Démocratie à l’américaine : une farce monumentale

The Roberts Court, April 23, 2021 Seated from left to right: Justices Samuel A. Alito, Jr. and Clarence Thomas, Chief Justice John G. Roberts, Jr., and Justices Stephen G. Breyer and Sonia Sotomayor Standing from left to right: Justices Brett M. Kavanaugh, Elena Kagan, Neil M. Gorsuch, and Amy Coney Barrett. Photograph by Fred Schilling, Collection of the Supreme Court of the United States

État de droit mon œil

Au Canada et aux États-Unis, les juges à la cour suprême sont nommés par le parti politique au pouvoir. Totalement anti-démocratique. Ça fait que des juges non élus ont un pouvoir énorme et prennent des décisions qui vont à l’encontre de la volonté de la majorité et on préséance sur les lois et les règlements votés par des politiciens élus. Allô État de droit! Vous le savez, le parti républicain de Donald Trump, alors président des États-Unis, a nommé à la cour suprême trois juges très conservateurs, ce qui fait que maintenant ils sont majoritaires à cette importante instance juridique. Et ils prennent un malin plaisir à contrecarrer tout ce qui est de nature progressiste. Déjà qu’aux États-Unis il n’y a que deux partis politiques qui ont les mêmes visées hégémoniques et impériales afin de dominer le monde avec l’appui indéfectible de leurs alliés inconditionnels que sont l’Europe, l’Australie, le Japon et bien évidemment le Canada, son domestique asservi. En plus, les démocrates et les républicains sont financés à coups de milliards de dollars par les milliardaires et les transnationales. Aux States, grâce à l’existence des comités d’action politique il n’y a pas de limite au montant des dons effectués par la classe dominante. Et ils se prennent pour modèle démocratique dans le monde. Il faut le faire, non? Ils versent des milliards de dollars en Ukraine, en aide supposément humanitaire, mais dont le but réel est de maintenir leur domination dans le monde occidental et pour affaiblir les prétendants que sont la Russie et la Chine que nos médias inféodés nous présentent tout le temps pour les méchants et les States les bons, nos sauveurs. Aie, pourquoi ne consacrent-ils pas ces milliards de dollars pour venir en aide à leurs 40 millions de pauvres dans leur propre pays? Assez pathétique de voir sur les chaînes de télévision américaine plusieurs réclames publicitaires implorant les gens à être généreux et à faire des dons afin de lutter contre la pauvreté et d’appuyer les victimes de cataclysmes naturels. Quarante millions de démunis alors qu’ils dépensent des milliards de dollars chaque année en soldats et en armements et pour maintenir leurs 600 bases militaires réparties un peu partout dans le monde.

L’État de droit selon leur version démocratique larvée

C’est un fait, la cour suprême des États-Unis a pris récemment des décisions antidémocratiques dignes de vraies dictatures au service de la minorité influente. Et ça se permet de faire la leçon aux autres pays comme le font d’ailleurs nos médias de désinformation et d’endoctrinement.

Prenons pour commencer ce cas grave : «Roe v. Wade. Une cour suprême contre son pays» et «États-Unis. C’est la fin pour Roe v. Wade. La plus haute juridiction américaine a mis un terme vendredi à l’arrêt qui protégeait le droit à l’avortement depuis 1973, et l’intervention pourrait désormais être interdite dans près de la moitié des États du pays» (Le Devoir, 4 mai et 25 juin 2022). Les islamistes conservateurs qui mènent aux USA représentent le plus grave danger pour la paix au pays et dans le monde. Et pour le danger public numéro un qui va être réélu avec ces cinglés républicains, dont plusieurs sont des complotistes qui s’affichent tel quel avec fierté : «Droit à l’avortement annulé : «C’est la volonté de Dieu» dit Trump» (Le Journal de Montréal, 24 juin 2022).

Comme ces juges conservateurs sont aussi des intégristes religieux, ils viennent d’accoucher d’une autre décision vraiment pathétique : «La cour suprême des États-Unis valide les prières d’un entraîneur dans une école publique» (Radio-Canada, 27 juin 2022). Et que «God bless America».

Puis, comme le dit le poète, jamais deux sans trois, ces juges conservateurs qui sont aussi des climatosceptiques invétérés, et bien la dite cour suprême des États-Unis a rendu une autre décision qui va restreindre les pouvoirs de l’Agence fédérale de protection de l’environnement en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre : «États-Unis. Réduire les émissions de GES… sans changer le système» (Le Devoir, 2 juillet 2022). Comme au Canada, les élus prétendent s’attaquer vigoureusement à la pollution tout en posant des gestes qui l’accentue.

