Le comble du cynisme : les gens d’affaires dirigent nos institutions

https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2022-12-01/jacynthe-cote-dirigera-le-conseil-de-la-banque-royale.php

Le cynisme dans la gestion de nos instruments collectifs : Hydro-Québec

Saviez-vous que la présidente du conseil d’administration d’Hydro-Québec est depuis 2018 madame Jacynthe Côté, elle qui fut longtemps la cheffe de direction de l’aluminerie Rio Tinto Alcan au Québec. Comme vous le savez, les alumineries jouissent d’un tarif privilégié d’électricité d’environ 4 cents le kilowattheure qui coûte des millions de dollars chaque année à Hydro-Québec et à la collectivité québécoise qui, en dernier ressort, doit payer la note. Les alumineries, des entreprises qui ne transforment absolument rien au Québec; qui créent relativement peu d’emplois compte tenu de l’aide gouvernementale reçue et qui polluent beaucoup. Même Hydro-Québec reconnaissait ces faits en 2002 : «Hydro-Québec estime peu rentables les projets d’alumineries» (Le Devoir, 24 janvier 2002). Projets d’alumineries qui sont devenus déficitaires au fil des ans en raison des tarifs d’électricité qui n’ont cessé de diminuer depuis 2002. L’ancien président d’Hydro-Québec, devenu adéquiste, l’avait honnêtement affirmé en 2004 : «Les alumineries sont trop énergivores, dit André Caillé» (Le Journal de Montréal, 22 janvier 2004). Et puis, l’ancien patron de la Standard Life, de l’Institut économique de Montréal et de l’ADQ, l’ancêtre de la CAQ, monsieur Claude Garcia a dit ceci en 2009 : «Nourrir les alumineries coûte 2,5 milliards de dollars par année» (La Presse, 3 février 2009). Et, enfin : «Les alumineries en tête des pires pollueurs au Québec (dépassé maintenant par la Cimenterie McInnis en Gaspésie)» (Le Journal de Montréal, 13 octobre 2005). Bah, pas grave puisqu’on ne comptabilise pas les externalités comme la pollution dont les coûts et les effets sont assumés par l’État et par la population. En 2000, Bernard Landry avait même piqué une crise, pour la galerie, sans que les grosses alumineries au Québec détenues par des transnationales étrangères daignent naturellement acquiescer aux supplications de Bernard : «Landry menace de débrancher les alumineries. Le vice-premier ministre juge le niveau de transformation insuffisant» (Le Devoir, 22 octobre 2000). Non seulement il a baissé leur tarif d’électricité et les alumineries ont continué à fabriquer au Québec que de l’aluminerie primaire. Il faut se le dire franchement : nos gouvernements sont à la solde du patronat : non seulement ils obligent Hydro-Québec à consentir des tarifs d’électricité nettement inférieurs au prix payé aux barrages et aux éoliennes privés aux alumineries mais aussi aux serres, aux centres de données et à l’exportation aux riches États américains de New-York et du Massachussetts. Et qui doit payer pour ces cadeaux? Et le ministre caquiste, peu porté sur l’éthique, Pierre Fitzgibbon, qui vient nous faire la morale en nous disant de faire preuve de sobriété énergétique,

Le loup dans la bergerie

Je m’excuse mais nommer Jacynthe Côté à la tête du conseil d’administration d’Hydro-Québec, elle qui a été présidente de l’aluminerie Rio Tinto Alcan, c’est carrément rire du monde. Cela n’a aucun bon sens. Ben non, la dame est nullement en conflit d’intérêt et va défendre les intérêts de la collectivité avant ceux de son ancienne compagnie avec qui supposément elle a coupé tous les liens qu’ils vont vous dire pour se moquer encore davantage de vous. Oh, oh, dernière nouvelle, Jacynthe va quitter la direction d’Hydro-Québec car elle s’est trouvé récemment une job bien plus payante : «Jacynthe Côté, présidente du conseil d’administration de la Banque Royale du Canada (RBC)» (Le Devoir, 2 décembre 2022). L’ex-dirigeante de Rio Tinto Alcan è la tête du CA d’Hydro-Québec, compagnie qui est censée nous appartenir collectivement. Ça dépasse les bornes de la décence.

Hydro-Québec et les affairistes à sa tête

On dénature volontairement la mission et le rôle de nos instruments collectifs en nommant toujours des affairistes comme dirigeants au lieu de promouvoir la nomination de véritables commis d’État ou de gens d’expérience qui ont fait carrière chez Hydro-Québec ou ailleurs dans la fonction publique. Allez chercher des gens dans le privé qui n’ont aucune expérience valable dans le domaine de l’électricité est la marque de commerce de nos gouvernements dont les principaux ministres proviennent eux aussi du secteur privé et des banques (Legault, Fitzgibbon, Dubé, Girard et France-Élaine Duranceau, la nouvelle ministre caquiste de l’Habitation qui était vice-présidente de Cushman & Wakefield, société américaine de consultation en immobilier commercial. Puis Dominique Anglade ne provenait-elle pas de la grosse firme de consultation américaine McKinsey?

