Les Américains quittent l’Afghanistan : bon débarras

Nos pleureuses médiatiques sont tristes de l’exil USA

Nos médias et journalistes du Québec ne savent plus où donner de la tête afin d’écrire n’importe quoi sur les nombreux méchants pays du monde, version américaine. Il y a chaque jour des articles tordus nous racontant les horreurs provoquées par la Chine, l’Iran, la Russie, le Venezuela, la Biélorussie, etc. Maintenant, la palme revient aux inhumains talibans qui ont eu le malheur de défendre leurs compatriotes et leur pays suite à l’invasion militaire des États-Unis et de leurs suiveux en 2001 et qui, en 2003, ont récidivé en imposant de criminels embargos et en envahissant l’Irak avec leurs amis occidentaux, dont le Canada bien évidemment (aussi présent en Afghanistan), faisant environ 1,5 million de morts : «Les 935 mensonges de l’administration Bush sur l’Irak» (La Presse, 24 janvier 2008). Naturellement, comme c’est toujours le cas, les Américains ont envahi l’Afghanistan et l’Irak au nom de l’instauration d’une saine démocratie, de la liberté, des droits de l’homme, etc. Du vrai bon monde, ils l’ont dit eux-mêmes : «Les guerres américaines servent les droits de l’homme, selon un rapport de Washington» (La Presse, 1er avril 2003). C’est aussi ce que pensent nos médias qui sont dévastés suite au retrait des «yankees» de l’Afghanistan à cause de ces monstrueux talibans qu’ils ramassent joyeusement à tous les jours dans leurs organes médiatiques de propagande occidentale capitaliste. «God bless America».

Les Américains en Afghanistan par intérêt

Tout de même bizarre que les States aimaient beaucoup les talibans quand ces derniers étaient de leur bord. Ils les ont financé et armé afin de combattre, dans les années 80-90’s, les Russes, qui eux aussi avaient envahi l’Afghanistan et qui y ont subi le même sort que nos amis américains (ben bon pour eux, eux aussi), et aussi afin de se débarrasser des guerrier de l’État islamique : «L’armée américaine a aidé les talibans à frapper l’EI» (Le Journal de Montréal, 11 mars 2020). Et là, parce qu’ils ne veulent pas se soumettre et embrasser le modèle américain supposément démocratique avec sa culture, ses McDo, son Pepsi, son Google, ses pétrolières comme Exxon et Chevron, qui voulaient s’approprier leurs nombreuses richesses naturelles, ses VUS, ses tondeuses à gazon, etc., et ben ils ne sont plus considérés comme de fidèles amis fiables. Quels ingrats! Une drôle, en passant comme ça, publiée dans le Journal de Montréal du 16 mars 2008 : «Il (le lieutenant-colonel canadien Alain Gauthier) entrevoit la fin du règne des talibans». Trois cloches. Et le président afghan d’alors d’implorer les soldats américains» : «Arrêtez de tuer des civils» (La Presse, 7 mars 2011).

Les USA lorgnent les richesses afghanes

Comme pour le pétrole et des considérations géostratégiques en Irak, saviez-vous que l’Afghanistan possède beaucoup de pétrole, de gaz naturel et de nombreuses ressources minières dont l’Oncle Sam ne veut absolument pas qu’elles soient exploitées en partenariat afghan avec des firmes russes, chinoises ou turques : «Un potentiel de 1000 milliards de dollars. L’Afghanistan assis sur de gigantesques réserves de minerais» et aussi «Du lithium à foison en Afghanistan» (Le Devoir et La Presse, 15 juin 2010). Oui les Occidentaux et les Américains vont poursuivre leurs relations diplomatiques avec ce pays de 40 millions d’habitants de peur que les Chinois et les Russes profitent de l’occasion pour renforcer leurs liens. D’ailleurs, la Chine et la Russie n’ont pas fermé leurs ambassades en Afghanistan suite à la victoire récente et rapide des talibans.

