Que votre foi soit profonde : le paradis néolibéral s’en vient

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Vers un capitalisme de gauche

Bon, d’accord, les inégalités économiques explosent; les paradis fiscaux et l’argent détourné à l’abri de l’impôt pètent le feu; les transnationales sont toujours plus nombreuses à être plus riches et plus puissantes que nos gouvernements, qu’elles corrompent allègrement et qu’elles mènent; la pollution prend de l’ampleur malgré les vœux prieux de circonstances; les traités libres échangistes qui accroient le pouvoir des corporations se multiplient ainsi que les privatisations de nos instruments collectifs et de nos services publics. Oui, toutes ces choses merveilleuses se passent dans nos belles sociétés démocratiques et libres dans lesquelles le pouvoir appartient au peuple. C’est donc dire que toutes ces fabuleuses réalisations sont voulues par le peuple qui, je l’oubliais en parlant de victoires démocratiques, a exigé que ses élus baissent drastiquement, depuis cinquante ans, les impôts et les taxes des dominants individuels et incorporés (gains de capitaux, options d’achat d’actions, instruments dérivés, droits successoraux, taxe de vente des manufacturiers, tarifs douaniers,  etc.) tout en exigeant de les subventionner davantage et de plutôt augmenter les impôts et les taxes à la consommation de la classe moyenne salariée afin de créer plus de richesse dont il importe peu de savoir pour qui. L’important est quel produit intérieur brut augmente afin de montrer à la face du monde que le Québec s’est modernisé.

Fini les inégalités économiques : il faut y croire

Oui, ces dernières politiques néolibérales ont, ces cinquante dernières années, accru considérablement les inégalités économiques mais ne vous inquiétez surtout pas, elles vont s’amenuiser d’elles-mêmes si on laisse agir librement les lois naturelles du marché sans que l’État intervienne. On appelle ça la théorie du ruissellement de la richesse qui dougouline inévitablement sur la population.

Il ne faut surtout pas que l’État intervienne avec des lois à la fois coercitives et angoissantes qui vont démotiver nos créateurs de richesse qui veulent contrer les écarts de richesse. C’est ce qu’a dit Edward Conard (il porte bien son nom), un ex-associé du fond spéculatif américain Bain Capital : «Réduire les inégalités causera davantage de dommages et minera la reprise» (Les affaires, 23 février 2013). Pis, redistribuer équitablement la richesse, comme l’a suggéré l’ex-cheffe de Québec solidaire, madame Françoise David, est farfelu et déconnecté de la réalité que lui a répondu sèchement le fantassin Brian Myles, qui est rédacteur en chef du très sérieux journal Le Devoir : «Passage à vide. La redistribution de la richesse créé de la richesse a expliqué Françoise David dans une incantation magique (sic)» (Le Devoir, 20 mars 2014). Et Brian qui se demande innocemment : «On la prend où, la richesse?». Brian, va voir du côté du 1% et de d’autres. Regarde Brian les données fofolles de Statistique Canada plutôt que celles de tes «experts» universitaires préférés Luc Godbout, Robert Gagné et Pierre Fortin. Dire que le monsieur Brian est rédacteur en chef d’un média censé nous informer objectivement et nous consicentiser.

Deux des experts de Brian Myles l’ont confirmé

Oui, il faut laisser aller les choses et laisser la nature économique qui prévaut dans notre monde néolibéral faire doucement son œuvre afin que les écarts de richesse rétrécissent à un point tel que le capitalisme produira plus d’égalités économiques que le socialisme. C’est en quelque sorte ce qu’a dit l’économiste universitaire et ex-économiste en chef de l’institut économique de Montréal, Marcel Boyer, un expert très apprécié par certains journalistes et politiciens et par le patronat en entier, dans sa lucide opinion publiée dans La Presse du 7 janvier 2008 : «Des inégalités temporaires. Dans une phase de création accélérée de richesse, la distribution devient temporairement plus inégalitaire avant de redevenir plus égalitaire». C’est effrayant de nous larguer, sous son habit de scientique et d’expert, de telles inepties qui sont offensantes et insultantes. Aie, l’expert lucide de droite a écrit ce verset de l’évangile néolibéral en 2008 et, depuis, loin de se retrécir, les inégalités ont été dynamisées par des politiques économiques, fiscales et sociales promulguées par des élus du genre préposés aux commandes. Je suppose que les inégalités vont finir par s’amenuiser à plus long terme. Il faut juste être patient.