Gaz Métropolitain et Bombardier

La nouvelle p.d.g. d’Hydro-Québec est Sophie Brochu qui était avant présidente de Gaz Métropolitain, un simple importateur de gaz naturel qui détient à cet effet le monopole de la distribution au Québec. Rien à vois avec l’électricité. Puis, avant elle, il y a eu Éric Martel, élu président d’Hydro-Québec, lui qui était chez Bombardier, un flop monumental qui a drainé des milliards de dollars en subventions publiques. Il faut arrêter de toujours nommer des représentants du privé à la tête de nos joyaux publics.

Madame Brochu, actuelle présidente d’Hydro-Québec, est aussi membre du conseil d’administration de la Banque de Montréal (BMO). Ça parait bien sur un C.V. et ça l’aide à remplir ses fonctions chez Hydro-Québec et à donner préséance à la volonté de la population et du bien public.

Fitz nomme son ami : les copains d’abord

Chez Investissement Québec (IQ), société d’État qui gère et investit des milliards de dollars en fonds publics, Pierre Fitgibbon, grand amateur de la chasse au faisn en costume d’époque sur une île privée au Québec, a nommé cmme président Guy Leblanc qui provient du cabinet américain d’experts comptables Price Waterhouse Coopers (PWC) à qui il a octroyé un salaire annuel de plus d’un million l’an. Ben non, pour diriger ce bien public, il n’y avait évidemment aucune personne au sein du gouvernement ou d’IQ d’assez compétent. Vraiment insultant et démotivant pour les commis d’État d’expérience. Même si la loi 96 ne règlera pas du tout le problème du déclin du français au Québec, et bien le nouveau mandarin d’IQ et ex-dorogeant de Price Waterhouse Coopers, trouve que c’est trop : «Protection du français : le grand patron d’Investissement Québec critique la loi 96 et appelle à des assouplissements» (Le Journal de Montréal, 9 décembre 2022). Pour de tels commentaires, il faudrait lui montrer la porte de sortie.

Idem à la Caisse de dépôt et placement du Québec

Et à la Caisse de dépôt, le gouvernement caquiste a nommé l’ex-dirigeant de la Banque Scotia, Charles Émond, à titre de président en remplacement de Michel Sabia, qui lui provenait de Bell Canada, qui fait partie du cartel Bell-Rogers-Telus-Vidéotron. Ben non, le gouvernement n’a pas trouvé aucune personne compétente au sein de la fonction publique pour diriger la Caisse de dépôt. L’actuel patron de la Caisse qui nous vient de la Scotia Bank : l’actuelle patronne d’Hydro-Québec Sophie Brochu qui est membre du CA de la Banque de Montréal (BMO) et l’ex-dirigeant du CA d’Hydro-Québec, Jacynthe Côté, qui s’en va à la tête du CA de la Royal Bank (RBC) c’est formidable même si les banques sont les championnes de l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux.

Ah qu’il fait bon vivre dans un pays qui est gouverné par le peuple et pour le peuple

Ben certain que les gens d’affaires devenus ministres et dirigeant de nos biens publics priorisent avant tout l’intérêt collectif et contre le démantèlement de l’État et la privatisation de nos services publics et de nos sociétés d’État. C’est pourquoi Justin Trudeau a nommé à la tête du CA de Via Rail l’ex-dirigeante de la Chambre de commerce du Québec, Françoise Bertrand, qui va certainement milité fort pour plus de transport en commun même si elle est une adepte de la privatisation et des PPP (Le Devoir, 20 avril 2017). Et à la Banque de développement du Canada (BDC), Justin qui a de la suite dans les idées a nommé en 2021 comme présidente de Chambre de commerce et ex-patronne de Sun Life qui avait quitté le Québec suite à l’élection du PQ. Et comme présidente du CA de la Banque de l’infrastructure dy Canada, Justin a été cherché la perle rare encore dans le privé et plus particulièrement à la Royal Bank en la personne de Janice Fukakusa : «De la RBC au CA de la Banque de l’infrastructure» (Le Devoir, 7 juillet 2017). Bonne nouvelle, Trudeau vient de nommer Michel Sabia (il est partout) comme président du CA de la Banque de l’infrastructure en remplacement de Janice (Le Devoir, 4 avril 2020). Et Sabia qui est aussi nommé sous-ministre des Finances à Ottawa (Le Journal de Montréal, 7 décembre 2020). Et oui, nous vivons sous la dictature du patronat et nos élus sont leurs valets.

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