Le Canada à genoux devant les GAFAM et Uber

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À genoux devant les transnationales étrangères et les États-Unis

L’Australie et la Grande-Bretagne sont des pays capitalistes soudés aux États-Unis, tout comme l’est le Canada. Comme le chantait si bien Robert Charlebois dans les années soixante : «Vivre en ce pays, c’est comme vivre aux États-Unis». Un est le maître et l’autre le fidèle domestique. De peur d’ulcérer son patron, jamais le Canada va taxer au Canada les revenus réalisés ici même au pays par les GAFAM américains qui jouissent du privilège d’être exemptés d’impôts sur le revenu, créant ainsi une intolérable injustice puisque les compagnies canadiennes, elles, sont taxées. Les entrepreneurs canadiens ont beau chialé, il n’y a rien à faire de peur de contrarier le patron américain dirigé soit par Trump, soit par Biden. Les deux sont profondément empreints de leurs statuts impérialistes.

L’Australie face à Google… et le Canada, lui?

L’Australie, contrairement au Canada, vient d’obliger l’énorme, riche et puissante compagnie américaine Google à rémunérer les médias australiens pour l’utilisation régulière de leurs contenus. Jamais la machine à parler pour rien dire, Mélanie Joly, et le pleutre Steven Guilbeault, n’auraient osé, à titre de ministres du gouvernement libéral, faire ça. Steven attend de voir ce que les autres pays occidentaux vont faire en matière de fiscalisation des GAFAM américaines, de même que Justin Trudeau qui, jamais, n’a élevé la voix contre Trump et les States. Bravo à l’Australie qui a eu l’audace de poser un geste courageux afin que cesse l’exploitation des médias australiens exercée par le mastodonte américain Google. Et face au chantage et aux menaces du matamore Google, l’Australie a tenu son bout : «Google menace de bloquer son moteur de recherche en Australie» (Le Journal de Montréal, 21 janvier 2021). Avec de telles menaces, le gouvernement canadien aurait été apeuré. Justin préfère être un loyal sujet. Ainsi, Biden accuse Poutine d’être un tueur et Justin réplique en disant que Poutine est responsable de choses terribles. Jamais les USA ont fait des choses terribles. Ils sont tellement bons.

La France face aux GAFAM

Trump a menacé de lui servir plusieurs sanctions américaines si la France osait taxer ses GAFAM impérialistes, qui font la pluie et le beau temps dans les pays occidentaux mais heureusement, pas en Chine ni en Russie : «GAFA : Les États-Unis dénoncent une taxation discriminatoire des géants américains du numérique» (Le Devoir, 13 mars 2019). C’est effrayant de vouloir taxer les Google, Microsoft, Amazon, Facebook et Apple qui, ne l’oublions pas, sont totalement imperméables aux consignes et directives du gouvernement américain. Vous pouvez leur faire totalement confiance quant à l’utilisation de vos données personnelles. Aie, on est pas en Chine, en Russie ou à Cuba.

Comme l’Australie, la France n’a pas reculé face à la fronde des GAFAM et du gouvernement américain. Non seulement la France a promulgué une taxe de 3% sur les revenus bruts réalisés dans ce pays mais a aussi obligé, comme en Australie, Google a dédommagé les médias français pour l’utilisation de leurs contenus : «Les géants du web taxés dès janvier 2019 en France. Le gouvernement perd patience face aux réticences de plusieurs pays membres de l’Union européenne» et «Google va rémunérer des médias français» (Le Journal de Montréal, 18 décembre 2018 et 20 novembre 2020).

Oh que Donald et son criminel pantin Mike Pompeo n’étaient pas contents que la France n’obéissent pas à leurs ordres, comme le fait si docilement le Canada : «Taxe GAFA : Trump dénonce la stupidité de Macron et menace le vin français» et «Pompeo appelle la France à renoncer à sa taxe GAFA» (Le Journal de Montréal, 26 juin 2019 et Le Devoir, 5 avril 2019). Le rustre à Mike Pompeo était le chef de la «diplomatie» américaine sous le règne de Donald Trump, qui avait poussé l’indécence jusqu’à dire que : «Les colonies israéliennes en Cisjordanie conformes au droit international, selon Washington» (Radio-Canada, 18 novembre 2019). Incroyable mais vrai. Le petit caniche canadien n’a jamais osé critiquer à cet effet Israël et les States. Par contre, la haute-commissaire de l’ONU a, elle, eu le courage de mettre les États-Unis à leur place : «Le projet israélien d’annexion de la Cisjordanie est illégal, selon Michelle Bachelet» (Le Devoir, 30 juin 2020).   

