Le CN et les colonisés canadiens et québécois

Le bien public CN privatisé et cédé à des étrangers

C’est en 1995 que le gouvernement fédéral a privatisé sans aucun débat public et sans aucune étude sérieuse la société à propriété collective du Canadien National pour des grenailles, soit 2 milliards de dollars. Sur les 2 milliards$ encaissés, 77 millions$ ont été versés aux banques et aux courtiers en valeurs mobilières pour agir comme preneurs fermes de l’émission d’actions dont la demande excédait le nombre d’actions offert, soit 76 millions. Un beau cadeau de 77 millions$ offert gratos aux banques et aux courtiers, sur le bras de la collectivité, pour une opération sans aucun risque. Mes amis, lors de ce délestage à gogo de cet instrument collectif, il y a aussi les avocats, les comptables et les firmes de relations publiques qui ont également perçus des millions de dollars. Vous comprenez maintenant pourquoi partout dans le monde les banques, les bureaux d’avocats et de comptables sont toujours friands de privatisations et de PPP? C’est effrayant d’avoir aussi privatisé dans les années 90’s des fleurons publics comme Air Canada, Pétro-Canada, Canadair, Téléglobe, Télésat, Les Arsenaux canadiens, etc. Quand l’idéologie capitaliste prime sur le bien commun…

Plus arriérés que nous, Québécois et Canadiens, tu meurs!

Afin de faciliter notre dépossession collective, non seulement le gouvernement d’Ottawa a cédé le CN pour des pinottes, mais imaginez il a fait ceci : «Vente du CN : Ottawa ouvre la voie aux étrangers en ne limitant pas le nombre d’actions acquis par des intérêts étrangers» (La Presse, 5 mai 1995). Fantastique! Ça fait qu’en 1996, un an après sa privatisation : «Près de 70% des actions du Canadien National se retrouvent en mains américaines» (Les Affaires, 20 avril 1996). Dans d’autres pays, cela aurait provoqué un soulèvement massif de la population, mais pas ici au Québec et au Canada. Et comme le Canadien National est dorénavant détenu majoritairement par des investisseurs américains, de plus en plus de dirigeants ont été transférés aux USA et l’assemblée annuelle des actionnaires a lieu tous les deux ans dans ce pays depuis longtemps : «L’assemblée du CN aux États-Unis (Memphis, Tennessee)» (Le Journal de Montréal, 13 janvier 2006). Au minimum, le gouvernement canadien aurait dû faire comme dans d’autres pays et conserver en actions une minorité de blocage et d’intervention ou une action dite «golden share» qui, sans intervenir dans les activités quotidiennes, aurait permis à l’État d’avoir le dernier mot sur les décisions stratégiques qui affectent l’ensemble de la population comme les mises à pied, l’utilisation des rails pour le transport de passagers, les dessertes en région, les fusions, etc.

Le Canadien National n’a de Canadien que le nom, comme d’ailleurs le Canadien Pacifique

Même si le Canadien National est contrôlé par des Américains, pour minimiser le niveau du contrôle étranger massif de notre économie, les gouvernements et les organismes de recherche du patronat continuent de considérer cette entreprise comme étant «canadian». Afin d’enfoncer encore plus notre aliénation économique, et comme l’entreprise est détenue par des étrangers, il est alors normal que les patrons aient, en 2003, fait disparaître le mot «canadien» dans la raison sociale. Dorénavant, la compagnie s’appellera CN et non Canadien National comme il en a été de même pour le Canadien Pacifique, connu maintenant sous le nom de CP : «Collenette mis hors de lui par le CN. La compagnie de chemin de fer veut bannir le mot «Canadien»» (La Presse, 20 septembre 2003). Le ministre fédéral des Transports s’était alors exclamé, afin d’épater la galerie : «Le CN est de moins en moins canadien. Il est dirigé pour les Américains et n’aiment pas avoir avec eux des Canadiens». Ce que c’est hypocrite, ils n’avaient qu’à pas privatiser ce joyau public ou à tout le moins établir un pourcentage de contrôle maximal détenu par des étrangers. Ces élus qui jouent au gros ne se rendent pas compte de leur comportement absolument ridicule. Dire que la population aliénée observe béatement et innocemment cette dépossession tranquille qui nous appauvrit. Dorénavant, tant au CN qu’au CP, l’argent sort régulièrement par centaines de millions de dollars chaque année du pays. Cela constitue une dette permanente pire que la dette publique du pays. Le patronat et ses économistes universitaires de service font tout un plat de la dette publique des gouvernements afin de suggérer de couper, tarifier et privatiser nos services publics et ils applaudissent le contrôle étranger de notre économie qui constitue une dette collective permanente car l’argent sort du pays par le biais des dividendes versés et des rachats d’actions. Ce qui est arrivé avec le CN aurait produit les mêmes résultats si on avait écouté ces fumistes et privatisé Hydro-Québec. Comme le CN, Hydro-Québec privatisé serait aujourd’hui détenu massivement par des étrangers et ne voudrait plus desservir les régions avec un prix uniforme partout au Québec à moins que l’État le subventionne grassement. C’est ce qui est arrivé avec Air Canada, une autre ex-société d’État qui refuse d’aller dans les coins «reculés» à moins que… Est-ce que Hydro-Québec aurait subventionné les serres, les alumineries, les centres de données, etc.?

