Les charlots à l’attaque de notre système d’éducation publique

https://www.lab-ecole.com/

Les faiseux trop nombreux au Québec : Lab-École

C’est une plaie au Québec. Même sans connaissances sérieuses en éducation, mais imbus d’eux-mêmes et avides de se faire voir et entendre, ils recommandent à satiété des changements majeurs afin de moderniser notre système d’éducation publique et de le rendre plus efficace et plus efficient. Ils font de même dans les domaines de la santé et des garderies publiques. Ces mythomanes, en ratissent large et comme souvent ils préconisent la privatisation hypocrite de nos services publics, ils ont alors l’oreille et l’assentiment des élus et nos médias sont tellement heureux de leur tendre le crachoir avec bienveillance.

Il y a eu en 2017 la connerie du Lab-École de vedettes, soit l’architecte Pierre Thibault, le chef cuisinier Ricardo Larivière et le sportif coureur Pierre Lavoie, qui loin d’avoir les connaissances et l’expérience voulues en éducation, ont quand même mis de l’avant leur projet insignifiant de l’école publique du futur qu’ils prétendent révolutionnaire. Naturellement, le premier ministre libéral d’alors, Philippe Couillard, un adepte de la santé privée et des paradis fiscaux, et Sébastien Proulx, son ex-ministre de l’Éducation (qui une fois ré-élu en 2018 a vite démissionné afin de s’en aller avec une belle grosse job très payante chez Desjardins) avaient pour se donner en spectacle avec des «célébrités», trouvés le concept merveilleux. Même si le problème majeur de notre système d’éducation publique demeure son sous-financement chronique dopé à coups de milliards de dollars de coupures effectuées par le tandem Charest-Couillard au nom de la réingénierie de l’État et de l’atteinte du déficit zéro en un temps record, et ben la solution miraculeuse viendrait du fameux concept de Lab-École «inventée» par des faiseux. Une autre façon pour les libéraux de faire distraction et de tromper les gens : «Le projet Lab-École sera testé dans cinq ou six écoles d’ici 2021» (Le Devoir, 8 novembre 2021). Des écoles publiques et des enfants qui deviendront les cobayes de cette farce grotesque qui bien évidemment s’est avérée un fiasco total pour la population mais payant pour ses promoteurs qui ont encaissé beaucoup de fonds publics. Pour Sébastien Proulx, ex-ministre libéral de l’Éducation, le Lab-École représentait «une école moderne de son époque».

Même s’il y avait beaucoup de flou dans leur patente, le parti libéral du Québec, voulant se faire du capital politique et faire oublier les coupures, est allé de l’avant avec cette niaiserie éducative pondue par des caricaturistes falots : «Lab-École. Sept écoles sont choisies pour lancer la formule… qui reste à inventer» (Le Devoir, 6 juin 2018). Sentant la bonne affaire pour s’enrichir davantage, l’athlète Pierre Lavoie suggéra en plus au gouvernement un système «novateur» d’activité physique à l’école et d’animation dans les garderies que le PLQ acheta également avec enthousiasme : «Éducation. Pierre Lavoie deux fois plutôt qu’une. L’athlète est au centre du nouveau projet Force $ en plus de celui intitulé Lab-École» (Le Devoir, 4 avril 2017). Et ne voulant pas être en reste : «Ricardo jusque dans les cafétérias d’école» et «Ricardo a de l’appétit pour les millions de l’État» (Le Devoir, 11 juin 2018 et Le Journal de Montréal, 11 janvier 2020).

En plus d’être insignifiant, le projet a fait kaboum : «La facture du Lab-École explose. Le coût de six des sept projets en cours est passée de 55,6 à 105,9 million de dollars avant même la première pelletée de terre» (Le Journal de Montréal, 28 novembre 2019). Bravo à la CAQ d’avoir mis fin à cette connerie : «L’expérience du Lab-École se terminera avec la livraison des six établissements prévus» (Le Devoir, 26 février 2020). Terminons avec une infopublicité présentée comme un article sérieux publié dans Le Devoir le 25 août 2018 qui va vous faire rire, du moins je le pense : «Lab-École. Les écoles de demain en pleine élaboration».

