Auteur : Léo-Paul Lauzon

Profits des pétrolières sur votre bras : un vrai vol

https://www.ledevoir.com/economie/714558/rapport-nouveau-record-des-dividendes-reverses-dans-le-monde-au-premier-trimestre

Il faut nationaliser cette ressource collective

Ça fait depuis que je suis tout jeune que l’on se fait arnaquer par des bandits à cravate. Ça fait donc longtemps, hein! Si des pays africains, comme le Soudan, le Congo, le Nigeria et d’autres avaient nationalisé leurs ressources pétrolières et minières, ils seraient aujourd’hui des pays riches. Mais, hélas, les pétrolières française, espagnole, italienne, néerlandaise (Total, Eni, Repsol, Royal Dutch Shell), des pays qui n’ont pas une goutte de pétrole mais qui en ont besoin, se sont accaparées toutes leurs richesses naturelles en y allant à fond la caisse avec la corruption des politiciens véreux et vendus. Il ne faut pas oublier aussi les américaines ExxonMobil, BP-Amoco, Chevron Texaco, Conoco Phillips, etc., dont leur gouvernement a envahi militairement l’Irak et dégommé Khadafi en Lybie pour faire main basse sur ces ressources et biens collectifs si importants pour la sécurité nationale et l’hégémonie des pays occidentaux. Au Canada, Pierre-Elliott Trudeau a eu la bonne idée au début des années 80 de créer Petro-Canada et de nationaliser quelques compagnies comme Pétrofina. Par pure idéologie et cédant aux pressions des affairistes, qui contribuent généreusement aux partis libéraux, conservateurs, démocrates et républicains, le 20 février 1990, le gouvernement libéral canadien de Jean Chrétien a privatisé, sans débat public et pour des grenailles, Petro-Canada, devenue Suncor, qui est maintenant massivement contrôlée par des Américains, tel le fonds Elliott Investment Management (Le Journal de Montréal, 20 juillet 2022). Le Canadien National, oh pardon, la direction ne veut plus utiliser le mot canadien. Il faut dorénavant dire CN. Et cette ex-société d’État appartient également aujourd’hui, comme bien d’autres (Canadair et les Arsenaux Canadiens par exemple), à des étrangers, dont l’actionnaire principal est nul autre que Bill Gates de Microsoft. Plus colonisés que les Canadiens et les Québécois, tu meurs draitte-là. Colonisés, libres et démocratie, des mots qui ne vont pas très ensemble.

Un autre chroniqueur asservi

Lors de l’annonce de la privatisation totale de Petro-Canada en 1995 (le gouvernement avait conservé 20% des actions. Par contre, en France et en Italie par exemple, les gouvernements sont les principaux actionnaires de Total et de Eni, mais pas ici), l’éminent chroniqueur assiégé de La Presse, Frédéric Wagnière, avait applaudi à ce délestage et avait intitulé son papier ainsi : «La fin du dirigisme» (La Presse, 8 septembre 1995).

Dans son papier, qui s’apparente à un communiqué de presse de l’entreprise, il a écrit ces énormités qui dénotent son ignorance idéologique : «Le gouvernement canadien n’a plus besoin d’une Petro-Canada puissante et choyée (sic) pour faire ses volontés (sic) dans un marché enrégimenté. La politique énergétique du Canada se limite maintenant surtout à veiller au bon fonctionnement du marché (sic) qui repose sur la concurrence entre des compagnies qui sont égales quant aux chances et aux contraintes». Un autre exemple de notre presse libre, professionnelle et indépendante. Nos médias sont des légionnaires de la classe dominante.

Les actionnaires de Petro-Canada jubilent

En 1991, dans son premier rapport annuel de société privatisée, les dirigeants avaient écrit ceci sans aucune gêne sachant que nous sommes intoxiqués et soumis :

«Que signifie la privatisation de Petro-Canada?

  • Petro-Canada ne sera plus obligée (sic) d’entreprendre des activités d’intérêt public;
  • Petro peut maintenant se concentrer sur l’accroissement de l’avoir des actionnaires (pas l’avoir de la population)».

Un vol institutionnalisé et ce n’est pas moi qui le dis

«Le chef de l’ONU (Antonio Guteres) dénonce les profits scandaleux des pétrolières. Ces richesses accumulées sur le dos des plus pauvres doivent être taxées (mieux, il faut les nationaliser), selon Guterres» (Le Devoir, 4 août 2022). Des profits «scandaleux», décodés ça veut dire quoi selon vous? Et pourtant, rien ne va changer et on continuera à se faire détrousser avec la complicité de nos pantins de politiciens.

Et puis, je le répète pour être bien entendu. Quand Philippe Couillard a dit : «La variation des prix de l’essence est apparemment concertée», déchiffré ça rime avec quoi selon vous? (Le Devoir, 31 mai 2018). En 2008, Stephen Harper avait été plus clair et plus direct quand il avait affirmé que : «Le prix de l’essence. Les Canadiens escroqués. Les pétrolières ne font pas payer le juste prix (elles ne l’ont jamais fait et ne le feront jamais)» (Le Journal de Montréal, 13 septembre 2008). Et pour nous résigner et nous asservir encore plus, il y a le journaliste Maxime Bergeron qui avait intitulé son publireportage, qu’il nous présentait comme un article impartial et sérieux, ainsi : «Le prix de l’essence augmente, malgré la baisse du brut. Et les automobilistes devront prendre leur mal en patience (sic) (La Presse, 12 mai 2011). Souveraineté du peuple vous dites!

Allez, payer sans rechigner comme nous l’avait suggéré notre ex-premier ministre de la grosse droite Lulu dit le tooupet : «Lucien Bouchard déplore le boycott des pétrolières» (Le Journal de Montréal, 18 avril 2000). On comprend sa démarche puisque par après il est devenu président de l’industrie pétrolière du Québec. Lulu, un politicien exécrable.

Voilà les preuves irréfutables

Pandémie, guerre en Ukraine, vagues de chaleur extrême, ouragans, etc., toutes les raisons sont bonnes pour fouiller dans nos poches. Aie, pour le seul deuxième trimestre de l’année 2022, Royal Dutch Shell a réalisé un bénéfice net de 11,5 milliards de dollars US et la française Total de 5,7GUS. Et pas en reste pour cette pétrolière canadienne : «La pétrolière Cenovus décuple ses profits (2,4G$ US)» (Radio-Canada, 28 juillet 2022). Et bonne nouvelle pour ses actionnaires : «Cenovus a racheté assez d’actions pour augmenter les revenus des actionnaires d’un milliard de dollars au cours du deuxième trimestre de 2022». Pis, êtes-vous contents? Et quant à l’Impériale Esso, filiale canadienne de l’américaine Exxon Mobil : «L’impériale engrange des profits inégalés depuis 2014» (Radio-Canada, 1er février 2022). Allez, applaudissez même si vous êtes les dindons de la farce grotesque et cynique.

Et toujours pour le seul et unique deuxième trimestre de 2022, les américaines Exxon Mobil et Chevron Texaco ont engrangé des bénéfices nets de 17,9G$ US et de 11,6G$ US respectivement. De quoi faire la fête, non? L’italienne Eni a quant à elle réalisé 3,8G$ US de profit et l’espagnole Repsol a vu ses bénéfices croître de 165% depuis janvier 2022 : «Des profits pharaoniques pour les pétrolières» (Le Devoir, 30 juillet 2022). Bien évidemment, ces malfrats vont gâter leurs actionnaires et leurs dirigeants avec de gros dividendes et d’imposants rachats d’actions : «Des dividendes de 100 milliards$ US pour les pétrolières et les minières en 2022» (Le Journal de Montréal, 24 mai 2022). Mes amis, j’ai une question pour vous : la française Total, l’italienne Eni, l’espagnole Repsol et la néerlandaise Royal Dutch Shell ont empoché des milliards de dollars en profits au deuxième trimestre de 2022 mais ces pays n,ont pas une goutte de pétrole chez eux. Alors, elles prennent leur pétrole où et leur argent où? On appelle ça de l’impérialisme et du colonialisme. En passant, Suncor-Petro Canada a eu droit à un profit de 11G$ en 2021. Payant pour qui la privatisation?

Profits records mais il ne faut pas les taxer et il faut les subventionner

Profits records d’accord, mais le gouvernement libéral du Canada de Justin Trudeau se refuse à relever les impôts de nos mécréantes pétrolières : «Malgré les critiques (malveillantes), Ottawa ne compte pas taxer davantage les pétrolières ou les gazières» (Radio-Canada, 6 août 2022). Bien plus, pour laisser toute la liberté aux pétrolières de nous filouter, certaines provinces ont diminué leurs taxes sur l’essence plutôt que d’exiger des pétrolières qu’elles baissent leurs prix. Et pour l’étincelant chroniqueur Michel Girard du Journal de Montréal, ce sont nos scélérats gouvernements qui sont responsables du prix élevé de l’essence et non les philanthropiques pétrolières : «L’automobiliste plumé en taxes et tarifs (et pas du tout par les pétrolières)» (Le Journal de Montréal, 15 juin 2019). En terminant, voici un judicieux conseil de la Royal Bank of Canada. Il ne faut pas hausser l’impôt des pétrolières (leurs clientes) mais il faut les subventionner encore plus : «Le gouvernement doit soutenir le secteur de l’énergie (à nous dévaliser), dit la RBC» (Le Devoir 27 octobre 2018). Je vous le redis : il faut arrêter de niaiser et il faut nationaliser le pétrole et le gaz afin de mettre fin au vol.  

Spéculer sur les guerres et les coups d’État : pourquoi pas?

https://www.journaldemontreal.com/2022/07/12/un-ex-conseiller-de-trump-dit-avoir-planifie-des-coups-detat-1

Les Républicains américains tuent au nom de l’impérialisme

Mes amis, en 2003, le gouvernement républicain américain dirigé par les fous furieux Bush, Cheney, Rumsfeld, Rice et autres dingues du genre, suite à un projet élaboré par le ministère américain de la Défense (le Pentagone), voulaient mettre en place à la Bourse un marché de contrats à terme et d’instruments financiers qui aurait tout simplement porté sur la prédiction d’actes terroristes, de guerres, de coups d’État, d’assassinats politiques, etc. Tout simplement merveilleux, non? Les banques et les fonds spéculatifs étaient ravis de cette géniale initiative américaine : une autre. Bien évidemment, nos politiciens américains et occidentaux croient que le prétendu marché, propre au système capitaliste, est le summum sur terre pour orienter, dicter et prédire l’ordre économique et social. Voilà pourquoi ils ont privatisé nos ressources naturelles et nos services publics car, selon leurs poncifs, les affairistes peuvent tout gérer mieux que des inefficaces politiciens pourtant élus par la population qui est censée être souveraine dans nos hypothétiques sociétés démocratiques. Avec l’État très minimal, tout relève du marché, de la santé à l’électricité en passant par le transport en commun, les écoles, les crottes de fromage, les souffleurs à feuilles et aussi les guerres ainsi que les coups d’État. Tel que le leitmotiv du patronat et des monarques. Camarades, le patronat et les nantis qui financent à coups de milliards de dollars chaque année les deux partis politiques aux États-Unis, qui se ressemblent beaucoup et qui mettent l’emphase sur l’impérialisme, c’est totalement démocratique et ça vient légaliser la corruption. Aux States, il y a moins de corruption qu’ailleurs car on l’a tout simplement légalisée et institutionnalisée. Pour eux, la corruption est une industrie importante. Pourquoi ne pas spéculer à la Bourse sur la corruption?

