La forêt québécoise n’a de québécois que le nom

https://fr.wikipedia.org/wiki/For%C3%AAt_au_Qu%C3%A9bec

Résolu vendue à des étrangers

Début juillet 2022, Produits forestiers Résolu du Québec a été vendue à Domtar, une filiale du Groupe Papier Excellence de Colombie-Britannique pour 3,5 milliards de dollars canadiens : «Domtar acquiert Produits forestiers Résolu» (La Presse, 6 juillet 2022). Résolu vendue pour 3,5G$ prouve que l’industrie forestière québécoise est très rentable et attire les investisseurs étrangers. N’oubliez pas que lorsque vous achetez du bois, du carton, du papier journal et du papier fin fabriqués au Québec, l’argent s’en va dans les poches d’étrangers qui s’enrichissent à nos dépens, comme c’est le cas d’ailleurs pour les pétrolières, les pharmaceutiques, les GAFAM, etc. L’asservissement volontaire, nous les Québécois on connait ça, on aime ça et on en redemande afin de nous moderniser et de faire fi de la révolution tranquille. En passant, Domtar qui vient d’acquérir Résolu et qui est affiliée à Papier Excellence de la Colombie-Britannique était auparavant une société qui appartenait majoritairement à l’ensemble de Québécois par le biais de la Caisse de dépôt et de la Société générale de financement (SGF). Mais suivant les sages conseils de nos faiseux québécois, de leurs lobbyistes et de leurs universitaires, Domtar fut vendue à des Américains en 2006 pour 3,3 milliards de dollars. 3,3G$ en 2006, ça vaut plus que le double en dollars millésimés en 2022. Charest et Couillard l’avaient bien dit que le Québec était à vendre et ils ont tenu parole. Et nos universitaires de renom régional, Pierre Fortin et Luc Godbout, voulaient aussi que Québec privatise Hydro-Québec et la SAQ. Très original comme démarche.

Le président de l’entreprise veut que le Québec vende sa participation dans Domtar

Afin que Domtar appartienne davantage à des actionnaires privés qu’aux 8 millions d’actionnaires publics composés de la population du Québec, le président d’alors de la compagnie, l’anglophone Stephen C. Larson, a enjoint le gouvernement du Québec à liquider au plus sacrant sa participation de 24% détenue par la SGF afin, avait-il dit, de stimuler et de doper la valeur de l’action de Domtar en Bourse. Tout un motif, n’est-ce pas? L’Intérêt privé des détenteurs de capitaux doit primer sur l’intérêt collectif et le bien commun. Il faut donner priorité à la valeur au marché de l’action sur l’emploi, l’environnement, le siège social du Québec, etc. : «Le président de Domtar souhaite que Québec vende son bloc de la papetière» (Le Journal de Montréal, 10 novembre 1995). Le gouvernement a entendu l’appel et a vendu, en 2006, la compagnie à des Américains, nos amis et alliés, comme ils ont vendu Bombardier, Rona, l’Institut Armand Frappier, Provigo, Cambior, etc. à des étrangers afin d’accroître notre colonisation économique et politique et de nous appauvrir collectivement. Lorsque Domtar a été vendue en 2006, les dirigeants ont passé à la caisse en récoltant des millions de dollars en prime de séparation, bonus, régime de retraite, etc. Passez «go» et empochez. Sans compter les millions de dollars versés en honoraires dits professionnels aux experts consultants, aux banquiers, aux comptables et aux avocats.

Le petit faiseux de Provigo voulait aussi que l’État se retire

Toujours en 1995, il y a le petit président opportuniste et démagogue de Provigo qui avait ordonné au gouvernement du Québec et à la Caisse de dépôt de privatiser et de vendre leur participation majoritaire dans le joyau québécois Provigo, si important pour notre souveraineté économique et notre autonomie alimentaire chère à François Legault. Selon l’ex-p.d.g. Pierre Michaud : «Pour le bien de l’entreprise (surtout pour les actionnaires. Le bien de l’entreprise et de ses actionnaires doit primer selon ce sbire sur le bien de la collectivité), il faudrait que Provigo appartienne à une multitude d’actionnaires» (Le Journal de Montréal, 12 avril 1995). Eh, oh, sieur Michaud, c’est en appartenant à l’État québécois que Provigo avait le plus d’actionnaires, soit l’ensemble des Québécois comme c’est le cas pour Hydro-Québec.

Novembre 1998 : «Loblaw avale Provigo pour 1,6 milliard de dollars» (La Presse, 1er novembre 1998). 1,6G$ de 1998, ça vaut combien en dollars indexés de 2022?L’arriviste Michaud qui voulaitque Québec vende ses parts afin que Provigo appartienne à une multitude d’actionnaires n’a rien de trouvé à redire que Provigo appartienne dorénavant à un seul actionnaire, soit la compagnie Loblaw de Colombie-Britannique. On comprend le monsieur Michaud, car quand Provigo a été vendue à Loblaw, lui et les autres dirigeants ont empoché des millions de dollars. Par ici la bonne soupe (La Presse, 4 novembre 1998). Idem quand la société pharmaceutique d’État, BioChem Pharma, a été vendue par Québec en 2000 à l’anglaise Shire pour 5,9 milliards$, qui valent combien en dollars d’aujourd’hui? BioChem Pharma, anciennement l’Institut Armand Frappier, qui fabriquait des vaccins et avait une réputation mondiale. Mais le gouvernement l’a vendu à l’anglaise Shire afin de moderniser le Québec. Aujourd’hui le gouvernement du Québec verse des millions de dollars à l’américaine Moderna afin d’implanter une usine de vaccins dans la province, vaccins que BioChem fabriquait justement.

