Sans fil : la «saine» concurrence du cartel selon PK Péladeau

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Un cartel qui favorise la «saine» concurrence vous dites?

C’est un fait indéniable : au Canada et au Québec, le secteur économique des communications forme un vrai oligopole contrôlé par les géants Shaw-Rogers-Bell-Telus-Vidéotron qui fixe à leur guise les prix et qui se partage les régions. Ces mastodontes sont aussi propriétaires de gros médias. Disons que leur légion médiatique les aide à faire passer leur propagande.

Consolidation du cartel

Afin de renforcir le cartel du sans fil au pays et au Québec, au mois de mars 2021, Rogers a fait une offre pour acquérir son concurrent Shaw pour la bagatelle somme de 26 milliards de dollars : «Rogers achète Shaw pour 26G$» (Le Journal de Montréal, 15 mars 2021). De plus, au mois de février 2022, Bell a acheté la plus importante entreprise indépendante du secteur de l’internet au Québec : «Bell acquiert EBOX» (La Presse, 23 février 2022). Sauf que le Bureau de la concurrence s’est opposé à l’achat de Shaw par Rogers au mois de mai 2022 à moins que Shaw cède certaines filiales à des amis du cartel institutionnalisé : «Télécommunications. Le Bureau de la concurrence s’oppose à la fusion entre Rogers et Shaw» (Le Devoir, 10 mai 2022). Le Bureau de la concurrence qui grimpe dans les rideaux afin d’épater la galerie, vous allez voir, tout va s’arranger pour le mieux pour les amis de la secte canadienne du sans fil.

Shaw vend Freedom Mobile à Québecor

Alors pour atténuer les inquiétudes de surface du Bureau canadien de la concurrence, Shaw a vendu au mois de juin 2022 sa filiale Freedom Mobile à un membre attitré de l’oligopole, Vidéotron, pour la coquette somme de 2,85 milliards de dollars : «Québecor annonce l’acquisition de Freedom Mobile» (Le Journal de Montréal, 17 juin 2022).

Débordant de joie profonde, Pierre-Karl Péladeau s’est exclamé’ «Il s’agit d’un moment charnière dans  l’histoire de la concurrence dans le secteur du téléphone cellulaire. Nous avons toujours été persuadés qu’une saine concurrence dans le sans fil n’était possible que par l’arrivée dans le marché (marché qui n’en est pas un) d’un joueur qui a déjà fait ses preuves. Il s’agit d’une transaction à valeur ajoutée pour les consommateur (qui vont payer plus cher) et pour l’économie canadienne (même si synergie oblige, il y aura des pertes d’emplois)» (Le Journal de Montréal, 17 juin 2022). Touchant plaidoyer de PKP, n’est-ce pas?

Naturellement, comme le Journal de Montréal et celui de Québec appartiennent à PKP, le journaliste «indépendant» a repris textuellement les propos disons, subjectifs et jovialistes, de son boss, sans soulever aucune critique. Et ça se prétend des médias indépendants et libres et des journalistes professionnels et impartiaux. C’est la même désinformation qui prévaut dans les nombreux médias détenus par Bell, Rogers et Cogéco.

Il faudrait alors m’expliquer, monsieur Péladeau

Avant, il y a avait l’oligopole canadien des communications composé de cinq joueurs : Bell, Rogers, Telus, Videotron et Shaw. Bon, jusque-là ça va les amis? Puis un des cinq camarades corporatifs, Rogers, achète son collègue Shaw. Si mes calculs sont bons, il en reste quatre dans ce marché oligopolistique. Attendez, je vais sortir ma calculatrice pour être bien sûr. Oui, elle me dit que cinq moins un fait bien quatre. Et PKP qui nous parle de «saine» concurrence. Petit comique va! Monsieur Péladeau, l’achat de Shaw par Rogers fut-il un moment charnière dans l’histoire de la «concurrence» du sans fil au Canada au bénéfice de tous les consommateurs, comme vous l’avez si bien dit lors de votre emplette pour acquérir Freedom Mobile?

L’ami PKP aime bien se garganiser de slogans et de clichés qui ne sont pas vrais mais qui sont repris par ses journalistes et par ses chroniqueurs au JDM, comme ceux-ci, exprimés en 2020 : «Québecor vante les vertus (je dirais plutôt les vices) d’une vraie concurrence (qui n’existe que dans sa tête et dans celle de ses journalistes et animateurs à TVA et LCN) en téléphonie sans fil» (Le Journal de Montréal, 26 février 2020). Ne perdez pas votre temps à chercher un soupçon de concurrence dans ce domaine. Il n’y en a tout simplement pas.

Freedom vendue à un membre en règle du club privé

Au moins, si Shaw avait vendu sa filiale Freedom Mobile à une entreprise ne faisant pas partie du club restreint actuel. Mais non, elle l’a vendu, par souci de solidarité et d’amitié, à un gros joueur de l’actuel oligopole, soit Québecor (Vidéotron). Bon, résumons : il y avait une fois dans le secteur canadien du sans fil un cartel formé de 5 gros participants. Un du groupe achète en 2021 un autre du même clan. Il en reste combien?