Les talibans ont reçu l’appui général de la population

Les talibans, qui ont environ 75 000 soldats, n’auraient pas reconquis facilement tout le pays sans l’appui très majoritaire des populations qui les ont accueillis partout avec enthousiasme. Les Afghans, un peuple digne, ne se sont pas fait acheter par le leurre du modèle de vie occidentale que les Américains ont essayé de leur imposer. Comme c’est leur habitude, ces derniers sont entrés en Afghanistan avec leurs gros sabots sans vouloir aucunement apprendre leur langue, s’adapter à leur culture et à leur mode de vie. Non, ils ont voulu par la force et par l’argent imposer leurs valeurs, s’approprier facilement leurs richesses, et ont mis en place leurs élus corrompus comme le dernier président Ghani qui a déguerpi. Monsieur Ghani a étudié et travaillé aux States. Et ils ont embauché des milliers de traducteurs et communicateurs afghans afin de répandre dans le pays l’usage de l’anglais : «Afghanistan. Abstention record (75%) pour l’élection présidentielle» et à chaque élection de la fraude entretenue par nos alliés, comme en 2010 et en 2014 : «Afghanistan. Trop tôt pour mesurer l’ampleur des fraudes» et «Afghanistan. Les preuves de fraude s’accumulent» (Le Devoir, 21 septembre 2010 et 10 avril 2014). Abstention record et fraude ou pas, les pays occidentaux ont vite reconnu les résultats car ce sont leurs pantins et leurs potiches qui avaient été élus. Deux petites vites : «Rapport de l’ONU sur les prisonniers afghans. Torture (USA) systématique à Kandahar» et «Une vidéo de marines qui urinent sur des cadavres de talibans fait scandale» (La Presse, 11 novembre 2011 et 13 janvier 2012).

Vous voulez en savoir un peu plus sur le pourquoi les Afghans ont bouté dehors les Américains et leurs alliés occidentaux? Alors lisez le titre de ces deux articles très comiques : «La corruption gangrène toujours l’Afghanistan» et «Afghanistan. Des membres du gouvernement sur la liste de paye de la CIA» (Le Devoir, 8 février 2013 et La Presse, 28 août 2010). Pis, les trouvez-vous drôles? Ah que les gens ne comprennent pas, pourtant Mitt Romney, le républicain aspirant à la présidence des États-Unis, l’a dit : «Dieu a créé les États-Unis pour qu’ils dominent le monde» (La Presse, 8 octobre 2011). Pourquoi l’Afghanistan ne se laisse-t-il pas tranquillement dominer par les States, comme le fait le Canada?

Non à l’intégrisme religieux et au sort des femmes

Mes amis, je suis un catholique pratiquant qui est pour un État laïque et pour la liberté d’adhérer ou pas à une pratique religieuse de son choix. Oui je m’inquiète du sort que les talibans vont réserver aux filles et aux femmes. J’ai bien peur qu’elles seront brimées dans leurs droits légitimes. À cet effet, nos médias font bien de s’enquérir de leur sort et de critiquer.

Chez nos alliés, c’est pas pareil

Mais c’est tout de même drôle. Les droits des femmes sont autant bafoués en Arabie saoudite, au Koweït, en Inde, aux Émirats arabes unis, au Sri Lanka, en Égypte, etc., mais là, nos gouvernements et nos journalistes en font moins de cas parce que ces pays sont nos amis et nos alliés. Quelle hypocrisie. Pas de sanctions contre ces pays. C’est «business as usual». D’ailleurs, le gouvernement canadien l’a dit en 2015 : «Raif Badawi (emprisonné sans raison valable). L’économie avant les droits de la personne. L’Arabie saoudite vient d’acheter pour 15 milliards d’équipement militaire canadien» (Le Devoir, 9 juin 2015). D’ailleurs, l’Arabie saoudite, ça doit être du bon monde car Philippe Couillard y a travaillé et a toujours défendu ce pays. Les Émirats arabes unis, voilà encore des gens fraternels et cordiaux puisqu’en 2018, notre lobbyiste par excellence a hérité d’une belle promotion : «Jean Charest à la tête d’un organisme Canada-Émirats» (Le Devoir, 2 mars 2018). Deux pays très riches, très humains et très démocratiques : «L’Arabie saoudite vertement critiquée après des exécutions massives» (Le Devoir, 25 avril 2019). Critiqué seulement pour la forme mais jamais de sanction et d’embargos décrétés par leurs alliés occidentaux, même qu’en 2019 : «L’Arabie saoudite à la tête du G20» (Radio-Canada, 1er décembre 2019). Quelle farce monumentale!

Les talibans ne veulent pas repartir en guerre

Après leurs guerres avec les Russes et avec les Américains, je ne crois pas que les talibans veulent adopter des comportements belliqueux envers qui que ce soit. Et le retrait forcé des Américains a démontré le déclin continuel de l’hégémonie américaine dans le monde. Et même s’ils sont boycottés par de nombreux pays occidentaux, ils pourraient compter sur l’appui de la Chine, de la Russie, du Pakistan, de la Turquie, etc. Vive l’Afghanistan libre. Une triste nouvelle avant de vous quitter : «Un chien de l’OTAN aux mains des talibans» (La Presse, 7 février 2014). C’est à espérer qu’ils vont libérer le chien… s’il est encore vivant. Nos médias s’intéressent à de telles fioritures.

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