Médias, publireportages et dépossession collective

https://www.innergex.com/fr/

Des publireportages présentés comme des articles objectifs

«Énergie renouvelable, Innergex proposera des projets à Hydro-Québec. La société d’État lancera bientôt (avec la bénédiction de la CAQ) un appel d’offres (au privé) pour l’équivalent de 780 mégawatts» (Le Devoir, 5 août 2021). Énergie renouvelable, développement durable, société verte, etc., bien souvent des mots creux qui, une fois décortiqués, signifient «business as usual». Cet article publié dans Le Devoir du 5 août dernier a été rédigé par le journaliste Stéphane Rolland de la Presse canadienne, une grosse agence de propagande occidentale très néolibérale.

La théorie et la pratique sur la liberté de la presse

En théorie, nos médias sont censés nous dirent la vérité, être neutres, indépendants de leurs propriétaires privés milliardaires, et nous rendre compte d’événements importants en toute objectivité et avec un sens critique. Cet article sur Innergex n’a pas sa raison d’être et s’apparente davantage à une infopublicité afin de farcir les cervelles et les conditionner à aimer et à applaudir à tout ce qui est privé. D’ailleurs tous nos médias ont toujours favorisé et plaidé pour le privé dans tout, mais un privé largement subventionné par des fonds publics comme eux-mêmes en sont gavés, que ce soit par le biais de nombreux articles, éditoriaux, avis d’experts et de groupes de recherche privés. Mes amis, il y a eu un déluge, et ça continue, de textes et de reportages sur les bienfaits de la santé privée, de la privatisation de la SAQ, d’Hydro-Québec et de la Caisse de dépôt, sur les mérites du moins d’État et plus de privé, etc. Que voulez-vous, nos médias privés sont à la fois tributaires des subventions gouvernementales et de la publicité. Et pour obtenir des gros contrats publicitaires, il faut avoir des émissions, des animateurs, des reportages, des chroniqueurs, etc. qui font une «job» qui plait aux grosses compagnies.

Innergex fera de généreuses propositions à Hydro : de vrais philanthropes

Dans le dernier publireportage consacré à Innergex, qu’il est beau de voir dans le titre qu’Innergex «proposera» des projets, comme l’éolien, à Hydro-Québec alors que, si on avait des gouvernements vraiment au service de la population ils accorderaient la priorité au rendement et aux bienfaits collectifs plutôt que d’enrichir des affairistes, et ce serait bien Hydro-Québec lui-même qui serait le maître d’œuvre et le propriétaire de cette nouvelle énergie éolienne. On laisse des arrivistes se lancer dans l’éolien et dans le solaire, qui ne nécessitent aucune compétence particulière et qui ne prennent aucun risque puisque toute leur électricité produite est achetée au gros prix par Hydro-Québec qui paie même leur branchement à son réseau. Quelle bonté et quelle générosité d’Innergex de «proposer» des projets à Hydro-Québec. Bien évidemment, jamais ledit journaliste Stéphane Rolland parle dans son communiqué du prix que devra payer Hydro-Québec. Il me semble qu’il y a tellement de choses à couvrir dans le monde! Mais non, la Presse canadienne et Le Devoir ont choisi de nous parler d’Innergex. Un choix basé sur quels critères, je ne sais pas? Stéphane Rolland aurait pu demander aux dirigeants d’Innergex, à ceux d’Hydro-Québec et aux membres du gouvernement caquiste c’est quoi au juste les compétences et l’expertise qu’Innergex possède qu’Hydro-Québec n’a pas et pourquoi c’est mieux pour l’ensemble de la population que l’éolien soit cédé au pseudo-privé plutôt qu’à notre société d’État? Où sont les études?

Deux jours plus tard, la Presse canadienne «strikes again» : les fées ont soif

Le 5 août 2021, Stéphane Rolland de la Presse canadienne a rédigé un article louangeur et dénudé de tout sens critique, qui s’apparentait à un communiqué de presse, sur Innergex. Et bien, soyez dans l’allégresse car pour ne pas faire de jaloux, le même Stéphane Rolland en a écrit un autre deux jours plus tard, soit le 7 août 2021, toujours publié dans Le Devoir, son fidèle allié du type courroie de transmission, portant cette fois sur une autre compagnie québécoise «énergétique», soit Boralex, qui elle aussi lorgne le «jackpot» des 780 mégawatts d’Hydro-Québec : «Boralex lorgne des contrats à New-York (et encore plus au Québec, gracieuseté d’Hydro-Québec et du gouvernement caquiste)». Boralex a été créée il y a environ trente ans par Bernard Lemaire, co-propriétaire majoritaire de la papetière Cascades afin de se lancer lui aussi, comme d’autres parvenus, dans le domaine de la production d’électricité vendue à Hydro et issue de l’éolien, des petits barrages, de la biomasse, du solaire, etc.

