L’apothéose de la démocratie et de la liberté : les paradis fiscaux

https://www.lareleve.qc.ca/2021/02/19/motion-du-bloc-pour-mettre-fin-aux-paradis-fiscaux-pour-les-grandes-entreprises/

La rapace, la corruption et les pays démocratiques libres

Je le répète encore une fois : l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux c’est, dans les vrais faits, tout ce qui a de criminel. Les affairistes et les journalistes vont toujours répéter en chœur que c’est légal, mais peut-être un peu immoral. Allô État de droit tronqué. Complètement débile que l’on dise que c’est légal lorsqu’on sait que lesdits paradis fiscaux ont été légalisés par des politiciens inféodés aux puissants et corrompus par leurs maîtres économiques. Eh, oh, la majorité des paradis fiscaux comptent moins de 100 000 habitants; sont sous la tutelle ou sont des colonies de pays occidentaux; utilisent les monnaies occidentales comme le dollar américain et pullulent d’experts en fraude fiscale comme des banques occidentales qui y sont très présentes, des cabinets de comptables et d’avocats d’envergure internationale. Considérer ces refuges d’évitement fiscal comme des États souverains relève de l’hypocrisie, de la duplicité et du mépris. Ah oui, en passant, comme c’était le long congé de l’Action de grâce, et comme nous vivons dans un pays libre et démocratique, les pétrolières ont toutes en chœur et au même moment décréter une énième hausse de l’essence. Les gouvernements dits souverains n’y peuvent rien, même si nous sommes le 4e producteur de la planète.

Respect de la liberté individuelle

Je suppose que les paradis fiscaux, tributaires des pays occidentaux, sont démocratiques car ils respectent religieusement la liberté individuelle de certains de brasser des affaires fiscales qui maximisent leur bien-être, n’importe où et n’importe quand, sans irritants législatifs qui viendraient les brimer dans leur suprême liberté qui est nécessaire à la création de la richesse. Oui, il faut se battre pour le respect de la liberté individuelle de la haute société d’échapper à l’impôt grâce à des lois promulguées par des pantins. En fait, les paradis fiscaux sont des créatures des pays occidentaux.

Trudeau et les Paradise Papers

Au début du mois d’octobre 2021, Justin Trudeau et son adorable petite famille ont été cordialement reçus en vacances par un affairiste qui a une baraque, genre chaumière, en Colombie-Britannique sur le bord du Pacifique et évaluée à seulement 19 millions de dollars. Monsieur James McRoberts est un abonné des paradis fiscaux et doit une partie de sa richesse à la vente de cannabis que l’État, au lieu de nationaliser la production et la vente, a laissé ladite production à des vautours provenant du milieu politique et à leurs amis afin de les enrichir instantanément et facilement au lieu d’enrichir l’ensemble de la population. Naturellement, ces arrivistes ont utilisé à fond de train les oasis fiscaux afin d’éviter l’impôt et ainsi laisser aimablement le soin de la charge fiscale à d’autres qui sont moins mobiles et qui ne peuvent pas se payer les services «professionnels» de prestigieux bureaux de comptables, d’avocats et de grosses banques occidentales humanitaires. Mes amis, lisez ce très bon article rédigé par Jean-François Cloutier et Julien Richer du Journal de Montréal et publié le 7 octobre 2021 : «Séjour controversé (on appelle ça de la corruption institutionnalisée) : Trudeau en vacances chez un homme lié aux Paradise Papers (et au cannabis privatisé)». Comme le dit si bien le poète : «qui s’assemble se ressemble». Et dire que Justin essaie toujours de se donner l’image d’une personne intègre et ordinaire. Un gars du peuple, quoi! La production du cannabis cédé au privé, comme aussi l’éolien, le système de santé, les écoles, les garderies, l’internet, les satellites, les chemins de fer, les aéroports et transporteurs aériens, le système bancaire, les réseaux sociaux fait partie intégrante de notre drôle de système démocratique qui profite surtout aux privilégiés. Ben oui, Facebook, Google et cie ne mènent rien. Je suppose que vous pensez que c’est le gouvernement qui représente l’autorité suprême aussi auprès des pharmaceutiques, des banques, des minières, etc., même si ce gros privé embauche plusieurs ex-élus, des milliers de lobbyistes, détient la majorité des médias d’information, finance, même de façon occulte, les politiciens, etc.? Aux États-Unis, ça fait cent fois que les dirigeants de Google, Facebook, Amazon et Apple sont convoqués au Congrès et qu’ils répètent toujours la même rengaine sans que rien ne change et que leur pouvoir et leur richesse s’agrandissent tout le temps. Nous vivons sous la dictature des transnationales et des plutocrates.

