Et le gagnant de toutes les crises est…

https://www.ledevoir.com/economie/600477/coronavirus-les-entreprises-en-sante-grace-aux-gouvernements

Qui est sorti gagnant de la pandémie?

C’est toujours pareil, peu importe ce qui arrive : les riches s’enrichissent, la classe moyenne et les gouvernements s’appauvrissent, les inégalités économiques déjà scandaleuses s’agrandissent, les services publics écopent et par pragmatisme, réalisme et par capacité d’adaptation, l’État privatise davantage. Et on fait cela au nom de la liberté et de la démocratie, selon la prétention de certains.

Prenons le cas récent de la COVID-19, qui se poursuit depuis 2020. Ça ce sont des faits : «Profits au rendez-vous malgré la crise (pandémie) pour les géants canadiens. Pas moins de 34 entreprises ont même enregistré en 2020 des bénéfices records» (Le Journal de Montréal, 23 décembre 2020). Au premier paragraphe de l’article rédigé par Julien Mcevoy, il est écrit que : «L’année 2020 n’a pas été difficile pour tout le monde». Oui, comme durant toutes les crises quelles qu’elles soient, les gros s’en tirent toujours mieux grâce à la collaboration permanente de leurs élus.  

Les banques canadiennes passent au «cash»

Dans ce même article, on mentionne que les cinq grandes banques canadiennes, qui forment un vrai monopole, ont réalisé des profits époustouflants pour les seuls neuf premiers mois de l’année «pandémique» 2020. Par exemple, la banque Royale a empoché un bénéfice net de 7,9 milliards$ et la banque Toronto-Dominion (TD) en a engrangé un de 8,9 milliards$. Et comme c’est leur habitude de rire du monde ordinaire avec l’appui de leurs fidèles croisés médiatiques, la banque TD a fait publier de belles grosses publicités touchantes, pleines d’humanisme et de compassion, adressées au peuple captif de ce cartel assoiffé d’argent, dans leurs médias privés. Prenons celle-ci, publiée dans Le Devoir du 24 mars 2020, et intitulée : «TD. Nous sommes avec vous». Aie, çca vient de réaliser un profit record de 8,9 milliards$ pour les neufs premiers mois de 2020 et ça vient nous déballer de telles insanités dans leurs publicités très payantes pour les médias : «La TD a toujours été fière de servir la population canadienne (un service payant). Le Canada traverse une période éprouvante (mais pas les banques), et nous sommes tous touchés de façon très personnelle (en collectant des profits milliardaires records)». Et les médias qui publient ce genre de propagande, même le très sérieux Devoir.

Le Devoir comme organe de propagande du gouvernement canadien

En passant, ceux qui lisent Le Devoir tous les jours et qui observent les reportages de ses collaborateurs, journalistes et éditorialiste envoyés et présents en Grande-Bretagne, en Ukraine portant sur la Guerre en Ukraine (et les méchants russes); le pseudo-conflit à Taïwan (et les méchants chinois); l’après USA en Afghanistan (et les méchants talibans); et la mort de notre divine et bonne reine Élisabeth d’Angleterre, du Canada et du Québec, en arrivent comme moi à croire que ce journal constitue bel et bien un média de propagande à la solde du gouvernement canadien. Ça n’a aucun bon sens et ce n’est pas très sérieux. Vraiment pathétique. Ce médias québécois, comme d’autres, cultive carrément chez le lecteur la haine des Russes, des Chinois et des Talibans et l’amour des États-Unis et de l’Occident qui représentent prétendûment le summum de la liberté et de la démocratie contrairement aux pseudo-dictatures communistes qui oppriment constamment leurs citoyens. À ne pas mettre dans le même panier idéologique les supposés dictatures socialistes et les bonnes dictatures capitalistes qui sont nos amies comme l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït et l’Égypte.

Pourquoi la pandémie a été fantastique pour les compagnies?

«Les entreprises canadiennes en santé… grâce aux gouvernements. La Banque du Canada a dévoilé sa première évaluation de l’incidencede la pandémie sur les finances des compagnies canadiennes» (Le Devoir, 11 mai 2021). Selon la Banque du Canada : «En 2020, leur encaisse a connu une hausse marquée de quelque 28% ou 150 milliards de dollars». Et selon le Directeur parlementaire du budget, le gouvernement fédéral à lui seul a versé pour 114 milliards$ de 2020 à 2021 aux entreprises canadiennes même à celles qui ont des filiales dans les paradis fiscaux et celles qui ont racheté leurs actions à coups de milliards de dollars comme BRP (Ski-Doo), Suncor, CGI, Air Canada, etc. (Le Devoir, 21 mai 2020 : Aide aux entreprises. Faut-il les soutenir toutes?). Subventionner des compagnies milliardaires, même étrangères, qui en plus logent dans les paradis fiscaux, rachètent leurs propres actions à la tonne et versent de gros dividendes et qui déclarent des profits records durant la pandémie, ça dépasse tout entendement : «Les rachats d’actions à un sommet, une occasion pour… les investisseurs (les chanceux)» (Le Devoir, 30 juillet 2021).

