Santé et CAQ : Aucune promesse tenue et ça se dégrade

Les belles promesses pour se faire élire en 2018

En 2018, François Legault a juré qu’il allait couper au moins un milliard de dollars l’an dans le gras des salaires de nos très chers médecins. Danielle McCann, Christian Dubé et François Legault se sont écrasés et les toubibs gagnent toujours autant. Pas une cenne noire retranchée sur leurs émoluments. Dès 2014, le chef caquiste avait pourtant dit de façon convaincante que : «Le monstre doit être rendu plus efficace. François Legault promet de s’attaquer à la bureaucratie du système de santé public» (Le Devoir, 14 mars 2014). Pour la CAQ et le PLQ, le système public de santé est un monstre et le privé en santé est la solution. La CAQ et le PLQ n’ont jamais osé s’attaquer de front aux deux principales causes des hausses des coûts en santé publique, soit le salaire des médecins et le prix faramineux des médicaments. Et pas pour empirer les problèmes de la santé publique, la CAQ, le PLQ et même le PQ ont démontré noir sur blanc leur intérêt pour la privatisation du système aux mains d’affairistes en limitant l’offre en termes de médecins pratiquant au Québec tout en favorisant la privatisation des soins exacerbant alors la pénurie de docteurs et d’infirmières dans le public mais pas dans le privé. Et les pitbulls du PLQ et de la CAQ ont plié l’échine devant les puissants pharmaceutiques transnationales.

Un médecin en moins de 36 heures et 90 minutes d’attente à l’urgence

En 2018, Legault a solennellement promis : «Un médecin (à tous) en moins de 36 heures, promet la CAQ» (Le Journal de Montréal, 2 septembre 2018). Et en 2020, Christian Dubé, le nouveau ministre caquiste de la santé, provenant du secteur privé, donc quelqu’un d’exceptionnel et de très compétent, a réitéré la promesse : «Québec veut garantir l’accès à un médecin en moins de 36 heures» (Le Devoir, 12 septembre 2020). De fait, les patients sans médecin de famille ont explosé d’environ 100 000 depuis l’arrivée en poste du gouvernement caquiste en 2018 et il faut attendre pas loin de 2 ans avant d’avoir la chance d’en trouver un. Les Cubains socialistes n’ont pas ce problème-là. Bah, on est libre pareil même si on n’a pas de médecin de famille : on peut toujours aller au privé.

Comme ce n’était pas assez, la CAQ en a rajouté une grosse couche afin d’être sûr de se faire élire. Oui, ces promesses s’apparentaient à des mensonges car les ténors de la CAQ savaient bien que ce n’était que du vent : «Urgence. Promesse de voir un médecin en 90 minutes» (Le Journal de Montréal, 30 juin 2021). Au lieu d’une heure et demie d’attente, il faut compter environ une bonne dizaine d’heures d’attente. Ah oui, en 2019, alors qu’elle était ministre de la santé, Danielle McCann, faisant le clown, a lancé cette blague : «McCann prête à revoir l’incorporation des médecins» (Le Journal de Montréal, 2 mai 2019). Non seulement la CAQ n’a pas mis fin à cette forme d’évasion fiscale pratiquée par les médecins, mais elle l’a alimenté en accentuant la privatisation des soins de santé alors qu’elle avait promis en 2018 qu’elle allait stopper cette arnaque qui coûte encore plus cher à l’État et aux contribuables; qui enrichit davantage les docteurs et qui aggrave les déficiences de notre système de santé publique que nous payons par le biais de nos impôts. Il est faut de prétendre qu’il est gratuit.