Des banquiers aux gouvernements et dans nos instruments collectifs

Mes amis, comment voulez-vous mettre fin aux criminels paradis fiscaux si vous élisez plusieurs ministres qui proviennent du secteur bancaire, qui lui est partie intégrante à l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux, comme les Carlos Leitao, Éric Girard, Clément Gignac, Martin Coiteux et plusieurs autres? Et comment pensez-vous pouvoir éliminer cette fraude fiscale émanant des paradis fiscaux si d’ex-élus sont nommés administrateurs dans des banques canadiennes, comme Raymond Bachand, devenu aussi un gros lobbyiste comme Lucien Bouchard, Jean Charest, Philippe Couillard, etc.? Je suppose que ce sont ces petits politiciens qui vont militer pour la fin des paradis fiscaux, mettre à leur place les banques et les gros bureaux d’avocats, règlementer les GAFAM, limiter la production des pétrolières, etc., alors qu’ils en sont les lobbyistes actuels ou en devenir?

Parler et ne rien faire

Quelle farce honteuse lorsqu’on entend, autant les conservateurs que les libéraux à Ottawa, claironner qu’ils luttent avec acharnement contre l’évitement et l’évasion fiscale alors qu’ils ont refusé de reconnaître la Barbade comme un paradis fiscal, ce qu’il est de fait. Alors les entreprises canadiennes créent de nombreuses coquilles légales vides dans ce havre fiscal sans y avoir aucune activité économique réelle et ainsi rapatrier au pays leurs profits sans payer aucun impôt au Canada même s’ils en ont payé aucun à la Barbade. Merveilleuse équité fiscale. Et les experts autoproclamés qui vont venir vous dire que notre système fiscal est «progressiste» en vous déballant toutes sortes de données tronquées.

Des exemples probants de la complicité des élus

Tenez, deux autres pour vous prouver que les élus se moquent généreusement de vous. Alors que plusieurs pays agissent, voilà que la ministre libérale du Revenu, Diane Lebouthillier, qui ne connaît rien à la fiscalité et encore moins aux paradis fiscaux, vient nous dire sans rire que : «Ottawa admet son impuissance à saisir de l’argent caché (ou détourné) à l’étranger» (Le Journal de Montréal, 22 janvier 2019). Décodé, ça signifie que les bandits à cravate qui utilisent les paradis fiscaux peuvent dormir la tête tranquille. C’est la même ministre insignifiante qui a largué, en 2016, cette autre perle : «Ottawa entend attraper les évadés fiscaux, paradis par paradis» (Le Devoir, 12 avril 2016). Comme petit train va loin, Ottawa en a attrapé à ce jour aucun, même si Justin Trudeau et sa mignonne famille ont logé récemment chez l’un deux à Tofino, sur l’Île de Vancouver.

Mieux vaut taxer d’autres que de «surtaxer» les gens importants

Moi, les journalistes me font bien rire lorsque chaque fois qu’il est question de regarder fiscalement du côté des riches et des entreprises, nos vaillants reporters pleurent et parlent alors de «surtaxer» les riches et de chasse systématique aux riches. Et quand ils parlent, comme le patronat, de mettre fin à l’immobilisme, c’est toujours dans le sens de couper dans les programmes sociaux, de privatiser nos services publics et nos instruments collectifs, de détaxer les gras durs, etc. Pour ces commis voyageurs, mettre fin à l’immobilisme n’implique jamais de mettre fin aux paradis fiscaux et autres privilèges réservés aux grosses pointures.

Alors si nos élus, par principe tordu, ne veulent pas s’attaquer aux paradis fiscaux du gratin, ils sont par contre plus gaillards pour varger sur le «crottin» comme l’illustre le titre de ces articles :

  • «Coronavirus et prestation canadienne d’urgence. Ottawa se lance dans la chasse aux fraudeurs»;
  • «La cour suprême valide la chasse aux chômeurs en vacances»;
  • «Le fisc à la chasse aux sorcières parmi les mendiants»;
  • «Haro sur la traque aux fraudeurs de l’aide sociale»
  • «Une mendiante doit verser 25 000$ au gouvernement et à l’aide sociale»;
  • «Service Canada espionne. Les inspecteurs peuvent surveiller les prestataires embusqués dans leur voiture».

Belles paroles de Michel Chartrand afin de garder espoir

Quelle chance que j’ai eue d’être devenu un ami intime de Michel Chartrand, lui qui a dit ces belles paroles : «Nous sommes nés pour le bonheur, pour vivre en société et rendre service aux autres. Se connaître soi-même, c’est savoir que le bonheur vient de notre vie en société».   

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