Occident : nous vivons sous la dictature des transnationales et des riches

https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2021-05-23/raviver-la-democratie/qui-vote-gagne-vraiment.php

L’illusion de la démocratie occidentale

En Occident, les élus et les médias privés ne font que répondre, souvent hypocritement, à l’agenda fixé par la classe dominante. C’est l’élite qui élabore le menu politique. Arrêtez donc de vous bercer d’illusions, vous qui pensez naïvement vivre libre dans une belle démocratie du «plusssss» pays au monde, comme aimait à le répéter Jean Chrétien.

C’est vrai qu’à tous les quatre ans vous êtes appelés à voter pour quelques partis qui, à part de légères retouches, se ressemblent tous. Comme au Québec, depuis plus de soixante ans, PQ, PLQ, CAQ et Union nationale ont alterné au pouvoir et ont fait à peu près la même chose avec comme thème principal toujours moins d’État et plus de privé mais financé par l’État. Ce faisant, ils ont affaibli le rôle du gouvernement d’intervenir et de légiférer, ont donné toujours plus de pouvoir aux seigneurs féodaux et ont placé nos gouvernements plus vulnérables aux pressions du privé. Idem au fédéral avec l’alternance parti libéral et parti conservateur. Tant aux États-Unis, vous voyez au fil des ans une grosse différence entre les démocrates et les républicains qui sont tous les deux financés à coups de milliards de dollars par les oligarques? Démocratie mon œil, quand pour vous lancer en politique, ça vous prend des milliards de dollars en financement et que tous les médias importants appartiennent à des milliardaires et sont financés par l’État et le privé par le biais de la publicité. Soyez sérieux, libéraux et conservateurs; péquistes, caquistes et libéraux et démocrates, républicains, ça fait pas mal parti unique. Qu’en pensez-vous?

Le privé corrompt et est fort présent au parlement

Et le gros privé qui fait élire plusieurs de ses candidats «vedettes» issus du milieu des grosses affaires; qui embauche des milliers de lobbyistes afin de «sensibiliser» les élus à ses demandes; qui détient les médias et qui s’achète des articles et des reportages dans ceux qu’il ne détient pas; qui embauche, après leur carrière politique, de nombreux politiciens à titre de lobbyistes et de cadres très bien rémunérés; qui baigne allègrement dans la corruption; qui s’adonne continuellement à l’évasion fiscale avec la complicité des politiciens même s’il engrange des milliards en profits; qui fixe les prix grâce à la concentration excessive comme c’est le cas dans les secteurs de l’essence, des médicaments, de l’internet, des frais et taux d’intérêt bancaires, de l’alimentation au détail, etc.

Qu’avez-vous de plus en termes de liberté que le Chinois ou le Cubain?

Soyez sérieux et dites-moi où et dans quoi le citoyen ordinaire du Canada et des États-Unis jouit de plus de véritable liberté et de plus de démocratie comparé au citoyen chinois, russe et cubain? Certains innocents vont me répondre qu’ils peuvent participer à des lignes ouvertes et chialer sur les réseaux sociaux pendant qu’ils ont moins de services publics gratuits aux niveaux de l’éducation, de la santé, des garderies, etc. Ces services publics représentent les vraies mesures d’une réelle liberté et d’une juste égalité des chances. Vous «bénéficiez» de moins de services publics qu’en Chine, qu’en Russie et qu’à Cuba. J’oubliais que les gigantesques inégalités économiques sont le signe d’une véritable démocratie dans laquelle la richesse collective est accaparée par une infime minorité. L’Inde, la Colombie, le Sri Lanka, le Honduras sont supposément des démocraties, comme Haïti d’ailleurs, mais où la richesse est concentrée dans les mains de quelques pachas et d’élus parachutés et où la majorité de la population ne complète même pas leur primaire ou ne va carrément jamais à l’école, «jouit» d’un piètre système de santé public (mais d’un bon système privé) et quant aux garderies publiques, oubliez ça, il ne faut même pas y penser, de même que les pensions gouvernementales de vieillesse.  

Oh, surprise, les organismes internationaux et la population pensent comme moi

Vous pouvez bien me taxer de communiste, mais la mainmise des riches et des multinationales sur les gouvernements et les médias fait que prétendre que l’on vit en démocratie et que l’on est libre est eu leurre, un mythe et un mensonge. Ah oui, vous pensez qu’en Russie, en Chine et à Cuba les gens n’ont aucunement leur mot à dire à différentes instances et niveaux comme aux conseils d’arrondissements, municipaux, scolaires et de santé? Contrairement à ici, ce sont des gens du monde ordinaire qui siègent à des conseils et comités et pas des personnes importantes nommées par leurs amis au gouvernement. Une autre chose que j’allais oublier, soit la nomination des juges qui est faite par le gouvernement en place. Après, vous viendrez me parler sans rire du principe de l’État de droit indépendant et séparé des représentants du gouvernement et des riches.

