Sortez la publicité envahissante des écoles

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1394969/6000-livres-industrie-miniere-agnico-eagle-ecoles

Conscientisation versus robotisation comme dans «zombie»

C’est bien beau lutter, avec raison, pour avoir des cours sur l’histoire, la philosophie, la sociologie, la morale, etc., à l’école afin de former des jeunes conscientisés quant à leur essence, la vie, leur relation avec la nature, la fraternité, les enjeux mondiaux, les autres pays dans le monde, etc. Mais pour les capitalistes, il est plus important de former un consommateur qui associe le bonheur et la raison de vivre à l’achat maladif de biens et de services, souvent inutiles. C’est pourquoi les entreprises nous inondent continuellement de publicités aliénantes afin de nous endoctriner et de nous farcir la cervelle pour que l’on devienne des robots et des zombies pour qui il n’y a point de salut sans l’avoir et le paraître. On formate l’humain comme l’on prépare un plat : on le cuisine.

Déjà qu’ils nous écœurent avec leurs pubs, fièrement annoncées par des artistes connus, à la télé, à la radio, sur les réseaux sociaux, dans la rue, sur les trottoirs, dans les revues et journaux, dans les toilettes, sur les autoroutes et immeubles, dans les airs, etc. On est envahi par cette horreur publicitaire. Impossible d’y échapper. Par exemple, des moralisateurs et des experts, eux-mêmes financés par des compagnies, viennent nous dire de consommer moins de pétrole, de plastique, de gros VUS, de pick up et de mieux manger alors que les pétrolières, les banques, les fabricants d’autos, les transnationales de la restauration rapide nous submergent partout et en tout temps de réclames publicitaires «brainwashantes». J’ai même vu à la télé des manufacturiers de gros chars nous suggérer, afin de manifester notre amour profond et sincère envers un membre de la famille, d’offrir en cadeau une belle grosse bagnole. Et à la radio et à la télé, on pousse le bouchon un peu loin en parlant de «pause» publicitaire.

Cibler les enfants pour avoir une emprise et une empreinte sur eux

Rien à l’épreuve des affairistes quand vient le temps de faire plus d’argent. C’est ça la véritable nature du capitalisme avec sa pseudo responsabilité sociale et son hypothétique code d’éthique. Alors, sentant la bonne affaire de la «modernisation» et de la «réingénierie» qui ont débouché sur le sous-financement de tous les services publics, alors que les services privés étaient subventionnés, ces bons samaritains et philanthropes en ont profité pour «investir» nos écoles publiques. Sous prétexte de les aider financièrement, ce qui devrait être le rôle premier de l’État, ils sont arrivés avec leurs gros sabots composés de publicités débiles, de leurs livres et dépliants «didactiques», de leurs propres employés et influenceurs, artistes, experts à leur emploi afin «d’éveiller» nos jeunes enfants à la vraie vie, au pragmatisme, à la consommation, au bonheur quoi! Et nos directions d’école les ont laissé faire tout en recevant l’approbation des élus. Même que nos médias ont fait de ces profiteurs et ces preachers de bas étage des mécènes et des vedettes conscientisés à l’éveil de nos rejetons. Pour le bien-être de nos enfants, il faut arrêter ça comme l’on doit leur léguer une planète vivable, des services publics de qualité et l’égalité des chances.

Prenons l’exemple du cartel bancaire

Plus hypocrites que nos institutions financières et nos banquiers, que l’on retrouve souvent en politique, tu meurs. Je suis épouvanté quand je vois cette publicité de la Banque Royale dans nos journaux et revues : «Quand on croit en nos enfants, ils peuvent s’épanouir». S’épanouir grâce à leur publicité insidieuse et à leur pratique d’avoir recours, pour eux et pour leurs gros clients, aux paradis fiscaux afin de payer moins d’impôts. À la fin de la pub enrageante de la Royal Bank, il était écrit ceci : «Aider à bâtir un avenir meilleur». Difficile de garder son calme n’est-ce pas? Et que dites-vous de ce publireportage, présenté sous forme d’article objectif et sérieux, publié dans Le Devoir du 9 avril 2021, impliquant encore la généreuse Banque Royale, et intitulé ainsi : «Le patron de la Banque Royale plaide pour un Canada plus vert et plus inclusif». Plus vert peut-être, mais cela n’a pas empêché ladite banque verte de suggérer ceci : «Le gouvernement doit soutenir le secteur de l’énergie, dit la Banque Royale (RBC)» (Le Devoir, 27 octobre 2018). Un Canada avec plus de tout, mais surtout plus d’inégalités économiques. L’inclusion a ses limites. Ah la belle publicité sociétale parue dans nos journaux : «Visa cible les écoles secondaires». Quelle bonne idée d’offrir aux jeunes étudiants une belle carte de crédit afin qu’ils consomment plus et qu’ils soient ainsi plus heureux,. Carte de crédit et cellulaire, un «must» au secondaire et un VUS au cégep, c’est ce qu’on appelle le vrai bonheur et le paradis sur terre. Quoi demander de plus, je vous le demande?