Et maintenant, l’effet de la pandémie sur la classe moyenne

«Nouvelle (sic) hausse de l’endettement au Canada. Les dépenses (et les soldes) par cartes de crédit atteignent des sommets» (Le Devoir, 7 septembre 2022). Et oui, comme pour toutes les crises, c’est le monde ordinaire qui écope. Les hausses de salaires sont loin de compenser pour les augmentations de prix imposées par les transnationales qui ont utilisé comme prétextes la pandémie et le conflit militaire en Ukraine pour doper leurs tarifs et leurs prix afin d’emmagasiner toujours plus de profits. Des hausses de prix planifiées et décrétées par les multinationales qu’elles appellent «inflation» et qui découlent simplement et seulement de l’application des «lois naturelles» du marché. Et les choses vont empirer pour la classe moyenne puisque la Banque du Canada vient de relever ses taux d’intérêt d’un autre 0,75 point de pourcentage, faisant passer son taux directeur de 2,50% à 3,25% (Le Devoir, 8 septembre 2022). La Banque du Canada y va d’une nouvelle hausse hors norme.

C’est comme le solde des cartes de crédit qui vient d’exploser, ça veut dire plus de profits pour nos cinq grandes banques canadiennes. La misère de la classe moyenne fait le bonheur de la classe dominante. Vous le savez, les banques chargent des taux d’intérêt shylockiens sur les soldes à payer de leurs cartes de crédit. Et qui est contraint d’utiliser l’emprunt par le biais des cartes de crédit? Oui, c’est ça, la populasse.

Idem pour la crise financière de 2008

Mes amis, ce fut le même «pattern» déplorable lors de la crise financière mondiale de 2008, dont sont responsables les banques et institutions financières qui, par cupidité coutumière, ont effectué des prêts hypothécaires en toute connaissance de cause à des gens insolvables et ont élaboré des produits financiers regroupant des prêts étudiants, des soldes sur cartes de crédit et sur locations de voitures et d’hypothèques problématiques qu’ils ont vendu à leurs clients disant qu’il y avait aucun risque ou si peu. Et puis bang, la balloune a pété. Nos gouvernements se sont alors endettés et ont versé des milliers de dollars aux banques sous le prétexte de «too big to fail». Allô économie capitaliste de marché avec la main très «visible» de l’État, pour les gros, et discrète pour les autres. En fait, c’est du socialisme d’État mais au service principalement des riches et puissants. Imaginez, l’État a aidé les banques afin d’éviter leur faillite, avec l’argent du public, soit celles qui furent responsables de ladite crise financière de 2008. Le beau principe de l’utilisateur-payeur dans tout ça, il est où?

L’impact de la crise financière 2008 sur le peuple

  • «Crise financière de 2008 : des millions d’Américains toujours surendettés (sic) en 2018» (Radio-Canada, 14 septembre 2018);
  • «Un Américain sur dix risque de perdre sa maison» (La Presse, 27 août 2010);
  • «Crise financière. 2000 milliards$ US d’épargne-retraite partis en fumée» (Le Journal de Montréal, 8 octobre 2008);
  • «Quand la crise devient une catastrophe humaine. Selon la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), les pays en voie de développement (qui sont les victimes et non les responsables) sont les plus touchés» (Le Journal de Montréal, 27 avril 2009);
  • «Pertes d’emploi dues à la crise. Sommet record depuis 1980. De plus en plus de Canadiens sont prêts à n’importe quel travail à temps partiel» (Le Journal de Montréal, 10 avril 2009).

Et l’impact de la crise financière 2008 sur les compagnies

Vous allez voir, c’est l’histoire d’une autre débâcle qui se termine bien pour certains, et qui en ont même profité pour s’enrichir davantage :

  • «Statistique Canada : les entreprises sortent de la crise financière en pleine forme. Moins endettées et les coffres pleins. En fait, leur santé n’a jamais été aussi bonne depuis 40 ans» (La Presse, 18 novembre 2009). Pis, êtes-vous contents?;
  • Et pour 2009, grâce à l’injection de fonds publics, les compagnies canadiennes ont réalisé des profits records : «L’explosion des profits n’annonce pas la fin de la crise (pour le monde ordinaire s’entend» (Le Devoir, 4 septembre 2010);
  • «Sortie de crise. La croissance des profits se poursuivra prédisent les économistes, mais tous n’en profiteront pas (qui selon vous?» (Le Devoir, 17 novembre 2010).

Et qui ne profitera pas de la croissance et des gros profits issus de la crise financière 2008? Et ben c’est la bonne banque TD, celle qui est avec nous en tout temps, qui l’a dit en 2009 : «Selon la TD, les Québécois devront faire des sacrifices» (La Presse, 2 septembre 2009).

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