Arrêtons de nous compter des peurs : la CAQ est favorable au privé

Du temps qu’il était au parti québécois, François Legault, Lucien Bouchard, Bernard Landry et Joseph Facal militaient énergiquement pour plus de privé en santé. Le co-fondateur de la CAQ, l’arriviste et siphonneux de fonds publics par excellente, Charles Sirois, est actionnaire de cliniques privées. Le fougueux ministre caquiste Éric Caire, du temps qu’il était député de l’Action démocratique du Québec, dirigé par le radical de droite Mario Dumont, était démesurément pour le privé : «L’ADQ veut permettre la pratique mixte» (Le Devoir, 3 avril 2008). Une autre bonne pour vous que j’ai retrouvée dans mes archives personnelles : «Le Québec doit virer à droite, selon Éric Caire» (Le Devoir, 22 avril 2009). Et enfin, la ministre caquiste insipide Marguerite Blais, qui fait toujours dans le superficiel, a remplacé le terme CHSLD par celui de Maison des aînés, ça fait plus «cute» mais plus «cucul». Du temps qu’elle était ministre libérale des aînés, pour résoudre les problèmes sérieux rencontrés dans les CHSLD, elle favorisait et était parfaitement d’accord avec Charest et Couillard pour couper davantage, au nom de l’assainissement des finances publiques et du déficit zéro. Sa solution à elle pour régler les problèmes récurrents était visionnaire et lucide : «La ministre Blais prend le parti des clowns dans les CHSLD» (Le Devoir, 21 mai 2009). Sa devise était et est : «On peut faire mieux avec moins».

Depuis au moins le début des années 2000, le Québec est le champion du privé en santé : «Cliniques de santé privées. Le Québec est la province qui fait le plus de place au privé (beaucoup plus en plus de ça)» (La Presse, 23 avril 2010). Allô modèle québécois! Et c’est aussi le Québec qui compte le plus d’écoles privées qui n’ont de privées que le nom, étant subventionnées à plus de 70% par l’État.

Et en plus et depuis toujours : «Le privé en santé. Le Canada deuxième derrière les États-Unis» (La Presse, 29 septembre 2005). Le Québec premier au Québec et le Canada deuxième au monde. La belle affaire.

Aux States, la santé est majoritairement privée et supposément concurrentielle, quoique c’est aux États-Unis que les coûts de santé sont de loin les plus élevés au monde. Et chez l’Oncle Sam, pays démocratique par excellence, les principales causes de faillites personnelles sont les coûts astronomiques de la santé privée et ceux liés à la dette étudiante. À Cuba, les étudiants sont payés pour aller à l’université qui est gratuite.

Ça prend pas une 100 watts pour comprendre ça!

Hypocrite qu’est la CAQ. Ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre que si l’offre de médecins reste stable au Québec (comme en rejetant les médecins étrangers) et que le gouvernement autorise, encourage et finance la privatisation du système de santé publique, alors ça fait que pour faire encore plus de «cash», les toubibs vont quitter le système public pour aller au privé et, de ce fait, il y en aura moins dans le public, augmentant ainsi le temps d’attente de chirurgies, des radiologies, etc. Et cela va accentuer la pénurie d’infirmières dans le réseau public car au privé elles seront mieux payées et auraient de meilleurs horaires car le gouvernement caquiste, ne regardant pas la dépense, rembourse toutes les dépenses des cliniques privées en ajoutant 15% de profits. «Privées» mais financées à plus de 100% par l’État.

Une arnaque vraiment révoltante stimulée par la CAQ

Déjà, les docteurs, et encore plus les spécialistes, font d’énormes revenus annuels. Mais leur cupidité notoire fait qu’ils s’organisent pour en gagner davantage avec la complicité des élus, tant libéraux que caquistes. Oui, pour les médecins, il faudrait en faire venir plus de l’étranger, comme on le fait en Ontario, et obliger les étudiants en médecine, qui coûtent très cher, à pratiquer forcément un certain nombre d’années dans le réseau public et en faire des salariés, comme les autres professionnels de l’État. S’ils ne sont pas contents, ils iront étudier aux États-Unis.

Oui, le gouvernement est le seul responsable des problèmes qui sévissent au Québec en matière de santé publique. C’est lui qui provoque les hausses de coûts en santé, qui est responsable de l’attente dans les urgences et pour l’absence de médecins de famille. Et au lieu de punir les docteurs qui délaissent le système public afin de créer leurs propres business privées, la CAQ leur délègue des opérations toutes dépenses payées, plus 15% de profit : «Santé. Le privé en renfort (renfort mon œil) pour réduire l’attente en radiologie» et «Plus de profits (et plus de contrats) pour les cliniques privées. Les nouveaux contrats (offerts par la CAQ) offrent des marges bonifiées (du privé sans risque)» (Le Devoir, 22 juillet et 13 avril 2021). Et faute de médecins dans le public : «Des salles d’opération vides pendant qu’on délègue au privé» et «Des appareils dorment dans les hôpitaux» (Le Journal de Montréal, 7 août 2017 et La Presse, 8 février 2018). Et le mot de la fin : «Cliniques médicales : affaires en or pour les investisseurs» (La Presse, 5 juin 2013).

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