Cette bourse sadique aurait permis à des gros fonds spéculatifs et des grosses banques américaines et occidentales de miser et de gager sur les probabilités que l’Oncle Sam envahisse Cuba, l’Iran ou la Corée du Nord, que le président élu du Venezuela, Nicolas Maduro, soit assassiné comme le fut récemment celui d’Haïti, qu’Israël envahisse totalement la Cisjordanie, que l’armée ukrainienne vienne à bout des Russes, etc. Cela, certains ploutocrates, gouvernements, politiciens, militaires et autres à faire en sorte que se réalise ce sur quoi ils avaient parié.

Un marché boursier favorable aux Américains

Vous aviez miser sur un éventuel coup d’État au Chili, afin d’y installer Pinochet selon le vœu des States, alors bravo, vous avez gagné : «Washington avoue avoir mené des opérations pour renverser Allende au Chili» (La Presse, 14 novembre 2000). Vous aviez prévu la répression sanglante de la population en Argentine, concoctée encore par nos amis et alliés américains, alors passez à «go» et empochez le magot : «Henry Kissinger a appuyé la dictature en Argentine (pourtant ils prétendent se battre pour la démocratie dans le monde). Selon les documents déclassés, Kissinger (alors secrétaire d’État) a approuvé la répression sanglante de la junte militaire au pouvoir» (La Presse, 23 août 2002).

Ah ben chose, vous aviez prédit un coup d’État au Guatemala, et bien hourra, vous gagnez encore une fois : « Guatemala: la CIA derrière un coup d’État» (La Presse, 16 mai 2003). Vous avez deviné le putsch, heureusement avorté, d’Hugo Chavez concocté et financé par les USA, vous devenez ainsi riche : «Un second officier américain mêlé au putsch avorté contre Chavez» (La Presse, 23 avril 2002). Les States avaient bien raison d’éliminer l’ex-président socialiste du Venezuela pour la simple et bonne raison que : «Hugo Chavez était devenu une épine au pied de Washington» (La Presse, 13 avril 2002). Très effrayant de faire souffrir ainsi notre maître américain qui veille paternellement sur nous fiers canadiens : une épine au pied, vous savez, c’est très douloureux.

Des cas plus récents afin d’investir judicieusement

Plus récemment, vous auriez pu investir sur l’envahissement militaire de l’Irak par les Américains et par les Anglais ou l’invasion du Bahreïn et du Yémen par l’Arabie saoudite et par les Émirats arabes unis. Avec Donald Trump et son illuminé conseiller va-t-en guerre d’alors, John Bolton (une personne vraiment sonnée, dérangée et dangereusement pour la paix dans le monde) au pouvoir, le marché boursier d’instruments financiers ciblant les coups d’État, les assassinats politiques et les guerres aurait jubilé car lui-même en personne a candidement admis ce qui suit : «Un ex-conseiller de Trump (John Bolton) dit avoir planifié des coups d’État» (Le Journal de Montréal, 12 juillet 2022). Tellement sauté et loufoque que, suite à de nombreuses critiques soulevant les dangers d’implantation de cette follerie boursière pour la paix dans le monde, heureusement le gouvernement républicain américain a laissé tomber : «Le Pentagone renonce à créer un marché à terme des mauvaises nouvelles» (Le Journal de Montréal, 30 juillet 2003). Peut-être n’est-ce que partie remise?

Les banques raffolent de spéculer sur tout : électricité, aliment et pétrole

Ce qu’on est bien dans notre bain capitaliste. Et qui dit capitalisme dit démocratie. Oui, le fameux marché propre au capitalisme peut seul faire une allocation optimale des ressources, déterminer parfaitement le «juste» prix de tout, créer plein de richesse «collective» et, plus important, la répartir équitablement entre toutes et tous. Ce n’est pas pour rien que l’on a, en Occident, plusieurs politiciens issus du monde bancaire comme Emmanuel Macron.

C’est pourquoi il faudrait, selon nos économistes universitaires régionaux Pierre Fortin et Luc Godbout, privatiser complètement Hydro-Québec afin que le marché détermine le juste prix à payer pour notre électricité. Comme pour les ex-sociétés d’État telle le CN, Canadair, Pétro-Canada, Télésat, Biochem Pharma, etc., il serait bon qu’Hydro-Québec appartienne dorénavant massivement à des Américains : eux-autres ils l’ont l’affaire comme disait Elvis Gratton. Une fois privatisée, vous pourriez spéculer sur les tarifs d’électricité et acheter des contrats à terme, ce qui plairait beaucoup aux banques comme l’anglaise Barclays : «Barclays de nouveau prise la main dans le sac. La banque est mise à l’amende pour avoir manipulé les prix de l’électricité aux États-Unis» (Le Devoir, 18 2013).

Même si Hydro-Québec est un bien collectif pour lequel vous payez moins cher votre électricité qu’ailleurs en Amérique du Nord, grâce à l’intervention des gouvernements, ce n’est pas conforme aux principes de l’économie de marché. Idem pour les autres pays dont c’est l’État qui propriétaire de leur pétrole et qui le paie moins cher : c’est pas correct. Mieux vaut enrichir les pétrolières privées et les spéculateurs et appauvrir la masse. C’est ça le système capitaliste dans lequel la minorité détient la majorité de la richesse et où règnent les grosses inégalités économiques : «La CAQ veut plafonner les tarifs d’électricité (si Hydro était privée, le gouvernement ne pourrait faire ça même si l’électricité est un bien public» (Le Devoir, 25 mars 2022). Pourquoi le gouvernement du Canada ne peut-il pas plafonner également le prix de l’essence qui est produite au Canada? Allez, répondez-moi? Certains zélés vont vous dire que le prix de l’essence est objectivement déterminé par les lois naturelles du marché. Qu’en dites-vous?

La Deutsche Bank dans les aliments et Goldman Sachs dans le pétrole : j’aime les banques

Oui, les banques privées, les fonds spéculatifs, les pétrolières privées, les minières privées, les forestières privées n’aiment pas les instruments collectifs. Ils n’apprécient guère que les ressources naturelles et les services publics soient nationalisés, comme ils devraient l’être, et appartiennent à tout le monde plutôt qu’à quelques-uns. Dans sa publicité, la Deutsche Bank, était fière d’avoir enrichi ses clients qui avaient acheté ses instruments financiers sur le blé, le soja, le maïs, etc. : «Récolter les fruits de la hausse des prix agricoles et alimentaires» (Le Devoir, 7 juin 2008). De vraies rapaces et d’authentiques criminels. Et puis, judicieux conseil de Goldman Sachs à ses clients qui ont spéculé sur le prix du pétrole : «Pétrole. Goldman Sachs conseille d’empocher ses profits» (La Presse, 31 octobre 2007).

Contre les baisses d’impôts pour les Québécois

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/penelope/segments/entrevue/395520/helsinki-chauffer-batiment-centres-donnees-microsoft

Toujours la même recette hypocrite voulue par les dominants

À chaque élection, c’est toujours la même chose : les partis politiques subjugués à l’ordre du jour établi par le patronat, profitant du manque d’information impartial et critique de nos médias, promettent des baisses d’impôts sur le revenu en mentant sur les bénéfices escomptés pour la population en général. Premier mensonge : les baisses d’impôts vont profiter à tous. Faux. Ce sont surtout les nantis, ceux qui gagnent plus de 100 000$ l’an, qui vont en bénéficier. Très peu la classe moyenne et pas du tout la classe monétaire inférieure qui patauge au salaire minimum. Ça c’est un fait.

Nous ne sommes pas le plus taxés en Amérique du Nord

Deuxième mensonge : pour justifier leurs baisses d’impôts, et vous les imposer, les politiciens, le patronat, leurs légionnaires universitaires, pseudo-experts et journalistes vous répètent toujours faussement que les Québécois sont les plus taxés en Amérique du Nord. Il faut donc réduire leurs impôts démoniaques.

Ça ne prend pas la tête à Papineau (même moi je suis capable) pour savoir que lorsque l’on fait une analyse honnête et sérieuse de tous les impôts payés annuellement par les Québécois, tant au privé qu’au gouvernement, comparés à ceux défrayés par les Ontariens et les Américains, nous sommes loin d’être les plus imposés.

Il faut comparer les impôts payés au panier de services reçus

Pour réaliser une étude objective, il faut prendre les impôts payés au privé et ceux au public pour le même panier de services publics à tous les endroits et calculer ce qui reste dans les poches des contribuables. Mes amis, si je vous promettais de réduire vos impôts à presque rien en privatisant totalement la santé, l’éducation, le transport en commun, l’eau, les garderies, etc., seriez-vous plus riches? Bien évidemment que non, car il vous faudrait alors verser aux affairistes des impôts privés pour ces mêmes services publics privatisés, comme c’est le cas pour plusieurs États aux States.

Vrai que dans plusieurs États américains les contribuables paient moins d’impôts sur le revenu au gouvernement pour la simple et bonne raison qu’ils ont moins de services publics assumés par l’État et davantage par le privé comme la santé, l’éducation universitaire, l’eau, les garderies, l’électricité, le transport en commun, etc. Alors pour obtenir ces services publics dispensés ici au Québec par le gouvernement et que vous payez par le biais de vos impôts, aux States et en Ontario, comme ils sont gérés par le privé, vous devez alors payer vos impôts à ces prétendus entrepreneurs.

Les fausses vérités de nos charlatans émérites

Aux États-Unis, la santé, l’éducation universitaire, l’eau, les garderies, l’électricité privés coûtent une fortune chaque année aux Américains, tellement que les dettes encourues pour la santé et l’éducation sont les principales causes de faillite de nos amis du sud. Tout ça pour dire qu’en matière fiscale, il faut comparer des pommes avec des pommes et des oranges avec des oranges avant de prétendre faussement que les Québécois sont les plus taxés en Amérique du Nord. Il faut arrêter de mentir aux gens afin de parvenir aux fins souhaitées et imposées par le patronat et les pontifes. Et dans les impôts payés à l’État, il faut aussi inclure les taxes municipales et les impôts successoraux qui sont nettement plus élevés dans le reste du Canada et aux États-Unis. Ça, ils ne le font pas non plus afin de mieux vous résigner.

Droits et devoirs quand on vit en société

Certains vont peut-être me dire qu’au nom du respect de la liberté individuelle, l’individu n’a pas à payer d’impôts au gouvernement s’il n’utilise pas les garderies, ne fréquente pas ou plus l’université, est en bonne santé, etc. À ceux-là, je répondrai que vivre en société amène des responsabilités. Et même si vous n’utilisez pas les garderies ou les écoles, vous allez en profiter car ce sont ces jeunes qui vont faire marcher l’économie et vous permettre de jouir du mieux-être de vivre en société.

Les gens ne sont pas fous

Les gens savent bien que moins d’impôts versés à l’État rime avec évidemment moins d’État et donc moins de services publics universels. C’est drôle, mais aux States, la santé est privée et livrée aux pseudos lois naturelles du marché qui sont censées fixer le vrai et juste prix de toute chose grâce à la concurrence postulée. Ça c’est ce que dit la théorie avancée par certains fumistes et mystificateurs car dans la réalité, aux États-Unis, le système de santé privé coûte au moins deux fois plus cher qu’ailleurs en Occident où prévalent des systèmes de santé publics. Confrontés aux vrais faits, les postulats boiteux des marchands d’illusion ne résistent pas à l’preuve de la réalité. Prenez juste le cas de l’électricité au Québec et chez l’Oncle Sam où elle est privée.

Pourquoi ne pas demander l’opinion de la population?