Pourquoi pas une quatrième décision de la cour suprême américaine, paquetée de juges conservateurs qui s’apparentent à des despotes politiques, qui va affaiblir davantage le niveau de démocratie aux States et le pouvoir du peuple qui est censé être souverain : «La Cour suprême avalise la  fraude» (Le Journal de Montréal, 27 juin 2019). Cinq des neufs juges conservateurs ont autorisé les États à redécouper les circonscriptions électorales afin de favoriser le parti républicain en excluant les quartiers peuplés majoritairement de noirs et de latinos.

Le National Rifle Association dicte les lois

Oui, aux États-Unis, la majorité de la population est favorable à limiter la vente d’arme et interdire les fusils d’assaut. Malgré d’autres fusillades qui ont fait récemment 21 morts, dont 19 enfants dans une école primaire du Texas, 10 personnes noires tuées dans un supermarché dans l’État de New York et 6 en Illinois près de Chicago, on s’est encore une fois indigné pour un instant et les républicains ont dit prier pour les victimes mais sans aucunement vouloir restreindre la liberté individuelle, supposément constitutionnelle, des individus à détenir et à porter une arme en tout temps. Les démocrates trop pleutres et tellement asservis au pouvoir économique ont voté une loi bidon qui est une face grotesque. Imaginez-vous donc que dorénavant les vendeurs d’armes devront vérifier les antécédents de santé mentale des acheteurs. Bien évidemment, à 18 ans, on pourra continuer à acheter des armes en toute légalité. Biden le petit comique a dit que sa régulation des armes à feu est la plus importante en près de 30 ans : «Biden baisse ses attentes et signe la loi (folklorique) sur les armes à feu» (Le Journal de Montréal, 26 juin 2022). Les armes à feu tuent chaque jour plusieurs enfants et adultes aux États-Unis. C’est même devenu un fait divers. Comme on est en «démocratie», les gens peuvent, pour la forme et les apparences, protester aux States, mais «pacifiquement» comme dans le cas d’Akron en Ohio où un jeune noir vient d’être criblé de 60 balles par des policiers qui, par prudence et légitime défense, ne voulaient prendre aucune chance et ne donner aucune chance : «États-Unis. La colère gronde dans le quartier d’Akron. Des appels au calme ont été lancés après qu’une vidéo d’un homme noir criblé de balles par la police a été rendue publique» (Le Devoir, 4 juillet 2022).

Démocratie oblige : des criminels graciés par le président

Avant de quitter les lieux, Donald Trump a gracié quatre anciens employés de la firme américaine de mercenaires BlackWater qui avaient tué et massacré gratuitement en 2007 14 innocents civils irakiens à Bagdad : «Trump gracie 15 individus impliqués dans deux immenses scandales» (Le Journal de Montréal, 23 décembre 2020). Comment un dirigeant politique qui venait de subir la défaire aux élections présidentielles américaines peut-il avoir un tel pouvoir dans un pays qui ne cesse de vanter son modèle démocratique? Et nos médias de propagande en ont fait que peu de cas. On aurait eu droit à un autre traitement si cela aurait été fait par les présidents de la Russie ou de la Chine, n’est-ce pas?

Poutine un tueur mais pas Trump et Bush junior

«Joe Biden accuse Vladimir Poutine d’être un tueur» (Le Devoir, 18 mars 2021). Et son adjuvant se renchérir : «Poutine est responsable de choses terrible estime Trudeau» (Le Devoir, 24 mars 2021). Mais pas Donald Trump. Même que pour notre ex-premier ministre conservateur Brian Mulroney, qui siège aussi au conseil d’administration de Québecor : «Mulroney salue Trump le gentleman» (Le Journal de Montréal, 7 décembre 2016).

Et encore moins George W. Bush junior, qui a tué des milliards d’Irakiens en envahissant militairement l’Irak en 2003 en mentant : «Les 935 mensonges de l’administration Bush sur l’Irak» (La Presse, 24 janvier 2008). Et le clown qui est venu nous dire, sans aucun remord : «L’Irak, une réussite extraordinaire selon Obama» (Le Devoir, 15 décembre 2011). Une réussite fantastique pour les transnationales pétrolières et autres américaines qui ont volé les ressources naturelles et les biens collectifs du peuple irakien.

Et pour finir sur une bonne note, signalons les belles valeurs philosophiques à géométrie variable du Canada qui s’est défoulé sur la Russie, comme à son habitude, mais pas contre Israël : «Israël accélère sa colonisation de la Cisjordanie» (Le Devoir, 9 janvier, 2020). Réplique du Canada : «Le Canada conseille à Israël de cesser la colonisation» (Le Journal de Montréal, 5 juillet 2021). Un conseil d’ami quoi! Entre amis, il faut faire preuve d’indulgence.

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