Même le Chili a le courage que le Canada n’a pas

«Chili : Une taxe de 19% sur la valeur ajoutée imposée aux géants d’Internet (Amazon, Airbnb, Netflix, Spotify, etc.)» (Le Journal de Montréal, 26 février 2020). Le Chili, la France et l’Australie le font mais pas le Canada. Pourquoi?

Le Canada préfère attendre les consignes du gouvernement

Pendant ce temps de bouleversements fiscaux des GAFAM en d’autres lieux, au Canada on préfère se taire et ne rien faire. Ça rime : préfère, taire et faire. Ne soyez pas jaloux, mais je crois être un poète en devenir. C’est Richard Desjardins qui va faire la moue. En attendant au Canada : «Bill Morneau (l’ex-ministre libéral fédéral des Finances) n’est plus pressé de taxer les GAFA» comme l’était d’ailleurs son chef : «Trudeau moins pressé de taxer les géants du Web» (Le Journal de Montréal, 25 janvier 2020 et 14 décembre 2019). Trudeau, Joly et Guilbeault vont attendre le OK de leur patron américain avant de faire quoi que ce soit qui pourrait l’ulcérer.

Legault et la CAQ encore plus niaiseusement drôles

«Legault prend garde d’effaroucher Google et cie. Taxer les GAFAM en l’absence d’entente internationale serait risqué, dit-il» (Le Devoir, 11 décembre 2019). Quelle hypocrisie et quelle lâcheté. Prétendre attendre une entente «internationale» qui est impossible à réaliser est une autre façon de dire qu’il ne veut pas les taxer. Par contre, la CAQ a inondé Google et Amazon de subventions gouvernementales et de juteux contrats gouvernementaux. Une autre bonne : «François Legault appelle à la prudence concernant la taxation des GAFA» (Radio-Canada, 10 décembre 2019). Oui, on peut mourir en paix, on a tout entendu et on est humainement incapable d’en entendre davantage.  

Et aussi Uber en Grande-Bretagne

Même si dans les faits les chauffeurs de Uber sont des salariés en bonne et due forme, les gouvernements du Québec et du Canada les ont toujours considérés comme des travailleurs autonomes (des entrepreneurs, quoi!) afin que la transnationale américaine n’ait pas à payer aucun avantage social et puisse continuer à sous-payer ses travailleurs précaires de la «gig-economy». L’ancien gouvernement libéral de Philippe Couillard avait même poussé l’odieux jusqu’à appeler cette exploitation systématique des gens les plus vulnérables «d’économie de partage». Partage de la misère ou la représentation factuelle de la théorie du ruissellement de la richesse tellement prisée par l’ex-première ministre péquiste, la châtelaine Pauline Marois. Que vois-je comme titre d’article paru dans Le Devoir du 17 mars 2021? Uber reconnaît (par obligation légale) aux chauffeurs britanniques le statut de salariés, une première mondiale». Pourtant, le Royaume-Uni est dirigé par le gouvernement conservateur de Boris Johnson. Le gouvernement canadien va tout faire pour que cette nouvelle loi britannique concernant les chauffeurs de Uber ne s’applique pas au Canada. Vous allez voir, ils vont trouver des motifs et des raisons pour justifier leur petitesse.

En passant, le salaire minimum est de 8,91 livres l’heure en Grande-Bretagne, ou de 15,51 dollars canadiens l’heure contre 13,50$ l’heure au Québec. Mais il ne faut surtout pas l’augmenter dans notre belle province au risque de voir toutes nos entreprises faire faillite que nous répètent en permanence le Conseil du patronat, son universitaire attaché, Pierre Fortin de l’UQAM, et son organisme de recherche qu’il finance, l’Institut économique de Montréal (IEDM).

En Espagne itou

Et encore contrairement au «plussss meilleur pays du monde» qu’est le Canada, comme disait Jean Chrétien, il se trouve qu’en Espagne : «Le gouvernement espagnol a pris les devants en annonçant une modification de son Code du travail, qui considère désormais automatiquement comme salariés les livreurs à domicile de toutes les plateformes» (Le Devoir, 17 mars 2021). 

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