Domtar cédée à l’américaine Weyerhaeuser

2006 : «Domtar passe aux Américains. Une opération de 3,3, milliards US$» (Le Devoir, 24 août 2006). On est tellement intoxiqué par le patronat, nos experts, nos universitaires et bien évidemment par nos médias privés, que La Presse voyait cette prise de contrôle de notre forêt, un bien public, et de notre compagnie Domtar, comme un avantage car en raison de sa fusion avec l’américaine Weyerhaeuser, elle deviendrait plus grosse mais ne nous appartiendrait plus : «Domtar grossit et devient américaine» (La Presse, 24 août 2006). Comment des journalistes aliénés peuvent-ils nous informer et susciter un esprit critique chez les lecteurs et auditeurs?

Les Américains ont sauvé Domtar

Le président du temps de Domtar, Raymond Royer, est allé jusqu’à dire cette connerie, reprise évidemment par nos médias, genre firme de relations publiques : «La fusion a sauvé Domtar» et «Domtar : la survie par la fusion» (Le Journal de Montréal et La Presse, 25 septembre 2007). J’ai une petite question pour nos petits amis journalistes : si Weyerhaeuser a sauvé Domtar de la faillite, pourquoi alors la firme américaine a-t-elle été payée en 2006 3,3 milliards de dollars US pour acquérir une compagnie acculée à la banqueroute? Elle n’avait qu’à attendre qu’elle fasse faillite et la ramasser pour rien. En passant, le lumineux et brillant ex-président de Domtar a empoché des millions lors de la vente et aura droit à : «Une pension à vie de 720 000$ par année pour Raymond Royer» (La Presse, 13 août 2009). 720 000$ à vie et indexés au coût de la vie, bien évidemment. Il faut bien que Raymond et sa petite famille vivent convenablement sur notre bras.

Toujours les mêmes promesses

En plus d’avoir sauvé Domtar de la banqueroute, comme le PLQ nous avait dit la même ineptie lors du don de Bombardier à la française Airbus (pas la vente à Airbus mais un don : cédé pour rien, gratos), il ne fallait surtout pas s’inquiéter pour le maintien du gros siège social de Domtar à Montréal (qui est naturellement devenu un simple bureau régional) et pour les jobs : «Domtar se fait rassurant (verbalement seulement) pour les emplois au Québec» (Le Devoir, 24 août 2006). Ah oui, comme ce fut le cas récemment pour Rona et Bombardier, le gouvernement libéral du Québec a applaudi à ce délestage, à cette perte additionnelle du peu de souveraineté économique que le Québec a : «Domtar. Le PLQ et le ministre libéral Raymond Bachand applaudissent à la fusion» (Le Journal de Montréal, 26 août 2006). Aie, les manipulations de politiciens et de journalistes, ce n’est pas du tout une fusion, c’est une vente en bonne et due forme. Il faut arrêter de leurrer les citoyens et les lecteurs.

Les promesses tiennent le temps d’un pissenlit

  • «Domtar : 80 mises à pied au centre des opérations à Montréal (qui ont été transférés aux States» (Le Journal de Montréal, 4 juillet 2007);
  • «Domtar annonce la fermeture de son usine à Gatineau et de celle à Lebel-sur-Quévillon» (Le Devoir, 1er août 2007 et La Presse, 19 décembre 2008);
  • Et pourquoi pas un peu de chantage afin de maintenir au Québec le bureau régional de Domtar, qu’ils appellent quand ça le siège sociale (disons un mini siège social) et d’obtenir  encore et toujours plus de subventions de la main visible de l’État : «Le président, John D. William, laisse planer le doute d’un déménagement» (Le Journal de Montréal, 3 décembre 2013). Et on se laisse faire sans même rouspéter.

Le journal de Montréal et le journal du patronat

Pendant longtemps, l’organisme patronal d’extrême droite, l’Institut économique de Montréal, a eu un blogue régulier au JDM qui a pondu de merveilleux textes comme celui-ci : «Nos forestières injustement malmenées» (21 août 2018). Ah oui, le 16 novembre 2019, les forestières, en collaboration avec le JDM, ont publié ce message publicitaire qu’ils ont fait passer pour un texte sérieux et impartial : «L’industrie forestière, pilier de l’innovation au Québec». Oh yeah! Et puisque certains, comme Greenpeace et le poète Richard Desjardins soulèvent des questions pertinentes contraires aux principes des instruments forestiers, alors elles vont nous instruire car selon elle : «Les Québécois sont mal informés affirme l’industrie forestière».

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