Ukraine : La couverture pathétique du Devoir

https://www.ledevoir.com/conflit-ukraine

Les bons et les méchants

Oui, l’invasion de l’Ukraine par la Russie est déplorable, tout comme l’invasion du Yémen et du Bahrein par l’Arabie saoudite et ses amis des Émirats arabes unis appuyés par les États-Unis qui ont fait à ce jour beaucoup plus de morts et d’affamés qu’en Ukraine. Hélas, nos médias en parlent moins. Malheureusement, je crois que la population ukrainienne a été la victime des jeux de pouvoir des États-Unis et des autres pays occidentaux, qui, sentant leur hégémonie sur la planète s’effriter de plus en plus, ont pris les moyens pour provoquer la Russie, comme ils le font aussi contre la Chine. L’Ukraine a été et est instrumentalisée par l’Occident.

On s’attendrait à une couverture équilibrée de nos médias occidentaux privés détenus par des milliardaires et des transnationales, tout en étant très subventionnés par l’État, eux qui se prennent toujours comme étalon-mesure en termes d’objectivité, de neutralité, d’indépendance, de liberté, d’impartialité, de sens critique et j’en passe. Malheureusement, ils ne sont pas mieux, à cet effet, que les organes de presse russes et chinois contrôlés par le gouvernement. C’est une évidence que nos médias sont des instruments de propagande qui prêchent tout le temps pour les valeurs et les vertus de l’Occident fondées sur le capitalisme et le néolibéralisme qu’ils associent pompeusement à leur démocratie feutrée et au mythe du respect des libertés individuelles.

Le traitement médiatique de l’Ukraine : prenons l’exemple du Devoir

Ça en est devenu risible et je me sens insulté par la couverture du conflit en Ukraine faite par Le Devoir. Leurs journalistes, chroniqueurs, collaborateurs et éditorialistes prennent leurs lecteurs pour des imbéciles que l’on peut remplir comme des valises. À tous les jours, il y a toujours environ 3 pages, et souvent plus, sur une quinzaine de pages, consacrées à l’Ukraine, qui font constamment la une en page couverture. Toujours des titres larmoyants, accompagnés de photos touchantes et de victimes et d’experts interviewés sélectionnés avec soin. La dernier dossier en ligne, qui faisait deux grosses pages, avec des photos très tristes, s’intitulait : «La résistance des grand-mères de la région de Kiev». Elle est où la photo des grand-mères des Ukrainiens d’origine russe de la région du Donbass qui se tapent depuis plus de 10 ans des bombardements réguliers de l’armée ukrainienne pro-occidentale et qui ont tué des milliers de leurs enfants et petits-enfants seulement parce ces quatre millions ukrainiens pro-russes veulent leur autonomie et préserver leur culture russe. Où est le mal dans cela?

L’Occident ne veut pas l’indépendance du Donbass. Pourquoi?

Les États-Unis, les pays européens, le Canada et l’Australie ne veulent pas car ces «communistes» se rapprocheraient de la Russie, eux qui veulent par tous les moyens affaiblir ce pays. Aie, depuis que je suis tout jeune, nos médias, sous tutelle, me martèlent que les Russes sont des gros méchants, tout comme ils me répétaient que les Iroquois, les Apaches, les Sioux et d’autres étaient aussi des mécréants, simplement parce qu’ils s’opposaient à leur assimilation et au vol de leurs territoires par les tellement bons envahisseurs occidentaux qui tenaient à les moderniser et à les évangéliser. Aie,, ça va faire de me faire prendre pour un cabochon.

Le Devoir en Ukraine et en Pologne mais pas au Yémen et au Bahreïn : comment ça?

Le Devoir a envoyé des journalistes et a embauché de fidèles collaborateurs en Ukraine, en Pologne, en Moldavie, etc. afin de nous farcir la cervelle. Et combien en ont-ils envoyé au Yémen, en Irak, au Myanmar, en Lybie, au Sri-Lanka, au Bahreïn et ailleurs? Bravo, zéro est la bonne réponse. Tout de même curieux. Et les bons polonais qu’ils nous serinent qui accueillent quotidiennement des milliers d’Ukrainiens. Du vrai bon monde mais qui, toutefois, refusent d’accepter chez eux des réfugiés venant d’Afrique et d’Asie : «Plus de 1 million de réfugiés ukrainiens sont arrivés en Pologne. La population polonaise se mobilise pour leur offre solidarité et soutien» (Le Devoir, 7 mars 2022). La bonne population polonaise agit différemment avec les migrants qui arrivent d’Afrique et d’Asie qu’elle refoule. Dehors les chiens pas de médaille. Le Canada est aussi hypocrite et fait de même. On accueille généreusement les Ukrainiens comme on l’a fait pour les Afghans qui ont travaillé pour les envahisseurs américains et canadiens mais on refuse de recevoir quelques-uns des 900 000 rohingyas musulmans qui ont été chassés de leur pays qu’est la Birmanie (Myanmar) et qui sont parqués depuis cinq ans comme du bétail dans des camps de concentration au Sri Lanka : «Le retour impossible des Rohingyas au Myanmar» (Le Devoir, 17 septembre 2019). Et que font les pays occidentaux pour aider ces pauvres gens de même que nos médias? Rien, nada et niet. De même que les States et le Canada ne veulent rien savoir des milliers de vrais réfugiés venant du Honduras, du Salvador et du Guatemala, pourtant des pays capitalistes où la richesse est concentrée dans les poches de quelques-uns.

