États-Unis-Canada : maître et sujet

https://www.journaldemontreal.com/2021/11/24/droits-compensatoires-ottawa-decu-par-le-doublement-des-tarifs-sur-le-bois-doeuvre

Face aux États-Unis : les libéraux et les conservateurs sont pareils

Vraiment gênant de voir le Canada, un pays supposément souverain, d’être le valet de l’Oncle Sam sur tous les sujets politiques et économiques. On est devenu la risée pour la vaste majorité des pays à l’échelle mondiale. Tout simplement désolant. À force de se comporter comme la marionnette et le perroquet des États-Unis, on perd toute crédibilité. Après on se demande pourquoi la Norvège et l’Irlande nous a damné le pion en remportant chacune, en 2020, un siège au Conseil de sécurité à l’ONU au détriment du Canada, qui subissait une deuxième défaite en 10 ans à la même instance, lui qui avait alors aussi échoué à obtenir un siège non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU : «Le Canada perd la face à l’ONU» (Le Journal de Montréal, 18 juin 2020). On est loin des années de Pierre-Elliott Trudeau et de Jean Chrétien qui prenaient les moyens, quitte à déplaire à notre voisin, pour assurer une certaine indépendance du pays.

Le protectionniste américain et le bois d’œuvre

Dans les faits, le traité de libre-échange avec les États-Unis en est un où c’est ce dernier qui dicte et impose ses conditions. Et en cours de route, malgré la présence de ce traité de supposé libre-échange, le gouvernement américain, inféodé aux puissants regroupements d’entreprises de ce pays, ne se gêne pas d’infliger toutes sortes de tarifs douaniers aux importations canadiennes, que ce soit au niveau du bois d’œuvre, de l’aluminium, de l’acier, des produits laitiers, etc. Et entente commerciale ou pas, avec son ami du nord, il a promulgué, afin de favoriser avec raison ses entreprises et l’emploi, le «buy americana act».

Ah ben là, au mois de novembre 2021, le démocrate Joe Biden décide de doubler les tarifs douaniers sur l’importation du bois d’œuvre canadien même après avoir rencontré Justin Trudeau, et après avoir reçu, comme d’habitude, ses doléances dont ils répliquent toujours avec une fin de non-recevoir : «Droits compensatoires : Ottawa courroucé par le doublement des tarifs sur le bois d’œuvre» (Le Journal de Montréal, 24 novembre 2021). Justin est revenu bredouille des States, a miné faire la baboune et est allé se coucher dans son coin. Les États-Unis, notre maître bien plus que notre allié et ami.

Sur le plan international, dans tous les domaines, Biden et Trump c’est la même chose avec leur «America first». Trump n’avait pas de belles manières diplomatiques mais Biden, avec son air de grand humaniste, est plus hypocrite : «Biden suit les traces de Trump sur le front commercial (et dans d’autres domaines)» (Le Devoir, 19 novembre 2021). Quand vient le temps de défendre l’hégémonie américaine dans le monde, les démocrates et les républicains utilisent les mêmes gestes.

Couillard érudit peut-être, mais innocent

Philippe Couillard, notre ex-premier premier ministre libéral du Québec, a fait preuve d’une naïveté gênante en 2017 lors de la visite de Donald Trump en Israël et dans d’autres dictatures amis au Moyen-Orient. Philippe a dit que cette visite de Donald en Israël allait «créer un momentum pour le rétablissement de la paix entre Israël et la Palestine» (Le Journal de Montréal, 22 mai 2017). Comment Philippe pouvait-il parler de «rétablissement» de la paix, alors qu’elle n’a jamais existé, Israël envahissant continuellement de façon illégale la Cisjordanie et faisant régner son ordre au Golan, à la bande de Gaza et en tuant des milliers de Palestiniens sans que les pays occidentaux lèvent la moindre sanction politique et économique contre ces comportements illégaux et criminels. Ils réservent leurs sanctions pour d’autres pays récalcitrants qui ne se soumettent pas à leur impérialisme.

Puis, en 2016, Philippe en avait sorti une autre bonne qui va, je le crois, vous faire rire. Mais quel innocent! «Bois d’œuvre. Couillard lance un appel à la bonne foi des États-Unis» (Le Devoir, 15 juin 2016). Dommage Philippe : ils n’ont, hélas, pas entendu ton vibrant cri du cœur et ont doublé les tarifs douaniers en 2021. Meilleur chance la prochaine fois. En 2017, Couillard a encore récidivé dans ses chimères : «Philippe Couillard croit (après avoir lancé un langoureux appel) à un accord sur le bois d’œuvre» (Le Journal de Montréal, 29 août 2017). Et dire que c’est ça qui nous gouverne.

Bois d’œuvre : le Canada s’est toujours écrasé

Mes amis, ce n’est pas seulement au niveau du bois d’œuvre, mais bel et bien dans tous les domaines que notre «ami» et «allié» nous a toujours dicté et imposé ses conditions. Revenons en arrière, soit en 2006 : «Bois d’œuvre : c’est la loi du plus fort qui l’emporte» (Le Journal de Montréal, 29 avril 2006). Au premier paragraphe de son article, l’ex-journaliste du JDM, l’excellent Yves Chartrand, avait bien résumé la situation en écrivant ceci : «Le Canada et le Québec se retrouvent dans la peau d’un cocu content à la suite du règlement sur le bois d’œuvre. À défaut d’avoir obtenu justice…».