S’ils sont honnêtes et vraiment au service de l’intérêt supérieur de la collectivité, les dirigeants des partis caquistes libéraux et conservateurs vont tenir un référendum dans lequel on va demander aux gens s’ils préfèrent des baisses d’impôts sur le revenu ou bien consacrer ces milliards de dollars en renoncement d’impôts perçus par l’État afin de plutôt investir dans nos services publics comme la santé, les écoles, les garderies, le transport en commun, les CHSLD, les soins à domicile, les urgences, etc. Mais ils ne le feront pas car ils veulent continuer à vous mentir afin d’obéir aux ordres d’en haut qui viennent du patronat et qui militent pour toujours moins d’État et plus de privé. C’est ce que fait hypocritement la CAQ en privilégiant toujours les garderies, les écoles et la santé privées :  «La CAQ veut que le privé puisse augmenter l’offre en santé» (Le Devoir, 26 février 2022). Et aussi : «CAQ. Plus de profits pour les cliniques privées» (Le Devoir, 13 avril 2021). Comme les garderies et les écoles privées n’ont de privé que le nom, étant intensément subventionnées par l’État, alors la CAQ a jugé bon de rembourser toutes les dépenses des cliniques supposément privées plus un profit de 15% : «Les nouveaux contrats négociés par la CAQ pour les chirurgies d’un jour offrent des marges bonifiées». Où ça le privé? On fait plus que rire de la population, on la méprise. Un autre appel de la CAQ au privé : «Québec (CAQ) veut l’aide du privé en santé» (Le Devoir, 18 février 2021). Le privé n’est pas la solution mais le problème.

Les gens préfèrent l’amélioration des services publics

Il faut tout de même le faire. Pendant que des milliers de Québécois n’ont pas de médecins de famille, qu’ils attendent des heures à l’urgence et des années avant de se faire opérer, qu’il manque de façon criante des places dans les CPE, que les écoles tombent en ruine, qu’il y a un manque d’infirmières et de professeurs, etc., voilà que certains partis politiques, tous de droit, continuent à butiner et à gazouiller en promettant des baisses d’impôts plutôt qu’un réinvestissement majeur et nécessaire dans nos programmes sociaux. On a les gouvernements que l’on mérite!

En 2018, lors d’un sondage publié dans Le Devoir du 27 janvier 2018 : «Les électeurs sont plus favorables (68%) à un réinvestissement en santé et en éducation pour les familles ou les aînés qu’à une baisse d’impôts pour les particuliers (34%)». Et il y avait encore moins de gens qui étaient pour une baisse d’impôts accordées aux entreprises. Mais on les a baissés quand même. Démocratie vous dites!

Idem en 2012 : «Les Canadiens prêts à payer plus d’impôt pour les services publics» (La Presse, 11 avril 2012). Et en 2011 : «Les Québécois rejettent les baisses d’impôts aux entreprises» (Le Devoir, 30 novembre 2005). Et pour finir avec une autre demande de la population rejetée par vos gouvernements sous tutelle : «Seulement 11% des répondants au sondage estiment qu’on en demande trop aux entreprises et aux mieux nantis» (La Presse, 20 février 2015).

Dans le monde, les plus taxés sont plus heureux!

Les gens les plus heureux au monde sont les plus taxés car ils ont plus de meilleurs services publics, ce qui rehausse l’égalité des chances dans la vie et réduit les inégalités économiques. Ces pays sont la Finlande, le Danemark, la Suède, la Norvège, la Suisse et Israël. À cet effet, je vous invite à lire l’excellent article d’Hélène Baril publié dans La Presse du 28 mars 2022. Pour soulager les contribuables, il faut s’attaquer aux transnationales qui arnaquent les gens avec des prix démentiels. Mais ils sont trop lâches pour s’attaquer vraiment aux coupables de l’inflation qui empochent de gros profits à vos dépens.

Démocratie larvée : nos gouvernements sont des bibelots

https://www.protegez-vous.ca/nouvelles/automobile/essence-pourquoi-le-prix-a-la-pompe-monte-et-pourquoi-il-va-redescendre

Nos politiciens servent à quoi et à qui?

Bien évidemment, les innocents vont crier après moi, petite brebis sans défense que je suis, pour avoir soulevé cette question indécente et irrévérencieuse selon eux. Nos gouvernements, vont-ils claironner, sont, dans nos société libres et démocratiques, au service du peuple, du bien commun, des intérêts collectifs, de la juste répartition de la richesse créée en abondance grâce au capitalisme, à la défense des services publics universel accessibles à tous, de l’égalité des chances et autres chimères et poncifs du genre. Oui, vont-ils rajouter en chœur, au Canada, aux États-Unis et en Europe occidentale c’est l’application dans toute son intégralité du leitmotiv voulant que chez nous c’est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. C’est le peuple qui mène et les élus sont leurs commettants : ils sont à leur service et à personnes d’autres. Ça c’est, comme le chantait Gérard Lenorman, «la balade des gens heureux» mais surtout creux. Mes amis, si ça c’est la réalité qui se vit couramment dans notre «plussss meilleur pays du monde» comme le disait Jean Chrétien, alors vous allez répondre sérieusement aux questions suivantes qui découlent de certains cas concrets.

Les pétrolières sont des escrocs

Ce n’est pas moi qui oserais dire ça. Mais c’est nul autre que votre ancien premier ministre conservateur du Canada chéri, Stephen Harper, qui, dans un moment d’égarement mental, a, en 2008, qualifié ainsi les pétrolières canadiennes suite à une hausse importante et subite appliquée par tous les membres du cartel pétrolier en même temps et aux mêmes prix, comme ces canailles l’ont toujours faites : «Prix de l’essence. Les Canadiens escroqués selon Stephen Harper» (Le Journal de Montréal, 13 septembre 2008). Pour une rare fois, Stephen avait raison mais il n’a rien fait pour arrêter les voleurs de nous voler.

Puis récemment, suite à d’autres hausses totalement injustifiées, voilà que notre ex-premier ministre libéral du Québec a dit ceci : «La hausse (pas la variation car comme elles sont solidaires, elles appliquent toutes le même prix «concurrentiel») des prix de l’essence des prix de l’essence est apparemment concertée dit Couillard» (Le Devoir, 31 mai 2018). Harper et Couillard sont loin d’être des communistes endurcis. Les deux ont toujours prêché pour l’État minimal.

Ma question est la suivante et s’adresse à ceux et celles qui prennent plaisir à se défouler sur autrui et sur moi. Si deux ex-premiers ministres, qui sont censés diriger notre pays démocratique, accusent les pétrolières d’escroquerie, de concertation et de complicité, pourquoi n’ont-ils rien fait pour mettre fin à ce vol institutionnalisé, car c’est bien d’un vol qu’il s’agit? Pour vous en convaincre, observez les profits records générés en 2021 par les pétrolières Exxon Mobil (Esso), Royal Dutch Shell, BP Amoco, Conoco Phillips, Chevron Texaco, etc. Qui mène vraiment au pays? Le peuple est-il souverain ou pris constamment en otage par les dominants? Quel est le vrai pouvoir du peuple?

Ils prétendent faussement qu’ils n’y peuvent rien

Vous prenant pour des caves face aux hausses de prix de l’essence, Couillard a suggéré de vous procurer une auto électrique si vous en avez les moyens, et d’autres vous ont conseillé d’utiliser les transports en commun et de marcher. Certains ont même eu la clairvoyance de dire du bien des prix élevés de l’essence en affirmant que c’était bon pour l’environnement et que ça faisait maigrir : «La hausse du prix de l’essence fait maigrir» (La Presse, 16 septembre 2007). Mais jamais il est question de s’attaquer aux mécréants. Nos élus se tournent en ridicule et font leur petit caniche quand ils «suggèrent» aux pétrolières d’être transparentes, qu’elles expliquent le bien-fondé de leurs augmentations et, tenez-vous bien : «Québec (Jean Charest) invite les pétrolières à collaborer» (La Presse, 5 avril 2009). Le même Jean Charest qui invite cordialement les pétrolières à collaborer, était, disons, plus costaud et plus gaillard avec les syndicats des travailleurs ordinaires comme les autres partis politiques au pouvoir d’ailleurs : «Seul un gouvernement libéral peut tenir tête aux syndicats, selon Charest» (Le Devoir, 7 octobre 2005). Oui on est un peu beaucoup intoxiqué au Québec quand un parti politique avance de tels clichés et slogans afin de se faire élire. Et ça pogne.

Et il y a l’ex-ministre libéral des Ressources naturelles, feu Claude Béchard, qui s’est agenouillé devant ses maîtres et a affirmé faussement et hypocritement que : «Prix de l’essence. Québec (PLQ) n’y peut rien» (La Presse, 23 avril 2008). Et un mois plus tard, Claude Béchard a récidivé en disant ceci : «Je ne suis pas le Hugo Chavez (Venezuela) du Nord (hélas!)» (La Presse, 15 mai 2008).

Pourquoi les Vénézuéliens ont-ils toujours payé leur essence dix fois moins chère qu’ici? Oui, ils sont de gros producteurs de pétrole mais le Canada aussi? Pourquoi les lois naturelles du marché ne s’appliquent-elles pas au Venezuela, en Iran, en Arabie saoudite, en Russie? Dernière question pour vous : pourquoi ici au Québec on paie notre électricité moins chère qu’aux States et qu’au reste du Canada qui, pourtant, s’en remettent au juste prix du marché censé être le point d’équilibre entre l’offre et la demande? Et puis, c’est quoi votre réponse? Une autre de Claude Béchard du PLQ qui a fait la démonstration empirique que le ridicule ne tue pas : «Redevance sur les carburants. Fonds vert : Québec se fit à la bonne volonté des pétrolières afin qu’elles ne refilent pas au consommateur ladite taxe» (Le Devoir, 8 décembre 2006). Bonne volonté quand vous voulez, mais «les pétrolières ont rapidement augmenté leurs prix afin de refiler la taxe aux consommateurs». Alors qui mène vraiment dans nos sociétés démocratiques? Vous êtes censés être libres et c’est le peuple qui théoriquement détient le pouvoir, n’est-ce pas? Vous êtes toujours libres de ne pas acheter de pétrole et d’aller chez un concurrent. Mais le hic, c’est qu’elles affichent toutes le même prix.

La ressource naturelle de la forêt, comme celle du pétrole, appartient à qui?

Ah ben, depuis 2018, le prix du bois et des matériaux de construction s’est envolé, même si le Québec est un gros producteur de bois, comme le Canada l’est dans le cas du pétrole. Les prix ont explosé. Pourquoi? Ah non, ne me répondez pas en me récitant votre baratin usuel que ces hausses draconiennes des produits du bois sont occasionnées par l’application des lois naturelles du marché et du principe de l’offre et de la demande. Allez voir, juste comme ça, les profits réalisés en 2021 par les forestières québécoises et canadiennes.

Qu’ont fait nos gouvernements, et en particulier celui de la CAQ, afin de mettre fin à ces abus? Aie, on parle ici des produits de notre forêt. Et ben, comme pour le prix du pétrole, des médicaments, de l’internet et du sans-fil, des aliments, etc. : «Pierre Dufour (le ministre caquiste de la forêt qui aime bien les forestières) sans arme pour combattre la montée en flèches des prix du bois (je le répète : notre bois)» (Le Journal de Montréal, 12 mai 2021). Alors nos élus servent à quoi et à qui? Sont-ils seulement des potiches au service de la classe dominante?

L’ex-fabuleuse ministre libérale n’y peut rien elle aussi

Bon, allons plus rapidement et droit au but afin de fournir d’autres exemples concrets aux non-croyants ou plutôt aux croyants aveugles de notre économie fondée sur le supposé «marché», sur le prétendu «juste» prix, sur l’hypothétique concurrence pure et parfaite, sur la mythique main invisible de l’État et autres conneries du genre servies par nos politiciens, le patronat, nos universitaires, nos journalistes et nos experts aux nuls qui sont capables d’en prendre et de digérer une tonne d’explications et de justifications vertes et pas mûres afin de maintenir le désordre et le déséquilibre actuels du rapport de force qui prévaut vraiment dans nos sociétés à vocation dites démocratiques.

