Fini les inégalités et la concentration de la richesse : le capitalisme nouveau est arrivé

https://www.journaldemontreal.com/2021/04/15/les-ecarts-de-richesse-en-forte-hausse-au-canada-depuis-les-annees-1980

Le capitalisme est contre-nature et amène l’exploitation de l’humain par l’humain

Pour certains, la réussite de leur vie se mesure au niveau d’enrichissement. Car dans nos sociétés capitalistes, prétendument démocratiques, la richesse amène la gloire, le prestige, le pouvoir, la notoriété, les biens et services matériels luxueux et le plaisir de diriger dans les faits le pays et d’autres. Oui, les gros détenteurs de capitaux, les ploutocrates, les kleptomanes fixent le menu politique aux élus qui sont leurs préposés aux commandes. Capitalisme rime aussi avec transnationales immensément riches et puissantes qui sont partout dans le monde et qui s’accaparent les ressources naturelles locales quitte à renverser les gouvernements nationaux élus démocratiquement qui refusent de se soumettre à leur «ordre mondial». Qui dit capitalisme dit hégémonie et impérialisme qui riment avec guerres, invasions, corruption, etc. Le capitalisme est l’antithèse de la fraternité, de la coopération et de l’entraide. Entraide, peut-être dans certains cas, mais une entraide et une philanthropie intéressés.

Le capitalisme «socialiste» nouveau est enfin arrivé

Vous prenant pour des tarés, la classe dominante et ses sujets (universitaires, journalistes, politiciens, experts, etc.) n’arrêtent pas de vous dire que le nouveau capitalisme est arrivé et amènera une retenue au niveau des profits réalisés par les multinationales et des rémunérations versées aux patrons milliardaires, générera une fiscalité plus progressive, la mise au pas des paradis fiscaux, plus de réglementation et une meilleure répartition de la richesse grâce aux regroupements des travailleurs. Cette vie en rose relève du mythe car la caste supérieure veut un État de plus en plus petit et moins interventionniste afin de laisser plus de liberté aux agents économiques. Nos partis politiques sont toujours davantage financés par les riches et puissants et beaucoup d’élus proviennent du privé et y retournent après leur stage politique. Toute intervention de l’État est considérée, selon les lois supposément naturelles du marché, comme un irritant à la création de la richesse et une atteinte aux libertés individuelles.

Le capitalisme, ça donne quoi?

Ben oui, ça fait plus de cinquante ans que des prestidigitateurs de luxe, avec l’appui de vos élus et de vos médias privés détenus, oh surprise, majoritairement par des potentats mais financés par l’État, vous disent que le capitalisme sauvage est terminé. Fini les criminelles inégalités économiques et l’odieuse concentration de la richesse grâce à l’éveil et à l’arrivée de nouveaux capitalistes humanistes très portés sur le partage de la richesse. La canonisation par le pape du premier homme ou femme d’affaires, c’est pour bientôt.

Oui le capitalisme est synonyme d’impérialisme et de guerres afin que les seigneurs féodaux conservent leur pouvoir hégémonique dans le monde entier. Mes amis, lisez le titre de ces articles et essayez de visualiser ce que cela a comme répercussion partout dans le monde :

  • «1% de la population (concentrée en Occident) possède plus que les 99% autres» (Le Journal de Montréal, 19 janvier 2016);
  • «Huit personnes aussi riches que 50% de la population mondiale» (TVA Nouvelles, 15 janvier 2017);
  • «Les deux Canadiens les plus riches ont autant que les 30% (11 millions d’individus) les plus pauvres» (Le Devoir, 17 janvier 2017);
  • «Le Québec (allô modèle québécois) aurait les plus grands écarts de richesse au Canada (selon l’Observatoire québécois des inégalités)» (Le Devoir, 15 avril 2021);
  • «Les écarts de richesse en forte hausse au Canada depuis les années 1980» (Le Journal de Montréal, 15 avril 2021).

