Le Devoir et le Journal de Montréal aiment Denis Coderre

Le candidat à la mairie Denis Coderre devant la bibliothèque St-Sulpice, accompagné des candidats Serge Sasseville et Chantal Rossi. / Josie Desmarais/Journal Métro
https://journalmetro.com/actualites/montreal/2637791/il-faut-sauver-la-bibliotheque-saint-sulpice-dit-coderre/

Il ne faut pas nous refaire le coup de Mélanie Joly

J’espère que nos médias professionnels, objectifs et indépendants ne nous referont pas le coup de publier chacune des déclarations insignifiantes de Denis Coderre, comme ils l’ont fait avec Mélanie Joly lors des élections municipales de 2013. Ce sont nos médias d’information qui ont créé le personnage Mélanie Joly et son image de politicienne inspirant le modernisme et le changement alors qu’il n’y avait que du vide. Il faut comprendre que Mélanie était une spécialiste en marketing qui a bien vendu sa «marque de commerce» et qui a embobiné plusieurs journalistes impressionnés par ses envolées oratoires. Pas grave si ce n’était que du vent, l’important était que Mélanie Joly parait bien. C’est pourquoi Justin Trudeau lui a gentiment demandé d’adopter davantage un profil bas, car elle devenait une bombe à retardement pour le parti libéral du Canada. Le danger était que les journalistes finissent par s’apercevoir de la vacuité du discours.

Le Devoir et la notion de candidats de «calibre»

J’ai bien ri en lisant le titre de cet autre article consacré au «nouveau» Denis Coderre et publié dans Le Devoir du 29 avril 2021 : «Deux nouvelles recrues de calibre pour Denis Coderre». Les deux nouveaux candidats d’Ensemble Montréal est l’ex-conseiller de Projet Montréal, la girouette Guillaume Lavoie. Pour Le Devoir, Guillaume est un candidat de prestige. Et puis l’autre nouveau venu fantasmagorique, toujours selon les critères de notre média, est Serge Sasseville, qui a travaillé une vingtaine d’années chez Québecor et dont il était ces dernières années vice-président aux affaires juridiques. Même s’il a travaillé dans le domaine juridique, c’est maintenant les «affaires» culturelles qui l’intéresse. Il est à espérer que sa conception de la «culture» ne s’apparente pas à celle véhiculée par les médias de Québecor.

Je m’excuse, mais il est inapproprié pour tout média de nous présenter ces deux candidats comme étant des candidats dits de «calibre». De «calibre» peut-être, parce que l’un était vice-président d’une grosse firme privée influente et l’autre parce qu’il est économiste et qu’il a eu le «courage» de changer de parti sans raison vraiment valable, sinon que celle d’aspirer à une plus grosse fonction au sein du parti de Denis Coderre. Le Devoir aurait-il qualifié de recrues de «calibre» des candidats inconnus des médias qui auraient été issus d’un groupe communautaire et d’une entreprise à titre de simple ouvrir syndiqué? Mes amis du Devoir, on voudrait savoir c’est quoi au juste votre définition d’un candidat politique de prestige, de calibre ou vedette? Sinon, les gens vont penser que vous êtes quelque peu biaisés en faveur de certains types d’individus ou d’un parti politique en particulier. S’il-vous-plait, arrêter donc de laisser transparaître vos préjugés sur ce qu’est ou pas un candidat de calibre. C’est pour votre bien que je dis ça, simplement parce que je suis votre ami.

Deux longs reportages comme apéritif

Au Devoir, j’espère juste qu’ils n’aimeront pas Denis Coderre, ce qui semble être déjà le cas, autant que le russe anti-corruption et pro-démocratie Alexeï Navalny, sinon ce sera le déluge : au moins un texte par jour. On est à plusieurs mois des élections municipales à Montréal que déjà la journaliste Jeanne Corriveau du Devoir a consacré à Denis, l’homme qui dit avoir changé complètement, un très long reportage publié le 30 mars 2021 : «Denis Coderre en lutte contre les divisions». «Contre les divisions», un «projet» flou et vertueux de Denis qui ne veut rien dire : ça commence bien. Valérie Plante est donc une semeuse de divisions? Denis est, comme il l’a toujours été, un rassembleur qui unit tout le monde à ses projets de société. Je vous le mentionne tout de suite : les promesses vagues de Denis vont bientôt commencer. Quant aux autres, plusieurs ne seront pas tenues, évidemment.