Pour assurer l’avenir de sa progéniture : que c’est beau!

Au moment de la création de Boralex, Bernard Lemaire avait dit que son bébé énergétique corporatif servirait à assurer l’avenir financier de ses petits-enfants. Vraiment touchant. Moi en tout cas, ça me fait pleurer. Le magistral texte du 7 août 2021 émanant de la Presse canadienne et publié dans Le Devoir portant sur Boralex n’est vraiment pas un «nouvelle» pertinente digne de ce nom comme l’était aussi celui consacré à Innergex, deux petits vautours qui veulent s’arroger une partie d’Hydro-Québec. Cela s’apparente à une privatisation en douce et tranquille de notre instrument collectif. C’est en agissant de la sorte que nos gouvernements sont complices de l’accroissement des inégalités de richesse et de l’affaiblissement de l’égalité des chances. Des multimillionnaires crées sur notre bras, que nous laissons agir à leur guise car nous sommes endoctrinés par notre propres médias privés supposément libres, ce qui est évidemment faux.

 Énergir, là d’où vient l’actuelle présidente d’Hydro-Québec

Vous le savez, Sophie Brochu, la «dynamique» nouvelle présidente d’Hydro-Québec provient de l’importateur de gaz naturel (bien souvent provenant de l’Alberta et issu de la fracturation) Énergir, anciennement connue sous le nom de Gaz Métropolitain. Mais comme l’ex-Gaz Métropolitain veut lui aussi profiter du klondike et avoir sa part du gâteau des généreux et juteux contrats d’Hydro-Québec, alors l’ancienne compagnie s’est diversifiée dans des domaines où elle ne court aucun risque. Dans un article du Devoir du 8 juillet 2021, il est dit ceci : «Énergir est une entreprise énergétique diversifiée dont la moitié des actifs sont aujourd’hui liés à la production et la distribution d’électricité et d’énergie renouvelables et aux services énergétiques». Gaz Métro a pu se «diversifier» dans l’éolien et autres choses du genre mais pas Hydro-Québec qui avait pourtant l’expertise dans la production d’électricité sous toutes ses formes. Mais comme le chantait George Brassens : «les copains d’abord».

 Énergir, une autre ex-société d’État

Comme la nouvelle patronne d’Hydro-Québec est Sophie Brochu, qui provient d’Énergir, a-t-on le droit de supposer que cela peut aider Énergir à se faire entendre correctement par les dirigeants d’Hydro-Québec? Dire qu’Énergir était auparavant détenue par Hydro-Québec. Mais hélas, pour des motifs très et uniquement idéologiques, nos élus ont forcé Hydro-Québec à s’en départir : «Robert Tessier, président de Gaz Métropolitain. Ça ne nuira pas (et ça va aider les amis) qu’Hydro-Québec vende son bloc de contrôle dans Gaz Métro» (Les Affaires, 23 août 2003). Évidemment que le gouvernement du Québec a obtempéré au lucide conseil du carriériste Robert Tessier. En Saskatchewan, les deux entreprises productrices et distributrices d’électricité et de gaz naturel sont détenues par le gouvernement de cette province canadienne : «SaskPower (électricité) et SakEnergy (gaz naturel) ont connu une solide année financière» (Radio-Canada, 7 juillet 2021).

Une autre niaiserie du JDM pour vous faire rire

Le 30 juillet 2021, sous la plume du journaliste «émérite» Francis Halin, le JDM a publié ce long article d’intérêt international et je dirais même universel : «La PDG (Sophie Brochu) d’Hydro-Québec aura sa tesla. Sophie Brochu fera une croix sur l’essence». Une vraie nouvelle pertinente émanant du journaliste Francis Halin et non d’un communiqué de presse émis par Hydro-Québec. La farce médiatique se poursuit…

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