Pourquoi payer des millions à Pierre-Marc Johnson?

En 2006, et de nouveau en 2020, le Canada avait engagé au gros prix l’ex-premier ministre du Québec, Pierre-Marc Johnson, devenu lobbyiste à l’emploi d’un gros bureau d’avocats comme négociateur sans aucun résultat convaincant, sauf celui de revenir les mains vides, comme dans cette entente négociée en 2006 où il a dit lui-même ceci : «Une entente rabotée (sur le bois d’œuvre) vaut mieux que rien» (Les Affaires, 26 août 2006). «Vaut mieux que rien» qu’il a mentionné alors que «rien» aurait été préférable. Quelle farce grotesque que d’engager comme négociateur canadien des lobbyistes au service du patronat au lieu de plutôt retenir les services de commis d’État au service de la population tout entière qui ne sont pas redevables à certains affairistes. De toute façon, ces lobbyistes en mènent peut-être large au Canada et au Québec mais lors de négociations avec d’autres pays étrangers, ils prennent leur petit trou sans faire de bruit. Ils sont alors moins bruyants et moins fanfarons qu’ils le sont ici.

D’autres drôles qui illustrent mon point de vue

Le Canada, comme les États-Unis, sont les champions pour lever souvent des sanctions à la Russie et à la Chine, mais jamais à Israël, à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. Il ne faut pas froisser nos amis, même si ce sont loin d’être des modèles démocratiques et des exemples à citer en matière de respect des droits de la personne. Par contre, ces derniers nous achètent beaucoup d’armements. Bon, les USA boycottent les jeux olympiques 2022 de Pékin et hop, le lendemain de la prise de position ferme des States envers la Chine, le petit chien de poche suit : «Jeux olympiques de Pékin. Boycottage diplomatique canadien calqué sur les États-Unis» (Le Devoir, 9 décembre 2021). Ah qu’il est bien de marcher dans les mêmes traces de raquette des États-Unis.

Origine de la pandémie selon les Yankees

De Trump à Biden, les Américains tiennent absolument à démontrer, de n’importe quelle façon et en inventant ou en omettant des faits, que la Chine est responsable de la pandémie mondiale. Alors rien de plus normal pour Justin Trudeau et la «tough» Crystia Freeland d’endosser et de participer activement aux subjectives recherches américaines : «Origines de la COVID-19 : Trudeau soutient (avec enthousiasme) les recherches des États-Unis» (Le Journal de Montréal, 27 mai 2021). Allô recherches!

Des élections toujours frauduleuses quand…

Tout le monde sait que les États-Unis et les occidentaux sont prompts à crier à des élections frauduleuses dans plusieurs pays lorsque ce n’est pas leur «candidat» subventionné et appuyé qui l’emporte et hop, arrivent les punitions : «Élection «frauduleuse» : Washington prend une volée (une autre) de sanctions contre le Bélarus». Et qu’a fait le Canada selon vous? Oui, vous avez bien raison : «Le Canada et les États-Unis imposent de nouvelles sanctions contre le Bélarus» (Radio-Canada et JDM, 8 et 9 août 2021). Jamais d’élections frauduleuses en Arabie saoudite, au Koweit et aux Émirats arabes unis, donc jamais de sanctions. Le meilleur moyen pour ces dictatures de ne pas avoir d’élections frauduleuses est de ne pas en avoir. En Égypte, Sissi est élu avec 97% des votes et c’est parfaitement légal puisque c’est un ami.

Jamais Google, Facebook et cie ne font du piratage

Vous le savez, le piratage de serveurs, l’espionnage et l’ingérence dans des élections étrangères sont censés être le lot de la Chine et de la Russie. Jamais au grand jamais les occidentaux et leurs entreprises technologiques s’adonnent à de telles effroyables choses. Comme les USA accusent régulièrement la Chine à cet effet, que fait alors le Canada? Vous avez encore raison : «Piratage de Microsoft : le Canada accuse aussi la Chine» (Le Journal de Montréal, 19 juillet 2021).

Oh, oh, Biden et Trump ordonnent au Canada de ne pas lever des impôts ici même sur leurs géants du numérique : «Ottawa frileux à taxer les géants américains du web» (Le Journal de Montréal, 9 septembre 2019). Un bon petit toutou…

Et d’autres en vrac

  • Trump traite Haïti de pays de merde et «Pays de merde : Trudeau refuse de critiquer Trump» (Agence QMI, 12 janvier 2018);
  • «Le Canada s’abstient de réprimander les États-Unis. Les Nations unies condamnent la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël» (Le Devoir, 22 décembre 2017);
  • «Trudeau évite de commenter la suspension de la contribution américaine à l’Organisation mondiale de la santé (OMS)» (Radio-Canada, 15 avril 2020).
  • Et une drôle pour conclure : «Le Canada conseille (juste un conseil) à Israël de cesser la colonisation» (Le Journal de Montréal, 5 juillet 2021).

On fait vraiment dur.

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