Desjardins à l’école depuis toujours

J’ai ressorti pour vous cet article paru dans La Presse du 25 janvier 2001 qui démontre que la «coopérative» Desjardins a infesté nos écoles depuis très longtemps : «Desjardins en milieu scolaire : altruisme ou racolage?». Puis, afin de financer nos écoles : «Desjardins a fait de la pub dans les écoles» (La Presse, 3 février 2012). Desjardins, aussi pire que les cinq autres banques canadiennes mais en plus hypocrite. Pendant que la «coop» faisait de la publicité «sociale» dans les écoles et fournissait du matériel «pédagogique» aux professeurs et aux étudiants afin de semer la graine de futurs clients, Desjardins ne se gênait de faire de la publicité dans nos médias écrits afin que leurs bons clients échappent à «l’irritant» fiscal : «Desjardins. Avez-vous un plan pour réduire vos impôts?». Et la vedette radiophonique Pierre-Yves McSween, dont la chronique est financée par Desjardins est venu dire, dans son texte paru dans La Presse du 15 mai 2013, ceci : «La finance avant l’histoire». Merveilleux pour l’avenir de nos marmots : de la pub dans les écoles et des cours de finance au primaire en utilisant le matériel scolaire des banques. C’est ça être de son temps et moderne.

Le rôle éducatif et social des banques

Mes amis, je vous donne l’exemple «sacrant» de la présence des banques dans nos écoles au vu et au su des gouvernements. Mais, hélas, il y a plusieurs autres types d’entreprises qui viennent contaminer nos jeunes dans nos propres écoles publiques, et ça fait longtemps que ça dure. Je vous le dis, il faut interdire cet endoctrinement forcé au nom du développement et du devenir de nos enfants. Dans le système capitaliste, malheureusement, le gros privé est partout : il finance et corrompt les politiciens, il est propriétaire des médias et il est omniprésent dans nos écoles, comme le démontre le titre de ces quatre autres articles :

  • «Le séminaire des banques fait son entrée à l’école. Des documents distribués par l’Association des banquiers aux élèves font notamment la promotion (sic) du crédit» (Les Affaires, 30 juin 2001). On n’a plus les séminaires qu’on avait!
  • «Sollicité par une banque. Une carte de crédit à 7 ans (ce qui est légal)» (Le Journal de Montréal, 1er septembre 2011). Plus une agression qu’une sollicitation;
  • «Petite leçon de crédit… dès l’âge de 8 ans» (La Presse, 3 septembre 2011). Il n’y a pas d’âge pour farcir la cervelle des jeunes;
  • «Financement de la Journée Parlons argent avec nos enfants» (Le Devoir, 31 janvier 2013). Une autre belle initiative de la Banque de Montréal et de son ex-président feu Jacques Ménard, qui nous donnait souvent des conseils sur comment «réussir».

D’autres conneries à l’école : fini les foleries

Trop, c’est trop. Les gros agents économiques dirigent et contrôlent tout à partir de votre naissance, en plus de dicter l’agenda des gouvernements, comprenant les politiques sociales, économiques et fiscales à appliquer. On vit dans une dictature capitaliste.

Comme autres exemples, comment peut-être légitimement et moralement accepter ces choses-là qui se passent dans nos propres pays dits démocratiques et libres?

  • «6000 livres de l’Association minière distribués dans les écoles primaires» (Radio-Canada, 18 novembre 2019);
  • «Les OGM vantés à l’école. Des manuels scolaires font l’éloge des aliments génétiquement modifiés» (La Presse, 25 avril 2012);
  • «Cahier à colorier distribué aux enfants à l’école par la pétrolière Talisman Energy d’Alberta : Dessine moi un (beau) puits de gaz de schiste» (Le Devoir, 22 juin 2011);
  • «Ricardo jusque dans les cafétérias d’école» (Le Devoir, 11 juin 2018);
  • «Populaires, les cours d’école commanditées» et «Des cours d’école payées par le privé» (Le Journal de Montréal, 13 avril 2005 et La Presse, 17 septembre 2008). Bon, j’arrête car je n’en peux pu!

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