandations audacieuses, modernes et novatrices de Claude Castonguay que : «Couillard confie un autre mandat à Castonguay» (Le Devoir, 12 mars 2008). Oh qu’en 2008 j’ai réagi avec joie à l’annonce de cette nomination de cet ex-banquier à la tête d’un chantier libéral instauré pour mieux réingénier l’État. Pour moi, Claude Castonguay et l’autre banquier Jacques Ménard étaient des arrivistes qui ont toujours fait la promotion du moins d’État, moins d’impôt, moins de services publics, moins de règlements, etc., mais malgré tout, nos médias privés démocratiques les aimaient beaucoup.

Le temps passe tellement vite que je n’ai pas eu le temps de vous parler de ce qui vient après les doléances du patronat, les commissions et les comité paquetés du gouvernent : vient ensuite le travail assidu de la désinformation et de la propagande médiatique avec au front leurs gros canons éditorialistes et chroniqueurs qui vont venir pondre des textes vraiment pathétiques tout en jouant au gros. Vraiment détestable. Je vais y revenir dans un prochain texte, après avoir fouillé mes vieux dossiers d’articles.

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