Bill Gates de Microsoft, principal actionnaire du CN

L’Américain Bill Gates de Microsoft est le principal actionnaire du Canadien National, oh, pardon, du CN, avec environ 13% des actions en circulation qu’il détient : «Bill Gates hausse sa mise dans le CN» (Le Journal de Montréal, 17 août 2019). Tout simplement merveilleux. Et comme le pont de Québec tombe en ruine malgré sa grande valeur historique et sa beauté, il faudrait le repeinturer de façon urgente : «559M$ pour repeinturer le pont de Québec» (Le Journal de Montréal, 13 mars 2019). Puisque le CN ne veut pas payer et veut refiler la facture aux contribuables, les dirigeants de la compagnie envoient paître les gouvernements fédéral et provincial et signe éclatant de notre petitesse : «Pont de Québec : les maires (de Québec et de Lévis) interpellent Bill Gates» (Le Devoir, 14 novembre 2014). Ce qu’on est misérable d’implorer ainsi un étranger à intervenir dans une activité du CN et le supplier de daigner faire pression sur les dirigeants. Eh, oh, le Canadien National était il y a pas longtemps un bien collectif détenu par les Canadiens. On en est rendu à se mettre à genoux, population et élus, devant un gros actionnaire américain afin qu’il puisse donner son autorisation à repeinturer le pont de Québec qui appartient au CN mais qui devrait être de propriété publique.

Le CN ne va pas en région : ce n’est pas payant

Du temps que le Canadien National et Air Canada nous appartenaient, ces deux entreprises allaient en régions à des prix abordables, même déficitaires, qu’elles finançaient grâce aux routes en milieux urbains très rentables. Vous connaissez l’adage : «privatiser les profits, socialiser les coûts». Il s’applique très bien au CN et à Air Canada qui ne veulent plus aller en région à moins d’être généreusement subventionnées par des fonds publics.

Et comme ces élus vendus ont inclus dans la privatisation pathétique du CN toutes les voies ferrées, ça fait que le transport de marchandises prime en tout temps sur le transport de passagers de Via Rail qui doit utiliser les rails du CN : «L’accès aux voies ferrées sème encore la discorde» (Les Affaires, 27 janvier 2001). Admettez qu’on fait vraiment dur.

Encore plus d’humiliation

Récemment, les dirigeants et propriétaires d’un fonds spéculatif de Grande-Bretagne, TCI Fund Management, qui est le deuxième actionnaire en importance avec 5,2% des actions du CN, ont décidé comme ça qu’il était temps de changer les administrateurs et les dirigeants de la compagnie par des étrangers plus compétents : «TCI Fund Management de Grande-Bretagne veut élire de nouveaux administrateurs au CN et virer le PDG» (Radio-Canada, 7 septembre 2021). J’ai vraiment honte. Comme dans le bon vieux temps, les Anglais mènent et nous disent quoi faire pour leur propre mieux-être et nous on en redemande.

Interdit de parler français

Une dernière drôle avant de vous quitter : «Le CN souhaite baliser le droit de travailler en français» (Le Devoir, 9 juin 2021). Et pourquoi une autre dernière comique? Pour avoir déversé 30 000 litres d’huile à l’Isle-Verte, le gouvernement caquiste «écolo» impose une amende de 4 200$ au CN (Le Journal de Montréal, 28 janvier 2021).

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