FMI, ONU, OCDE, Banque mondiale et cie

Allons-y avec ceux qui disent la même chose que moi. Commençons, si vous le voulez bien, par le Fonds monétaire international qui a dit récemment ceci : «Le FMI met en garde contre la domination des grandes entreprises et de la concentration des pouvoirs» (Le Devoir, 17 mars 2021). C’est déjà fait avec les GAFAM et les banques.

Imaginez, même en 2002, il y a donc de ça vingt ans, l’ONU disait également la même chose : «L’influence de la grande entreprise : une menace contre la démocratie» (Le Devoir, 25 juillet 2002). Au premier paragraphe de cet article était écrit ceci : «Selon un rapport des Nations unies, l’influence qu’exercent les grandes entreprises sur les médias et les partis politiques constitue une menace pour la démocratie. Et le Canada ne fait pas exception, disent les observateurs». En 2011, l’ex-directeur général du FMI, le français Dominique Strauss-Kahn, avait renchéri en affirmant : «La crise financière mondiale de 2007 plaide pour plus d’État et moins de libéralisme» (La Presse, 5 avril 2011). Malheureusement, depuis 2011, le rouleau compresseur tyrannique du gros privé a continué à tout écraser sur son passage et il y a eu, au contraire, plus de libéralisme économique par le biais de plusieurs nouveaux traités de libre-échange; plus de privatisations, même au niveau des services publics comme en santé, garderies et éducation; plus de regroupements de géants corporatifs; plus d’élus provenant du privé et plus de lobbyistes; plus de paradis fiscaux et plus de priorité accordée à la croissance économique à tout crin au détriment de la protection de l’environnement et de la juste répartition de la richesse.

Pierre Paradis et les interdits

Même l’ancien ministre libéral Pierre Paradis a eu l’honnêteté de le dire en 2015 : «Les géants de pesticides sont plus puissants que l’État, dit Pierre Paradis». Et qu’en est-il du pouvoir des GAFAM, des banques, des pétrolières, des pharmaceutiques, des firmes d’Internet, etc.? Juste pour tester le niveau réel de démocratie et de liberté dans lequel vous êtes supposé vivre, suggérez, juste comme ça, de renationaliser Air Canada, le CN, Pétro-Canada, Télésat, Téléglobe, Canadair, la santé et l’éducation, etc. Est-ce que vos élus et vos médias vont vous accorder autant de tribunes qu’à ceux qui ont prêché jadis la privatisation de ces biens et instruments collectifs?

Non, nos médias de propagande continuent de faire beaucoup de place et de donner beaucoup de pouvoir à ceux qui continuent à réclamer la privatisation des Postes, de Via Rail, d’Hydro-Québec, de la SAQ et même de la Caisse de dépôt. Pour certains retardés, les médias en Russie et en Chine sont synonymes de «propagande» mais jamais les nôtres qui font toujours dans l’objectivité.

Et qu’en pense la population ordinaire?

Oui, la classe dominante mène, impose ses diktats et trace les voies à suivre de la société de demain. Philippe Couillard «l’érudit» l’a dit en 2013 : «Non, la majorité n’a pas toujours raison. Le courage politique consiste à affirmer et à maintenir des positions différentes (comme pour les mesures d’austérité) si elles s’appuient sur des principes profonds» (La Presse, 12 janvier 2013). Les principes profonds de Couillard et de Charest, faites-moi rire. En fait, la corruption relève pour eux de leurs principes profonds.

En 2006, selon un sondage international : «La démocratie en crise. Seulement 3 personnes sur 10 croient que leur pays est gouverné selon la volonté de la population» (Le Devoir, 26 mars 2006). Puis en 2008 : «Sondage réalisé dans plusieurs pays. Les grandes entreprises (et ça c’est avant l’arrivée des GAFAM) ont trop de pouvoir» (La Presse, 3 janvier 2008). Et probablement que corruption rime avec démocratie occidentale puisque : «Les Canadiens pensent que le gouvernement est corrompu» et aussi «Une majorité de Québécois juge (avec raison) que le gouvernement Couillard est corrompu» (La Presse, 6 décembre 2006 et 12 novembre 2016). Et ma perle démocratique pour terminer en beauté : «Pour progresser au pays. Il faut travailler fort et être corrompu» (Le Journal de Montréal, 15 juin 2010). Si seulement j’avais su…   

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