Aliments : encore plus cher en 2023, au profit de qui?

https://www.lapresse.ca/affaires/2022-11-17/prix-des-aliments/le-budget-de-l-epicerie-au-regime.php

Toujours la même cassette éculée et répétée

Mes très adorables amis, le prix des aliments et de l’essence augmente régulièrement, à tous les cinq ans environ, avec toujours la même litanie d’arguments folichons qui nous est servie par le patronat et ses très experts et très scientifiques asservis. Et ça passe comme du beurre dans la poêle auprès des politiciens collaborateurs qui, au lieu de plafonner et de réglementer les prix qui créent de l’inflation et la hausse des taux d’intérêt, se font complices des exploiteurs en annulant certaines taxes, en baissant les impôts ou en envoyant des chèques aux gens pris en otage par la dictature des transnationales occidentales et de leurs oligarques qui voient leurs profits exploser. Comme l’argent ne tombe pas du ciel, les chèques du gouvernement caquiste, en dernier ressort, qui finance et qui paie pour ça? Certainement pas les multinationales et les banques qui spéculent sur le pétrole, les aliments et les métaux car Trudeau et Legault refusent net, fret, sec de taxer les surprofits. Ce sont des politiques avec des principes moraux très élevés. Et le pire dans tout ça, ce sont nos médias qui devraient dans ces cas adopter une attitude très critique face à ce vol institutionnalisé. Bien non, ils s’écrasent et donnent raison à ces malfrats en répétant tel quel leurs arguments et ceux de leurs experts et universitaires commandités.

«Ça recommence» que chantait les Baronets dans les années 60’s

Pas besoin de chercher très loin pour démontrer que j’ai raison… encore une fois. Heille, faites pas vos jaloux! Pourquoi les journalistes ne font-ils pas un minimum de recherche au lieu d’agir comme des hauts parleurs des profiteurs? Pourtant, c’est si simple. Regardez les copines et les copains, en fouillant rapidement dans mes précieux dossiers de vieux articles de journaux, j’en ai ressorti deux qui démontrent très bien la vraie nature des journalistes et aussi que, dans les faits, la population est laissée à elle-même face à ceux qui imposent la hausse des prix afin de toujours s’enrichir davantage. Et hop, s’envolent les inégalités économiques, la popularité des banques alimentaires et la folklorique guignolée des médias.

Mon premier article a été publié le 4 avril 2009 dans le journal La Presse sous la plume de Stéphanie Bérubé, un texte de 2 grosses pages que ladite journaliste a osé appelé ça «dossier». Voici le titre qui dit tout : «Forte hausse du prix des aliments. Le temps est venu de passer à la caisse». Je ne sais pas pour vous, mais moi ça me met hors de moi. Les fusibles sautent. Donc, pour la journaliste de service, il n’y a rien à faire d’autre face à cette hausse importante du prix des aliments : il faut se soumettre et payer sans rechigner et sans rouspéter. Madame Bérubé, qui a empoché le fruit de cette augmentation de prix? Les travailleurs? Certainement pas les gouvernements qui ne veulent pas augmenter l’impôt des profiteurs et pas par une hausse de la TVQ et de la TPS empochée puisque les aliments ne sont pas taxables. Peut-être les petits agriculteurs de l’Amérique latine si il en reste, car les banques, les ploutocrates et les transnationales achètent de plus en plus de terres agricoles partout dans le monde comme en Ukraine : «L’homme d’affaires français Charles Beigdeber, connu pour son flair et son habileté (c’est effrayant d’écrire de telles sottises) a annoncé avoir doublé ses terres cultivées en Ukraine» ( Acheter des terres agricoles, un pari peu risqué. La Presse, 5 avril 2010)? Les céréales doivent absolument sortir de l’Ukraine au profit de qui et qui appartient à qui? Les Occidentaux ont d’immenses investissements en Ukraine, ça aide certains pays et quelques investisseurs à leur venir en aide au nom de la souveraineté, de la solidarité et de la philanthropie.