Vous avez raison, il en reste quatre dans la meute des communications. Mais attentions, au mois de juin 2022, celle qui est achetée par Rogers, Shaw, vend sa filiale Freedon Mobile, à un autre copain du groupe, Vidéotron. Donc rien ne bouge, il reste toujours quatre participants, soit un de moins qu’avant l’achat de Shaw par Rogers. Mais alors, comment PKP peut-il honnêtement et sérieusement parler de «saine» concurrence? Seuls ses journalistes, chroniqueurs et animateurs du JDM, TVA et LCON pensent comme lui. Bien à eux et grand bien leur fasse à ses commis journalistiques.

Et en plus, on rit de vous en extra

Telus admet implicitement le bien-fondé de l’actuel oligopole et va même jusqu’à prétendre, en nous prenant pour des imbéciles, que : «Communications sans fil. Plus de concurrence (pas plus de concurrence puisqu’il n’y en a pas) pourrait être coûteux (aux consommateurs), dit un allié (un vendu) de Telus» (Le Devoir, 1er octobre 2014). Oui, vous êtes pris en otage par les cartels du sans fil, du pharmaceutique, de l’essence, des banques, du transport aérien, de l’alimentation au détail, etc. Sans que vos élus fassent quoi que ce soit pour faire baisse les prix. Bien au contraire, ils les subventionnent avec des fonds publics, comme c’est le cas des arnaqueurs du sans fil afin qu’ils daignent aller en région, même s’ils réalisent des milliards de dollars en profits chaque année : «ottawa réserve (au carte du sans fil) 1,75 milliards$ pour l’accès en région à internet haute vitesse» et «Québec et la CAQ : 826M$ pour l’internet à haute vitesse en région» (Le Journal de Montréal, 9 novembre 2020 et 22 mars 2021). Par ici la bonne souper où l’État est au service de la classe dominante.

Concurrence rime avec agressivité et cartel avec harmonie

Ça fait longtemps que Rogers et Shaw sont amis. Même qu’en 2020, j’ai ressorti ce vieil article publié dans La Presse du 24 mars 2000 intitulé : «Pacte de non-agression Rogers-Shaw». Sophie Cousineau a écrit ces énormités et s’est comportée comme une agente de relations publiques : «Shaw et Rogers ont conclu un pacte de non-agression qui leur permettra de se partager le pays»… Madame Cousineau, on appelle ça de la collusion présente là où il n’y a pas de véritable concurrence.

Une autre drôle qui démontre le cynisme de ces fripouilles corporatives : «Les entreprises de télécommunications se dotent d’un bureau des plaintes» (Le Devoir, 24 juillet 2007). Mais attention, un bureau des plaintes autorégulé et indépendant de l’État. Tsé veut dire?

Pas besoin de chercher loin pour faire la preuve : on veut savoir

Mes amis, depuis toujours, vos élus vous ont trompé et ont donc été complices de ces mécréants qui s’en sont mis plein les poches. C’est comme des impôts que vous payez au cartel canadien du sans fil. La mafia corporative vous taxe.

Monsieur Péladeau, s’il y a une saine concurrence, pourriez-vous nous expliquer ces faits? Pourquoi ne pas demander à vos fidèles préposés Martineau, Facal, Dumont, Bock-Côté, etc. de nous fournir la réponse? En fait, dans ce secteur d’activités, la concurrence n’est qu’une illusion et un vrai mythe, comme le prouvent ces faits irréfutables :

  • «Les données mobiles, plus chères au Canada que presque partout ailleurs» (Radio-Canada, 13 août 2020). La «saine» concurrence de PKP en action?;
  • «internet et sans fil. Les Canadiens paient toujours plus cher» (Le Devoir, 28 octobre 2015);
  • Même qu’en juin 2011, Alain Dubuc, ex-chroniqueur de la grosse droite à La Presse, avait dit : «Au Canada, les consommateurs d’internet sont victimes d’une surfacturation abusive» (La Presse, 9 février 2011). Décodé, ça veut dire qu’on se fait voler;
  • Et ça dure depuis longtemps comme le démontre ces deux articles de 2009 et de 2005 : «Téléphone sans fil et internet. Selon l’OCDE, les consommateurs canadiens dépensent 55 fois plus d’argent qu’au Japon pour avoir accès à internet haute vitesse» et «Les Canadiens paient 60% plus cher pour le cellulaire que les Américains» (Le Devoir, 12 août 2009 et La Presse, 27 juillet 2005).

Et l’entraide entre collègues du cartel ne date également pas de hier

2005 : «Téléphonie : la guerre des prix (comme s’il y en avait déjà eu) baisse d’un cran. Bell, Rogers et Vidéotron abolissent (en même temps) leur offre 1000 minutes pour 5$» (La Presse, 9 juillet 2005).

2010 : «Québecor. Pas de guerre en vue avec Bell (juste des gros mots pour la façade) (La Presse, 12 août 2010). De vrai gentlemans!

2020 : «Bell et Vidéotron se sont entendus sur l’abolition des limites de données internet» (La Presse, 20 décembre 2020).

Elle est où la. «saine» concurrence de PKP?

Et Bell l’humoriste : «Bell augmente ses tarifs en pleine pandémie» (Le Journal de Montréal, 21 mars 2020).  

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