La cause de Bell… la sienne

https://www.bell.ca/Services_Internet/Produits/Bell-Internet

La pandémie aide Bell à engranger de gros profits

Au dernier trimestre de l’an 2020, Bell Canada, qui aime bien jouer la carte du philanthrope comme d’autres, a réalisé un bénéfice net de 932 millions de dollars, en hausse de 29% sur le profit trimestriel de l’an passé. On peut même dire que la pandémie aide Bell à accroître ses profits, elle qui est très présente dans les secteurs de l’internet et de la téléphonie, domaines qui sont favorisés par le virus. Pandémie ou pas, Bell forme, avec Vidéotron, Rogers et Telus, un puissant oligopole au pays. Ça leur permet de charger des tarifs exorbitants à leurs clients captifs de cette mafia technologique. Les tarifs les plus élevés en Occident. Il faudrait inciter un concurrent chinois à venir s’établir au pays afin de faire baisser les prix débiles de l’internet, du cellulaire, du câble, du satellite, etc.., qui appauvrissent les citoyens. On appelle ça le taxage du gros privé ou le droit de lever leurs propres impôts.

Subventionner Bell, même en présence de juteux bénéfices

Même si Bell a congédié récemment des centaines d’employés dans ses filiales télévisuelles (CTV) et radiophoniques (CJAD), la compagnie a réussi, plaidant pour sa cause, à siphonner en 2020 du gouvernement fédéral, à titre de subvention salariale d’urgence (même s’il n’y avait pas d’urgence puisque Bell a accru ses profits en 2020) du Canada (SSUC), un beau 123 millions de dollars (Le Journal de Montréal, 11 février 2021). Encore davantage durant la période du COVID-19, des subventions aux grandes entreprises profitables ont continué à constituer pour elles un bar ouvert et un buffet servi à volonté, alors que des milliers de PME, notamment des restaurants et des bars, faisaient faillite. C’est ça le privilège de pouvoir se payer des centaines de lobbyistes, souvent d’ex-politiciens, afin de sensibiliser les élus à sa propre cause.

Pandémie rime avec gros profits, plus de subventions et hausse du dividende

Bell ne fait pas seulement que causer pour la noble cause de ses dirigeants et de ses actionnaires, elle agit et les gâte. La pandémie ne doit pas servir de prétexte à mettre au régime sec les actionnaires et les boss. Chez Bell, on a des principes moraux très élevés : «Bell (BCE) hausse son dividende» (Le Devoir, 5 février 2021). En fait, au début du mois de février 2021, les dirigeants de Bell ont annoncé une hausse de 5,1% du dividende annuel par action qui a été porté à 3,50$. Bravo. Chez Bell, on peut dire qu’ils ont le cœur à la bonne place et sur la main.

Pandémie ou pas, le cartel opère

En pleine période du COVID-19, alors que des millions d’individus s’appauvrissaient, les géants du cartel canadien des télécommunications (Bell, Vidéotron, Telus et Rogers) ne se sont nullement gênés par faire avancer leur cause mercantiliste en haussant joyeusement leurs tarifs au vu et au su des gouvernements qui en ont rajouté en les subventionnant davantage : «Hausse des tarifs Internet de 5$ chez Bell» (La Presse, 14 avril 2020). Ce sont elles qui mènent dans ce beau pays supposément démocratique fondé sur l’économie de marché capitaliste dans laquelle il y est censé y avoir dans chaque secteur d’activités des centaines d’entreprises qui se font une concurrence féroce afin d’aboutir au juste prix le plus bas au bénéfice du consommateur. Ça c’est la théorie qui est loin de la réalité, comme également dans les domaines bancaire, pharmaceutique, médiatique, pétrolier, ferroviaires et j’en passe, qui n’ont rien à envier comme oligopole structuré au secteur des communications.