Premier acte : «Line Beauchamp (alors ministre libérale de la Culture et des Communications) se dit incapable d’agir sur la concentration de la presse» (Le Devoir, 14 mai 2004).

Deuxième acte : «La décroissance de Télé-Québec est inévitable (comme celle de Radio-Canada). La ministre Beauchamp (encore elle) n’a plus qu’à décider comment la réaliser» (La Presse, 28 juin 2005).

Les seules choses que nos gouvernements peuvent faire, on fait et continuent à faire, car c’est ce que veut le patronat, c’est de privatiser nos sociétés d’État, nos services publics, nos ressources naturelles et de baisser les impôts et les taxes afin de favoriser les nantis et les compagnies. Et hop s’envolent les inégalités économiques.

Shell ferme sa raffinerie de Montréal-Est : on attend encore les explications

Première période : «Fermeture anticipée de la raffinerie. L’ex-ministre libérale des ressources naturelles, Nathalie Normandeau : Shell doit s’expliquer, estime le gouvernement libéral du Québec» (Le Devoir, 14 juin 2010).

Deuxième période : «Raffinerie de Montréal-Est. Dixit l’ex-ministre libéral des Finances Raymond Bachand (devenu lobbyiste) : Shell doit négocier… ou s’expliquer» (Le Devoir, 16 juin 2020).

Troisième période : Shell n’a jamais fourni le début de l’ombre de la queue d’une explication et a fermé boutique. Nathalie Normandeau et Raymond Bachand, who’s thats guys?: «Raffinerie Shell. Québec (PLQ) n’interviendra pas au nom de la sécurité énergétique» (Le Devoir, 6 août 2010). Aucun bon sens de laisser Shell fermer sa raffinerie au nom de la sécurité énergétique et de nous fournir ça comme explication. C’est bien le contraire : il aurait fallu ordonner à Shell de laisser ouverte sa raffinerie ou de la nationaliser. Ah oui, dans nos sociétés démocratiques, il ne faut pas parler de nationalisations, juste de privatisations et des hypocrites PPP (partenariats public-privé).

La forêt québécoise n’a de québécois que le nom

https://fr.wikipedia.org/wiki/For%C3%AAt_au_Qu%C3%A9bec

Résolu vendue à des étrangers

Début juillet 2022, Produits forestiers Résolu du Québec a été vendue à Domtar, une filiale du Groupe Papier Excellence de Colombie-Britannique pour 3,5 milliards de dollars canadiens : «Domtar acquiert Produits forestiers Résolu» (La Presse, 6 juillet 2022). Résolu vendue pour 3,5G$ prouve que l’industrie forestière québécoise est très rentable et attire les investisseurs étrangers. N’oubliez pas que lorsque vous achetez du bois, du carton, du papier journal et du papier fin fabriqués au Québec, l’argent s’en va dans les poches d’étrangers qui s’enrichissent à nos dépens, comme c’est le cas d’ailleurs pour les pétrolières, les pharmaceutiques, les GAFAM, etc. L’asservissement volontaire, nous les Québécois on connait ça, on aime ça et on en redemande afin de nous moderniser et de faire fi de la révolution tranquille. En passant, Domtar qui vient d’acquérir Résolu et qui est affiliée à Papier Excellence de la Colombie-Britannique était auparavant une société qui appartenait majoritairement à l’ensemble de Québécois par le biais de la Caisse de dépôt et de la Société générale de financement (SGF). Mais suivant les sages conseils de nos faiseux québécois, de leurs lobbyistes et de leurs universitaires, Domtar fut vendue à des Américains en 2006 pour 3,3 milliards de dollars. 3,3G$ en 2006, ça vaut plus que le double en dollars millésimés en 2022. Charest et Couillard l’avaient bien dit que le Québec était à vendre et ils ont tenu parole. Et nos universitaires de renom régional, Pierre Fortin et Luc Godbout, voulaient aussi que Québec privatise Hydro-Québec et la SAQ. Très original comme démarche.

Le président de l’entreprise veut que le Québec vende sa participation dans Domtar

Afin que Domtar appartienne davantage à des actionnaires privés qu’aux 8 millions d’actionnaires publics composés de la population du Québec, le président d’alors de la compagnie, l’anglophone Stephen C. Larson, a enjoint le gouvernement du Québec à liquider au plus sacrant sa participation de 24% détenue par la SGF afin, avait-il dit, de stimuler et de doper la valeur de l’action de Domtar en Bourse. Tout un motif, n’est-ce pas? L’Intérêt privé des détenteurs de capitaux doit primer sur l’intérêt collectif et le bien commun. Il faut donner priorité à la valeur au marché de l’action sur l’emploi, l’environnement, le siège social du Québec, etc. : «Le président de Domtar souhaite que Québec vende son bloc de la papetière» (Le Journal de Montréal, 10 novembre 1995). Le gouvernement a entendu l’appel et a vendu, en 2006, la compagnie à des Américains, nos amis et alliés, comme ils ont vendu Bombardier, Rona, l’Institut Armand Frappier, Provigo, Cambior, etc. à des étrangers afin d’accroître notre colonisation économique et politique et de nous appauvrir collectivement. Lorsque Domtar a été vendue en 2006, les dirigeants ont passé à la caisse en récoltant des millions de dollars en prime de séparation, bonus, régime de retraite, etc. Passez «go» et empochez. Sans compter les millions de dollars versés en honoraires dits professionnels aux experts consultants, aux banquiers, aux comptables et aux avocats.

Le petit faiseux de Provigo voulait aussi que l’État se retire

Toujours en 1995, il y a le petit président opportuniste et démagogue de Provigo qui avait ordonné au gouvernement du Québec et à la Caisse de dépôt de privatiser et de vendre leur participation majoritaire dans le joyau québécois Provigo, si important pour notre souveraineté économique et notre autonomie alimentaire chère à François Legault. Selon l’ex-p.d.g. Pierre Michaud : «Pour le bien de l’entreprise (surtout pour les actionnaires. Le bien de l’entreprise et de ses actionnaires doit primer selon ce sbire sur le bien de la collectivité), il faudrait que Provigo appartienne à une multitude d’actionnaires» (Le Journal de Montréal, 12 avril 1995). Eh, oh, sieur Michaud, c’est en appartenant à l’État québécois que Provigo avait le plus d’actionnaires, soit l’ensemble des Québécois comme c’est le cas pour Hydro-Québec.

Novembre 1998 : «Loblaw avale Provigo pour 1,6 milliard de dollars» (La Presse, 1er novembre 1998). 1,6G$ de 1998, ça vaut combien en dollars indexés de 2022?L’arriviste Michaud qui voulaitque Québec vende ses parts afin que Provigo appartienne à une multitude d’actionnaires n’a rien de trouvé à redire que Provigo appartienne dorénavant à un seul actionnaire, soit la compagnie Loblaw de Colombie-Britannique. On comprend le monsieur Michaud, car quand Provigo a été vendue à Loblaw, lui et les autres dirigeants ont empoché des millions de dollars. Par ici la bonne soupe (La Presse, 4 novembre 1998). Idem quand la société pharmaceutique d’État, BioChem Pharma, a été vendue par Québec en 2000 à l’anglaise Shire pour 5,9 milliards$, qui valent combien en dollars d’aujourd’hui? BioChem Pharma, anciennement l’Institut Armand Frappier, qui fabriquait des vaccins et avait une réputation mondiale. Mais le gouvernement l’a vendu à l’anglaise Shire afin de moderniser le Québec. Aujourd’hui le gouvernement du Québec verse des millions de dollars à l’américaine Moderna afin d’implanter une usine de vaccins dans la province, vaccins que BioChem fabriquait justement.

Domtar cédée à l’américaine Weyerhaeuser

2006 : «Domtar passe aux Américains. Une opération de 3,3, milliards US$» (Le Devoir, 24 août 2006). On est tellement intoxiqué par le patronat, nos experts, nos universitaires et bien évidemment par nos médias privés, que La Presse voyait cette prise de contrôle de notre forêt, un bien public, et de notre compagnie Domtar, comme un avantage car en raison de sa fusion avec l’américaine Weyerhaeuser, elle deviendrait plus grosse mais ne nous appartiendrait plus : «Domtar grossit et devient américaine» (La Presse, 24 août 2006). Comment des journalistes aliénés peuvent-ils nous informer et susciter un esprit critique chez les lecteurs et auditeurs?

Les Américains ont sauvé Domtar

Le président du temps de Domtar, Raymond Royer, est allé jusqu’à dire cette connerie, reprise évidemment par nos médias, genre firme de relations publiques : «La fusion a sauvé Domtar» et «Domtar : la survie par la fusion» (Le Journal de Montréal et La Presse, 25 septembre 2007). J’ai une petite question pour nos petits amis journalistes : si Weyerhaeuser a sauvé Domtar de la faillite, pourquoi alors la firme américaine a-t-elle été payée en 2006 3,3 milliards de dollars US pour acquérir une compagnie acculée à la banqueroute? Elle n’avait qu’à attendre qu’elle fasse faillite et la ramasser pour rien. En passant, le lumineux et brillant ex-président de Domtar a empoché des millions lors de la vente et aura droit à : «Une pension à vie de 720 000$ par année pour Raymond Royer» (La Presse, 13 août 2009). 720 000$ à vie et indexés au coût de la vie, bien évidemment. Il faut bien que Raymond et sa petite famille vivent convenablement sur notre bras.

Toujours les mêmes promesses

En plus d’avoir sauvé Domtar de la banqueroute, comme le PLQ nous avait dit la même ineptie lors du don de Bombardier à la française Airbus (pas la vente à Airbus mais un don : cédé pour rien, gratos), il ne fallait surtout pas s’inquiéter pour le maintien du gros siège social de Domtar à Montréal (qui est naturellement devenu un simple bureau régional) et pour les jobs : «Domtar se fait rassurant (verbalement seulement) pour les emplois au Québec» (Le Devoir, 24 août 2006). Ah oui, comme ce fut le cas récemment pour Rona et Bombardier, le gouvernement libéral du Québec a applaudi à ce délestage, à cette perte additionnelle du peu de souveraineté économique que le Québec a : «Domtar. Le PLQ et le ministre libéral Raymond Bachand applaudissent à la fusion» (Le Journal de Montréal, 26 août 2006). Aie, les manipulations de politiciens et de journalistes, ce n’est pas du tout une fusion, c’est une vente en bonne et due forme. Il faut arrêter de leurrer les citoyens et les lecteurs.

Les promesses tiennent le temps d’un pissenlit

  • «Domtar : 80 mises à pied au centre des opérations à Montréal (qui ont été transférés aux States» (Le Journal de Montréal, 4 juillet 2007);
  • «Domtar annonce la fermeture de son usine à Gatineau et de celle à Lebel-sur-Quévillon» (Le Devoir, 1er août 2007 et La Presse, 19 décembre 2008);
  • Et pourquoi pas un peu de chantage afin de maintenir au Québec le bureau régional de Domtar, qu’ils appellent quand ça le siège sociale (disons un mini siège social) et d’obtenir  encore et toujours plus de subventions de la main visible de l’État : «Le président, John D. William, laisse planer le doute d’un déménagement» (Le Journal de Montréal, 3 décembre 2013). Et on se laisse faire sans même rouspéter.

Le journal de Montréal et le journal du patronat

Pendant longtemps, l’organisme patronal d’extrême droite, l’Institut économique de Montréal, a eu un blogue régulier au JDM qui a pondu de merveilleux textes comme celui-ci : «Nos forestières injustement malmenées» (21 août 2018). Ah oui, le 16 novembre 2019, les forestières, en collaboration avec le JDM, ont publié ce message publicitaire qu’ils ont fait passer pour un texte sérieux et impartial : «L’industrie forestière, pilier de l’innovation au Québec». Oh yeah! Et puisque certains, comme Greenpeace et le poète Richard Desjardins soulèvent des questions pertinentes contraires aux principes des instruments forestiers, alors elles vont nous instruire car selon elle : «Les Québécois sont mal informés affirme l’industrie forestière».