Et un autre spécialiste l’a confirmé : «La distorsion entre riches et pauvres est en voie de se résorber, dit Ghislain Dufour» (La Presse, 15 janvier 1996). Ghislain est l’ex-président du Conseil du patronat du Québec qui se vantait de pouvoir téléphoner quand il le voulait le premier ministre et tous les ministres.

Le capitalisme participatif est bien vivant : attaboy

Riez de moi quand vous voulez, mai c’est comme ça. Oui, tout va changer pour le mieux et pour tous, si on continue d’être fidèle au capitalisme. Tiens, Tasha Kheriddin, qui n’est pas n’importe qui puisqu’elle est directrice de la firme de communication et de relations publiques Navigator, en plus d’être vice-présidente du Centre canadien sur la mission de l’entreprise l’a dit : «Le capitalisme participatif n’est pas mort» (La Presse, 25 mars 2021). Mais, madame, le capitalisme participatif, comme vous dites si bien, a-t-il seulement existé? Si oui, pouvez-vous me dire où et quand? Peu importe, ledit capitalisme participatif est loin d’être mort et il est bien vivant et très vigoureux.

Protection de l’environnement grâce aux lois naturelles du marché

En plus du capitalisme dit participatif de madame Kheriddin, il y a le capitalisme écologique version de Pierre Desrochers, professeur à l’université de Toronto et chercheur à l’Institut économique de Montréal qui a signé cette opinion scientifique dans La Presse du 22 avril 2010 : «Le capitalisme écologique. Ce n’est pas le militantisme vert (des écologistes) qui a permis d’améliorer la qualité de notre environnement mais l’économie de marché». Excusez-moi, pardon monsieur Desrochers, mais vivez-vous sur la même planète que moi? Vous dites bien que l’économie de marché a permis «d’améliorer» et non de détériorer la qualité de notre environnement? Où ça monsieur Desrochers les améliorations environnementales? Bon, soyons positifs, car je suis tanné de toujours chialer gratuitement contre nos élites, nos créateurs de richesse, nos cerveaux, etc. Oui, le capitalisme écologique est bien vivant et le restera, si on a le courage de ne pas le polluer avec des règlements et des lois humaines, mais déshumanisantes, qui vont venir tout bousiller. Non, il faut faire comme le patronat le demande : «Changements climatiques. Le patronat mise sur les lois du marché. Le test climat du projet de loi 102 est superflu» (La Presse, 22 avril, 2010).

Et puis, êtes-vous heureux de savoir que le capitalisme écologique et le capitalisme participatif se portent bien? En effet, ça rasseble à un paradis sur terre en devenir si on laisse faire «naturellement» les choses sans réglementer.

Plein d’autres bonnes nouvelles

Moi, ma joie surabonde pendant que je rédige ce texte. On n’a pas à s’inquiéter du tout pour nos petits-enfants qui sont appelés à vivre dans un monde paradisiaque, et tout à fait égalitaire. Vous voulez d’autres bonnes nouvelles qui vont énergiser votre confiance dans un monde meilleur?. Et bien, il y a celle-ci du patron de la plus grosse banque au Canada : «Le patron de la Royale plaide pour un Canada plus vert, plus inclusif et plus équitable» (Le Devoir, 9 avril 2021). Il y a même l’évêque catholique québécois Roger Ébacher qui, très naïvement, a dit dans son texte du Prions en église du 13 septembre 2020 : «Humaniser le capitalisme». Humaniser le capitalisme monseigneur Ébacher : je vous souhaite bonne chance.

Un autre preacher, André Coupet, ex-associé de Sécor, qui a intitulé ainsi son opinion parue dans Le Devoir du 1er mai 2017 : «Après l’affaire Bombardier, il est urgent de réconcilier l’entreprise avec la société». Et puis, quelle merveilleuse nouvelle : «Inauguration de l’Institut pour la gouvernance Brian Mulroney» (Le Journal de Montréal, 18 septembre 2019). Brian qui, en 2016, a qualifié Trump de gentleman (Le Devoir, 7 décembre 2016).  

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