Une bonne pour vous faire pomper et rager, larguée en 2013 par l’américain Edward Conard, ex-associé du gros fonds spéculatif Bain Capital : «Réduire les inégalités causera davantage de dommages (pour qui au juste?) et minera la reprise» (Les Affaires, 23 février 2013). La morale de cette histoire est qu’il est préférable pour tout le monde, et surtout pour les pauvres, d’accentuer les écarts de richesse.

Une foi profonde pour les gens de bonne volonté et respectueux de l’ordre établi

Allez, que votre joie exalte et surabonde. Le 8 décembre 2021, la journaliste Clémence Pavic du Devoir, afin de développer chez vous un esprit critique et éclairé, a pondu ce bijou d’intoxication idéologique en s’adonnant à une revue jovialiste du nouveau livre de monsieur Georges Ugeux, ancien vice-président de la Bourse de New-York, qui a dit qu’il faut soigner la finance (et les institutions financières et les fonds d’investissement) tout en plaidant pour un nouveau paradigme fondé sur le «capitalisme solidaire». Voulez-vous bien me dire pourquoi Le Devoir a consacré un texte d’une page, avec une belle grosse photo du monsieur, à une telle ineptie? Ben oui, ayez la foi dans un monde meilleur grâce au nouveau capitalisme solidaire et surtout pas au socialisme qui fait démodé. Le modèle préconisé par l’expert revient en quelque sorte à dire qu’il faut être solidaire des capitalistes même si vous en arrachez financièrement. Dormez sur vos deux oreilles, on va veiller sur vous. L’incontinence verbale c’est ça : en route vers le capitalisme solidaire. En fait, capitalisme et solidarité sont aux antithèses.

D’autres niaiseries émanant d’experts

Il n’y en plus que l’on pense qui se prennent pour d’autres et qui ne se rendent pas compte de leur petitesse intellectuelle, mais hélas certains journalistes du Devoir trouvent ça bon. La pandémie aura du bon. En tout cas, c’est ce que soutient Marie-Claude Pelletier du réseau international Global-Watch à qui la journaliste Anne-Marie Provost au Devoir a consacré, le 29 octobre 2021, un très long texte aux élucubrations exaltantes de l’experte de Global-Watch, qu’elle a intitulé ainsi : «Vers une gestion plus humaine des organisations? La pandémie a permis la mise en place (où ça?) d’une culture de bienveillance dans laquelle les employés et les gestionnaires ont pris soin les uns des autres». Comme le chantait Petula Clark dans les années soixante : «À tous ceux qui ont un cœur». Oui, ceux-là vont faire comme moi et pleurer devant tant de fraternité et d’humanisme. Je vous l’ai dit : le capitalisme nouveau est arrivé et tient, pourquoi ne pas faire étalage de mes connaissances culturelles. Encore dans les années soixante (oui je sais, ça fait longtemps, et ça vous donne une petite idée de mon âge), Isabelle Pierre chantait cette composition de l’auteur Stéphane Venne : «Le temps nouveau est arrivé». Attaboy!

Pour parfaire vos connaissances, je vous inviterais à lire ce texte publié encore une fois dans Le Devoir du 30 décembre 2021 intitulé : «Décentraliser le système de santé» dans lequel l’expert Denis Bourque, de l’Université du Québec en Outaouais, plaide pour une «gouvernance participative et partagée». Ne riez pas, ça vient d’un spécialiste érudit. L’inflation véritable, c’est ça.

Pour des employés heureux et épanouis

La chercheuse de l’Université McGill l’a dit : «La réussite est dans le bonheur des salariés. Pour améliorer sa profitabilité, une entreprise doit se soucier des gagne-petit (sic)» Le Devoir, 1er juin 2010). Oui, des fois, j’ai de la difficulté à rester zen devant tant de conneries émanant de supposés experts admirés par nos journalistes.

Et pour conclure en beauté, il y a cette firme, Kytech Communicatons, dont les employés illuminés se définissent comme des «agents de bonheur» et vont faire leur numéro dans des entreprises assez idiotes pour les embaucher : «Payés pour rendre des collègues heureux. Des entreprises engagent un «agent de bonheur» pour rendre le milieu de travail plus convivial» (Le Journal de Montréal, 9 mars 2020). Je vous laisse, j’en ai assez là.  

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