Centres de données : tromperies d’Hydro-Québec appuyées par nos médias

https://www.ledevoir.com/economie/770321/hydro-quebec-prevoit-une-multiplication-des-centres-de-donnees

Un énième publireportage sur comment appauvrir la majorité

Une autre infopublicité médiatique sur comment appauvrir la majorité et enrichir la minorité de riches individus et d’entreprises, souvent des milliardaires et des transnationales américaines comme Amazon, Google, Facebook, Accenture, Oracle, Deloitte, etc. Ou comment l’État est partie prenante à la montée des inégalités économiques en étant mis sous tutelle par la classe dominante.

Mon exemple implique Hydro-Québec, les centres de données qui bénéficient injustement de bas tarifs d’électricité et de gros cadeaux fiscaux pour très peu d’emplois créés et les journalistes Alexis Riopel et Ulysse Bergeron du Devoir qui ont pondu le 11 novembre 2022 ce bijou démagogique intitulé : «Énergie. Les centres de données dans la mire d’Hydro» (Le Devoir, 11 novembre 2022). Un gros texte publicitaire faisant la première sur la page frontispice avec, en prime, une belle grosse photo d’un centre de données. Et en sous-titre du communiqué de pressé présenté comme un article, on pouvait lire ceci : «La société d’État prévoit une multiplication de ces infrastructures qui, d’ici 10 ans, exerceront une pression considérable sur le réseau électrique (et sur les tarifs imposés au monde ordinaire)». Et dire qu’au Devoir, on s’est mis à deux journalistes pour pondre ce pamphlet médiatique. À la lecture de celui-ci, on se demande quel incitatif a motivé Le Devoir de se comporter ainsi et d’aliéner ses lecteurs?

Les centres de données subventionnés par le résidentiel

Aie, il ne faut pas avoir une tonne de diplômes en économie et en comptabilité et être une cent watts pour se rendre rapidement à l’évidence que les centres de données ouverts ici au Québec par des transnationales étrangères comme Amazon, Google, IBM, Microsoft, OVHcloud, Accenture, Oracle, etc., et parfois construits sur de belles et grosses terres agricoles (comme à Beauharnois), sont nettement déficitaires pour Hydro-Québec. On vend l’électricité à environ 4 à 5 cents le kilowattheure aux centres de données et Hydro le paie plus de 10 cents le kWh aux opportunistes de l’éolien privé : «Les Québécois paient les factures d’énergie éolienne les plus élevées en Amérique du Nord»» (Le Journal de Montréal, 17 mai 2018). Et afin de satisfaire la demande d’électricité des centres de données très énergivores, Hydro devra acheter plus d’électricité des éoliennes privées augmentant chaque année et de façon permanente ses pertes. Et qui paiera en dernier ressort pour ces folies initiées par des lobbyistes futées au service de gros intérêts privés? Ben oui, le consommateur captif résidentiel qui est pourtant le vrai propriétaire d’Hydro-Québec. Aie, si c’est si payant pour Hydro, pourquoi les autres provinces canadiennes et les 50 États américains ne font-ils pas des offres semblables afin d’attirer chez eux ces gros centres de données qui créent pus d’emplois détenus par Amazon, Google et Microsoft?  C’est comme les jeux vidéos, les centres informatiques, le commerce électronique et l’intelligence artificielle, pourquoi c’est le Québec qui sort toujours gagnant? Parce que ce n’est pas payant et très déficitaire.

Le gouvernement et Hydro vous prennent pour des moins : payez et fermez-la

Subventionner les centres de données avec des tarifs d’électricité bonbons accompagnés de grosses déductions fiscales est aussi ridicule que faire la même chose avec les serres qui font pousser du pot et des plantes ornementales : «Le cannabis accapare le tiers de l’électricité d’un programme voué à l’autonomie alimentaire» (Le Devoir, 4 juillet 2022). Et qui va payer pour ces arnaques? Et oui, encore et toujours le consommateur résidentiel qui, en plus, doit payer la TVQ et la TPS sur sa facture d’électricité, ce qui n’est pas le cas pour les compagnies, et pour qui sa dépense d’électricité n’est pas déductible d’impôts contrairement aux entreprises. Ça fait que le 9 cents de tarif qui vous est facturé par Hydro, une fois ajoutés la TPS, la TVQ et les impôts que vous devez payer avant votre compte d’électricité vous revient à environ 20 cents le kilowattheure contrairement à environ 3 cents pour les compagnies car leur tarif spécial est de plus déductible de leurs impôts. Dans votre déclaration fiscale annuelle, avez-vous le droit de déduire votre dépense d’électricité de vos revenus fiscaux? Non, mais les entreprises oui.