L’eau privatisée et livrée aux spéculateurs boursiers

https://www.ledevoir.com/economie/599410/une-financiarisation-de-l-or-bleu

L’intérêt mercantiliste des spéculateurs prime sur le bien commun

Après le pétrole, le blé, le maïs, l’électricité, le nickel, le cuivre et j’en passe voilà maintenant que l’eau est privatisée et des banques qui offrent à leurs clients d’acheter des instruments financiers, sous forme de contrats à termes négociés à la Bourse, comme celles de Chicago et du Nasdaq, dans nos fabuleuses sociétés occidentales, capitalistes, et prétendument démocratiques. Cela ne fait qu’exploser les inégalités économiques en enrichissant davantage les monarques, ces parasites qui engrangent des milliards de dollars chaque année en ne créant aucune plus-value collective. Bien au contraire, ils accentuent la misère humaine et la famine dans le monde, bien plus que les Russes qui défendent le Donbass en Ukraine peuplé essentiellement de russophones. Nos médias privés occidentaux font peu de cas de la spéculation qui alimente les hausses de prix de plusieurs produits de base. Plus facile de tenir les Russes et les Chinois responsables de l’appauvrissement de la classe moyenne et des démunis. Pour mettre fin à ces arnaques, il faudrait nationaliser de droit les forêts, le pétrole, l’eau, les mines, les grandes terres agricoles qui sont des ressources naturelles qui appartiennent à la collectivité. Ce n’est pas en misant pompeusement sur la souveraineté alimentaire, comme le fait la CAQ, que l’on va régler le problème.

Le réchauffement climatique accentue les pressions pour la privatisation de l’eau

Ça fait longtemps que le patronat et sa milice universitaire plaide pour la privatisation de l’eau et même de la mer afin de mettre la main sur les poissons et la pêche. Grâce au privé et au marché spéculatif, on pourrait, qu’ils disent, fixer le juste prix de ces ressources vitales à la vie. Mes amis, est-ce qu’il y a plus bien universel et public que l’eau et l’air que l’on va probablement un jour, en raison de la pollution, privatiser? Les charlatans de la privatisation prétendent que la gratuité de l’eau et à sa propriété collective par le biais de la privatisation. Ainsi les entrepreneurs aquatiques pourront alors fixer le juste prix de l’eau grâce au marché spéculatif boursier. Avec le réchauffement climatique, déjà plusieurs régions et pays sont en pénurie d’eau, d’où les pressions de plus en plus vocales et patronales pour la privatiser, ce qui fera augmenter davantage le prix des aliments car les agriculteurs ont besoin beaucoup d’eau : «L’ONU redoute une pénurie mondiale d’eau d’ici 15 ans» (Le Devoir, 21 mars 2015). Le pape François a eu bien raison de dire ceci dans son encyclique Laudate Si : «Il est prévisible que le contrôle de l’eau par de grandes entreprises mondiales deviendra l’une des principales sources de conflits de ce siècle».

Qui milite pour la privatisation de l’eau à des affairistes?

Oui, ce sont les mêmes truands qui préconisent depuis toujours la privatisation de tout, de la santé aux transports en commun, en passant par les garderies, l’électricité, le pétrole et j’en passe. Déjà en 2006, une étude très orientée de la Canadian Imperial Bank of Commerce (CIBC) «anticipait un brillant avenir pour les entreprises actives dans le domaine de l’eau» (tiré de l’article «Après le pétrole, l’eau…» publié dans le Journal de Montréal du 28 novembre 2006).

Bien évidemment, les universitaires affranchis comme l’économiste Marcel Boyer de l’Université de Montréal; les organismes de recherche d’extrême droite liés au patronat, comme l’Institut Fraser, l’Institut économique de Montréal (IEDM) et l’Atlantic Institute for Market Studies; les ex-éditorialistes de La Presse Claude Picher et Alain Dubuc, maintenant professeur émérite aux HEC de Montréal accroché au privé et enfin certains politiciens comme l’étincelante ex-ministre libérale des Finances, Monique Jérôme-Forget, qui avait carrément le dédain pour les services publics et les sociétés d’État et qui avait dit, sans aucune preuve, que l’eau du robinet de Montréal était imbuvable : «Les eaux troubles de Madame Forget» (Le Devoir, 17 septembre 2003).

La chroniqueuse étincelante du Journal de Montréal

Nathalie Elgrably est une chroniqueuse économique vedette au JDM depuis très longtemps. La dame est de la très grosse droite et a été à l’emploi de l’Institut économique de Montréal (IEDM) et de l’Institut Fraser. Dans son étude hérétique publiée en 2008, que tous nos médias ont repris joyeusement, elle a largué des énormités comme celles-ci : «L’eau est bien trop précieuse pour en confier la gestion aux gouvernements (donc le privé c’est mieux). Pour l’eau, Nathalie dit nettement préférer la propriété privée et le libre marché. Les entreprises ont une vision à long terme (pas l’État). Je n’ai pas à me défendre de prendre pour le marché. Ce sont plutôt les «interventionnistes» qui ont à se défendre» (La Presse, 20 novembre 2008). Et cette dame sévit comme chroniqueuse au JDM depuis plusieurs années et se fait un devoir de toujours mettre de l’avant ces idées d’extrême-droite afin d’anesthésier le lecteur. Face aux hausses de prix répétées de l’essence, Nathalie défend toujours courageusement les pétrolières. Les chroniqueurs de la droite vigoureuse règnent au JDM : Facal, Martineau, Dumont, Bock-Côt, Elgrably et cie : en plus ils dégoulinent à TVA et LCN.

IEDM : privatiser l’eau et d’enrichir collectivement

Une chance que le ridicule ne tue pas. Toujours en 2008, l’IEDM accouche d’une énième étude préconisant la privatisation de l’eau et son exportation. Ah mon Dieu que nos médias ont adoré l’œuvre de l’IEDM et y consacré une large couverture, comme cette pleine page du JDM du 28 août 2008 : «Un potentiel énorme selon l’IEDM». Sans aucun sens critique, le journaliste asservi prend pour du «cash» toutes les inepties du club de recherche qui se prétend indépendant tout en étant financé «full-pin» par le patronat. Ben oui, que les chercheurs dépendants de l’IEDM ont affirmé : «Si on privatise l’eau et qu’on l’exporte, l’État encaissera des milliards de dollars en redevances. Tellement grossier comme argument. Une insulte à l’intelligence. Que de la poudre aux yeux. Le tata journaliste du JDM Martin Bisaillon aurait pu simplement rétorquer que cela relève de la fumisterie et de la pensée magique car les redevances annuelles versées au gouvernement du Québec par les minières et les forestières représentent des montants insignifiants largement inférieurs aux subventions directes et indirectes qu’elles reçoivent de l’État comme le coût public de la construction de routes et de ports, le reboisement, la décontamination, les tarifs bonbons d’électricité, etc. C’est connu, l’IEDM et les journalistes dits «professionnels» aiment bien rire du monde. Pire que le JDM, La Presse titrait le 28 août 2008 : «Des milliards (pour l’État) avec l’eau (privatisée) du Nord». Vraiment pathétique. Le JDM a renchéri avec le titre suivant : «Des milliards pour le Québec». Encore une épitre de l’IEDM qui a eu droit a une grosse page de texte.

La meilleure vient de l’universitaire Marcel Boyer

Marcel Boyer, professeur en économie à l’Université de Montréal, a longtemps été «chercheur associé émérite» à l’IEDM. Tsé veut dire? Alors privatiser l’eau au Québec et l’exporter au gros prix dans d’autres pays pour l’éminent chercheur (qui a été sur plusieurs comités et commissions mis sur pied afin de moderniser l’État par Charest et Couillard), un geste caritatif et philanthropique comme l’indique si bin le titre sulfureux de sa brillante opinion publiée dans le très cher Devoir du 26 juillet 2018 : «Partager (en la privatisant bien entendu) l’eau (grâce à l’exportation) pour l’éthique (sic) et le commerce (la business quoi et les gros profits engrangés par nos futés «entrepreneurs»). Et Le Devoir qui se fait un devoir éthique de publier ce baratin de bas étage. Marcel Boyer en a publié une autre dans Les Affaires du 30 août 2008 intitulée : «Le Québec devrait exporter son eau douce (après l’avoir privatisée bien évidemment). La détermination de prix concurrentiels (pour l’eau) pourrait inciter à une meilleure utilisation de l’eau (finie la gratuité)». Si je comprends bien, on peut dire ça aussi du pétrole partagé et exporté par l’Arabie saoudite et la Russie : ils font preuve d’un comportement éthique, caritatif et plein de générosité.

L’eau négociée à la Bourse par les spéculations

Incroyable mais vrai, depuis 2020, les nombreuses sécheresses, incendies et vagues records de chaleur aidant, l’eau est dorénavant négociée à la Bourse aux États-Unis (Chicago et Nasdaq) par le biais d’instruments financiers et de contrats à terme. On en est rendu là, incroyable mais vrai. Fini la gratuité de l’eau et sa propriété collective : «La valeur de l’eau en Bourse atteint des sommets» et aussi «Toujours plus rare, l’or bleu cartonne à la Bourse» (Le Devoir, 29 juillet 2022 et 23 avril 2021). Ah qu’il fait bon vivre dans des pays capitalistes démocratiques. Qui a milité pour la privatisation de l’eau aux states? Elle est où la liberté des gens vivant supposément dans des pays démocratiques? Mais chez l’Oncle Sam et de plus en plus de sociétés à propriété collective, les ressources naturelles et les services publics ont été privatisés. C’est la population qui a voulu ça? Mais, vous avez toujours la liberté de chialer et de manifester «pacifiquement» sans rien briser, ce qui ne changera rien à l’ordre du jour prévu par la classe dominante. Sur ce, je dois absolument vous quitter. Je m’en vais téléphoner à mon courtier de banque afin d’acheter des contrats à terme sur l’eau et tant qu’à y être, pourquoi pas sur le blé!

Démocratie à l’américaine : une farce monumentale

The Roberts Court, April 23, 2021 Seated from left to right: Justices Samuel A. Alito, Jr. and Clarence Thomas, Chief Justice John G. Roberts, Jr., and Justices Stephen G. Breyer and Sonia Sotomayor Standing from left to right: Justices Brett M. Kavanaugh, Elena Kagan, Neil M. Gorsuch, and Amy Coney Barrett. Photograph by Fred Schilling, Collection of the Supreme Court of the United States

État de droit mon œil

Au Canada et aux États-Unis, les juges à la cour suprême sont nommés par le parti politique au pouvoir. Totalement anti-démocratique. Ça fait que des juges non élus ont un pouvoir énorme et prennent des décisions qui vont à l’encontre de la volonté de la majorité et on préséance sur les lois et les règlements votés par des politiciens élus. Allô État de droit! Vous le savez, le parti républicain de Donald Trump, alors président des États-Unis, a nommé à la cour suprême trois juges très conservateurs, ce qui fait que maintenant ils sont majoritaires à cette importante instance juridique. Et ils prennent un malin plaisir à contrecarrer tout ce qui est de nature progressiste. Déjà qu’aux États-Unis il n’y a que deux partis politiques qui ont les mêmes visées hégémoniques et impériales afin de dominer le monde avec l’appui indéfectible de leurs alliés inconditionnels que sont l’Europe, l’Australie, le Japon et bien évidemment le Canada, son domestique asservi. En plus, les démocrates et les républicains sont financés à coups de milliards de dollars par les milliardaires et les transnationales. Aux States, grâce à l’existence des comités d’action politique il n’y a pas de limite au montant des dons effectués par la classe dominante. Et ils se prennent pour modèle démocratique dans le monde. Il faut le faire, non? Ils versent des milliards de dollars en Ukraine, en aide supposément humanitaire, mais dont le but réel est de maintenir leur domination dans le monde occidental et pour affaiblir les prétendants que sont la Russie et la Chine que nos médias inféodés nous présentent tout le temps pour les méchants et les States les bons, nos sauveurs. Aie, pourquoi ne consacrent-ils pas ces milliards de dollars pour venir en aide à leurs 40 millions de pauvres dans leur propre pays? Assez pathétique de voir sur les chaînes de télévision américaine plusieurs réclames publicitaires implorant les gens à être généreux et à faire des dons afin de lutter contre la pauvreté et d’appuyer les victimes de cataclysmes naturels. Quarante millions de démunis alors qu’ils dépensent des milliards de dollars chaque année en soldats et en armements et pour maintenir leurs 600 bases militaires réparties un peu partout dans le monde.