Bell et les pantins au parlement

Bell agit à sa tête en arnaquant en permanence ses clients captifs (comme dans le cas du téléphone résidentiel en région) et souvent avec la complicité de vos élus plus empressés à justifier les agissements des grosses compagnies qu’à défendre la population prise en otage par ces conglomérats : «Réseaux. Bell supprimera 200 000 foyers d’un plan d’expansion d’Internet en région» (Le Devoir, 20 août 2019). Bah, si Air Canada et le CN, maintenant privatisées, ne veulent plus desservir les régions, Bell a bien le droit de faire de même. Ça relève de leur code de responsabilité sociale. Elles ne veulent rien savoir de causer pour la cause des régions. Avant, lorsque le CN et Air Canada étaient de propriété collective, elles allaient en régions mais plus depuis que vos élus les ont, par idéologie, privatisé sans débat public et pour des pinottes.

Même si Bell hausse ses tarifs et ne va pas en région, Fitz, le Robin-des-bois des entreprises et des nantis, a voulu, dans sa grande sagesse légendaire, vous sécuriser même si vous êtes perdants : «Internet. Fitzgibbon (CAQ) se fait rassurant. Bell sabre son programme en milieu rural, mais l’impact au Québec sera (selon les dérives intellectuelles du ministre) minime, selon le ministre» (Le Devoir, 23 août 2019). On croirait entendre un relationniste de la compagnie ou un porte-voix de leurs services de relations publiques alors qu’il s’agit de propos tenus par un ministre supposément au service du peuple dans un pays prétendument libre. En fait, quelle est la véritable liberté des gens en région face à Bell, Air Canada, CN, Pfizer, Moderna, Desjardins (qui a fermé plusieurs succursales), etc.?

Bell face à François Legault, le chef de la cavalerie des faire-valoir

Fitzgibbon se faisait complaisant et même complice de Bell pour l’Internet en région, voilà que le chef des majordomes caquistes intervient «vigoureusement» : «Internet en région. La lenteur (moins vite qu’un escargot) de Bell dans le dossier de la haute vitesse encore (donc c’est pas la première fois) dénoncée par Legault» (Le Journal de Montréal, 29 janvier 2021). Le premier ministre caquiste François Legault ne fait que «dénoncer» mais ne fait rien car ce sont les transnationales qui mènent dans nos sociétés dites démocratiques. Pourquoi alors, au lieu de seulement dénoncer, Legault n’agit-il pas en obligeant Bell à offrir le service Internet haute vitesse en région? Après tout, il est premier ministre.

Le PLQ fait la leçon

Il y a encore plus drôle et plus ridicule. C’est le comportement pathétique des députés du parti libéral du Québec qui se permettent de faire la leçon et la morale au gouvernement caquiste alors qu’eux, durant les années Charest et Couillard au pouvoir, se sont comportés en serviles laquais face au patronat : «Internet haute vitesse en région. Le manque de courage du gouvernement caquiste face à Bell dénoncé» (Le Journal de Montréal, 5 février 2021). Le PLQ n’en manque jamais une afin de s’enliser davantage dans le trou.

Bell pense aussi à ses vaillants patrons, adeptes du mécénat

En 2019, le président de Bell a reçu une petite rémunération de «seulement» 13 millions$. Et comme George Cope est parti à la retraite en 2020, il aura droit à : «Retraite de 16 millions$ pour l’ex-PDG de Bell» (Le Journal de Montréal, 27 mars 2020). Arnaquer continuellement les clients captifs et siphonner des fonds publics, voilà ce que ça donne et à qui on donne. Et dire que nos élus de la province considéraient Bell comme une entreprise québécoise alors que le siège social officiel de l’entreprise au Québec n’est qu’une coquille vide comme, cela l’est aussi pour la Banque de Montréal, le CN, Air Canada, etc. : «Quand 7,7% des dirigeants de Bell travaillent au «siège social» (et 92,3% au «bureau» de Toronto)» (Le Journal de Montréal, 20 janvier 2020).

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