La petitesse des journalistes du Devoir

Nos deux sbires journalistiques, afin d’asseoir toute la subjectivité crasse de leur texte, ont interviewé le représentant québécois de l’américaine Vantage Data Centers, Maxime Guévin, qui exploite ici au Québec plusieurs centres de données, qui est venu déballer le bien-fondé de cette «grappe» industrielle. Et puis, prenant leur courage à deux mains, ils se sont entretenus avec Maxence Huard-Lefebvre, un gars ferré en relations publiques à l’emploi d’Hydro-Québec qui leur a dit ceci sans rire et sans que les journalistes répliquent, demandent des précisions ou interviewent d’autres intervenants qui ne partagent pas les sophismes fantaisistes et farfelus du porte-parole d’Hydro. Maxence a dit à nos deux innocents : «Les centres de données créent de la richesse, citant des études économiques». Créent de la richesse comment? On veut des chiffres. Où sont les fameuses études économiques, rédigées par qui et financées par qui? Pourquoi dans leur article ne pas avoir nommer les auteurs de ces études et mentionner leurs titres afin que l’on puisse faire les vérifications? Parole d’un comptable qui a été professeur de comptabilité à l’UQAM pendant 45 ans et qui a rédigé plusieurs études sur Hydro-Québec, les pétrolières, les banques, les pharmaceutiques, etc., il n’y en a pas d’études ou s’il y en a, elles ne sont pas sérieuses. Si Hydro avait en main des recherches indépendantes et objectives démontrant que les centres de données sont une mine d’or pour Hydro, le Québec et les consommateurs, soyez assurés qu’ils les auraient rendues publiques depuis longtemps. C’est comme pour le 3e lien à Québec, il n’y a pas d’études probantes et on continue gaiement à mentir à la population afin de la faire payer pour les vaches sacrées consenties aux gras durs.

Le comble du ridicule : les centres de données afin de lutter contre la population

Comme ils n’ont pas de chiffres objectifs, voilà pourquoi Hydro et nos deux journalistes à gogo n’en ont pas fournis. Et, comme ils savent pertinemment que c’est déficitaire, alors les journalistes asservis et le fameux représentant de commerce d’Hydro ont mis l’emphase dans le texte du Devoir sur le fait que les centres de données sont bons pour l’environnement en favorisant la carboneutralité. Une chance que le ridicule ne tue pas. Donc, on demande aux Québécois d’accepter des hausses de tarifs et d’accorder des tarifs bonbons aux transnationales Amazon, Google, Microsoft et cie afin de les aider à diminuer leur niveau de pollution et ainsi favoriser leur carboneutralité. En passant, par essence, les GAFAM, les firmes de service-conseil, bancaires, de comptables et d’avocats polluent moins que les pétrolières et les transporteurs. Avant de demander aux Québécois de subventionner la carboneutralité des Google et Facebook de ce monde, on devrait leur demander d’être cohérents et de donner eux-mêmes l’exemple en refusant la publicité sur leurs réseaux sociaux des gros pollueurs invétérés comme les pétrolières et les minières. Que c’est beau et doux d’avancer l’argument de la carboneutralité afin de subventionner ces transnationales plus grosses et plus riches que les pays. Pendant qu’Hydro nous fait des accroires sur sa sainteté écologique, l’État québécois et la CAQ donnent leur accord pour le 3e lien à Québec, refuse de taxer les VUS et les pick-ups, détruit des milieux humides au nom du développement économique et varge dans nos forêts.

Un deuxième texte en prime dans le même numéro du 11 novembre 2022

Ce 11 novembre 2022, le journaliste du Devoir, Ulysse Bergeron, était en feu et très motivé. Il a pondu la même journée un deuxième gros texte louangeur sur Hydro intitulé : «Hydro-Québec se dote d’un plan d’adaptation aux changements climatiques». C’est-y pas beau ça? Félicitations à ton programme Ulysse et, en passant, bonne année 2023 de même qu’à ton complice Alexis Riopel. Comme le dit si bien le prophète : «les deux font la paire». Pour donner une touche de sérieux à cet autre texte d’Ulysse et pour nous faire voir que chez Hydro la protection de l’environnement c’est du sérieux, Ulysse a, dans ce cas, délaissé le gars des communications d’Hydro pour donner la parole à Philippe Bourke, cadre sénior à la Société d’État et attention : «nouvelle recrue chez Hydro, ce dernier était jusqu’à cet été président du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE)». Ah ben, s’il était au BAPE, c’est donc quelqu’un qui a la survie de la planète à cœur. Encore du tape-à-l’œil. Ulysse, je t’en prie : fais juste lire le titre de cet article que j’ai ressorti juste pour toi de mes archives : «L’ancien président du BAPE se rallie à l’industrie minière (et devient lobbyiste). Pierre Renaud suggère aux industriels d’investir les médias (incluant bien évidemment Le Devoir) pour se faire entendre» (Le Devoir, 14 mars 2013). Au moins Pierre Renaud a le mérite de dire crument la vérité et de relativiser la prétendue indépendance le professionnalisme postulé et la soi-disant objectivité de nos médias occidentaux privés qui s’aventurent souvent dans des faits et vérités parallèles et à du tripotage.  

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