L’État de droit selon leur version démocratique larvée

C’est un fait, la cour suprême des États-Unis a pris récemment des décisions antidémocratiques dignes de vraies dictatures au service de la minorité influente. Et ça se permet de faire la leçon aux autres pays comme le font d’ailleurs nos médias de désinformation et d’endoctrinement.

Prenons pour commencer ce cas grave : «Roe v. Wade. Une cour suprême contre son pays» et «États-Unis. C’est la fin pour Roe v. Wade. La plus haute juridiction américaine a mis un terme vendredi à l’arrêt qui protégeait le droit à l’avortement depuis 1973, et l’intervention pourrait désormais être interdite dans près de la moitié des États du pays» (Le Devoir, 4 mai et 25 juin 2022). Les islamistes conservateurs qui mènent aux USA représentent le plus grave danger pour la paix au pays et dans le monde. Et pour le danger public numéro un qui va être réélu avec ces cinglés républicains, dont plusieurs sont des complotistes qui s’affichent tel quel avec fierté : «Droit à l’avortement annulé : «C’est la volonté de Dieu» dit Trump» (Le Journal de Montréal, 24 juin 2022).

Comme ces juges conservateurs sont aussi des intégristes religieux, ils viennent d’accoucher d’une autre décision vraiment pathétique : «La cour suprême des États-Unis valide les prières d’un entraîneur dans une école publique» (Radio-Canada, 27 juin 2022). Et que «God bless America».

Puis, comme le dit le poète, jamais deux sans trois, ces juges conservateurs qui sont aussi des climatosceptiques invétérés, et bien la dite cour suprême des États-Unis a rendu une autre décision qui va restreindre les pouvoirs de l’Agence fédérale de protection de l’environnement en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre : «États-Unis. Réduire les émissions de GES… sans changer le système» (Le Devoir, 2 juillet 2022). Comme au Canada, les élus prétendent s’attaquer vigoureusement à la pollution tout en posant des gestes qui l’accentue.

Pourquoi pas une quatrième décision de la cour suprême américaine, paquetée de juges conservateurs qui s’apparentent à des despotes politiques, qui va affaiblir davantage le niveau de démocratie aux States et le pouvoir du peuple qui est censé être souverain : «La Cour suprême avalise la  fraude» (Le Journal de Montréal, 27 juin 2019). Cinq des neufs juges conservateurs ont autorisé les États à redécouper les circonscriptions électorales afin de favoriser le parti républicain en excluant les quartiers peuplés majoritairement de noirs et de latinos.

Le National Rifle Association dicte les lois

Oui, aux États-Unis, la majorité de la population est favorable à limiter la vente d’arme et interdire les fusils d’assaut. Malgré d’autres fusillades qui ont fait récemment 21 morts, dont 19 enfants dans une école primaire du Texas, 10 personnes noires tuées dans un supermarché dans l’État de New York et 6 en Illinois près de Chicago, on s’est encore une fois indigné pour un instant et les républicains ont dit prier pour les victimes mais sans aucunement vouloir restreindre la liberté individuelle, supposément constitutionnelle, des individus à détenir et à porter une arme en tout temps. Les démocrates trop pleutres et tellement asservis au pouvoir économique ont voté une loi bidon qui est une face grotesque. Imaginez-vous donc que dorénavant les vendeurs d’armes devront vérifier les antécédents de santé mentale des acheteurs. Bien évidemment, à 18 ans, on pourra continuer à acheter des armes en toute légalité. Biden le petit comique a dit que sa régulation des armes à feu est la plus importante en près de 30 ans : «Biden baisse ses attentes et signe la loi (folklorique) sur les armes à feu» (Le Journal de Montréal, 26 juin 2022). Les armes à feu tuent chaque jour plusieurs enfants et adultes aux États-Unis. C’est même devenu un fait divers. Comme on est en «démocratie», les gens peuvent, pour la forme et les apparences, protester aux States, mais «pacifiquement» comme dans le cas d’Akron en Ohio où un jeune noir vient d’être criblé de 60 balles par des policiers qui, par prudence et légitime défense, ne voulaient prendre aucune chance et ne donner aucune chance : «États-Unis. La colère gronde dans le quartier d’Akron. Des appels au calme ont été lancés après qu’une vidéo d’un homme noir criblé de balles par la police a été rendue publique» (Le Devoir, 4 juillet 2022).

Démocratie oblige : des criminels graciés par le président

Avant de quitter les lieux, Donald Trump a gracié quatre anciens employés de la firme américaine de mercenaires BlackWater qui avaient tué et massacré gratuitement en 2007 14 innocents civils irakiens à Bagdad : «Trump gracie 15 individus impliqués dans deux immenses scandales» (Le Journal de Montréal, 23 décembre 2020). Comment un dirigeant politique qui venait de subir la défaire aux élections présidentielles américaines peut-il avoir un tel pouvoir dans un pays qui ne cesse de vanter son modèle démocratique? Et nos médias de propagande en ont fait que peu de cas. On aurait eu droit à un autre traitement si cela aurait été fait par les présidents de la Russie ou de la Chine, n’est-ce pas?

Poutine un tueur mais pas Trump et Bush junior

«Joe Biden accuse Vladimir Poutine d’être un tueur» (Le Devoir, 18 mars 2021). Et son adjuvant se renchérir : «Poutine est responsable de choses terrible estime Trudeau» (Le Devoir, 24 mars 2021). Mais pas Donald Trump. Même que pour notre ex-premier ministre conservateur Brian Mulroney, qui siège aussi au conseil d’administration de Québecor : «Mulroney salue Trump le gentleman» (Le Journal de Montréal, 7 décembre 2016).

Et encore moins George W. Bush junior, qui a tué des milliards d’Irakiens en envahissant militairement l’Irak en 2003 en mentant : «Les 935 mensonges de l’administration Bush sur l’Irak» (La Presse, 24 janvier 2008). Et le clown qui est venu nous dire, sans aucun remord : «L’Irak, une réussite extraordinaire selon Obama» (Le Devoir, 15 décembre 2011). Une réussite fantastique pour les transnationales pétrolières et autres américaines qui ont volé les ressources naturelles et les biens collectifs du peuple irakien.

Et pour finir sur une bonne note, signalons les belles valeurs philosophiques à géométrie variable du Canada qui s’est défoulé sur la Russie, comme à son habitude, mais pas contre Israël : «Israël accélère sa colonisation de la Cisjordanie» (Le Devoir, 9 janvier, 2020). Réplique du Canada : «Le Canada conseille à Israël de cesser la colonisation» (Le Journal de Montréal, 5 juillet 2021). Un conseil d’ami quoi! Entre amis, il faut faire preuve d’indulgence.

Pour que la hausse des prix cesse

https://www.lesoleil.com/2022/06/15/face-a-linflation-galopante-la-fed-procede-a-la-plus-forte-hausse-des-taux-depuis-1994-b5c25392b9c7580c0b362340f03523b0

Causes et impacts de la hausse des prix

Oui, encore une fois, la Banque du Canada et celle des États-Unis (Fed) viennent d’augmenter radicalement les taux d’intérêt directeurs, ce qui va accentuer les risques de récession, appauvrir davantage la classe moyenne et la classe ordinaire, augmenter les taux d’intérêt sur les hypothèques et sur les cartes de crédit et accroître davantage les inégalités économiques déjà criantes. Pendant ce temps, les salaires des travailleurs augmentent certes, mais pas assez pour compenser la hausse du prix des aliments, de l’essence, des intérêts, des médicaments, etc. Ça donne pour résultat que le monde ordinaire s’appauvrit de nouveau en termes de pouvoir d’achat. Quant aux grosses compagnies, souvent étrangères, comme les pétrolières, les firmes d’alimentation, les minières, les pharmaceutiques et les banques, elles engrangent des profits records car ce sont elles qui, en maîtres du monde, orchestrent ces augmentations de prix à leur guise et à leur profit en prétextant le conflit en Ukraine, les chaînes d’approvisionnement, la pandémie et autres excuses pathétiques que nos journalistes, universitaires et politiciens gobent facilement car ils sont complices de ces arnaques. Ah oui, pour vous insulter encore plus, ils vont vous dire que ces hausses de prix et l’inflation qui en découle relèvent de l’application des lois dites naturelles du marché. Comme si dans les secteurs bancaires, internet, sans fil, pétroliers, pharmaceutiques, transport ferroviaire, GAFAM, alimentation au détail, forestiers et autres il y avait un véritable marché composé de centaines d’agents économiques qui se font une vive concurrence et que jamais aucun ou quelques-uns ne dominent l’industrie. Est-ce que j’ai une poignée dans le dos? Si vous ne me croyez pas, allez voir les bénéfices nets réalisés par les transnationales, comme Esso, Pfizer, Loblaws, les banques canadiennes, les pharmaceutiques, les GAFAM, le cartel Bell-Rogers-Telus-Videotron, etc. Pas seulement pour l’année 2021 mais aussi en 2020 pendant la pandémie. Puis, avez-vous été voir? Et ça donne quoi? Vous voyez, force est d’admettre qu’en toute humilité j’ai encore raison. Et pendant ce temps, dans le plusss meilleur pays démocratique du monde : «Un Canadien sur cinq déclare avoir souffert de faim» (Radio-Canada, 6 juin 2022). Oui les transnationales sont des tyrans et des dictateurs qui vous imposent ces hausses de prix, les politiciens sont leurs valets et les journalistes et experts de tout acabit sont leurs mercenaires idéologiques qui versent dans la propagande afin de vous farcir la cervelle et amener chez vous soumission et résignation pour que vous veniez à croire et à dire qu’il n’y a rien à faire, toutes ces hausses de prix relèvent uniquement de l’application des lois naturelles du marché. Et il ne faudrait surtout pas que les gouvernements interviennent en décrétant un contrôle des prix car ce faisant, ils vont empirer les choses en polluant la vierge nature économique avec leurs lois et règlements. Tout de même incroyable on (entreprises et particuliers) grimpe dans les rideaux si le gouvernement ose augmenter les impôts et les taxes, même modestement, pour financer nos services publics mais on accepte sans rechigner les hausses de prix dictés par les transnationales occidentales de ce monde sous prétexte que c’est le marché et qui empochent des milliards de dollars en profits additionnels. Il faut que l’on soit endoctriné, et pas à peu près, par nos politiciens, journalistes, universitaires, chambres de commerce et autres experts. Les prétextes avancés pour justifier les hausses de prix sont de vrais mensonges d’une grande pureté. Comprenez-vous ça?