Un cahier spécial sur les pompiers ukrainiens

Et que dire de cet éclairant reportage de cinq pleines pages, avec belles grosses photos à l’appui, paru le 7 avril 2022 dans Le Devoir et consacré cette fois aux pompiers ukrainiens : «Avec les pompiers de Mykolaïv». Et comme on l’avait fait au Koweit en 1990 où supposément les soldats irakiens avaient volé des bébés dans la pouponnière d’un hôpital, ce qui s’est avéré totalement faux mais que nos médias avaient quand même répété «l’horreur» mille fois, et bien cette fois Le Devoir a publié le 16 avril 2022 un dossier «d’enquête» de deux grosses pages entières avec des photos très tristes intitulé : «Confidences des blessés d’un hôpital de Kharkiv». Je vous l’ai dit, des articles portant sur des enlèvements de bébés, sur des blessés à l’hôpital, sur des grands-mères (les grands-mères ça fait plus attendrissant qu’un texte sur les grands-pères), sur des réfugiés ukrainiens accueillis au Canada, ça pogne, alors pourquoi s’en priver?

Les milices Azov et Honor ne feraient pas de mal à une mouche

Ah oui, que dire de ce beau texte de 2 pages consacré le 5 mars 2022 à Sheii Filimonov, un gentil leader ukrainien du groupe d’extrême-droite Honor, devenu un héros national : «Le Devoir en Ukraine. De milicien à star de cinéma». Idem pour la milice néonazi d’extrême-droite Azov, intégrée à l’armée ukrainienne. Jamais Le Devoir a écrit sur les atrocités, les crimes, les viols commis par des extrémistes au Donbass et du rôle qu’ils ont joué dans le coup d’État, appuyé évidemment par l’Occident, en 2014 et qui a renversé un gouvernement ukrainien, malheureusement pro-russe, démocratiquement élu pour le remplacer par le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko et puis en 2019 par l’humoriste et comédien Volodymyn Zelensky la marionette de… «Présidentielle ukrainienne. Petro Porochenko donné vainqueur (suite au coup d’État). Le milliardaire pro-occidental promet d’apaiser (et il a fait le contraire) dans l’est du pays (e dnonbass pro-russe), où le soutien n’a quasiment pas eu lieu» et «Avec leur nouveau président  Zelenski, les Ukrainiens sautent dans l’inconnu» (L’Occident leur montrera la bonne étoile à suivre). L’élection d’un acteur sans programme précis bouleverse le paysage politique» (Le Devoir 26 mai 2014 et le Journal de Montréal, 23 avril 2019). Le Devoir généreusement financé par le gouvernement canadien par Google et Facebook fait tout pour plaire à ces donateurs. Triste de voir Le Devoir se comporter ainsi et se prostituer pour de l’argent.  

Le conseiller du ministre est fasciste et néonazi : il y a rien de mal dans ça

Ah oui, en 2015, Dmytro Laroch, un terroriste fasciste et néonazi, est devenu conseiller de la Défense : «Le rebelle nationaliste» (La Presse, 11 mai 2015). En passant , l’Ukraine est un des pays les plus corrompus au monde. Je vous dis ça juste comme ça en passant. En voulez-vous une drôle? «La mort n’était pas au rendez-vous. Les services secrets ukrainiens ont simulé l’assassinat (par des russes) d’un journaliste afin disent-ils de lui sauver la vie» (Le Devoir, 31 mai 2018). L’OTAN entoure la Russie et elle ne devrait pad s’inquiéter. Si on installait des bases militaires russes à Ciba et au Venezuela, comment réagirait l’Oncle Sam?

Pour ne pas vous faire intoxiquer l’esprit

Mes amis, pour avoir un point de vue plus équilibré du conflit, allez-vous renseigner sur internet auprès de sites comme le Monde Diplomatique, Nord-Sud, Réseau international et d’autres. Pourquoi ne pas lire ce texte paru il y a sept ans dans le Monde diplomatique du mois de juin 2015 et rédigé par Jean-Pierre Chevèment, ex-premier-ministre français de la Défense, de l’intérieur et de l’éducation, intitulé : «Crise ukrainienne, une épreuve de vérité». Le Devoir a-t-il interviewé monsieur Chevèment?

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