Un autre projet révolutionnaire émanant de l’OBNL Angus

L’organisme à but non lucratif, mais qui carbure aux projets rentables, La Société de développement Angus dirigée par Christian Yaccarimi, que Le Devoir aime beaucoup, a suggéré, en 2018, au gouvernement du Québec de financer à 100% les nouvelles écoles construites dans le quartier des anciennes «shops» Angus dans le quartier Hochelaga à Montréal, mais qui seraient gérées de façon indépendante comme des écoles privées avec leurs propres administrateurs responsables de l’embauche des dirigeants et des professeurs, de leurs émoluments et qui auraient leur propre compte bancaire, etc. : «Technopôle Angus. Christian Yaccarimi rêve d’une école gérée à l’extérieur du cadre actuel, mais publique et financée par l’État» (Le Devoir, 19 avril 2018). Une vraie joke ben plate venant dudit entrepreneur au passé trouble. Pour vendre sa salade indigeste, le «promoteur» s’était assuré de la bienveillante collaboration de Camil Bouchard, ex-député péquiste et ex-prof à l’UQAM. Un expert inféodé prêt à tout : «Éducation, Technopôle Angus. Camil Bouchard défend le modèle d’école proposé» (Le Devoir 20 avril 2018). Et comme Le Devoir aime bien la société Angus, son président Christian Yaccarimi et l’expert «indépendant» Camil Bouchard, et ben en plus de l’article du 20 avril 2018 dans lequel Camil s’explique, ledit journal a publié en extra sur deux jours consécutifs deux autres opinions éclairantes de l’ex-péquiste universitaire qu’il a intitulées ainsi : «Pour régler l’iniquité scolaire, il faut financer les écoles privées» et «Projets particuliers et gouvernance scolaire» (Le Devoir, 19 et 20 mars 2019). Aie, depuis longtemps, c’est au Québec qu’il y a, et de loin, le plus d’écoles privées qui sont les plus subventionnées au pays, soit plus de 75% selon une étude commandée par le PLQ. Et pour des hâbleurs, ce n’est pas assez. Allô modèle québécois! En passant, c’est aussi le Québec qui fait le plus de place au privé en santé. Pour régler l’iniquité et l’injustice sociales il faut plutôt arrêter de subventionner à raison de 600 millions$ l’an les écoles privées. Je vais revenir sur ce point dans mon prochain texte qui parlera de ce «mouvement citoyen» composé seulement d’une dizaine d’administrateurs professionnels appelé «l’École ensemble» qui veut lui aussi subventionner les écoles privées au nom de l’équité et de la justice sociale. On aura tout vu! Et Le Devoir qui consacre de longs articles à ces arrivistes qui, comme ça, en raison de leur pseudo-génie, deviennent des spécialistes en éducation, c’est selon où les caméras et le pouvoir les guident.

Angus et Christian Yaccarimi financent Le Devoir ou le mécénat intéressé

Ah, quelle bonne nouvelle que le directeur du Devoir, Brian Myles, nous a annoncé dans un texte publié le 30 octobre 2021. La Société de développement Angus s’est engagé à contribuer financièrement au Devoir pendant cinq ans. On ne mentionne pas les montants impliqués. Naturellement, le directeur du Devoir a bien fait de préciser ceci : «Angus participera activement à la croissance et à l’épanouissement du Devoir tout en respectant son indépendance éditoriale». Bah personne n’a douté de ça. En Occident, au Canada et en particulier au Devoir, les médias sont généreusement financés par l’État, par de gros «partenaires» privés, par Google, par Facebook, par les publicitaires et par ceux qui se paient des publireportages factuels ou déguisés présentés comme des articles. Ils prétendent quand même être intégralement indépendants, maladivement impartiaux, totalement libres.

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