Les ridicules conseils du directeur de la Banque du Canada

Incroyable mais vrai, le directeur de la Banque du Canada a conseillé aux entreprises afin de freiner la hausse des prix d’y aller mollo avec leurs augmentations de salaires accordées à leurs employés ordinaires, ce qui, pour cet expert, nourrit et perpétue l’inflation. Comme si l’augmentation des salaires des travailleurs était responsable de la hausse des prix. Monsieur le directeur de la Banque du Canada, la principale cause de l’inflation, c’est la hausse des prix décrétée par les entreprises en prétextant l’Ukraine, la pandémie, la vague de chaleur provoquant la sécheresse et incendies, etc. qui est la seule et unique responsable de cette filouterie qui profite aux multinationales et à leurs actionnaires aux dépenses de la classe moyenne.

Oh non, jamais le directeur de la vénérable Banque du Canada a demandé aux entreprises de limiter le salaire de leurs dirigeants, de réduire leurs dividendes et leurs rachats d’actions profitables aux détenteurs de capitaux et de diminuer leurs prix afin de se contenter d’un taux de rendement sur le capital investi raisonnable. Jamais il a suggéré de briser les nombreux cartels sévissant dans plusieurs secteurs économiques qui sont plus puissants que nos gouvernements démocratiques. Et les regroupements et achats de grosses entreprises continuent.

Sages conseils des économistes de banques

Il y a aussi les économistes de notre cartel bancaire canadien formé des banques Nationale, CIBC, TD, BMO, Royale, Scotia et Desjardins qui, dans leurs sérieuses et objectives études économiques, reprises avec enthousiasme par nos médias privés et subventionnés grassement par l’État et par des firmes comme Google et Facebook, ont dit qu’il ne fallait pas que les gouvernements interviennent en décrétant un contrôle des prix vitaminés par nos lascars économiques. Il faut laisser la nature économique faire paisiblement son travail naturel. Il faut laisser le marché faire son œuvre.

Relaxez, ça va être de courte durée

Pour vous embobiner toujours plus, les experts vous disent que l’inflation sera de courte durée, afin de vous calmer et de ralentir vos ardeurs, même si les conséquences de la répartition de la richesse seront permanentes. La banque centrale américaine l’a dit au mois de juin 2021 : «Pour la Fed, la hausse des prix est temporaire» (Le Devoir, 17 juin 2021). Plus d’un an après, la hausse des prix, loin de ralentir, s’accentue. Bah, si la farce grotesque des augmentations de prix fixées par les despotes économiques continue, les experts, genre mercenaires, vont alors entrer dans la danse et vous dire que c’est à cause de la Russie, du COVID, des tornades et ouragans, des sécheresses et pourquoi par la Chine, Cuba et autres pays communistes? Vous voyez, ils ne sont pas à court d’arguments appuyés par leurs journalistes et chroniqueurs sous influence. Et pourquoi pas mettre mon grain de sel et dire que ce sera cet hiver à cause de quelques tempêtes de neige, du verglas, des inondations, de la marmotte, etc.? Ah non, quel con suis-je, j’oubliais comme prétexte à hausser les prix une grève des professeurs, des cols bleu, des employés du cartel CN-CP, etc. : «Blocage des voies ferrées : personne ne devrait pouvoir prendre l’économie en otage, estime Michel Leblanc président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain». Toujours les mêmes âneries du patronat et des politiciens. Monsieur Leblanc, puis-je vous suggérer de faire preuve de franchise et de lucidité et dire aux transnationales qui nous imposent leurs prix shylockiens et nous font grâce de leurs profits records ceci : «personne ne devrait pouvoir prendre l’économie et les consommateurs en otage».

Ils disent la même chose lorsque des enseignants, des éducatrices, des infirmières, des cols bleu municipaux, etc. osent faire la grève : ils prennent les étudiants, les parents, les malades, les automobilistes en otage qu’ils affirment. Jamais le patronat ne fait ça!

Parlant des écarts temporaires de richesse

Marcel Boyer, un économiste d’extrême-droite, professeur à l’Université de Montréal, titulaire de la Chaire Bell, économiste en chef de l’Institut économique de Montréal et expert consultant du parti libéral du Québec sous Charest et Couillard afin de les guider dans la voie harmonieuse de la façon de moderniser l’État et très prisé par nos médias, qui le considèrent comme un très grand expert, a largué en 2008 cette perle idéologique asservissante qui a été publiée sous forme d’opinion dans La Presse du 7 janvier 2008 : «Des inégalités temporaires. Dans une phase de création accélérée de richesse (le monsieur prétendait que l’État minimal allait créer de la richesse pour tous), la distribution devient temporairement plus inégalitaire avant de redevenir plus égalitaire». Encore de la foutaise et le monsieur passe pour un bonze. Depuis qu’il a pondu sa niaiserie en 2008, ça fait déjà de ça 14 ans, les inégalités n’ont cessé de s’accroître. En publiant cette merde, l’expert voulait juste vous endormir au gaz.

Quant à l’ex-patron du Conseil du patronat, le très visible et vocal Ghislain Dufour, il avait affirmé en 1996 en consultant sa boule de crystal que : «La distorsion entre riches et pauvres est en voie de se résorber» (La Presse, 15 janvier 1996). Ça fait 20 ans de ça. Au lieu de résorber, elle s’amplifie, et beaucoup en plus de ça.

La journaliste qui mange à tous les râteliers

https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2022-07-05/elections-provinciales/une-candidate-federaliste-pour-la-caq.php

Pascale aux relations publiques chez Air Canada

Pascale Déry se promène beaucoup. Jusqu’à aujourd’hui, elle a été porte-parole d’Air Canada, cette ex-société à propriété collective est au pays et au Québec un quasi-monopole qui impose ses prix astronomiques surtout en région; qui fait fi du français, même au Québec, et dont le président ne parle pas un traître mot; qui accumule les retards, les surréservations et les vols annulés à la dernière minute; qui est subventionnée à coups de millions de dollars chaque année par nos gouvernements afin d’accepter d’aller en région, et j’en passe. Voilà où mène la privatisation de nos instruments collectifs comme Canadair (Bombardier), le Canadien National (CN), Télésat, Pétro-Canada, Téléglobe et le délestage à petites doses aux affairistes privés d’Hydro-Québec (éolien et petits barrages… petits mais payants sans courir aucun risque), de la SAQ (franchise), de nos écoles (au privé mais subventionné à plus de 80% par l’État), de notre système de santé publique et des centres de la petite enfance (CPE), etc.

Alors, c’est madame Déry qui, à titre de porte-parole d’Air Canada, avait la tâche de vous remplir comme des valises afin de défendre les gestes les plus exécrables de cette compagnie à but très lucratif. C’est elle qui, envers et contre tous, avait à redorer l’image de l’entreprise et à trouver des moyens et des stratégies afin de nous présenter Air Canada comme une firme ayant à cœur le bien-être de la population, la protection de l’environnement, la lutte au racisme et qui se fait un devoir patriotique de payer plus que sa juste part d’impôts et de créer de la richesse collective. Ainsi sont les spécialistes en communications et en relations publiques, des experts en conditionnement de l’esprit et en gavage des cervelles. Remarquez qu’ils parlent bien et beaucoup. Mais une fois décortiqué leur baratin, il ne reste plus rien : le roi est nu.

Pascale chez les conservateurs du Canada

En 2015, elle a brigué, comme candidate, les couleurs du parti conservateur du Canada, alors dirigé par le très sympathique et progressiste Stephen Harper et en 2017 elle s’est présentée comme conservatrice dans le comté de Drummond où la volage candidate a terminé quatrième. Rien pour écrire à sa mère. Mais la dame reste quand même une candidate dite «vedette». Ben oui, le parti conservateur regorge d’intégristes religieux et d’obsédés antiavortement, de climatosceptiques, de défenseurs du droit de détenir et de porter un fusil, de complotistes, de partisans de l’État vraiment minimal et des inégalités économiques, etc. Exactement comme les républicains aux États-Unis. Ah, j’oubliais, elle a aussi été membre du comité exécutif de la Ville de Montréal jusqu’en 2005 aux côtés du très tonitruant «socialiste» Denis Coderre. Alors pas question d’accuser la dame d’avoir des penchants communistes et indépendantistes. Heureux sommes-nous que dans nos démocraties, on ait l’immense privilège et le droit inaliénable d’hériter de personnes comme madame Déry afin de nous gouverner sagement.

Pascale à l’Institut économique de Montréal (IEDM)

Pascale aime bien butiner sur tout ce qui peut lui permettre d’avoir du pouvoir, de se faire voir, de parler et de faire parler d’elle. La dame Déry a aussi été responsable des communications à l’Institut économique de Montréal, un organisme d’extrême-droite financé par le patronat, favorable à l’État néant, à l’impôt zéro, à la dérèglementation, au décloisonnementet qui est farouchement contre les syndicats de travailleurs ordinaires s’entend, mais en faveur des syndicats et associations patronaux, contre l’aide sociale, le salaire minimum et toute mesure afin de lutter contre le réchauffement climatique, qui est pour eux une vue de l’esprit. Défendre les positions de l’IEDM et nous présenter ça comme équitables, bénéfiques à tous et créatrices de richesse collective était la job de madame Déry : tsé veut dire! L’actuel député caquiste, l’économiste Youri Chassin, a longtemps été à l’emploi de l’IEDM à titre de chercheur.

Pascale passe 15 ans à TVA et à LCN

La randonnée carriériste de madame Déry comprend aussi une quinzaine d’années comme journaliste à TVA et à LCN. Mes amis, au vu et au su des autres emplois qu’a exercé Pascale, croyez-vous vraiment que cela ne déteindrait pas sur son travail comme journaliste en termes de neutralité, d’objectivité, d’indépendance d’esprit, etc.? Si vous croyez que cela n’affectait pas son travail de journaliste, vous faites vraiment durs.

Madame Déry n’est pas la seule journaliste de nos médias de désinformation à avoir un tel pedigree. Vous n’avez qu’à penser au beau parleur Bernard Drainville qui vient de quitter le 98,5 FM de Cogéco pour devenir candidat caquiste aux prochaines élections provinciales de l’automne 2022. Et après ça, nos médias occidentaux détenus par des milliardaires et des transnationales subventionnées par l’État, comme nos garderies, nos écoles et nos cliniques médicales qui n’ont de privé que le nom, viennent en toute malhonnêteté vous faire accroire qu’ils sont impartiaux, objectifs, neutres, professionnels et autres poncifs du genre. Et ça se prend comme étalon mesure par rapport aux médias de d’autres pays.

Oui, et cela est un fait, nos organes de presse occidentaux sont des instruments de propagande, comme le sont ceux de Russie et de Chine. Pas mieux qu’eux autres. Vous n’avez qu’à suivre la couverture médiatique de l’actuel conflit en Ukraine, surtout celle qui émane du journal Le Devoir et de Radio-Canada : vraiment exécrable et honteux. En passant, qui paie le salaire et les dépenses des collaborateurs du Devoir en Ukraine et en Pologne? Pourquoi n’ont-ils pas de collaborateurs eu Yémen? Le jupon dépasse.

Pascale n’aime pas les garderies publiques

Comme Geneviève à la CAQ, Pascale est intégralement contre les CPE, qu’elle trouve, à titre d’experte, exagérément coûteux par rapport aux très «efficaces», toujours selon elle, garderies privées. Privées et à but lucratif oui, mais entièrement et totalement financées et subventionnées par l’État : «Geneviève Guilbault (CAQ) vante le modèle des garderies privées» (Le Devoir, 17 octobre 2017 et le Journal de Montréal, 27 mai 2018 : «Geneviève Guilbault refuse de privilégier les CPE aux garderies privées»). Et aussi il y a ce député caquiste qui s’est converti et est devenu lui aussi, comme beaucoup d’autres ex-politiciens (Bernard Landry, Jean Charest, Lucien Bouchard, etc.) lobbyiste pour les siphonneux de fonds publics : «Garderies privées. Christian Lévesque devient lobbyiste» (Le Journal de Monréal, 16 avril 2013). Madame Déry, sur quoi vous vous basez pour affirmer que le privé est plus efficace que le public? Sur vos préjugés? Sur les postulats économiques de l’IEDM?