Et il y a cet autre cas qui va vous aider, peut-être, madame la journaliste Bérubé, à répondre à mes questions : «Un banquier américain vient d’acquérir 400 000 hectares (juste ça) de terres agricoles au Soudan. Philippe Heillberg a comme projet de faire de l’agriculture (un banquier qui se recycle dans l’agriculture) en raison du prix des denrées alimentaires en hausse» (La Presse, 30 janvier 2009).

Et la récidive consternante d’un autre journaliste, je devrais dire d’un «énième» journaliste

Après les aliments en 2009, vint, naturellement, la hausse du prix de l’essence. C’était écrit dans le ciel. Cette fois, j’ai retracé cet article misérable dans La Presse du 12 mai 2011, texte rédigé par Maxime Bergeron, un autre journaliste enrôlé : «Frustration à la pompe (mais ça va se passer)! Le prix de l’essence augmente malgré la baisse du brut. Et les automobilistes devront prendre leur mal en patience (sic)». Donc si on comprends bien, personne n’y peut rien face aux hausses régulières des prix décrétés, sans raisons valables, par les pétrolières, les épiciers, les spéculateurs, les importateurs, les gros propriétaires de terres agricoles, etc. Il faut que les consommateurs «prennent leur mal en patience» et «passent à la caisse». Qu’ils prennent leur trou, quoi! Drôle de démocratie même si les gens sont loin d’être libres. Ils sont plutôt prisonniers des cartels alimentaires, pétroliers, bancaires, pharmaceutiques, miniers, de l’internet et du sans-fil, des cartes de crédit, du transport aérien et ferroviaire, etc. Ce n’est pas parce que vous votez aux quatre ans pour des partis politiques qui se rassemblent et qui sont tous sous la gouverne du patronat que vous êtes vraiment plus libres qu’en Chine, qu’en Russie et qu’à Cuba.

Dernière heure : les prix vont encore augmenter en 2023 selon les experts universitaires

Ah ben, le 5 décembre 2022, tous nos médias écrits et parlés se sont empressés de rendre compte, en justifiant et en amplifiant les prétentions des universitaires «scientifiques», les conclusions d’une étude à gogo et dans le vent émanant des universités de Dalhousie, de Guelph et de la Saskatchewan (bizarre, aucune université du Québec) à l’effet que le prix des aliments va encore augmenter en 2023 : «Inflation alimentaire. Un panier moins rempli et lus cher. Un rapport prédit que la hausse du prix devrait se poursuivre en 2023» (Le Devoir, 5 décembre 2023). L’auteur principal de ce pamphlet est Sylvain Charlebois, qui est, d’après le journaliste du Devoir, Lise Denis, rien de moins que le directeur «scientifique» du Laboratoire de «sciences» analytiques en agroalimentaire de l’Université de Dalhousie en Nouvelle-Écosse. Aie, la science est de mise dans ce laboratoire.

J’aime le directeur scientifique du laboratoire de sciences

Monsieur Charlebois est chroniqueur à La Presse et, en 2004, il a déménagé ses pénattes en Saskatchewan, trouvant le Québec sclérosé, trop syndiqué, trop réglementé, etc. C’est ce qu’il a affirmé dans son opinion personnelle publiée dans La Presse du 19 juillet 2004 sous le titre de : «Opinion. Pourquoi nous quittons le Québec». Moi j’ai beaucoup pleuré suite au départ de ce cerveau. Heureusement, le Québec a absorbé le choc de ce départ familial. Par la suite, il a quitté la Saskatchewan pour la Nouvelle-Écosse, monsieur Charlebois a-t-il rédigé une opinion du genre : «Pourquoi nous quittons la Saskatchewan?»?