Et la journaliste Jeanne Corriveau du Devoir est revenue à la charge le 22 avril 2021 avec un autre beau texte consacré à Denis et intitulé : «L’administration Plante est «dépassée» par les événements, clame Coderre». Denis, lui, comme il l’a toujours été, devance les événements, même ceux qui n’existent pas vraiment. Parfois, en politique, il est bon, quand on n’a pas grand-chose à dire, d’inventer des problèmes et des événements afin de faire parler de soi dans les médias. Les journalistes en raffolent. On appelle parfois ça des faits alternatifs ou des vérités parallèles.

Le Journal de Montréal aime, il va de soi, Denis Coderre

Denis Coderre a recruté Serge Sasseville, qui a longtemps été dirigeant chez le holding Québecor, qui détient comme médias d’information TVA, LCN, le Journal de Montréal, et plusieurs revues. Alors, comme Serge a ses entrées privilégiées chez l’empire Québecor, alors attendez-vous à beaucoup de couverture. C’est comme ça que ça marche. Et cela a déjà commencé par un article publié le 4 mai 2021, qui n’annonce absolument rien de nouveau et de pertinent, intitulé ainsi : «Coderre veut sauver la bibliothèque Saint-Sulpice». Beau titre choc qui frappe fort et qui nous présente Denis en «sauveur» de la bibliothèque Saint-Sulpice, même si sa survie dépend exclusivement du gouvernement provincial. La ville de Montréal ne peut pas faire grand-chose sinon que d’inciter le gouvernement du Québec d’intervenir. Alors, elle est où la nouvelle? Tout le monde «veut» sauver la bibliothèque de la rue Saint-Denis. Denis n’a suggéré aucune mesure concrète, sinon celle d’émettre un souhait. Il n’y a absolument rien qui justifie le fait d’avoir publié un long article dans le Journal de Montréal sur une telle pacotille. Denis a dit : «s’il est élu, il fera tout pour la protéger (sans dire quoi exactement)». Puis Denis Coderre a ajouté ceci : «Ça fait 16 ans que cet édifice public est en décrépitude et même inutilisé». Suggestion de questions que le journaliste Félix Lacerte-Gauthier auraient pu poser à Denis Coderre : «Si, comme vous le dites, la bibliothèque Saint-Sulpice, qui vous tient tant à cœur, est laissée à l’abandon (même si elle a une grande valeur patrimoniale) depuis 16 ans, alors pourquoi, du temps que vous étiez maire de Montréal jusqu’en 2017, vous n’avez rien fait pour la sauver? Pourquoi tout d’un coup cet amour passionnel pour la bibliothèque? Qu’est-ce qui vous anime tant? Du temps que vous étiez maire de Montréal, pourquoi ne pas avoir privilégié la survie de la bibliothèque Saint-Sulpice à votre course de chars électriques dans les rues de Montréal, surtout dans des arrondissements qui ne votaient pas du bon bord?». Bien non, pas de question embarrassante à Denis Coderre, le chef du parti, que vient de rejoindre l’ex-vice-président affaires juridiques de Québecor, Serge Sasseville, qui compte encore plusieurs amis importants au sein de l’empire. Alors vaut mieux comme journaliste faire le haut-parleur et ainsi ne pas se montrer impertinent. Comme Denis est au service du peuple et qu’il privilégie le bien commun, en 2013 il avait nommé comme président du comité exécutif Pierre Desrochers, un gestionnaire de «calibre», qui avait travaillé 32 ans pour la pétrolière Esso, celle qui nous veut du bien. Ah oui, il voulait aussi tarifier l’eau pour mieux ensuite privatiser nos «acqueducs».  

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