Comme par enchantement, Pascale aboutit à la CAQ

Après avoir bamboché dans plusieurs endroits ayant un penchant très à droite, Pascale a enfin trouvé sa niche idéologique, pour l’instant, et sera candidate caquiste aux prochaines élections qui se tiendront au Québec au Québec au mois de novembre 2022 dans le comté de Repentigny : «Une candidate fédéraliste (très à droite) pour la CAQ» (La Presse, 5 juillet 2022).

Une brève pour rire : ils sont complètement timbrés

Vous le savez, au Canada, en Europe et aux States, la majorité de la population ne fait plus confiance à leurs médias d’information, à leurs journalistes et à leurs nouvelles paquetées : «Mot de l’info. Comment freiner l’érosion de la confiance» (Radio-Canada, 18 juin 2022). Afin d’expliquer cette baisse de confiance, bien méritée, la directrice générale de l’information à Radio-Canada, madame Luce Julien, a avancé cette explication farfelue : «Elle s’explique par une méconnaissance du travail des journalistes, à commencer par le mélange des genres : un chroniqueur qui donne son opinion ne fait pas le même travail qu’un journaliste qui rapporte des faits (sic)». Premièrement, madame Julien insulte les lecteurs et les auditeurs qui, selon elle, ne fait pas la différence entre un chroniqueur et un journaliste. Elle nous prend pour des ignorants.

Deuxièmement, madame Julie fait de l’humour en essayant de dire n’importe quoi. Elle a juste à blâmer des gens comme elle pour cette perte de confiance envers les médias. La drôlerie de madame vient du fait qu’elle a dit le plus sérieusement du monde que «les journalistes rapportent des faits. Il faut dire qu’ils sont très sélectifs dans les faits rapportés qui souvent sont travaillés et affirmés. Ils mettent aussi beaucoup de faits qui ne font pas l’affaire. Comme le disait le poète au journaliste : «toute vérité n’est pas bonne à dire».

Panne chez Rogers et le show de boucane du ministre

https://www.journaldemontreal.com/2022/07/25/panne-chez-rogers–ottawa-et-rogers-sexpliquent-devant-un-comite-1

Le ministre fédéral Champagne fulmine pour la galerie

La récente panne massive du réseau de Rogers a affecté pendant au moins 20 heures des millions de Canadiens à plusieurs niveaux, dont l’incapacité d’utiliser leurs cartes de débit, a nui aux services d’urgence et aux commerçants, etc. Voilà ce que donne la présence de monopoles et d’oligopoles privés regroupant d’immenses transnationales qui font la loi : les politiciens sont leurs subalternes. Au Canada, le trio Bell-Rogers-Telus contrôle environ 80% du marché du sans-fil. C’est ce que l’on appelle un oligopole, qui sera renforcé puisque Rogers vient d’acquérir son compétiteur Shaw pour 26 milliards de dollars. Et oligopole rime avec consommateurs pris en otage et gros prix : «Les données mobiles, plus chères au Canada que presque partout ailleurs» (Radio-Canada, 13 août 2020). À plusieurs reprises, les élus ont promis de faire baisser ces prix exorbitants qui constituent un vol institutionnalisé mais sans aucun résultat. Une autre preuve que l’on vit en Occident sous la dictature des puissants agents économiques que l’on ose appeler démocratie. Tous les partis politiques, quels qu’ils soient, doivent se soumettre.

Une autre parodie

Comme dans bien d’autres cas impliquant les excès des pharmaceutiques, des banques, des ferroviaires, des pétrolières et des télécommunications, nos élus grimpent toujours dans les rideaux en simulant que ce sont eux qui mènent au pays et qu’ils vont mettre les fripouilles au pas. Bien évidemment, absolument rien ne chance et les consommateurs continuent de se faire joyeusement arnaquer sous le couvert hypocrite d’excuses farfelues comme les tempêtes de neige, la guerre en Irak, les tornades, les chaînes d’approvisionnement, le conflit au Yémen, etc.

Alors, suite à la dernière méga panne du réseau de Rogers, le ministre libéral fédéral de l’Industrie, monsieur François-Philippe Champagne, a qualifié d’inacceptable ce bris de service et fâchés et crinqué, il va rencontrer en personne le patron de Rigers, Tony Staffieri, qui va le recevoir poliment, mais qui va l’envoyer péter dans les fleurs : «Panne de réseau. Le ministre Champagne rencontrera le p.d.g. de Rogers» (Le Devoir, 11 juillet 2022). Ces politiciens sont responsables de cette situation et des prix shylockiens imposés par l’oligopole canadien des communications formé de Bell-Rogers-Telus-Vidéotron, eux qui ont autorisé les fusions-acquisitions dans cette industrie et qui ont privatisé sans débat public et pour des peccadilles les joyaux publics Télésat et Téléglobe.

Oh, oh, le CRTC intervient

La comédie se poursuit. Voilà que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) entre en action : «Le CRTC demande des explications à Rogers. L’agence fédérale veut connaître le «pourquoi» et le «comment» de la panne de vendredi dernier» (Le Devoir, 13 juillet 2022). On n’ira pas plus loin que de demander des explications que Rogers se fera un plaisir de fournir et ainsi le CRTC s’en satisfera afin de clore le dossier et passer à un autre appel.

Remise en question de l’oligopole, mais pas trop

«Remise en question dans le monde des télécoms. Regard sur les avenues possibles pour éviter une nouvelle panne majeure d’un océan à l’autre», tel était le titre de l’article rédigé par la journaliste Violette Cantin et publié dans Le Devoir du 12 juillet 2022, article qui s’assimile un peu beaucoup à un communiqué de presse émis par l’industrie. La journaliste «d’enquête» a interviewé deux experts qu’elle a choisi avec grand soin afin d’avoir des spécialistes pragmatiques qui formulent des recommandations raisonnables et raisonnées, dont le consultant Robert Proulx, qui compte 40 ans d’expertise dans le domaine et qui est, tenez-vous bien, diplômé du MIT aux États-Unis qu’a dit la journaliste afin de nous démontrer toute la compétence de son spécialiste émérite. Bon, naturellement, les deux éminences grises se prononcent contre toute forme de nationalisation et ne font que suggérer des semblants de solutions qui aboutissent au statu quo. Et pour fini son texte percutant, je dirais même révolutionnaire, la journaliste Violette Cantin, s’épanche en disant que : «Puisque Ottawa (PLC) a annoncé le déclenchement d’une enquête, Rogers n’échappera pas à un solide examen de ses pratiques». Aie, ce n’est pas avec ce genre de pamphlet journalistique que l’on va changer le monde et que l’on va faire des enfants forts.

Legault et Trudeau s’en prennent une fois de plus à l’oligopole du sans-fil… pour la forme

Plusieurs fois, le gouvernement caquiste de François Legault et le gouvernement fédéral de Justin Trudeau s’en sont pris à la mafia corporative canadienne des télécommunications (Vidéotron-Bell-Rogers-Telus) en critiquant leurs tarifs shylockiens et en lui reprochant de ne pas desservir les régions : «Legault dénonce le manque de connexion rapide» (Le Journal de Montréal, 7 octobre 2020). Malgré les semonces électoralistes, l’oligopole a refusé d’aller en régions, tout comme Air Canada d’ailleurs, à moins de recevoir plus de 2 milliards de dollars en subventions, même si ces compagnies réalisent des milliards de dollars en profits chaque année, sans encourir de risques puisqu’elles opèrent dans un contexte oligopolistique : «Ottawa réserve 1,75 milliard$ pour l’accès à internet à haute vitesse» et ««CAQ. 826M$ pour l’internet haute vitesse en région (rendu à plus de 1,3G$)» (Le Journal de Montréal, 9 novembre 2020 et 22 mars 2021). Dans nos sociétés capitalistes et démocratiques, qui mène vraiment, je vous le demande? La population, les gouvernements, les transnationales, les oligarques…?

Les politiciens, de simples figurants

Une vraie farce vos démocraties qui ne sont qu’une illusion. Voici quelques exemples récents qui démontrent bien qui dirige au Canada et en Occident. Vous le savez, au pays, le transport par trains est un monopole de fait avec la présence de seulement deux gros joueurs qui s’entendent comme larrons en foire et qui font la loi. Alors, face à une diminution de service inquiétante, Justin Trudeau a réprimandé le Canadien National (CN, une ex-société d’État) et le Canadien Pacific (CP) : «Ottawa lève le ton à l’endroit du CN et du CP» (La Presse, 7 juillet 2022). Voilà, pas besoin d’en faire plus : seulement à élever la voix pour que le CN et le CP s’amendent honorablement. Ils ont eu très peur. Vous n’avez pas l’impression de faire rire de vous?

Le prix du bois (et des aliments et du pétrole) augmente et nos élus n’y peuvent rien

«Le ministre caquiste des Forêts Pierre Dufour sans arme pour combattre la montée en flèche du prix du bois» (Le Journal de Montréal, 12 mai 2021). Comme pour le pétrole et les aliments, l’éminent ministre caquiste a affirmé la main sur le cœur que : «Il s’avoue démuni pour lutter contre les forces du marché (sic)» (Le Journal de Montréal, 12 mai 2021). Et afin que le «marché» se renforcisse : «Domtar acquiert Produits forestiers Résolu pour 2,7 milliards$ US» (La Presse, 6 juillet 2022). L’ex-ministre libéral, Pierre Paradis, avait quant à lui dit, afin de justifier son inaction face au monopole exercé par Mosanto-Bayer, que : «Les géants des pesticides sont plus puissants que l’État» (Le Devoir, 23 octobre 2015). Donnons raison à Québec solidaire quand ils clament que : «Le Canada est à genoux devant Bayer» (Radio-Canada, 23 juillet 2021). À genoux pas seulement devant Bayer, n’est-ce pas?

La démocratie capitaliste au service de la classe dominante

Parlons maintenant évasion fiscale, qui est une fraude, dans les paradis fiscaux : «Près de 900 Canadiens sont cités dans les Panama Papers» (Le Devoir, 3 avril 2019).    

Et puis, qu’est-il arrivé que vous me demandez? Voici la réponse : «Seulement 12 Canadiens identifiés (sur 900) doivent rembourser. Ottawa a envoyé une poignée d’avis de cotisation trois ans après le scandale des «Panama Papers» (Le Journal de Montréal, 18 février 2019). Plus facile de pourchasser fiscalement les ptites gens, n’est-ce pas? La ministre libérale fédérale du Revenu, madame Diane Lebouthillier, qui n’est pas du tout outillée pour régler le problème récurrent de l’évasion fiscale, a largué candidement cette perle : «Ottawa admet son impuissance à saisir de l’argent caché à l’étranger» (Le Journal de Montréal, 22 janvier 2019). Oui, avec un minimum de volonté, ne politiciens occidentaux pourraient éliminer de la carte tous les paradis fiscaux en interdisant aux individus, aux entreprises et aux banques de transférer de l’argent dans ces territoires de havre fiscal et en levant contre ces endroits des embargos et des sanctions et l’interdiction d’utiliser leur monnaie, le dollar. Mais Ils préfèrent en lever contre la Russie, la Chine, l’Iran et Cuba car ce sont leurs maîtres économiques qui utilisent les aimables paradis fiscaux. Voilà pourquoi le chroniqueur du Devoir, Gérard Bérubé, genre réceptionniste, a affirmé en 2018 que : «Hausser l’impôt des mieux nantis ne rapporte pas» (Le Devoir, 29 septembre 2018). Ce qui rapporte c’est de taxer les moins nantis.