Pour vous donner une autre idée de la nature intrinsèque dudit scientifique, le 19 novembre 2009 il a publié cette autre opinion dans La Presse : «Des sommets internationaux futiles. Misons sur les entreprises (sic) plutôt que sur les gouvernements pour éradiquer la famine dans le monde». Comme la retenue fait partie de moi-même, je vais m’abstenir de commenter. Et La Presse qui publie ça.

La recherche de la vérité selon la journaliste du Devoir

Lise Denis, la journaliste du Devoir, a, afin de minimiser les risques de tout bousiller de sa thèse médiatique, interviewer les bonnes personnes qui, même si elles n’ont pas participé à la rédaction du rapport, ont endossé le tout. Il s’agit de la professeure en «marketing» des HEC, Johanne, pardon, JoAnne Labrecque et de Pascal Thériault de l’Université McGill, qui est à la fois agronome et économiste. Un vrai expert!

Toujours les mêmes âneries

Alors, pour justifier leurs prédictions scientifiques, les universitaires ont déballé, comme toujours, les mêmes arguments fantaisistes et loufoques qui leurs ont servi d’assise et de fondation à leur vision. Les prix de aliments vont augmenter en 2023 à cause, tel qu’écrit noir sur blanc, dans le très sérieux Devoir, du 5 décembre 2022, des facteurs suivants :

  1. Un classique depuis la pandémie répété tout le temps depuis 2020 : la privatisation des chaînes d’approvisionnement (ici ils ne peuvent pas blâmer la Chine);
  2. La pénurie de main d’œuvre (certainement pas au Mexique et ailleurs en Amérique latine d’où proviennent plusieurs fruits et légumes, car eux ont un surplus de main d’œuvre);
  3. Un autre bon vieux classique : les événements climatiques défavorables (ouragans, feux, sécheresse, inondations, etc.);
  4. Un autre prétexte quérulent : les tensions géopolitiques croissantes (même si on importe rien de l’Ukraine et du Yémen mais beaucoup de l’Amérique dy Sud où c’est le beau calme);
  5. Les prix élevés du pétrole;
  6. La chute du dollar canadien (même s’il est en hausse face à l’euro et plusieurs monnaies de pays d’Amérique latine);
  7. Ah ben, celle-là, on ne pouvait pas la rater : la guerre en Ukraine;
  8. Un autre «must» formulé par nos experts : les changements climatiques, le réchauffement de la planète, les gaz à effet de serre, etc.

Aie, ça ne fait pas sérieux comme étude universitaire ces niaiseries. Mais, comme cela va dans le bon sens du poil patronal, nos médias trouvent que ces arguments primaires et simplistes sont bons, alors que dans les faits ils constituent une insulte à l’intelligence. Les universitaires «intoxiqués» et les médias en quête de publicitaires, qu’il ne faut point hérisser, ont textuellement régurgité les mêmes arguments que les cleptomanes et les multinationales qui sont les seuls bénéficiaires de cette arnaque qui n’a rien à voir avec les supposées lois naturelles prétendument naturelles du pseudo-marché.

Où va l’argent et à qui?

Il y a bien quelqu’un, quelque part, qui encaisse ces hausses de prix? Pas difficile à trouver. Vous n’avez qu’à regarder du côté des profits des épiceries, des importateurs américains (Dole, Chiquuita, Del Monte), des gros propriétaires de terres agricoles et des banques qui spéculent sur le blé, l’avoine, le maïs, le soya, le pétrole, etc., tout le temps et depuis longtemps :

  • «Aliments, métaux et pétrole : la spéculation, les deux tiers du problème» (La Presse, 15 avril 2013);
  • «Prix des aliments : Sarkozy refuse de laisser le champ libre aux spéculateurs» (Le Devoir, 15 juin 2011);
  • «Deutsshe Bank : récolter les fruits de la flambée des prix alimentaires» (Le Devoir, 7 juin 2008). Ça c’est pour les visionnaires qui ont acheté des contrats à terme.

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